vendredi 27 février 2009

chevauchée fantastique

cheval1cheval2cheval4cheval6cheval5chevalA                                                                          " Dis maman, est ce que ce tu peux me promettre que tu te souviendras toujours de cette journée ? » Si elle n’avait pas promis juré, elle l’aurait peut-être un peu perdue au milieu de tous ces petits souvenirs agréables et heureux mais de toute façon, elle se devait de l’écrire.Quelques heures si douces partagées entre un papa, une maman et une petite fille dde cinq ans et demi.
Quand la petite fille est rentrée ce midi de se dernière séance de poterie, elle a demandé a sa maman si elle allait mieux, si sa maladie était finie. Soulagée, elle s’est assise pour regarder la couture avancer. Une petite tunique pour monsieur Marcel. Le début d’une jolie tenue pour le mariage auquel ils sont invités le mois prochain. Madame L avait profité de la matinée pour se lancer. Impossible de se rappeler depuis combien de temps elle n’avait pas déambuler dans cette maison désertée du reste de ses habitants. Presque tous finalement, monsieur L était resté. Son rendez-vous avait été annulé. Quelques heures à côté de lui, juste un peu fatiguée, juste assez pour ne pas en vouloir à ses gestes un peu trop lents et goûter à cette douceur de se laisser porter par le temps.
La porte était grande ouverte depuis que la petite fille était rentrée. Le grand châle posé sur ses épaules, madame L voulait continuer. Après, il faudrait coudre celle de monsieur Aimé. Le même tissu dans un autre modèle. Mademoiselle Blanche feuilletait le grand livre de patrons pour se choisir la jupe qui tourne quand son tour serait arrivé.
De l’autre côté du muret, monsieur L avait ramené les chevaux pour s’en occuper. IL faisait beau, il a sorti la selle et le filet. Madame L n’a rien dit, elle n’est pas allée lui dire à quel point elle aimait le regarder reprendre avec ce plaisir qui lui avait tant manqué. Elle l’a laissé se préparer.
La petite fille était tellement ravie de manger dehors qu’elle a dressé la table toute seule, « c’est de quel côté le couteau déjà ? » puis ils ont mangé, monsieur L était prêt. Mademoiselle Blanche a fait un tour du jardin sur le cheval de son papa, toute seule à manier les rênes, puis monsieur L est parti. Quand il a appelé, la petite blouse était presque terminée. Il était parti depuis plus de deux heures mais elles n’avaient pas vu le temps passer. Mademoiselle Blanche avait préparé son dessin pour la fête des mamies et madame L avait bâti. Elles ont couru toutes les deux pour le rejoindre au petit moulin. Mademoiselle Blanche est montée devant son papa, ils ont laissé madame L reprendre de l’avance puis ils l’ont rejointe à la maison, en terminant sur un petit trot léger. Mademoiselle Blanche rayonnait. Monsieur L est descendu puis une fois rentrée dans le jardin, il a encore laissé la petite fille diriger le gros animal. Madame L avait un peu peur. Lui pas. Il avait se sourire qu’elle ne lui avait pas vu depuis longtemps. « Tu verras, bientôt on recommencera tous les deux».

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jeudi 26 février 2009

maman est malade

malade1« maman et malade à la fois, c’est impossible » lui a dit madame K qui vient tous les jeudi faire le ménage ici.
Impossible en effet d’envisager faire les 5o kms de voiture qui la mènent au travail tous les matins. Impossible de faire autre chose que s’avachir sur le petit canapé du bureau et de se convaincre que ça va forcément aller mieux.
Impossible de sentir ce mal de tête s’installer de nouveau et la fatigue, encore plus grande que la veille.
Impossible de s’occuper de ces petits loupiots d’abord trop contents de voir que leur maman n’est pas partie travailler, puis surpris de constater, surtout pour le petit dernier, qu’elle n’arrive pas à s’occuper d’eux.
Impossible de penser que c’est une simple sinusite qui transforme la moitié du visage en terrain de douleur, comme si les dents aller tomber et l’œil qui n’arrive plus à voir tellement il est sensible.
Impossible de pas penser à ceux que la douleur ne quitte plus jamais, cette douleur qui rend si vite hermétique à la beauté des choses, qui rend agressif et méchant.
Impossible de ne pas avoir honte d’être si diminuée pour une petite maladie de trois fois rien.
Impossible de dormir  car la douleur est trop vive.
Impossible de retenir ses larmes comme une petite fille qui voudrait que le marteau s’arrête de frapper.
Impossible de répondre aux enfants qui cherchent leur maman. Impossible de ne pas espérer qu’ils ne vont pas la trouver. De toute façon, elle n’arrivera pas à s’occuper d’eux.
Impossible de ne pas s’imaginer que c’est peut-être plus grave.
Le médecin a souri quand elle lui a parlé de petites gellules et d’inhalations, il lui a répondu antibiotiques et cortisone. Elle a obtempéré sans lui poser d’autres questions.
Impossible de ne pas fondre quand un petit garçon lui dépose dès son retour un gros bisou sur le front.
Impossible de résister à cette petite fille de cinq ans et demi qui va lui chercher sa tasse de thé et lui propose de « s’occuper de tout ».
Impossible de ne pas se dire qu’elle a de la chance en regardant son amoureux  qui s’inquiète pour elle prendre tout en charge de la soupe au coucher. 
Et se sentir revivre,  au milieu du dîner auquel elle s’est péniblement traînée que les médicaments commencent à faire effet et que la fièvre a baissé. Redevenir une maman et retrouver tous les possibles. La prochaine fois, elle se soignera plus tôt.

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mercredi 25 février 2009

le beau temps

beautemps1beautemps2beautemps3beautemps4                                                                                                      On dit toujours « parler de la pluie et du beau temps » quand on n’a rien à dire, ou en tout cas rien d’important. Et pourtant, c’est souvent la couleur du ciel qui détermine la mélodie la journée qui va défiler. Aujourd’hui, après un tout petit rabe de sommeil, en voyant la pièce du bas éclairée comme elle l’était, elle a deviné le soleil. Les microbes ne sont pas partis mais ils sont moins vaillants.  De toute façon,  elle avait promis de ne rien faire ce matin, juste s’asseoir sur le canapé au milieu des enfants pour regarder ce film qu’elle avait ramené hier pour mademoiselle Joséphine. Grand film ou pas, tout ira bien tant qu’elle sera capable de sentir une larme couler à la fin d’une jolie histoire, juste parce qu’elle se termine bien, parce que ce professeur d’art plastique a changé la vie de ces jeunes étudiantes américaines. Un film de filles qui a même réussi à accrocher monsieur L vers la fin. Un petit bouquet rosé d’émotion qu’elle partage avec mademoiselle Joséphine tant qu’elle est encore là. Tout ce qu’elles auront partagé le sera, à jamais. Même des touts petits moments de rien, une main serrée et ou des larmes, parce que « c’était vraiment bien ». 
Et puis c’est mademoiselle Blanche qui est rentrée du centre de loisirs pour tout lui raconter. Un spectacle de marionnettes, Pierre et le loup. Pour elle aussi, c'était "trop bien". Tellement bien que madame L avait voulu y emmener monsieur Aimé mais il n’y avait plus de billet. Mademoiselle Blanche a mesuré sa chance. « tant pis, pour toi Aimé ce sera l’année prochaine ».
A l’heure du café, tout le monde est sorti s’asseoir su le banc, un peu plus à l’abri que le petit muret, mademoiselle Joséphine répétait sa pièce de théâtre pendant que les petits redécouvraient les plaisirs du jardin. Des arbres nus et une lumière qui ressemble encore à celle de l’hiver mais on a croisé une abeille et aperçu les premiers bourgeons sur les rosiers.  Monsieur Aimé et monsieur Marcel voulaient voir les ânesses, monsieur et madame L avaient envie de reprendre les plans de la cabane. Trouver des planches, remettre à niveau le terrain, ce n’est peut-être pas cette année qu’elle sortira de terre. Il faudra revoir les projets à la baisse. Ils n'en ont pas encore parlé vraiment. Mais c'est évident.  Les trois petits qui courent dans le champ n’ont pas l’air d’en souffrir. A vraie dire, ils semblent même s’en soucier comme de leur première chaussette. Bien sûr qu'il y a pire et ce n'est pas si grave après tout. Ne pas rêver trop grand, pas maintenant, c'est redécouvrir avec eux un terrain de jeux merveilleux. Il faut les suivre, se laisser gagner par leur plaisir. La maison est bien plantée sur la colline, elle est à eux, comme les près et le ciel à l’heure qu’il est. Il faut se perdre dans les yeux de cette petite fille, des yeux qui brillent quand sa maman lui dit que très bientôt, elle sera en vacances, ici, avec eux.

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mardi 24 février 2009

microbes

microbes1microbes2                                                             La douceur de ce week-end et les vacances des enfants lui avaient fait oublier. La fatigue est revenue pour s’imposer, plus forte que tous les projets, flanquée de ce mal de tête auquel elle n’est pas habituée. Elle prend le front dans son étau, ralentit les gestes et formole les idées.
Dernière attaque d’un hiver qui n’en finit pas de se terminer. Elle avait pourtant décelé des prémices d’un printemps annoncé, elle avait voulu y croire, il ne lui manquait plus que le fil assorti pour commencer les petites tuniques roses de monsieur Marcel et monsieur Aimé. Elle doit aussi tenir sa promesse de petite robe pour mademoiselle Blanche qui rêve de tissu fleuri.
Les idées sont là, pas très loin, mais le corps ne suit pas. Les gestes sont trop lents et les mains empesées.
Difficile de travailler. Elle les sait à la maison, habillés très tard, le pyjama devenu tenue de jeu sur un tapis où s’étalent tous les jouets retrouvés. Elle les voit chez eux, débarrassés des contraintes du quotidien, narguant la grosse horloge  qui continue toute seule à tourner.
Mais cette certitude de les savoir reposés ne suffit plus à l’apaiser. Elle sait qu’elle rentrera le soir bien trop fatiguée pour écouter le récit léger et joyeux de leur journée. Elle s’en veut déjà parce qu’elle sait que de cette journée, elle ne retiendra que la bazar étalé au rez-de-chaussée. Elle voudrait pourtant leur dire, à peine arrivée, son sac même pas posé,  qu’elle est contente de les retrouver, qu’elle va  profiter  de la soirée pour s’imprégner du parfum de vacances qui  flotte  ici. « Mais maman, qu’est ce qu’il y a , t’es fatiguée ? ». Alors elle sera obligée de leur répondre que oui. Elle déteste leur dire qu’elle est fatiguée. Elle leur dira aussi qu’elle est désolée, qu’il ne sont responsables de rien mais elle n’arrive plus à les écouter , pestant bien plus qu’elle ne le voudrait contre tout ce qui n’a pas été fait dans la journée. Elle s’en voudra de leur en vouloir et sait déjà qu’une nuit de sommeil n’y changera rien. Elle se réveillera encore demain, la tête lourde et la sensation d’être plus fatiguée que lorsqu’elle s’est endormie.  Elle a trop chaud, puis trop froid, elle voudrait un chocolat chaud, ou rien, ou un thé. Elle ne sait plus bien.  Elle voudrait surtout que ces microbes la lâchent un peu, elle qui se targuait de toujours leur résister. Cet hiver, ils seront passés de l’un à l’autre sans aucun répit.
Alors elle rentre les retrouver, retour difficile alors que la nuit commence à tomber. Elle sait ce qu’elle va trouver, une maison en mode vacances alors qu’elle est si fatiguée. Elle pousse une porte qui s’ouvre sur une maison fraîchement rangée. Mademoiselle Joséphine n’y est pas pour rien,  « j’ai fais la vaisselle maman ». Monsieur Marcel lui tend les bras alors que mademoiselle Blanche lui demande de goûter la crêpe qu’elle lui a gardé. Et puis c’est monsieur Aimé qui lui montre les gâteaux qu’il a préparé avec sa nounou dans la journée. Elle s’était imaginé un retour fievreux et las, mis c'est là qu'elle se sent bien.  Les microbes doivent comprendre que ce soir, ils ont intérêt à s’effacer. D’ailleurs, elle le sent déjà perdre du terrain. Une longue nuit, et il n’y paraîtra plus rien.

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lundi 23 février 2009

des masques

masquesLa petite fille était fiévreuse, elle toussait, triste de ne pas avoir dit au revoir aux invités comme elle le voulait. On lui avait dit qu’aujourd’hui, peut être, elle devrait rester au chaud si son gros rhume ne s’arrangeait pas.
Ce matin, elle était la première levée. Impossible de cacher sa toux mais la fièvre était tombée. Elle était sûre et certaine qu’elle voulait y aller. Le centre de loisirs l’attendait avec la construction d’un masque pour commencer. Les jours d’après, il y aurait de la cuisine, un spectacle de marionettes et des cours de poterie.
Pendant les dernières vacances, les places avaient toutes étaient prises avant que madame L ait le temps de téléphoner. Cette fois ci, elle avait inscrit la petite fille avant même de lui demander ce qu’elle en pensait. Mademoiselle Blanche avait compté les semaines et puis les jours pour y arriver.
Madame L avait compté avec elle chaque soir avant de se coucher. Elle qui devait aller chercher très loin un vague souvenir d’une matinée passée au centre aéré. Elle que la seule idée de partir en colonie secouait de larmes forcément étouffées. Les copines ne devaient pas savoir, jamais, que l’idée, de quitter cette main aux ongles peints la terrifiait.
Et pourtant, pour la petite fille qu’elle était. Dormir chez une copine était une joie. Elle se précipitait à chaque invitation lancée. C’est le groupe qui l’effrayait, et la certitude qu’elle n’arriverait pas à s’y intégrer. Elle savait que les autres petites filles la trouveraient forcément moche, sans intérêt. Moche, elle l’était sûrement, avec sa paire de lunettes, ses cheveux trop fins et sa peau qui rougissait. Trop grande pour son âge et trop décalée. Elle n’aimait pas la même musique que les petites filles de son âge. Anne Sylvestre contre Chantal Goya, ça ne marchait jamais.  Alors quand elle était obligée d’y aller, elle commençait toujours par essayer de trouver l’autre,  celle qui se tenait aussi un peu à l’écart, celle qu’elle ne connaissait pas encore mais qui, peut être, pourrait accepter son amitié. Une autre petite fille qui ne lui ressemblait pas forcément, mais un peu différente, souvent timide, ou drôlement habillée. Il lui fallait cette amitié pour traverser le groupe et ses règles établies, ses codes non écrits qu’elle n’arrivait jamais à maîtriser.
C’est monsieur L qui a emmené sa petite fille pour sa première matinée de centre aéré. Une fois le premier moment de timidité passé, elle a rejoint les enfants déjà arrivés.
Ce midi, au téléphone, elle lui a raconté. Le masque, les autres enfants et la dame qu’elle connaissait, et les crêpes au programme de la prochaine matinée.  Elles se sont données rendez-vous ce soir, au cours de danse que mademoiselle Blanche attendait aussi, comme chaque lundi. « J’ai hâte d’être à demain » lui a dit la petite fille en raccrochant.

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dimanche 22 février 2009

l'avant et l'après

apres1lapres2lapres3lapres4                                                                                                          Elle use peut être trop de ce jeu de l’avant et de l’après, se rappelant sans cesse la jeune femme qu’elle était pour refaire le chemin parouru ense disant qu’elle a changé, que la vie est bien plus belle qu’elle ne l’était. La vie pour elle, Oubliant quelquefois les moments de joies qui la portaient avant cette ligne imaginaire qu’elle ne sait d’ailleurs pas très bien ou fixer exactement sur la ligne du temps. 
Mais cette fois-ci c’est tellement vrai. Une autre fois, elle les aurait regardés partir puis elle aurait senti le gouffre s’ouvrir, ce trou béant qui s’imposait à chuaqe départ, à chaque au revoir imposé. Puis elle aurait refoulé ses larmes de petite fille abandonnée pour penser à demain, infranchissable demain. Elle se serait laissée dévorée par ce dimanche soir, mêlant l’idée le sentiment de l’adieu à celui de l’au revoir dans un sanglot enfoui très loin.
Elle s’est laissée porter toute cette fin de journée par les plaisirs que lui avait offert ces moments partagés, se laissant caressée par la douceur du lien tissé, celui qui ne se casse pas au premier au revoir. Mademoiselle Blanche était un peu triste alors elle l’a rassurée avec des promesses qu’il lui faudrait tenir. Elle a partagé son plaisir avec monsieur L et mademoiselle Joséphine, ravis,  puis regardé monsieur Marcel et Monsieur Aimé qui sous des ciseaux magiques avait perdu quelques cheveux et retrouvé l’allure de sages petits garçons. Première coupe pour monsieur Marcel.  Avant de partir elle lui avait aussi laissé ce souvenir.
Sur la table, il y avait le gros bouquet qu’elles étaient allées cueillir avec quelques uns des enfants. Il faudrait en prendre une photo pour l’envoyer à mademoiselle Ondine et lui demander s’il était conforme à ce qu’elle avait imaginé. Il faudrait leur dire aussi que le cheval était guéri et qu’on leur renverrait le petit pyjama oublié.
Elle savait que la journée de demain serait traversée par ces petits nuages de nostalgie qui rapellent que c’est déjà fini, que ce qu’on a tellement attendu est passé. Elle savait aussi que les journées à venir seraient portées par le souvenir de ces journées et de ces deux soirées à discuter.
Ils venaient de partir quand le téléphone a sonné. C’est une amie, pas croisée depuis si longtemps. Une amie qui voulait simplement lui dire que même si elle n’appelait pas beaucoup, elle pensait à elle, souvent. Madame L a répondu en miroir, en lui faisant part de sa joie d’entendre sa voix. La conversation n’a pas duré longtemps.
Voilà, c’était un peu ça. Ce week-end, elle avait rencontré des gens qu’elle avait beaucoup aimé et sur lesquels désormais, quoi qu’ils fassent ou qu’ils envisagent, elle porterait un regard bienveillant.

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samedi 21 février 2009

huit enfants

huit1huit2huit3huit5                                                                                                        Les petites filles ont mis un petit moment à se découvrir, leur maman se connaisssaient. Elles n’en ont pas eu besoin de ce petit temps d’acclimatation. Il y avait le plaisir de se retrouver et de partager ce thé avec eux sur le petit muret, celui de découvrir ses petites attentions brodées, celui de savoir qu’après leur départ, ces petites traces  resteraient.
Les enfants s’étaient vite apprivoisés, jouant avec l’espace qui s’offrait à eux bien au delà du jardin. Chacun semblait avoir trouvé sa place, celle qu’il avait envie d’occuper pendant ces journées qui s'ouvraient. C’est en tout cas ce qui semblait aux grands, forcément éloignés d’une partie de la vie qui se déroulait au premier. Petits lutins plus ou moins grands qui veilleraient bien tard, dénichant pour certains un jeu électronique derrière un nain de jardin et et se racontant pour d’autres des confidences de petites filles qui jusqu' au milieu de la nuit « mais s’il te plaît…on a déjà dormi ! ». La grande table ne suffirait peut être pas alors les enfants mangeaient avant, comme dans un vrai week-end, quand les parents ont aussi un peu envie de parler sans être interrompu tout le temps. Mademoiselle Joséphine hésitait entre petits et grands, elle choisirait au gré de ses envies et des repas proposés.
En bas, au rez-de-chaussée, il a été question de ces blogs qui leur avaient permis de se rencontrer, de ces espaces de liberté et des contraintes  quelquefois ressenties. Elles ont parlé des découvertes, des amitiés partagées, de ces rencontres qui restaient encore à faire et quelquefois du besoin de repli.
Parce qu’il a surtout été question de la vie. De ces chemins qui les avaient menés aujourd’hui jusqu’ici. De ces parcours semés d’amours et de conflits, de révoltes dépassées, de femmes, de filles et de mères, et du thé délicieux qu’ils avaient apportés, aussi bon que ce gâteau pas du tout raté dont mademoiselle Ondine pouvait être fière.
Il a fallu composer avec les petits ratés, un cheval blessé qui ne peut pas porter les enfants comme on leur avait promis. Une blessure légère mais un repos forcé. Un petit garçon qui ne veut pas quitter sa mère alors qu’elle a envie d’écrire son billet et des petits conflits qui font la vie des sœurs et des frères.
C’est aussi dans ces petits accrocs sans gravité qu’on a goûté la vraie saveur de ces moments partagés. « ah oui, ça vous arrive aussi ! ». La vie sans le filtre du récit mais fidèle à ce que le récit avait décrit. Demain encore, la maison raisonnerait de tous ces petits bruits de la vie et de cette fête bruyante et joyeuse. Guitare rose, rires en cascades, accordéon un peu cassé et confidences autour du poële allumé.

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vendredi 20 février 2009

un jour deux fêtes

f_te1f_te2f_te3f_te4                                                                                                       « Il y a deux fêtes aujourd’hui !». la demoiselle s’était réveillée bien plus tôt que d’habitude pour avoir le temps d’enfiler son costume. La robe de princesse, débarrassée de son collier de fleurs pour cette fois ci, mais accompagnée d’un diadème et du sac qui brille avec le petit porte-monnaie assorti.  La robe « des trois ans » était encore très jolie à  cinq ans set demi, même sans sa ceinture, sûrement égarée au fond d’un sac de déguisement.
Monsieur Marcel s’extasiait, il voulait toucher quant à monsieur Aimé, il aurait vraiment voulu partir à l’école aujourd’hui.
Hier soir, mademoiselle Blanche avait préparé ses poupées pour pouvoir les emmener. Madame L l’avait aidée à trouver deux jolies petites tenues, promettant que pendant les vacances, elle essaierait de coudre un ou deux petits vêtements.
Ce matin, tout était prêt. Heureusement parce qu’il ne fallait pas traîner.
On s’habituait petit à petit à cette course du vendredi, quand monsieur L n’est pas là et qu’il faut, en un temps bien défini, s’habiller, éteindre les lumières, fermer la porte et atteindre la voiture sans rien faire tomber. Et puis retourner à la maison pour retrouver le doudou oublié.
Monsieur Marcel et monsieur Aimé chez la nounou, il restait la princesse et ses poupées à déposer.
A l’école, la fête n’avait pas commencé. Dans un couloir, un arlequin s’habillait. Mademoiselle Blanche était déjà partie montrer son sac qui brille à ses copines et madame L devait reprendre sa course. Son rendez-vous l’attendait. Madame L a pensé à sa grande fille qui, à cette heure-ci, n’avait pas commencé son devoir de math. Brevet blanc et stress au sommet.
La course normale d’une maman normale à la fin d’une semaine qui n’avait rien d’anormale. Sauf que ce matin, elle a décidé de prendre un raccourci. Le soleil brillait depuis hier et elle avait envie de passer par les champs. Elle a traversé deux forêts, une vallée, pour se dire que sa course avait tout de même un très beau décor. De chez la nounou, elle avait même pu apercevoir le mont Blanc. Elle n’avait pas de temps à perdre et pourtant, même pressée, il y avait cette petite route qui défilait, ce chemin sinueux qui passait à travers les arbres, cette grande clairière encore sous le givre qui s’offraient à son début de journée
Ça y est, le devoir de maths avait commencé. Madame L pensait à sa fille, puis à cette prof de maths qui semblait vivre pour son métier, à tous les profs de ce petit collège de secteur,  le meilleur de toute la région leur avait on confirmé il y a peu de temps. C’était aussi un des cadeaux de la vie ici, comme cette petite école dans laquelle mademoiselle Blanche devait avoir commencé à jouer.
Le raccourci ne l’avait pas trahie. Une minute de retard par rapport au rendez-vous fixé.
Quand elle est sortie, elle a décidé de continuer par les petits chemins qu’elle connaissait. Il faisait encore beau. Elle a pensé a son après-midi. Elle rentrerait très tôt, récupération d’un samedi travaillé. Il fallait un peu préparer la maison. « en fin d’après-midi » avaient dit les invités.  L’autre fête pourrait bientôt commencer et  Mademoiselle Blanche rencontrerait enfin ces petites filles qu’elle attendait.

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jeudi 19 février 2009

chambres d'amis

amis1amis2amis3amis4                                                                                                                                                                                       Au début, c’était une règle pour rire mais c’était quand même une règle établie. Les amis pouvaient venir ici autant qu’ils en avaient envie. Mais pour deux semaines d’été ils devaient promettre un week-end d’hiver à la maison.
Les premières années, la maison était pleine tout l’été et puis quelqu'un d’ici leur avait dit « vous verrez, au bout d’un moment, les amis vont s’espacer ». Au début, ils le l’ont pas crue. Il y avait du monde tous les week-end prolongés.
Paris est loin. Les amis se sont espacés. Les enfants sont nés. La vie a changé.
Ils ont quand même gardé une chambre d’amis, deux même parce qu’ils aiment beaucoup inviter des amis qui ne se connaissent pas. Entremetteurs d’amitié, c’est monsieur L qui lui a appris ce métier. Avant, elle détestait prendre ce risque là mais il n’a pas eu besoin de beaucoup insister. Ces rencontres fonctionnent, ou pas, mais il reste souvent de ces quelques jours partagés le souvenir magique de vraies rencontres et de discussions qui n’en finissent pas.
Il y a aussi les tensions, les modes de vie qui se frictionnent et l’amitié qui se fissure quelquefois. Il y a cette maison que certains ont connue sans elle et qui maintenant est aussi la sienne. Il y a les amis des invités, ceux que personnes ne connaît, divine surprise ou boulet. Presque jamais boulet.
ET puis autour de la maison, il y a assez d’espace pour aller prendre l’air et se calmer, assez de petits chemins pour partir se promener et retrouver une conversation qui a besoin d’intimité. Il y a les chevaux, les ânes et le jardin potager, la liberté pour chacun de faire ce qui lui plaît. C’est ce qu’ils aimeraient.
Des paillettes et du gratin de la vie, ils n’ont presque plus rien. Plus de dîners où on s’ennuie un peu en racontant les journées qu’on vit, plus de vernissage trop serrés et de petits verres guindés. Il y a des amis en pyjamas au petit déjeuner, des invités sans fards ni courses à faire, ou peut être un petit tour de marché les jours d’été.
Il a  eu  ces gens qui ne sont plus venus, ceux qu’on aimait beaucoup et qui ont volontairement laissé se rompre le fil qui les ramenaient ici de temps en temps. Sans qu’on sache vraiment pourquoi. C’est la vie qui veut ça. C’est elle qui prend un malin plaisir à astiquer les non-dits et gonfler les malentendus. C’est elle aussi qui laisse se dissoudre les amitiés qui n’en étaient pas.
Avant elle mettait les petits plats dans les grands et se demandait tout le temps si tout allait bien pour les gens. Avant elle en faisait trop pour finalement n’être pas assez avec ceux qu’elle avait invités. Avant, elle ne savait pas toujours comment faire dans cette maison qui n’était pas tout à fait la sienne.
Maintenant elle sait qu’il lui arrive encore d’être à côté, de ne pas dire ce qu’il faudrait, de trop penser que les gens devinent qu’elle est heureuse qu’ils soient là. Elle ne parle pas encore assez. Elle se prend les pieds dans le tapis pour remercier.
Mais c’est le plaisir de savoir que les gens sont là qui comptent le plus maintenant. Elle n’a plus beaucoup de petits plats à mettre dans les grands, ils ont tous changé de format.
Quelques bouquets, des draps brodés et des menus pas trop compliqués pour avoir le temps de faire autre chose que cuisiner. La vie qui va et qui ne change pas trop de celle qu’ils vivent quand les invités ne sont pas là. Certains ont aimé ça, d'autres pas. Certains ne sont jamais revenus.
la dame d'ici avait raison. Les visites se sont espacées. Mais les amis qui viennent sont vraiment là. Et souvent, ils reviennent, été comme hiver.

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mercredi 18 février 2009

première pâquerette

paquerette1paquerette2paquerette3paquerette5paquerette6paquerette7              C'est comme si le travail était à mille lieux d’ici, les soucis étouffés et tous les possibles envisagés. C’est une journée de vacances au milieu d’une semaine ordinaire. Un gros rhume était venu ralentir les mouvements de tout le monde ici. Il n'avait peut être pas été si mal inspiré. Une journée faite de projets où il est encore question d’un rêve de livre qu’elle ne pas abandonné, question d’histoires à écrire et de photographies à faire. Rêves de livres de tous les côtés. Madame D était venue avec des idées de photos à réaliser. Images de jeunes filles en hiver. Aujourd’hui rien n’était interdit.
Ce n’était pas comme les autres mercredi, petites parenthèses enchantées au milieu de la semaine, ce jour ci valait pour lui même, laissant de côté ce quotidien souvent lourd à affronter pour des gens qui s’obstinent à vivre de leur art aujourd’hui.
La maison était pleine et pourtant elle n’a jamais eu l’impression d’être débordée. Il suffisait de laisser les choses aller. Les grandes quelquefois s’occupaient des petits et quand elles avaient envie de se retrouver, les enfants trouvaient à s’occuper. Il y a eu quelques cris, un petit garçon qui ne voulait pas aller se coucher, l’autre qui aurait du faire la sieste même s’il refuse désormais de dormir l’après-midi, rien d’exceptionnel.
Mise en bouche des vacances qui l’attendaient, elle n’a rempli cette journée qu’avec des choses qu’elle aimait sans se sentir piquée par cette frustration qui clos souvent ses jours chômés. Un seul jour ce n’est pas assez, sauf quand un week-end attendu s’annonce juste après et que les congés ne vont pas tarder. Pendant que l’amie photographe était partie se promener avec les grandes, les petits et le renard empaillé, elle a terminé la petite blouse de monsieur Marcel, puis les filles sont revenues pour faire chauffer les sablés qu’elles avaient préparés. Petits cœurs à la cannelle autour d’un thé. Elle avait aussi redescendu ses petits livres japonais. Idées de mise en page et de patrons, de petites robes à réaliser. Les vacances ne dureraient qu’une semaine.
Au bout de la table, les muscaris commençaient à fleurir et de leur promenade dans le pré, mademoiselle Blanche lui avait ramené la première petite pâquerette de l’année. « oh mais tu as vu, cette fleur s’appelle comme notre ânesse en plus ! ».
Ce soir, juste avant e dîner, il lui faudrait trouver un moment pour écrire son petit billet. Après, les dames et les jeunes filles sortaient au cinéma. Le film dont mademoiselle Joséphie lui avait parlé. De ces histoires qu’on s’autorise à voir seulement quand on a une grande fille a emmener. Demain, il faudrait se dire au revoir. A la prochaine fois. Mais ce soir, on n'était pas obligé d’y penser.

paquerette10

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