jeudi 5 février 2009

douce transition

doudou1doudou2doudou3doudou4                                                                                                      C’est peut-être dur de toujours avancer quand on n’a d’autres choix que de devenir plus grand. Depuis Quelques jours, monsieur Marcel ne se déplace plus sans son doudou. Où qu’il soit, il le cherche et le serre dans ses bras.
Quand il a fallu le laver après que les microbes soient passés, rien n’a pu consoler le petit garçon qui a du attendre le soir pour le retrouver.
Mademoiselle Blanche et monsieur Aimé s’endormaient avec leur peau de mouton, puis ils la traînaient partout. Brune pour elle et grise pour lui. Leur petit frère se couche sur une peau blanc-cassé, mais ce n’est pas avec elle qu’il passe ses journées chez la nounou.
C’est la couverture que madame L avait choisie pour lui que monsieur Marcel a élue. Celle qu’elle avait commandée puis attendue, celle qu’elle avait emmenée à la maternité, celle qui lui avait servi à réchauffer son bébé quand ils étaient sortis pour la première fois. Depuis, la couverture ne l’a pas quitté une seule nuit.
Les premier mois, pendant plus d’une année, le petit garçon y prêtait à peine attention. Pour lui, elle semblait pouvoir être là, ou pas. Monsieur et madame L ont même du l’égarer une ou deux fois  sans qu’il ne leur en tienne rigueur. Ils la retrouvaient.
Madame L se souvenait du jour où elle était arrivée. Elle avait choisi du marron mais pour la couleur exacte, elle avait fait confiance à la dame qui l’avait tricotée. Un beau marron glacé.
Cette couverture n’appartiendrait qu’à ce bébé là. C’était son cadeau pour ce petit garçon qui arrivait si vite après monsieur Aimé, un quatrième qui n’avait besoin de rien. C’est en tout cas ce que tout le monde lui disait, au moins avec deux enfants si rapprochés elle n’aurait pas besoin de tout racheter.
Mais pour ce petit m, elle avait envie de préparer un nid comme elle l’avait fait avec chacun de ses petits. Avec des petites choses qui ne seraient qu’à lui.
Elle avait cherché la couverture pendant longtemps avant de la trouver puis elle l’avait pliée au bout du petit lit qu’elle avait préparé.
Depuis quelques jours, monsieur Marcel cherche sa couverture partout. Son doudou qui a résisté au premier été, aux petites maladies et aux oublis. Le doudou tient le coup et continue à réchauffer son compagnon la nuit. Il se traîne à côté de lui bien volontiers et le rassure quand un obstacle se dresse sur leur parcours de découverte.
Ces temps ci, le petit garçon multiplie les exploits, se cache derrière ses mains,dis maman et papa et l’escalier n’a plus de secrets pour lui. Les doux arrondis du bébé laissent maintenant entrevoir les traits du garçon. Monsieur Marcel s’affirme et revendique.
Puis on le retrouve allongé sur son doudou marron. Une petite pause, la tête penchée en avant, cachée dans les parfums qui lui font du bien. Les parfums d’une histoire qui a commencé bien avant qu’il ne soit né et qui comporte déjà tellement de chapitre. Dans ces parfums il y a celui d’une maman qui avait cherché cette petite couverture longtemps pour son bébé, en espérant qu’il l’aimerait bien.

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mercredi 4 février 2009

blanc suspendu

neige1neige2neige3neige4                                                                                                       Elle devait les avoir oubliés. Elle tombait pourtant partout, à Londres et à Paris, mais pas ici. Il y avait bien eu quelques petits flocons, pas impressionnants du tout.
Alors hier quand elle a vu la neige tomber, madame L ne s’est pas inquiétée, ça ne durerait pas. Cette année, le printemps allait arriver sans qu’ils aient vu la neige recouvrir ne serait ce qu’une journée le bas de leur vallée. C’est la maîtresse de mademoiselle Blanche qui l’a appelée pour leur dire de faire attention en rentrant. Là-bas, sur leurs petites routes de campagne pas bien dégagées, tout le monde était dans le fossé.
Monsieur L était bloqué à la maison avec les deux petits encore un peu groggys, elle est partie plus tôt pour être rentrée avant la nuit.
Il avait préparé des crêpes, ils se sont tous retrouvés devant le petit poële du bureau, la pièce la plus chaude de la maison. Dehors, tout était blanc, la neige arrondissait les reliefs, les bruits étaient plus doux. Demain, on serait mercredi.
Ce midi, Ils ont attendu que monsieur Marcel soit endormi pour s’équiper  de la tête aux pieds. On avait beau lui parler de la neige et de bonhomme au gros nez, monsieur Aimé n’était pas très partant. La neige, il ne se souvenait plus bien de ce que c’était. C’est la perspective d’enfiler le manteau rouge et les bottes à pois oranges qui l’a emballé.
Mademoiselle Blanche avait déjà prévu ses gants, elle attendait depuis ce matin que ce soit le moment.
Des carottes pour le nez, des choux de Bruxelles pour les boutons, monsieur L avait les poches pleines et le geste décidé. Le corps du premier bonhomme s’étoffait. Madame L les regardait par la fenêtre. Il faudrait qu’elle lui dise ce soir. Aujourd’hui, elle avait enfin appris comment faire pour arriver à un bonhomme bien charpenté. Au lieu d’entasser comme elle avait toujours fait, il fallait rouler. Pour la prochaine fois, elle le saurait.
Pour l’instant, elle profitait du calme à l’intérieur de la maison pour finir de coudre un petit pantalon de printemps, rêver à de nouveaux tissus, chercher des envies à coudre pour les jours plus légers, « maman, regarde notre bonhomme il lui manque un bonnet ! ». avec cette casquette là, la ressemblance était frappante. Le grand-père des enfants s’était invité.
Ce bonhomme était bien seul et il restait quelques bouts de carottes pour lui faire une dame, et un petit aussi. Une famille des neiges, et deux enfants frigorifiés qui découvraient les brûlures de la neige au bout des doigts.
Après une vraie bataille qui fait froid dans le coup et au bout du nez, ils sont rentrés en laissant le jardin à ses nouveaux gardiens. Il aurait peut être fallu leur présenter la dame épouvantail mais elle était tranquille, de l’autre côté du muret. Pourquoi la déranger pour lui présenter des invités qui auraient filé au plus tard demain.
Maintenant il fallait se réchauffer, se préparer un bon goûter, fabriquer cette petite poupée arrivée par la poste ce matin. Dernier petit souvenir du Japon. Puis ouvrir la porte à ce petit chat qui miaulait. Un chat noir et blanc qui depuis quelques jours ne quittait plus Duvet. Il devait avoir froid. On lui a préparé à manger, on l’a invité à rentrer mais il est resté sur le seuil.
Ce soir, il dormirait dans l’étable, on l’y avait surpris plusieurs fois. Peut être qu’il faudrait lui trouver un nom. On n’en était pas encore là.
On laissait le chat à sa vie de chat pour se rappeler que la semaine n’était pas terminée., qu’il fallait faire couler un bain. Madame L avait presque oublié que la semaine devait continuer. La neige avait tout recouvert, tout adouci, jusqu'à faire croire que le rythme des jours avait disparu.

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mardi 3 février 2009

premiers pas

pas1pas2pas3pas4                                                                                                         Ce petit gars là doit aimer brouiller les pistes et si ses parents n’ont pas encore compris que c’était à lui décider, pour le premier pas il s’est encore mis en tête de les faire marcher.
Pas pressé, la base solide est les pieds bien plantés, monsieur Marcel a quinze mois et se tient debout depuis longtemps. Pour marcher, il prend son temps.
Il a longtemps concédé à des parents plus pressés que lui un ou deux pas. Petit cadeau accordé à la galerie toujours ravie, puis il se remettait au quatre pattes tellement plus rapide et mieux maîtrisé.
Depuis quelques jours, le petit garçon parcourt de longues distances sur ses deux pieds. Surtout quand on ne le regarde pas. Très concentré, il avance droit devant lui jusqu’au repère qu’il s’est fixé. Quand quelq’un le voit, il accepte volontiers les encouragements, répond par un grand sourire et remet un pied devant,  puis se rassied pour s’enfuir, ventre à terre.
Tout à l’heure, il a marché jusqu’à sa grande sœur pour l’entourer de ses petits bras. Mademoiselle Blanche qui, pour quelques jours, a repris son rôle d’aînée très à cœur  à partagé ce câlin « avec grâce et joie », les deux mots dont elle e se sépare plus ces jours derniers.
Puis le petit garçon s’est laissé retomber pour crapahuter jusqu’à l’escalier.
Quand il leur demandera quand il a commencé à marcher, monsieur et madame L seront bien en peine de lui donner la date de ses premiers pas. Même le mois. Impossible à fixer.
Elle s’ était bien jurée de ne pas flanquer de caractère défini à ses petits, de les laisser se forger avant d’essayer d’en définir les traits. Mais il lui faut bien reconnaître que ce petit garçon n’en fait qu’à sa tête depuis qu’il est conçu. Et même avant peut être puisqu’on ne sait même pas quand son bige bang a eu lieu. Une vague idée peut-être, bien jolie mais trop vague pour être honnête.
Aujourd’hui, Il est là et bien là, taillé pour embrasser la vie et s’il n’y a que peu de dates à poser à ses premières fois dans son carnet, il y aura quand même toujours celle de son anniversaire.  Un 23 transformé en 30, petit détail que tout le monde ou presque aura oublié dans quelques années.
Il y aura toutes ces premières fois qui ne les concerneront pas, celles qu’ils redouteront pour lui peut être, et celles dont ils n’oseront pas lui parler. Mais les premiers émois sont loin et il ne sera même pas question de parler de la première mobylette. Pour l’instant, il s’agit de ses premiers pas. Et même s’ils sont bien incapables de savoir quand il a commencé, même s’ils n’ont aucune idée de quand il se lancera vraiment sur ses deux pieds, lls savent qu’il sait, et c’est déjà ça, le plus important sûrement,  et c’est pour ça qu’ils applaudissent à chaque fois.

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lundi 2 février 2009

au théâtre

josephine1josehine2josephine3josephine4                                                                                                        Quand on lui demande ce qu’elle veut faire, quel métier lui plaît, la jeune fille répond qu’elle ne sait pas, que trop de choses lui plaisent encore et qu’elle a du temps pour se décider. Mais pour se stage là, cette petite semaine imposée à tous les élèves de troisième, ces quelques jours de « decouvertes professionnelles », elle savait depuis longtemps où elle voulait aller. Elle avait pris rendez-vous depuis plus d’un an  avec celle qui l’accueillerait dans les murs de son théâtre.
Mademoiselle Joséphine a de la chance, elle le sait. Elle n’a pas choisi la facilité. Et dans la voiture, sur le chemin qui l’emmenait vers cette semaine à découvrir, elle pensait à ceux de sa classe qui allaient rentrer chaque soir chez eux, à ceux qui avaient choisi de ne pas s’éloigner. Elle ne rentrerait que dimanche prochain.
Elle était loin de partir en terre inconnue et c’est elle qui l’avait voulu.  Mais au fur et à mesure que la voiture avançait, on pouvait percevoir chez la demoiselle ces petits indices qui trahissaient la peur du saut quand on arrive à la dernière marche du grand plongeoir. Cette peur qui pimente le plaisir et le rend plus fort, une fois qu’on a sauté.
Cette semaine, la maman de Mariette ne serait pas seulement la maman de Mariette, l’amie de monsieur et madame L. Mademoiselle Joséphine allait la découvrir autrement, dans l’exercice de son métier. C’est avec elle que la jeune fille avait été déjà partie un soir d’été pour assister à une série de spectacles de rue. Spectatrice privilégiée, qui voit le spectacle et ses à côté, le théatre et ses métiers. La jeune fille avait goûté à ce qu’elle allait découvrir pendant sa semaine autour de la scène, le spectacle et ses métiers.
Samedi après-midi, madame L a emmenée sa grande fille se promener dans cette ville qui serait la semaine pendant une semaine. Elle lui a montré l’endroit où elle viendrait travailler, encore plus beau qu’elle l’imaginait. "Je ne pensais pas que c'était aussi grand".
Elle a aimé cette main se glissant dans la sienne, une main tout d’un coup un peu fragile.
Elle lui a parlé de ses propres envies d’adolescentes, de ses désirs d’ailleurs et de sa peur de partir. Elle lui a raconté, elle a senti la main un peu moins crispée. C’est normal d’avoir peur à quatorze ans, et d’avoir envie d’aller loin.
Elle ne lui a pas parlé de ses propres envies de théâtre, de ce parfum qui lui plaît encore tellement, ce mélange de poussière et d’odeurs humaines.
Elle a serré la main dans la sienne, C’était une semaine que la jeune fille avait attendu. Elle y était. Elle allait voir le théâtre et sa réalité.
Elle qui s’inscrit à tous les spectacles proposés, qui lit avec frénésie et s’intéresse à toutes les musiques qu’on lui propose d’écouter.
Madame L serrait la main dans la sienne.  et savait que la peur s’évanouirait avec le premier spectacle,  C’est Shakespeare qui lancerait les festivités. Chez l’habitant.
En attendant d'entendre au téléphone « c’est génial maman », elle serrait cette main dans la sienne, quelques instants encore à la sentir un peu fébrile, un petit moment a se savoir rassurante et utile, et puis se laisser aller au plaisir pour elle, un peu avant elle, de deviner tout ce monde qu'elle allait découvrir.

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dimanche 1 février 2009

microbes

microbes1microbes2microbes3microbes4                                                                                                         Ils attendaient cette fin de semaine et à l’heure dite, et quelques poussières, quelques dernières petites choses à faire, ils étaient tous prêts à partir. Monsieur Marcel allait beaucoup mieux et ils savaient que là-bas, la petite fille avait du tout préparer dans la fébrilité.
Mademoiselle Blanche n’était pas dans son assiette mais elle était contente de voir Mariette. Dans la voiture, c’est monsieur Aimé qui a été malade le premier,suivi par mademoiselle Blanche de près.
Un peu gênés de se présenter dans cet état, ils ont oublié les microbes autour du déjeuner. Les enfants s’étaient retrouvés et jouaient dans la pièce d’à côté, on s’est dit que le pire était passé.
Comme les petits étaient fatigués, on les a couchés tôt pour profiter de la soirée. En quelques minutes tout le monde dormait.
La dernière nuit de madame L avait été agité, elle n’a pas trop traîné. A l’étage, la maman de Mariette s’était elle aussi endormie, emportée par ce sommeil si particulier des premiers mois de grossesse.
Madame L goûtait à ce plaisir de s’endormir sur un oreiller au parfum étranger. Petit bonheur d’invitée.
Ce sont des rires qui l’ont réveillée. Monsieur L et les parents de Mariette étaient juste à côté. Ils fallait bien qu’ils rient pour supporter.  Quatrième change pour monsieur Aimé, quatrième change pour monsieur Marcel, et à chaque fois des draps propres à installer. Et deux petits garçons en pleurs, incapables de comprendre ce qui leur arrivait.
Puis elle, elle qui ne s’était même pas réveillée. Plongée dans une nuit tellement réparatrice qu’elle n’avait même pas entendu ses petits garçons pleurer.
Comment dire cette gêne, cette certitude qu’aucune demande d’excuses ne pourrait rattraper son absence alors qu’ils avaient passé ce début de nuit à nettoyer, à changer et à consoler deux petits garçons, et maintenant une petite fille qui n’arrivaient plus à contrôler le mal qui les frappait.
Madame L s’est allongée dans un lit juste à côté des petits garçons alors que mademoiselle Blanche dormait en bas avec son papa. Ce n’était pas du tout ce que la petite Mariette avait imaginé. La toute petite fille emmenée hors de sa chambre pour partager le lit de mademoiselle Joséphine, l’autre épargnée.
Madame L sentait son dégoût monter, quelquefois même plus fort que l’envie d’adoucir leurs tremblements. Et cette envie de dormir contre laquelle elle n’arrivait plus à lutter. D’autres mères auraient sûrement oublié le sommeil, épongeant, nettoyant au fur et à mesure, pas rebutées. Elle n’a su que chanter, essayer de les endormir avec l’histoire du petit oiseau et sa branche cassée,  enlever les affaires sales et les entasser de l’autre côté de la porte fermée, leur dire qu’elle était là, juste à côté et voir leur grands yeux noirs l’implorer sans savoir plus les aider.
Le matin, il a d’abord fallu affronter le tas de linge souillé, et l’idée que la nuit de toute la maison avait été gâchée, s’excuser.
Ce soir, ils sont rentrés. Les trois petits dorment à poings fermés et leurs parents sont épuisés, comme ceux, là-bas, qu’elle imagine en train de faire brûler quelque huile essentielle pour assainir une maison qui retrouve sa sérénité.
Il y a des nuits qui dissuaderaient tout aspirant parent, et tout ami de les réinviter. La tempête est passée, mais il reste cette odeur âcre et tenace, cette gêne qui n'arrive pas à se dissoudre, même dans l'amitié.

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samedi 31 janvier 2009

billet retour

retourretour2retour3retour4                                                                                                    

Ils sont dans l’avion. Tout à l’heure, il  sera à peine quatre heures quand ils poseront le pied à terre. Roissy,  pour une nouvelle vie.
C’était il y a trois ans, ils partaient loin. Ils quittaient leur petit appartement parisien pour vivre à Tokyo, sans savoir vraiment pour combien de temps.
Madame L se souvient de sa peine. Le Japon, c’était si loin. Elle se souvient de son envie aussi. Celle de découvrir une nouvelle terre, des gens si différents, une vie nouvelle où tout était à faire. Ce pays ressemblait il aux bandes dessinés qu’elle s’est mise à dévorer ?  Le journal de mon père. Elle a vu les petites maisons, les rues en pente et le volcan vénéré, la délicatesse du geste et la politesse. Sa petite sœur s’est mise à s’animer dans une histoire de Taniguchi.  Elle a goûté aux soupe miso des supermarchés, pour rêver. Même lyophilisé, elle se faisait au goût que làs-bas, ils avaient sûrement du apprendre à aimer. Elle a raconté ce pays à ses enfants, au moins ce qu’elle en savait. Pour qu’ils n’oublient pas les cousins partis loin.
Combien de fois s’est elle laissée embarquée, téléportée dans ce qu’elle pensait être leur vie ?  partir là-bas, avec eux, en pensées. Elle était à côté de sa petite sœur, dans les rues d’une ville qu’elle pouvait seulement imaginer. Le Japon ne l’aurait jamais fait tant rêver si elle ne les y avait pas su là-bas. 
Le rêve se nourrissait. Elle a vu arriver les petits colis et toujours cette étiquette impossible à lire, celle qui voulait dire d’où le paquet venait, celle qui voulait dire qu ‘il fallait vite ouvrir pour découvrir les trésors envoyées. Quand une petite sœur qui a toujours été très forte en petit paquet rencontre le Japon, on se précipite sur chaque colis, puis on ralentit,pour ne rien déchirer, pour garder le joli papier, le glisser ensuite dans un tiroir de souvenirs empilés  les petits livres de patrons, les cartes dessinées de fleurs de printemps et Totoro qu’ils ont tous aimé, tous ces souvenirs qu’ils garderont longtemps. « mais si tu te souviens, c’est quand Philomène était au Japon ! ».
Puis ce voyage mille fois planifié, d’abord rêvé en famille, pour aller rencontrer les cousins japonais, puis enfin réalisé en amoureux pour profiter d’être deux. Ce pays enfin découvert, qui ressemblait tellement aux bandes dessinées qu’elle avait dévorées, qui était si différent des bandes dessinées qu’elle avait dévorées. Elle a goûté à la vraie soupe miso, elle a passé des heures dans les librairies à feuilleter ces petits livres qu’elle aurait tous voulu ramener. Ils se sont promenés, il se sont perdus sous les cerisiers. Puis elle s’est laissée guider par  une petite sœur qui, pour la première fois, lui expliquait les codes à respecter. Une petite sœur qui  semblait chez elle, sa petite fille y était née. Une petite fille qui toute sa vie, garderait sur son passeport la trace de sa naissance à Tokyo.
Cette petite fille née quelques mois après monsieur Aimé qui s’apprête à découvrir Paris. Pour elle, comme pour son grand frère qui a vécu là-bas plus de la moitié de sa vie, c’est cette nouvelle vie qu’il va falloir apprivoiser. C’est ici qu’ils vont se sentir un peu étrangers. Peut être que leur parents aussi, Plaisir délicieux quand on sait qu’on est attendu, qu’on a des papiers en règles, un travail pour l’un des deux et un appartement qui a juste besoin d’être habité.
Ici, on ne fait pas la queue devant la porte du métro, on ne baisse pas la tête pour dire merci. On est un peu moins poli. Mais il y a tellement de  choses chouettes aussi pour un petit garçons de cinq ans et demi. Pour une maman aussi, qui a rêvé de rues de Paris et de Monoprix.
Dans quelques heures, les cousins de Paris seront ici, tout à côté. Madame L a beau essayer de leur expliquer, les cousins d’ici ont encore un peu de mal à réaliser.
Il faudra vite aller les voir dans leur appartement de Paris, et puis les inviter ici. Pour l’instant, il faut les laisser se poser, s’installer. Les laisser vivre leu rêve de retour et se frotter à la réalité. C’est déjà tellement drôle de les imaginer à la même heure qu’ici.

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vendredi 30 janvier 2009

l'appel du vide

vie1vide2vide3vide4                                                                                                         Le petit garçon n’avait pas idée de ce qu'il lui offrait aujourd'hui. Ou peut être que si, peut être que certains bébés gardent encore longtemps ce lien qui les unissait à leur mère quand ils les sentaient de dedans Ils savent ce dont elles ont besoin avant même qu’elle ne puissent le dire.
Il était malade, il devait rester ici. Elle aussi, puisque monsieur L qui, hier, était resté une partie de la journée avec lui n’était pas disponible aujourd’hui.
Elle a vite survolé la liste de ce qu’elle aurait du faire aujourd’hui pour la renvoyer à lundi. Monsieur Aimé resterait ici lui aussi ici. Elle n’avait jamais pu se résoudre à n’emmener qu’un seul de ses petits chez la nounou pour garder l’autre. Quelquefois, elle aurait du, mais aujourd’hui, elle les voulait tous les deux ici. Monsieur Marcel était fièvreux, il était le premier à affronter ce petit virus qui passerait sûrement par chacun d’eux.
Elle avait souvent rêvé  de journées ici avec de la musique, un peu de couture entre les mains et la bougie allumée.  D’ailleurs il y avait ce petit pantalon commencé, il faudrait le terminer. C’est comme ça qu’elle avait réussi à dessiner la plupart de ses mercredi.
La matinée était largement entamée quand elle s’est aperçu que le meuble ou se trouvent les disques étaient toujours fermé. Elle ne pourra plus clamer qu’elle ne peut pas vivre sans musique. Elle mentirait.
Elle avait oublié la bougie aussi. Elle avait habillé les deux garçons puis elle était restée à côté d’eux, avec eux, en se gardant de se demander ce dont elles avait envie.
C’était de besoin dont il s’agissait aujourd’hui. Celui du vide, sans désir ni projet.  De la tristesse de ces deux derniers jours, du livre abandonné, il ne restait que quelques sanglots, à peine perceptibles et la difficulté de se dire qu’elle n’aurait plus à attendre de nouvelles de ce côté. . Si cette journée pouvait se dérouler sans qu’elle ait à penser. Juste de s’occuper d’eux, veiller à ce que la fièvre ne monte pas, qu’il ne soit pas déshydraté.
Le téléphone a sonné. Il a bien fait. Elle avait raison, il fallait encore y croire, avancer, ne pas oublier ce petit cahier. Des mails aussi, tellement gentils. Elle se sentait portée.
Mais une fois monsieur Marcel au lit, elle est allée s’allonger avec monsieur Aimé. Il était content qu’elle lui chante l’histoire du petit oiseau blessé.  Elle ne sait pas lequel des deux à fermé les yeux le premier. Deux heures de sommeil profond. Et ce réveil courbaturé qui ressemble à la fatigue,à s’y méprendre. Il faut juste laisser la vie reprendre, sentir le sang qui circule à nouveau, et préparer le goûter parce que deux petits garçons affamés se sont réveillés. Il faut juste laisser l’envie se réveiller, reprendre corps et devenir évidente. Un jour elle tiendra son livre entre ses mains. Le désir est né de cette aventure, bien plus fort que cette petite mort, ce projet avorté.

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jeudi 29 janvier 2009

une grève

greve1greve2greve4greve3 Elle avait honte. Elle venait de leur dire au revoir. Même mademoiselle Joséphine était là aujourd’hui.
Quand sa grande fille lui avait demandé si elle irait travailler, elle lui a répondu que oui, parce qu’elle avait plusieurs rendez-vous qu’elle ne pouvait pas manquer, parce que les gens qu’elle allait rencontrer étaient des bénévoles et qu’elle ne pouvait pas leur faire faux bond, parce qu’elle était convoquée à une visite médicale et qu’elle ne pouvait pas se défiler. Se défiler. Elle n’a pas osé lui parler de sous. Pas à sa fille. Et puis son manque de sous, il aurait été indécent d’en parler. Elle a pensé à tous ceux qui allaient défiler aujourd’hui, y laisser une journée d’un salaire déjà bien trop petit . Elle a pensé à tous ceux qui ne pourraient pas se le permettre. Elle a pensé à ses petits soucis, de tous petits soucis d'égo un peu malmené à côté des drames que d’autres devaient affronter.
Mademoiselle Joséphine n’avait pas été vraiment convaincue, et madame L avait du étouffer la jeune fille en elle qui lui criait tous les combats auxquels elle avait participé.
« Devaquet, au piquet !!!!..... » L’étudiante était loin, et pendant tant d’années, elle avait été de ceux qui racontent les grèves, pas de ceux qui les font.
Et là, elle s’était laissée dépassée.
Il n’y a pas si longtemps elle s’était promis de ne plus s’engager. Elle avait perdu tout espoir à fréquenter la politique de trop près. Trop d’ambitions personnelles qui se nourrissaient dans les gamelles des sans grades, des oubliés à qui on promettait le bonheur et la paix.
Plus envie de s’en approcher.
Alors quand au travail on lui avait demandé si elle faisait grève aujourd’hui, elle a répondu qu’elle avait ce rendez-vous qu’elle ne pouvait pas manquer.
Mais ce matin, c’est la honte qui la dévorait. Elle est passée devant cette usine de pneus qui vient de licencier, à côté de cette fabrique de vêtements qui vient de se séparer de la moitié de ses ouvrières puis elle est arrivée dans cette  rue bordée de deux gros bâtiments, tous les deux appartenant à l'un des plus grosses fortunes mondiales. Les gens de cette ville allaient encore souffrir. On leur annonçait depuis depuis des mois.  Elle se rappelait tous ceux qu’elle accueillait dans son bureau il y a encore quelques mois. Une permanence parlementaire, dernier recours, dernière porte ouverte aux desespoirs et aux envie d’espoirs. Elle les avait écoutés. Fin de droit, facture d’électricité et de téléphone impayées. La rue qui les menaçait. A chaque fois elle avait essayé de les aider, sans toujours y arriver. Qu’étaient ils devenus ? Pour eux, les temps étaient encore plus durs aujourd'hui.
Elle a repensé à la maternité qui maintenant c’est sûr, allait fermer, à l’école du village pour l’instant miraculeusement épargnée.
Elle a pensé aux enfants, au siens, à ce qu’elle leur dirait ce soir en rentrant. Elle a pensé à la fraternité, à ce mot si beau transformé en slogan publicitaire.
Elle aurait voulu y croire encore.  Elle a pensé à tous ceux qui luttaient, qui criaient juste leur volonté d’exercer un métier qu’ils aimaient.
De toute façon, cette grève, elle ne pouvait pas la faire, il y a ces gens qui l’attendaient et qui comptaient sur elle pour raconter l’action qu’ils menaient.
Elle a monté les escaliers quatre à quatre, c’est à la direction des ressources humaines qu’il fallait s’adresser. Elle était essouflée. Elle a demandé s’il était encore temps, si elle serait comptabilisée. Elle n’était pas la première.
Cet après midi, elle est allée rejoindre les manifestants.  Perdue dans la foule, dans cette petite ville où elle ne connaît encore personne, elle s’est gardée d’apparaître sous un drapeau ou derrière une banderole, Elle n’appartenait à personne. Elle n’a pas pris la rose qu’on lui tendait.
C’était juste  là qu’il fallait qu’elle soit. « A family of Man », c’est comme ça que disent les anglais. Cette communauté d'hommes et de femmes qui ne sont pas obligés de s'aimer mais qui veulent s'aider. Elle voulait s'y accrocher. Au bout d’un moment, elle s’est eclipsée pour aller rejoindre les gens qu'elle devait rencontrer. Elle leur a dit qu’elle était en grève. Elle a pris son stylo et son petit cahier pour tout noter.
Puis elle est rentrée pour retrouver ses enfants, elle pouvait leur raconter sa journée.

Merci beaucoup, beaucoup, pour tous ces commentaires laissés hier et aujourd'hui.


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mercredi 28 janvier 2009

un livre

livre1livre2livre3livre4                                                                                                                                                                                                               Elle venait de publier un billet où elle parlait de son envie d’écrire. Il y a tout juste un an. Une jeune éditrice l’avait contactée pour lui proposer de la rencontrer. Alors elle avait pris le train pour Paris, monsieur Marcel bien calé dans son porte-bébé.
La jeune femme lisait le blog et pensait qu’il y avait matière à faire un livre. Elles avaient réfléchi autour d’un déjeuner. Ce serait une sélection de textes et de photographies ; madame L avait alors parlé du format des petits livres japonais, elles étaient d’accord sur l’idée. Simple et raffiné. D'accord aussi pour garder le secret.
La jeune femme devait en parler à la directrice d’une maison d’édition appartenant au groupe dans lequel elle travaillait. Un nom de maison d’édition que madame L connaissait, qui lui parlait de très beaux livres, qu’on aime lire et regarder.
Cette dame semblait interessée et madame L lui a préparé un petit carnet où elle avait collé certains des billets qu’elle préférait, des photos et des tissus très anciens qu’elle avait scannés. Le tout retenu par un petit ruban de lin.
La dame a fait appeler sa secrétaire, c’était au début du mois de juin, pour convenir d’un rendez-vous à Paris.
Le cœur qui bat très fort, une très belle rue, et ce magasin de vêtements de lins teints dont madame L a toujours rêvé. La promesse d’y revenir pour s’y offrir un joli cadeau si le rendez-vous se passait bien.
La dame était très intéressée, elle lui a montré à quoi le livre pourrait ressembler. Madame L n’osait plus vraiment parler. Elle a revu son petit carnet posé sur le bureau, juste à côté. Elle avait passé des heures à le confectionner. Des jours entiers.  mais elle a du le laisser. La dame en avait encore besoin.
Il y avait encore une étape à passer, le comité d’édition. La réunion de plusieurs directeurs de maisons d’éditions donnant leur aval, ou non, pour qu’un projet soit lancé.
Madame L ne s’est pas offert en sortant du bureau ; il faisait beau,  elle a couru rejoindre monsieur L qui l’attendait au jardin du Luxembourg pour tout lui raconter.
Elle devait avoir des nouvelles à la mi-juillet. Fin septembre, c’est elle qui a repris contact avec la dame qui se montrait toujours intéressée.
A la mi-décembre, le petit carnet était toujours à Paris, et le projet toujours intéressant. La jeune femme qui l’avait présenté ne s’inquiétait pas plus que ça. Elle avait déjà vu des projets comme celui là courir sur plus de trois ans.
Aujourd’hui, madame L a reçu les vœux de la directrice de la maison d’édition. Elle a choisi de prendre cette petite attention comme un signe encourageant.
C’est en fin d’après-midi que le deuxième mail est arrivé. La dame avait dicté son message à la secrétaire, c’était écrit. Il était écrit aussi qu’elle le regrettait , mais que le comité d’édition n’avait pas été « enthousiasmé » par le projet.
Voilà un an qu’elle portait ce projet en bandoulière, un rêve qui l’aidait à tenir les matins un peu gris, un rêve plein d’espoir et gorgé de reconnaissance. Pas celle qu’on cherche toute sa vie sans jamais la trouver, celle qu’on attend pas et qui s’offre comme ça, comme un rire aux éclats.
Il y a un an, elle n’avait rien demandé. Au fil des mois, elle s’est vue tenir le livre entre ses mains, elle s’est imaginé la fierté de ses enfants et celle de l’homme qu’elle aime, elle a vu son nom inscrit sur la tranche et cherchait un titre comme on lui avait demandé. Celui qu’elle préférait, c’était « tous les jours dimanche ». Elle n’avait pas envie de le changer.  Pour faire face aux petits coups durs qu’elle traversait, il y avait toujours ce projet, ce rêve qui la réchauffait. « Tous les jours dimanche », c’était pourtant joli sur une table de nuit.
Ce soir, elle a du mal à se dire que c’est fini. L’histoire était tellement jolie. Le rêve, lui, a existé. Pendant une année, elle l’a tenu entre les mains.
En réponse, elle a juste demandé à récupérer son petit carnet.

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mardi 27 janvier 2009

les baguettes du buffle

chine1chine2chine3chine4                                                                                                                                                           Ils devaient aller au restaurant, ce petit restaurant rouge où mademoiselle Joséphine et mademoiselle Blanche avaient leurs habitudes quand madame L travaillaient juste à côté. Une cantine pour monsieur et madame L qui aimaient s’y retrouver pour y grignoter le midi.
Mais le restaurant tous les six ne les tentait qu’à moitié. Tout le monde était fatigué et l’addition serait forcément un peu salée.
Pourtant elle avait envie de fêter cette nouvelle année. Elle ne vouait pas de culte particulier au calendrier chinois,  elle avait seulement envie de ce petit clin d’œil à mademoiselle Joséphine. Partager avec les petits un petit morceau de ce que serait la vie de la grande fille l’année prochaine.  Et se souvenir aussi. Se rappeler encore une fois la baie de Honk-Kong, éclairée par les feux d’artifices. Mademoiselle Joséphine était trop petite pour partir rejoindre son papa et c’est madame L qui à chaque fois l’accompagnait. Elle restait dix jours là-bas, déchargée de toute contrainte matérielle, avec le seul souci de s’occuper d’une petite fille et de s’émerveiller avec elle.
L’année du buffle méritait bien quelques nems et une poignée de samoussas mais elle n’avait jamais été très forte à cette cuisine là. Alors hier midi, elle en avait rempli un panier, avec un peu de poulet que monsieur L ferait revenir avec du gingembre et du curry. Sa petite touche personnelle, ce serait pour le dessert. Des petits pots de crème au gingembre confit. 
La grande nappe rouge était assortie au tulipes, les trois grandes assiettes serviraient de plats et mademoiselle Joséphine avait descendue la guirlande lumineuse qu’elle avait ramenée d’un de ses voyages lointains.
Une fois encore, madame L aa croisé ce moment ou elle n’est plus si sûre de son idée. Préparer un joli dîner avec trois petits affamés qui courent partout, ce n’était peut être pas si bien que ça. Mais il était encore tôt, rien ne pressait et mademoiselle Blanche avait encore le temps de trouver la chaussure qui allait le mieux s’assortir avec sa robe de soirée.
Sur commande expresse de madame L qui se rappelait l’avoir aperçu il y a peu de temps, mademoiselle Joséphine a même retrouvé le disque qu’elles écoutaient souvent en rentrant de leurs voyages là-bas. Frères Jacques en chinois, elles ne s'en lassaient pas.
Juste avant de commencer, madame L a donné une petite enveloppe rouge à chacun de ses enfants. Tradition oblige. Pour les garçons, elle avait juste remplacé les petites pièces de monnaie par des morceaux de chocolat.
Chacun a su faire bon usage des baguettes, à sa manière. Monsieur Marcel en chef d’orchestre, monsieur Aimé en picador à raviolis alors que mademoiselle Blanche voulait s’en servir comme les chinois, et même avec du riz. L’air de rien, c’est bien monsieur L qui s’en sortait le mieux avec ces choses là.
C’était au moins aussi bien qu’au restaurant, Mademoiselle Joséphine et mademoiselle Blanche lui ont dit plusieurs fois  et madame L n’a pas cherché à savoir si c’était vraiment vrai. Il y a des soirs comme celui là où tout le monde a envie de se faire plaisir. C'est l'ingrédient principal des petites fêtes qu'on aime ici. Le petit dîner semblait leur avoir plu.  Elle était très contente qu’ils ne soient pas sortis.
Il restait même un peu de temps avant d’aller coucher monsieur Marcel et monsieur Aimé. Un moment pour lire un livre. Une histoire d’arbre japonais. C’était un peu loin de la Chine mais vu d’ici, les distances étaient raccourcies, puis on n’en était plus à une fantaisie près.
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