mardi 3 mars 2009

fête des filles

filles1poupees1filles2filles3filles4filles5filles6filles7                                                                                                                                                                           C'était l'autre jour, mademoiselle Blanche se préparait à se coucher et madame L rangeait les affaires de poupées. La petite fille avait envie de discuter mais il était tard et pas question de traîner. Madame l avait alors imaginé que, peut-être, pendant les vacances qui viendraient, elle pourraient peut-être s’amuser toutes les deux, regarder les petites affaires de poupées et les habiller.
Souvenirs de cette année où pour Noël, elle avait commandé un berceau de poupée en dentelle. Elle était entrée au collège, tout juste jeune fille, et n’osait plus dire aux autres petites filles à quoi elle occupait encore certaines de ses soirées. Les habiller, les coucher, leur raconter des histoires et s’en inventer. C’était le secret d’une petite fille qui avait poussé trop vite et qui se rêvait déjà maman pour finir ses nuits recroquevillée dans son petit lit au milieu de tous ses enfants .
Un peu comme elle, mademoiselle Joséphine en commandait une pour chaque Noël, puis mademoiselle Blanche est arrivée. Elle passe de longues heures avec ses filles et à la fin de l’histoire, les couche tous les soirs à ses côtés. Monsieur Aimé et monsieur Marcel ont aussi leur poupée. Cheveux courts, poupées filles ou poupées garçons, ce sont eux qui choisiront.
Alors cette fête des petites filles et des poupées, hina matsuri, tradition du japon, c’était une bonne idée pour ce 3 mars printannier. Puis c’est « la dame des poupées » qui en avait parlé, alors, forcément, c’était bien.
Pendant que tous les garçons de la maison dormaient, elles sont descendu la dînette et les petites chaises, les gâteaux et la théière et surtout les poupées invitées. Un vrai déménagement de la chambre au bureau qui semblait le mieux indiqué pour abriter les festivités. « attends, pour la nappe, j’ai une idée ». Frères et sœurs et couples d’amoureux à la fois, la petite fille réécrivait l’histoire à chaque fois qu’elle en avait besoin et sa maman se régalait.
Elle n’aurait jamais cru pouvoir être invitée à rester, à regarder sa petite fille s’inventer ces histoires dont elle s’était amusée à peindre le décor, avant de proposer de s’éclipser. Mais non, elle aussi pouvait venir s’assoir à table pour dégsuster « un vrai thé même si tu veux ». Il manquait la musique. Il n’y avait que la symphonie des jouets pour accompagner la danse des invités après le buffet.
Pas encore de vraies fleurs pour décorer, alors madame L est allée chercher la broche en rose qu’elle portait le lendemain de son mariage accrochée à son corsage. Sur la table de fête, ça ferait beaucoup d’effet. Il y avait des verres en verre et de la vaisselle qui casse, et même la petite cloche de madame L,  parce que c’était vraiment un goûter qu'ilne faudrait pas oublier.
Quand son thé fut avalé, madame L fit un pas de côté, se tournant vers le bureau pour  retrouver ses papiers et les patrons qu’elle devait découper. Des lettres aussi, de la correspondance obligée. Dans son dos, le petite voix continuait à murmurer, haussant le ton de temps en temps pour calmer les enfants turbulents. « ça va, tu t’en sors avec quatre enfants ? ». « Bien sûr que oui maman ! ».

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lundi 2 mars 2009

il en faut peu

en_pyjamabaloopyjamapyjama3pyjama4legumes                                                                                                      Elle venait juste de commencer à bâtir une manche quand ils se sont réveillés. Petit cadeau qu’elle a su savourer, les trois petits avaient dormi tard et la petite tunique de monsieur Aimé avait pu avancer. Elle savait qu’elle n’aurait pas d’autre moment dans la journée pour ce genre d’activité. Ou peut être ce soir, quand ils dormiraient. C’était un autre plaisir qu’elle avait presque oublié, laisser sa journée de dérouler en se disant qu’il restait encore une soirée. Coudre, lire ou rêvasser sans se dire qu’elle payerait cher l’heure tardive de son coucher. Déjà, elle se sentait moins fatiguée. ET puis elle savait que demain serait un peu comme aujourd’hui, un panier plein de petites choses à faire mais rien d’obligé.
Alors dès le petit déjeuner pris, elle leur a proposé de monter avec eux pour regarder un film au premier. Monsieur L était d’accord pour les accompagner. Le livre de la Jungle, c’est elle qui a choisi.
C’est peut-être le cinéma d’hier qui lui avait donné envie de cette séance improvisée. Ni fauteuils de velours rouge ni grand écran blanc, mais pour la première fois, une maman qui s’arrête pour ne rien faire à leurs côtés. Juste quelques photographies de la vie et une petite chose pour s’amuser. Elle aussi avait envie de jouer.
Alors avec l’autorisation de mademoiselle Blanche, elle est allée fouiller dans la dînette pour y rechercher quelques uns des petits légumes en tissu que Saint-Nicolas avaient déposés en décembre dernier. Assemblés, ils formaient une couronne pour le petit gardien des recetttes de cuisine, posé au milei des livres sur l‘étagère de l’escalier, jute à côté du bœuf charolais.  Elle avait trouvé cette statuettte un matin d’été dans un vide grenier. Petit musicien qui, d’après ce que racontaient le mouvement de ses doigts, devait jouer de la flûte à l’origine, Elle avait remplacé l’instrument par des ustensiles de cuisines.
Aucun des enfants n’était habillé, le compagnie des éléphants suivaient le rythme,  le gros chat noir ravissait monsieur Marcel, ett madame L cousait ses petits légumes en tissus colorés. Elle avait bien d’autres petits points à faire, d’autres petits travaux à avancer, mais elle avait envie d’essayer tout de suite, de voir quelle tête aurait le petit mirliton une fois couronné. Mademoiselle Blanche la regardait,  amusée. Peut être qu’on pourrait en refaire une pareille le jour où la reine des légumes devrait être intronisée.
En attachant les rubans, madame L discutait du film avec son bien-aimé. Il ne se souvenait plus du début, elle avait oublié la fin. Une fois encore,  monsieur L a du faire confiance à madame L qui lui a raconté ce qu’il avait raté.
Peut-être que la couronne ne resterait pas si longtemps que ça sur la tête du petit cuisinier. Mademoiselle Blanche n’avait pas l’air convaincue, et sa mère non plus. Mais c’était juste pour s’amuser et il fallait peut être s’habituer. Après tout,  ce jeune homme n’avait jamais eu l’air très inspiré.  Peut être qu’il faudrait lui rajouter un tablier, ou un panier. Et les araignées trouveraient encore un terrain à leur goût.
Tablier, cuillers et paniers, on réfléchirait. Ce qu’il fallait surtout c’est s’habiller et préparer à manger parce que ce midi, on attendait une invitée.

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dimanche 1 mars 2009

grand écran

ecran1ecran2ecran3ecran4                                                                                                       «  Cinéma, cinéma… », monsieur Aimé était à peine réveillé qu’il répétait déjà ce mot sans s’arrêter, et sans vraiment savoir ce qu’il signifiait. Il avait compris que ce serait gai et qu'il était assez grand pour y aller. Mademoiselle Blanche était impatente elle aussi de partir tous les trois jusque là-bas. « Juste Aimé, maman et moi ». Mais jusqu'à quinze heures il fallait bien patienter. Alors on a descendu la grande nappe rouge et la peinture et trois petits tabliers. Parce que cette fois, c’est monsieur Marcel qui était assez grand pour ça. Lui aussi aujourd’hui avait droit à sa première fois.
Une heure à peine à dessiner, machouiller des pinceaux, « comment on fait du marron déjà ? » et se sentir inspiré. Le cinéma était presque oublié, Charles Trenet chantait le vieux piano de la plage pendant que madame L triait les épices et le thés.
Après mangé, monsieur Marcel était fatigué. C’est monsieur L qui était chargé de le garder. Madame L, mademoiselle Blanche et monsieur Aimé étaient occupés. Ils devaient d’abord se faire beaux. Le manteau rouge pour monsieur Aimé et une petite écharpe douce pour mademoiselle Blanche qui avait choisi de porter sa couleur préférée, « rose-violet ». Monsieur Aimé ne savait toujours pas exactement où il allait mais il était heureux de participer, d’être parmi ceux à qui on dit au revoir cette fois-ci en leur disant de bien s’amuser.
de la musique à glisser dans la voiture pour y aller et ils sont partis tous les trois. Le petit garçon regardait par la fenêtre le paysage défiler, sérieux et très concentré. Mademoiselle Blanche arrivait à chanter et discuter à la fois.
Ils sont arrivés les premiers. La grande salle était vide, ils ont pris des petits coussins pour se rehausser et puis choisi la place qui leur convenait. Les petites lumières rouges sur les marches de l’escalier indiquaient le chemin et derrière, dans sa petite cabine, le monsieur qui passerait le film était déjà là. « C’est qui ça ? «  a demandé monsieur Aimé comme ces derniers jours quand il désigne quelque chose qu’il ne connaît pas. L’écran était très grand et encore tout blanc. D’autres enfants sont arrivés et la musique a commencé, puis la lumière a baissé jusqu’à s’éteindre vraiment.
Madame L s’était assise au milieu pour pouvoir les serrer tous les deux. « C’est qui ça ? », « C’est qui ça ?  », puis le petit garçon a posé son doigt sur sa bouche fermée. Il n’avait pas encore vu le loup qu’il avait déjà trouvé où se réfugier. De toute façon, les genoux de sa maman l’attendaient. Du moment qu’elle pouvait prendre la main de mademoiselle Blanche pour la rassurer. « Dis maman, tu ne l’as jamais vu ce film, alors tu ne peux pas nous dire si c’est le petit renne qui va gagner ».
Elle a eu peur avec eux, elle a espéré, puis elle a cru que la maman n'avait pas été très réglo. Dire comme ça, à son petit renne,  qu’il le fils d’un héros, ça ne se fait pas.  Elle s’était trompée, une vraie maman renne ne ment jamais même si les héros ne sont plus ce qu’ils étaient.
Quand le générique de fin a commencé à défiler, mademoiselle Blanche s’est approchée pour lui donner un baiser, « Merci maman » a-t-elle murmuré. C'était un vrai baiser au plaisir partagé. Le petit garçon a retrouvé sa voix« génial !! …un autre ? » Monsieur Aimé s’est quand même relevé pour retrouver les petites lumières de l’escalier. Juste avant de quitter la salle où ils étaient restés les derniers, madame L et mademoiselle Blanche ont une dernière fois regardé l’écran qui continuait de chanter « c’est trop joli maman ».  Il était juste l’heure du goûter. Elle leur a promis des nonettes et un vrai chocolat. Un vrai goûter, à table, pour avoir le temps de tout raconter à monsieur L qui les attendait et à monsieur Marcel qui s'était peut-être réveillé.
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samedi 28 février 2009

rien de grave

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vac5vac6                            Elle n'avait passé qu'une nuit ici. Maminou était déjà repartie.  Avec elle, papinou et Barthéllémy, le petit frère de madame L à peine plus vieux que mademoiselle Joséphine. Et mademoiselle Joséphine aussi, partie au ski. Ils s’en étaient allés  joyeux, On avait partagé ce plaisir avec eux, comptant déjà avec mademoiselle Blanche le nombre de nuits avant qu’ils reviennent ici.
Mais entre toutes ces nuits qu’on égrainaient, madame L a beaucoup insisté, il y avait tant de journées qu’elle était décidée à ne pas laisser filer. Parce que les vacances venaient de commencer.
Est ce l’effet de la cortisone, certaines l’ont pensé. C’est peut être vrai. Mais après quatre heures de sommeil et un vrai teint de cire, elle se sentait des ailes pousser. Après un petit tour de marché et un déjeuner à l’ombre rêvée d’une glycine qui n’a pas encore poussé, elle est retournée à sa machine à coudre pour appliquer les conseils que sa mère et son amie lui avaient prodigués. La petite chemise de monsieur Marcel s’était presque cousue toute seule, celle de monsieur Aimé n’arrivait plus à avancer. Ici, aujourd’hui, tout le monde a compris ce que parementure voulait dire. Un petit bout de tissu qu’on ne voit même pas à l’endroit et qui se met en tapon, qui fait tout rater et découdre une quatrième fois le tour du cou à peine terminé. Mais c’était le début des vacances, après ces quelques jours recroquevillées, elle n’en revenait pas d’être dans cette forme là. Elle a recommencé, sans rechigner, autant de fois qu’il le fallait. A la fin, ce n’était pas parfait, mais le petite chemise lui plaisait et c’était bien ça l’important. Quand il a fallu se metre aux boutonnières, elle n'a pas rencontré plus de succès. Elle a cousu de très jolis boutons et elle poserait des pressions.
Quand l’aiguille de la machine a cassé, elle s’est dit qu’il était temps. Arrêter, tout poser et rejoindre les enfants. Aucune pièce de la maison n’était épargnée. Des jouets, des bouts de tissus, des livres et des vêtements, il y avait de tout partout et elle y avait participé. Rien de grave en vérité. Pour se mettre à ranger, au moins le rez-de-chaussée, elle a fait taire Schubert pour laisser Aretha Franklin chanter sa liberté. Elle s’est mise à danser devant un petit garçon circonspect qui s’est vite détendu pour participer. Rien de grave en vérité.
Pour le dîne. Aucune idée. Un peu de salade et des betteraves bien rouges pour faire plus gai. »Et les enfants, un biberon ça vous dit ». De toute façon, ils s’étaient déjà gavé de petits pains au lait, de nuttela au doigt parce que c’est bien meilleur comme ça et de camembert juste après. Rien de grave en vérité, les vacances viennent juste de commencer.

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vendredi 27 février 2009

chevauchée fantastique

cheval1cheval2cheval4cheval6cheval5chevalA                                                                          " Dis maman, est ce que ce tu peux me promettre que tu te souviendras toujours de cette journée ? » Si elle n’avait pas promis juré, elle l’aurait peut-être un peu perdue au milieu de tous ces petits souvenirs agréables et heureux mais de toute façon, elle se devait de l’écrire.Quelques heures si douces partagées entre un papa, une maman et une petite fille dde cinq ans et demi.
Quand la petite fille est rentrée ce midi de se dernière séance de poterie, elle a demandé a sa maman si elle allait mieux, si sa maladie était finie. Soulagée, elle s’est assise pour regarder la couture avancer. Une petite tunique pour monsieur Marcel. Le début d’une jolie tenue pour le mariage auquel ils sont invités le mois prochain. Madame L avait profité de la matinée pour se lancer. Impossible de se rappeler depuis combien de temps elle n’avait pas déambuler dans cette maison désertée du reste de ses habitants. Presque tous finalement, monsieur L était resté. Son rendez-vous avait été annulé. Quelques heures à côté de lui, juste un peu fatiguée, juste assez pour ne pas en vouloir à ses gestes un peu trop lents et goûter à cette douceur de se laisser porter par le temps.
La porte était grande ouverte depuis que la petite fille était rentrée. Le grand châle posé sur ses épaules, madame L voulait continuer. Après, il faudrait coudre celle de monsieur Aimé. Le même tissu dans un autre modèle. Mademoiselle Blanche feuilletait le grand livre de patrons pour se choisir la jupe qui tourne quand son tour serait arrivé.
De l’autre côté du muret, monsieur L avait ramené les chevaux pour s’en occuper. IL faisait beau, il a sorti la selle et le filet. Madame L n’a rien dit, elle n’est pas allée lui dire à quel point elle aimait le regarder reprendre avec ce plaisir qui lui avait tant manqué. Elle l’a laissé se préparer.
La petite fille était tellement ravie de manger dehors qu’elle a dressé la table toute seule, « c’est de quel côté le couteau déjà ? » puis ils ont mangé, monsieur L était prêt. Mademoiselle Blanche a fait un tour du jardin sur le cheval de son papa, toute seule à manier les rênes, puis monsieur L est parti. Quand il a appelé, la petite blouse était presque terminée. Il était parti depuis plus de deux heures mais elles n’avaient pas vu le temps passer. Mademoiselle Blanche avait préparé son dessin pour la fête des mamies et madame L avait bâti. Elles ont couru toutes les deux pour le rejoindre au petit moulin. Mademoiselle Blanche est montée devant son papa, ils ont laissé madame L reprendre de l’avance puis ils l’ont rejointe à la maison, en terminant sur un petit trot léger. Mademoiselle Blanche rayonnait. Monsieur L est descendu puis une fois rentrée dans le jardin, il a encore laissé la petite fille diriger le gros animal. Madame L avait un peu peur. Lui pas. Il avait se sourire qu’elle ne lui avait pas vu depuis longtemps. « Tu verras, bientôt on recommencera tous les deux».

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jeudi 26 février 2009

maman est malade

malade1« maman et malade à la fois, c’est impossible » lui a dit madame K qui vient tous les jeudi faire le ménage ici.
Impossible en effet d’envisager faire les 5o kms de voiture qui la mènent au travail tous les matins. Impossible de faire autre chose que s’avachir sur le petit canapé du bureau et de se convaincre que ça va forcément aller mieux.
Impossible de sentir ce mal de tête s’installer de nouveau et la fatigue, encore plus grande que la veille.
Impossible de s’occuper de ces petits loupiots d’abord trop contents de voir que leur maman n’est pas partie travailler, puis surpris de constater, surtout pour le petit dernier, qu’elle n’arrive pas à s’occuper d’eux.
Impossible de penser que c’est une simple sinusite qui transforme la moitié du visage en terrain de douleur, comme si les dents aller tomber et l’œil qui n’arrive plus à voir tellement il est sensible.
Impossible de pas penser à ceux que la douleur ne quitte plus jamais, cette douleur qui rend si vite hermétique à la beauté des choses, qui rend agressif et méchant.
Impossible de ne pas avoir honte d’être si diminuée pour une petite maladie de trois fois rien.
Impossible de dormir  car la douleur est trop vive.
Impossible de retenir ses larmes comme une petite fille qui voudrait que le marteau s’arrête de frapper.
Impossible de répondre aux enfants qui cherchent leur maman. Impossible de ne pas espérer qu’ils ne vont pas la trouver. De toute façon, elle n’arrivera pas à s’occuper d’eux.
Impossible de ne pas s’imaginer que c’est peut-être plus grave.
Le médecin a souri quand elle lui a parlé de petites gellules et d’inhalations, il lui a répondu antibiotiques et cortisone. Elle a obtempéré sans lui poser d’autres questions.
Impossible de ne pas fondre quand un petit garçon lui dépose dès son retour un gros bisou sur le front.
Impossible de résister à cette petite fille de cinq ans et demi qui va lui chercher sa tasse de thé et lui propose de « s’occuper de tout ».
Impossible de ne pas se dire qu’elle a de la chance en regardant son amoureux  qui s’inquiète pour elle prendre tout en charge de la soupe au coucher. 
Et se sentir revivre,  au milieu du dîner auquel elle s’est péniblement traînée que les médicaments commencent à faire effet et que la fièvre a baissé. Redevenir une maman et retrouver tous les possibles. La prochaine fois, elle se soignera plus tôt.

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mercredi 25 février 2009

le beau temps

beautemps1beautemps2beautemps3beautemps4                                                                                                      On dit toujours « parler de la pluie et du beau temps » quand on n’a rien à dire, ou en tout cas rien d’important. Et pourtant, c’est souvent la couleur du ciel qui détermine la mélodie la journée qui va défiler. Aujourd’hui, après un tout petit rabe de sommeil, en voyant la pièce du bas éclairée comme elle l’était, elle a deviné le soleil. Les microbes ne sont pas partis mais ils sont moins vaillants.  De toute façon,  elle avait promis de ne rien faire ce matin, juste s’asseoir sur le canapé au milieu des enfants pour regarder ce film qu’elle avait ramené hier pour mademoiselle Joséphine. Grand film ou pas, tout ira bien tant qu’elle sera capable de sentir une larme couler à la fin d’une jolie histoire, juste parce qu’elle se termine bien, parce que ce professeur d’art plastique a changé la vie de ces jeunes étudiantes américaines. Un film de filles qui a même réussi à accrocher monsieur L vers la fin. Un petit bouquet rosé d’émotion qu’elle partage avec mademoiselle Joséphine tant qu’elle est encore là. Tout ce qu’elles auront partagé le sera, à jamais. Même des touts petits moments de rien, une main serrée et ou des larmes, parce que « c’était vraiment bien ». 
Et puis c’est mademoiselle Blanche qui est rentrée du centre de loisirs pour tout lui raconter. Un spectacle de marionnettes, Pierre et le loup. Pour elle aussi, c'était "trop bien". Tellement bien que madame L avait voulu y emmener monsieur Aimé mais il n’y avait plus de billet. Mademoiselle Blanche a mesuré sa chance. « tant pis, pour toi Aimé ce sera l’année prochaine ».
A l’heure du café, tout le monde est sorti s’asseoir su le banc, un peu plus à l’abri que le petit muret, mademoiselle Joséphine répétait sa pièce de théâtre pendant que les petits redécouvraient les plaisirs du jardin. Des arbres nus et une lumière qui ressemble encore à celle de l’hiver mais on a croisé une abeille et aperçu les premiers bourgeons sur les rosiers.  Monsieur Aimé et monsieur Marcel voulaient voir les ânesses, monsieur et madame L avaient envie de reprendre les plans de la cabane. Trouver des planches, remettre à niveau le terrain, ce n’est peut-être pas cette année qu’elle sortira de terre. Il faudra revoir les projets à la baisse. Ils n'en ont pas encore parlé vraiment. Mais c'est évident.  Les trois petits qui courent dans le champ n’ont pas l’air d’en souffrir. A vraie dire, ils semblent même s’en soucier comme de leur première chaussette. Bien sûr qu'il y a pire et ce n'est pas si grave après tout. Ne pas rêver trop grand, pas maintenant, c'est redécouvrir avec eux un terrain de jeux merveilleux. Il faut les suivre, se laisser gagner par leur plaisir. La maison est bien plantée sur la colline, elle est à eux, comme les près et le ciel à l’heure qu’il est. Il faut se perdre dans les yeux de cette petite fille, des yeux qui brillent quand sa maman lui dit que très bientôt, elle sera en vacances, ici, avec eux.

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mardi 24 février 2009

microbes

microbes1microbes2                                                             La douceur de ce week-end et les vacances des enfants lui avaient fait oublier. La fatigue est revenue pour s’imposer, plus forte que tous les projets, flanquée de ce mal de tête auquel elle n’est pas habituée. Elle prend le front dans son étau, ralentit les gestes et formole les idées.
Dernière attaque d’un hiver qui n’en finit pas de se terminer. Elle avait pourtant décelé des prémices d’un printemps annoncé, elle avait voulu y croire, il ne lui manquait plus que le fil assorti pour commencer les petites tuniques roses de monsieur Marcel et monsieur Aimé. Elle doit aussi tenir sa promesse de petite robe pour mademoiselle Blanche qui rêve de tissu fleuri.
Les idées sont là, pas très loin, mais le corps ne suit pas. Les gestes sont trop lents et les mains empesées.
Difficile de travailler. Elle les sait à la maison, habillés très tard, le pyjama devenu tenue de jeu sur un tapis où s’étalent tous les jouets retrouvés. Elle les voit chez eux, débarrassés des contraintes du quotidien, narguant la grosse horloge  qui continue toute seule à tourner.
Mais cette certitude de les savoir reposés ne suffit plus à l’apaiser. Elle sait qu’elle rentrera le soir bien trop fatiguée pour écouter le récit léger et joyeux de leur journée. Elle s’en veut déjà parce qu’elle sait que de cette journée, elle ne retiendra que la bazar étalé au rez-de-chaussée. Elle voudrait pourtant leur dire, à peine arrivée, son sac même pas posé,  qu’elle est contente de les retrouver, qu’elle va  profiter  de la soirée pour s’imprégner du parfum de vacances qui  flotte  ici. « Mais maman, qu’est ce qu’il y a , t’es fatiguée ? ». Alors elle sera obligée de leur répondre que oui. Elle déteste leur dire qu’elle est fatiguée. Elle leur dira aussi qu’elle est désolée, qu’il ne sont responsables de rien mais elle n’arrive plus à les écouter , pestant bien plus qu’elle ne le voudrait contre tout ce qui n’a pas été fait dans la journée. Elle s’en voudra de leur en vouloir et sait déjà qu’une nuit de sommeil n’y changera rien. Elle se réveillera encore demain, la tête lourde et la sensation d’être plus fatiguée que lorsqu’elle s’est endormie.  Elle a trop chaud, puis trop froid, elle voudrait un chocolat chaud, ou rien, ou un thé. Elle ne sait plus bien.  Elle voudrait surtout que ces microbes la lâchent un peu, elle qui se targuait de toujours leur résister. Cet hiver, ils seront passés de l’un à l’autre sans aucun répit.
Alors elle rentre les retrouver, retour difficile alors que la nuit commence à tomber. Elle sait ce qu’elle va trouver, une maison en mode vacances alors qu’elle est si fatiguée. Elle pousse une porte qui s’ouvre sur une maison fraîchement rangée. Mademoiselle Joséphine n’y est pas pour rien,  « j’ai fais la vaisselle maman ». Monsieur Marcel lui tend les bras alors que mademoiselle Blanche lui demande de goûter la crêpe qu’elle lui a gardé. Et puis c’est monsieur Aimé qui lui montre les gâteaux qu’il a préparé avec sa nounou dans la journée. Elle s’était imaginé un retour fievreux et las, mis c'est là qu'elle se sent bien.  Les microbes doivent comprendre que ce soir, ils ont intérêt à s’effacer. D’ailleurs, elle le sent déjà perdre du terrain. Une longue nuit, et il n’y paraîtra plus rien.

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lundi 23 février 2009

des masques

masquesLa petite fille était fiévreuse, elle toussait, triste de ne pas avoir dit au revoir aux invités comme elle le voulait. On lui avait dit qu’aujourd’hui, peut être, elle devrait rester au chaud si son gros rhume ne s’arrangeait pas.
Ce matin, elle était la première levée. Impossible de cacher sa toux mais la fièvre était tombée. Elle était sûre et certaine qu’elle voulait y aller. Le centre de loisirs l’attendait avec la construction d’un masque pour commencer. Les jours d’après, il y aurait de la cuisine, un spectacle de marionettes et des cours de poterie.
Pendant les dernières vacances, les places avaient toutes étaient prises avant que madame L ait le temps de téléphoner. Cette fois ci, elle avait inscrit la petite fille avant même de lui demander ce qu’elle en pensait. Mademoiselle Blanche avait compté les semaines et puis les jours pour y arriver.
Madame L avait compté avec elle chaque soir avant de se coucher. Elle qui devait aller chercher très loin un vague souvenir d’une matinée passée au centre aéré. Elle que la seule idée de partir en colonie secouait de larmes forcément étouffées. Les copines ne devaient pas savoir, jamais, que l’idée, de quitter cette main aux ongles peints la terrifiait.
Et pourtant, pour la petite fille qu’elle était. Dormir chez une copine était une joie. Elle se précipitait à chaque invitation lancée. C’est le groupe qui l’effrayait, et la certitude qu’elle n’arriverait pas à s’y intégrer. Elle savait que les autres petites filles la trouveraient forcément moche, sans intérêt. Moche, elle l’était sûrement, avec sa paire de lunettes, ses cheveux trop fins et sa peau qui rougissait. Trop grande pour son âge et trop décalée. Elle n’aimait pas la même musique que les petites filles de son âge. Anne Sylvestre contre Chantal Goya, ça ne marchait jamais.  Alors quand elle était obligée d’y aller, elle commençait toujours par essayer de trouver l’autre,  celle qui se tenait aussi un peu à l’écart, celle qu’elle ne connaissait pas encore mais qui, peut être, pourrait accepter son amitié. Une autre petite fille qui ne lui ressemblait pas forcément, mais un peu différente, souvent timide, ou drôlement habillée. Il lui fallait cette amitié pour traverser le groupe et ses règles établies, ses codes non écrits qu’elle n’arrivait jamais à maîtriser.
C’est monsieur L qui a emmené sa petite fille pour sa première matinée de centre aéré. Une fois le premier moment de timidité passé, elle a rejoint les enfants déjà arrivés.
Ce midi, au téléphone, elle lui a raconté. Le masque, les autres enfants et la dame qu’elle connaissait, et les crêpes au programme de la prochaine matinée.  Elles se sont données rendez-vous ce soir, au cours de danse que mademoiselle Blanche attendait aussi, comme chaque lundi. « J’ai hâte d’être à demain » lui a dit la petite fille en raccrochant.

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dimanche 22 février 2009

l'avant et l'après

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Mais cette fois-ci c’est tellement vrai. Une autre fois, elle les aurait regardés partir puis elle aurait senti le gouffre s’ouvrir, ce trou béant qui s’imposait à chuaqe départ, à chaque au revoir imposé. Puis elle aurait refoulé ses larmes de petite fille abandonnée pour penser à demain, infranchissable demain. Elle se serait laissée dévorée par ce dimanche soir, mêlant l’idée le sentiment de l’adieu à celui de l’au revoir dans un sanglot enfoui très loin.
Elle s’est laissée porter toute cette fin de journée par les plaisirs que lui avait offert ces moments partagés, se laissant caressée par la douceur du lien tissé, celui qui ne se casse pas au premier au revoir. Mademoiselle Blanche était un peu triste alors elle l’a rassurée avec des promesses qu’il lui faudrait tenir. Elle a partagé son plaisir avec monsieur L et mademoiselle Joséphine, ravis,  puis regardé monsieur Marcel et Monsieur Aimé qui sous des ciseaux magiques avait perdu quelques cheveux et retrouvé l’allure de sages petits garçons. Première coupe pour monsieur Marcel.  Avant de partir elle lui avait aussi laissé ce souvenir.
Sur la table, il y avait le gros bouquet qu’elles étaient allées cueillir avec quelques uns des enfants. Il faudrait en prendre une photo pour l’envoyer à mademoiselle Ondine et lui demander s’il était conforme à ce qu’elle avait imaginé. Il faudrait leur dire aussi que le cheval était guéri et qu’on leur renverrait le petit pyjama oublié.
Elle savait que la journée de demain serait traversée par ces petits nuages de nostalgie qui rapellent que c’est déjà fini, que ce qu’on a tellement attendu est passé. Elle savait aussi que les journées à venir seraient portées par le souvenir de ces journées et de ces deux soirées à discuter.
Ils venaient de partir quand le téléphone a sonné. C’est une amie, pas croisée depuis si longtemps. Une amie qui voulait simplement lui dire que même si elle n’appelait pas beaucoup, elle pensait à elle, souvent. Madame L a répondu en miroir, en lui faisant part de sa joie d’entendre sa voix. La conversation n’a pas duré longtemps.
Voilà, c’était un peu ça. Ce week-end, elle avait rencontré des gens qu’elle avait beaucoup aimé et sur lesquels désormais, quoi qu’ils fassent ou qu’ils envisagent, elle porterait un regard bienveillant.

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