samedi 7 mars 2009

dans la pinata

pinata1pinata2pinata3pinata5              pinata4pinata6             Escale pile-poil entre partout et le ski, la maison fait et refait ses lits et se réjouit de ces déjeuners et dîners partagés. Les curry de monsieur L se parfument alors aux rêves de descentes enneigées et aux récits de télésiège et c'est un peu comme si on partait aussi.
Quelques heures avant le retour de mademoiselle Joséphine, on les attendait, on les avaient déjà rencontrés mais c’est la première fois qu’ils venaient ici, dans ce bout du monde ci, à mi distance entre partout et le ski, ou entre partout et la mer, version été aussi.
Mais là, on était encore presque en hiver et c’est à la neige qu’ils partaient. Ils sont arrivés à l’heure du thé, avec une madame fraise toute rebondie. Madame L avait oublié de dire aux enfants et à son petit mari que la dame qu’ils avaient invitée était la spécialiste mondiale des pinatas, « mais c’est quoi ça ?». Puisque les petits d’ici ne savaient pas de quoi ils en retournait, ils allaient voir ce qu’il allaient voir., et les enfants qui savaient allaient leur montrer. 
La fraise ne demandait qu’à exploser, pourvu qu’on lui conserve son joli minois espérait madame L, déjà convaincue qu’elle ne serait pas entendue. IL faut dire que les pinatas de cette dame là, on n’a pas vraiment envie de les faire exploser. Mais il y avait des petites surprises dedans, c’est elle même qui le disait, et puis ses enfants avaient l’air de savoir ce qui se cachait dans le ventre rebondi de cette fraise assoupie.
Le fruit était coriace, assez pour faire craquer le bout de ficelle qui le tenait. Il y avait un gros bâton qui traînait, les coups ont fusé. Il fallait bien viser. Aucun coup ne perturbait la grosse fraise qui avait décidé de resister. Monsieur Aimé  a préféré la jouer au pied, mademoiselle Blanche hésitait. Tant pis pour le joli minois, la première petite fissure est apparue. Ça y est, monsieur Aimé avait compris que quelque chose se cachait à l’intérieur de ce joli ballon qui tenait bon, il glissait sa petite main dans le trou qui grandissait. « Non, c’est interdit ! ». La demoiselle Philomène avait raison.
Une pluie de confettis, des bonbons par milliers, des bracelets magiques et des petits cadeaux, la pauvre fraise avait fait son temps, on essaierait de conserver de qu’il en restait, petit souvenir de ce passage très gai de la « famille Blig blog » comme on les appelait désormais ici. On a pensé à l’autre dame invitée, clouée au fond de son lit, juste à côté de l’énorme gâteau  qu’elle avait préparé. Comme ça, on serait obligé de  recommencer.
Une fois les petits trésors répartis, et là, il n’était plus vraiment question d’équité, les enfants continuaient la fête au premier en attendant le curry qui réchauffait. Phénomène étrange, les petits d’ici n’avait pas du tout , mais alors pas du tout faim quand on leur a  proposé de venir manger. Une petite cuiller de riz leur aura suffit avant de reprendre la course folle dans tous les escaliers et pour dormir, de se glisser dans les duvets.
Ce matin, il restait quelques confettis quand ils sont sortis pour sentir le printemps arriver et discuter du potager. Madame L a tout noté, dans un coin de sa tête de jardinière pas plus douée que couturière, mais pleine d’envies et d’entrain.
La couture pardi, à côté de tout ce que dame blig blog avait fait, elle n’a pas osé lui montrer ses fiertés. Quand ils sont partis rejoindre leur petit village haut perché, les confetis avait recouvert une partie du jardin, mélangés à l’herbe qui recommençait à pousser. C’est  certain, elle n’avait toujours pas la main verte mais ça, elle le savait. Ces petites graines de fêtes allaient germer, et donner leurs fruits autant qu’ils en voudraient.

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vendredi 6 mars 2009

disparitions

trois1trois2trois3trois4                                                                                                                                                                     Ils disparaissent de plus en plus souvent. Elle ne s’aperçoit même pas, au tout, début qu’autour d'elle, il n’y a plus d’enfants. Plus de bruits, plus de cris, plus de flots de paroles et de questions posées qui viennent couvrir la musique qu’elle a envie d’écouter.
Elle ne sait même plus depuis quand ces petits moments de tranquillité ne s’étaient pas présentés, elle ne les a pas vu arriver, jusqu'à cette semaine  ou elle avait décidé de faire ce qui lui plairait.
Elle monte quelquefois jusqu’à eux, à pas de loups, pour vérifier qu’elle ne sait pas trompée, qu’ils sont bien là tous les trois, qu’aucun d’eux ne s’est perdu en chemin entre la salle de jeux et le jardin. Mais la plupart du temps pour dire la vérité, elle se garde bien d’y aller car même si l’un d’eux s’est perdu, il doit avoir trouvé une activité qui lui plaît pour être si discret. Ils connaissent la maison et en savent maintenant les dangers. Mère indigne, peut-être, elle sait que si l’un d’eux fricote avec l’interdit, les deux autres se feront un honneur de venir immédiatement le dénoncer. Alors elle embrasse le calme comme il est arrivé, sans trop le bousculer, et même ses pensées se mettent à murmurer. Elle avance à pas feutrés, puis ne bouge plus, jusqu’à ce que le premier « maman !!!! » vienne sonner l’arrêt de ce précieux moment.
Elle le sait, loin d’elle, à l’étage du dessus ou dans le jardin, ils construisent un monde qui n’est pas toujours celui dont elle rêverait. Un monde de réalités, des coups et des bosses et des tyrannies dont les coupables et les victimes ne sont pas toujours bien déterminés. La cruauté fait partie de leur vie de petits, les câlins aussi. Ces jours derniers, les trois petits ont découvert le pouvoir du baiser. Il savaient bien qu’un bisou de parent guérit presque tout, mais entre eux, ils n’avaient pas encore testé le pouvoir magique du geste qui fait tout pardonner.
Elle se garde bien de se mêler des conflits, des frictions et des unions intéressées, ou au moins elle essaie.  Et c’est tellement plus facile quand ils sont loin de ses yeux. « C’est pas moi c’est lui !», plus la phrase se répète et plus le mur se construit. Elle ne se mêlera pas d’un conflit auquel elle n’a pas assisté. Elle sait les injustices qui naissent de cette indifférence. Tant pis, c’est la défense qu’elle s’est choisie pour ne pas se laisser dévorer. Et puis le temps de la parole n’est jamais loin, comme celui des câlins. Ils reviennent toujours, c’est certain.
Au début, elle entend leurs bruits, puis moins, pour se laisser glisser dans un monde qui n’est que le sien. Et quand il leur arrive de venir frapper à cette porte imaginaire qu’elle ne ferme jamais à clé, au cas où ils auraient vraiment besoin de se réfugier, il leur faut souvent tambouriner, insister « maman, on a faim !!! » pour la ramener.
Cette semaine, elle a  pu attraper quelques-uns de ces petits moments, pas vraiment volés, offerts par eux, comme s'ils avaient toujours su qu'elle en avait besoin. Quelques minutes à chaque fois, le temps d’une chanson ou d’un mouvement entier, le temps d’avoir envie de se faire un masque de beauté, le temps de penser à autre chose qu’à eux, le temps de penser à elle, autrement. 

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jeudi 5 mars 2009

la grande Lucie

lucie1lucie2lucie3lucie4                                                                                                         C’est une grande fille a sept ans et demi. La grande Lucie est venue passer deux heures à la maison, pour s’amuser. Mademoiselle Blanche l’attendait, elle avait regardé plusieurs fois par la vitre de la porte d’entrée.
Dès qu’elle est arrivée, elles se sont précipitées dans la salle de jeux puis dans la cabane de mademoiselle Blanche, loin de monsieur Aimé.
Le petit garçon cherchait sa grande sœur, inquiet de ne pas la trouver. Et puis il avait vu passer cette grande fille qu’il avait déjà croisée. Il l’appelait Héloïse parce que les amies de mademoiselle Blanche devaient s’appellent Héloïse, « heu non, elle est où Louise ? », puis acceptait finalement de retrouver son papa pour lire une histoire sur le canapé.
Quelle que soit l’histoire, elle était loin de valoir celle qui se tramait entre les deux grandes filles qui passaient et repassaient, sans même apercevoir le petit garçon qui les admirait en secret.
Monsieur Marcel dormait, on a décidé de descendre jusqu’au moulin sans réaliser qu’il faisait encore froid. « maman regarde, le petit champ est plein de coucous ! ».  Un gros gilet prêté à mademoiselle Lucie et les deux grandes filles marchaient devant main dans la main. Le petit manteau rouge esssayait de les rattraper. Il y arrivait. « Lucie ! », il avait appris.
Arrivés au petit pont au dessus du ruisseau, ils ont retrouvé les petits cailloux et les gros morceaux de bois à lancer pour les regarder passer de l’autres côté. Monsieur Aimé ne comprenait pas qu’il ne fallait pas reprendre le gros bâton que Lucie avait retiré.
D’ici peu de temps, ils descendraient tous seuls ici, et remonteraient sûrement trempés. Madame L leur montrerait comment on suit le ruisseau jusqu’au bas de la maison, en passant sous le petit pont. ET puis lestétards aussi, il faudrait qu’elle s’entraîne un peu mais elle avait été championne à ce jeu.
« Lucie !! ». le petit manteau rouge trottinait, puis s’essoufflait. Alors il les a laissées partir loin devant, une main dans la main de sa maman, une main dans la main de son papa, « un, deux, trois ! », pour une fois qu’il était tout seul au milieu d’eux, ils l’ont fait volé plusieurs fois.
Mais une fois arrivés à la maison, les parents pouvaient toujours essayer de rivaliser, il ne leur restait plus que le petit manteau rouge à ranger. Le petit garçon les a vite lâchés pour courir rejoindre les filles au premier. « attends-moi, attends-moi ! ».
Mademoiselle Blanche et son amie Lucie sont redescendues d’un pas décidé, un peu fâchées. « Il n’a pas fait exprès » a tout de même soufflé mademoiselle Blanche avant d’ouvrir le livre déchiré. C’était une grosse bêtise c’est vrai. Et oui, elle le disputerait. Cette fois-ci, le petit garçon ne suivait pas. Madame L l’imaginait là-haut, un peu vexé, un peu honteux. Il aurait tant aimé qu’elles fassent attention à lui. Quand il est redescendu, il a demandé où était Lucie. On lui a dit qu’elle était partie. L'air triste, il a baissé les yeux. Il avait essayé.

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mercredi 4 mars 2009

le jeu de la vie

coque1coque2coque3coque4                                                                                                         Ça ne durera pas. Bientôt, il faudra les occuper, trouver des activités, les entendre s’ennuyer et traîner les pieds, puis trouver qu’il n’y a pas assez de choses à faire ici. Mais pour l’instant, il suffit d’une proposition d’œufs à la coque pour le midi et les enfants d’ici sont ravis. Ce matin, monsieur Aimé s’est réveillé le premier pour remonter donner son biberon à monsieur Marcel. Puis il est redescendu vérifier que le pantalon que madame L était en train de coudre était bien pour lui. Mademoiselle Blanche attend avec impatience  que les machines à laver soient terminées pour tout plier et se bat avec le plus grand de ses petits frères pour savoir qui aura le droit ce soir d’appuyer sur le bouton de la yaourtière. Pour l’instant, ils acceptent d’appuyer tous les deux, à condition qu’une stricte équité soit elle aussi respectée avec le mélange des ingrédients dans la machine à pain.
Un jour peut être, ils protesteront à chaque service qu’on leur demandera. Mais en ce moment, les trois petits ne savent plus quoi faire pour s’occuper des choses de la maison et aider les parents. Hier matin ils rentraient le bois, demain, c’est au linge qu’ils s’attaqueront et entre temps, il faudra bien préparer un repas ou deux. Et puis si il ne fait pas trop mauvais, on pourrait même sortir les animaux empaillés pour les nettoyer, "oh, trop bien!".
Elle essaie de prendre le temps, de ne surtout pas leur dire qu’elle ferait plus vite sans eux, de ne pas repasser derrière eux, ou alors très discrètement, quand une pile de linge vient d’être pliée et rangé à leur manière.
Elle admire aussi, la gentillesse de monsieur Aimé qui accepte encore une fois son pantalon, pourvu que le sien soit le premier terminé, et la patience de mademoiselle Blanche qui voudrait bien, enfin,  sa jupe qui tourne.
Mais tout le monde profite de ces heures qui ressemblent aux autres comme des sœurs jumelles, avec un peu plus de temps pour elles. On peut discuter, s’écouter, se battre un peu avant d’oublier l’objet du conflit autour d’une plaquette de chocolat au lait. Du biberon du matin au dents lavées pour le coucher, chaque geste pend de l’ampleur et la journée s'étire à son aise. Et madame L profite elle aussi de ces petits rituels instaurés. Ni gendarme ni lapin d’Alice, elle leur montre seulement les gestes qu'ils ont envie de répéter. Parce que cette semaine, elle a le temps.
Elle s’est dit quelquefois qu’elle devrait jouer plus souvent avec eux. Mais le jeu, elle n’y arrive jamais vraiment. Alors depuis le début de la semaine, ils jouent au jeu de la vie, avec des vraes ustensiles et des vraies journées.  Pour l’instant, ils ne sont pas rassasiés. 

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mardi 3 mars 2009

fête des filles

filles1poupees1filles2filles3filles4filles5filles6filles7                                                                                                                                                                           C'était l'autre jour, mademoiselle Blanche se préparait à se coucher et madame L rangeait les affaires de poupées. La petite fille avait envie de discuter mais il était tard et pas question de traîner. Madame l avait alors imaginé que, peut-être, pendant les vacances qui viendraient, elle pourraient peut-être s’amuser toutes les deux, regarder les petites affaires de poupées et les habiller.
Souvenirs de cette année où pour Noël, elle avait commandé un berceau de poupée en dentelle. Elle était entrée au collège, tout juste jeune fille, et n’osait plus dire aux autres petites filles à quoi elle occupait encore certaines de ses soirées. Les habiller, les coucher, leur raconter des histoires et s’en inventer. C’était le secret d’une petite fille qui avait poussé trop vite et qui se rêvait déjà maman pour finir ses nuits recroquevillée dans son petit lit au milieu de tous ses enfants .
Un peu comme elle, mademoiselle Joséphine en commandait une pour chaque Noël, puis mademoiselle Blanche est arrivée. Elle passe de longues heures avec ses filles et à la fin de l’histoire, les couche tous les soirs à ses côtés. Monsieur Aimé et monsieur Marcel ont aussi leur poupée. Cheveux courts, poupées filles ou poupées garçons, ce sont eux qui choisiront.
Alors cette fête des petites filles et des poupées, hina matsuri, tradition du japon, c’était une bonne idée pour ce 3 mars printannier. Puis c’est « la dame des poupées » qui en avait parlé, alors, forcément, c’était bien.
Pendant que tous les garçons de la maison dormaient, elles sont descendu la dînette et les petites chaises, les gâteaux et la théière et surtout les poupées invitées. Un vrai déménagement de la chambre au bureau qui semblait le mieux indiqué pour abriter les festivités. « attends, pour la nappe, j’ai une idée ». Frères et sœurs et couples d’amoureux à la fois, la petite fille réécrivait l’histoire à chaque fois qu’elle en avait besoin et sa maman se régalait.
Elle n’aurait jamais cru pouvoir être invitée à rester, à regarder sa petite fille s’inventer ces histoires dont elle s’était amusée à peindre le décor, avant de proposer de s’éclipser. Mais non, elle aussi pouvait venir s’assoir à table pour dégsuster « un vrai thé même si tu veux ». Il manquait la musique. Il n’y avait que la symphonie des jouets pour accompagner la danse des invités après le buffet.
Pas encore de vraies fleurs pour décorer, alors madame L est allée chercher la broche en rose qu’elle portait le lendemain de son mariage accrochée à son corsage. Sur la table de fête, ça ferait beaucoup d’effet. Il y avait des verres en verre et de la vaisselle qui casse, et même la petite cloche de madame L,  parce que c’était vraiment un goûter qu'ilne faudrait pas oublier.
Quand son thé fut avalé, madame L fit un pas de côté, se tournant vers le bureau pour  retrouver ses papiers et les patrons qu’elle devait découper. Des lettres aussi, de la correspondance obligée. Dans son dos, le petite voix continuait à murmurer, haussant le ton de temps en temps pour calmer les enfants turbulents. « ça va, tu t’en sors avec quatre enfants ? ». « Bien sûr que oui maman ! ».

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lundi 2 mars 2009

il en faut peu

en_pyjamabaloopyjamapyjama3pyjama4legumes                                                                                                      Elle venait juste de commencer à bâtir une manche quand ils se sont réveillés. Petit cadeau qu’elle a su savourer, les trois petits avaient dormi tard et la petite tunique de monsieur Aimé avait pu avancer. Elle savait qu’elle n’aurait pas d’autre moment dans la journée pour ce genre d’activité. Ou peut être ce soir, quand ils dormiraient. C’était un autre plaisir qu’elle avait presque oublié, laisser sa journée de dérouler en se disant qu’il restait encore une soirée. Coudre, lire ou rêvasser sans se dire qu’elle payerait cher l’heure tardive de son coucher. Déjà, elle se sentait moins fatiguée. ET puis elle savait que demain serait un peu comme aujourd’hui, un panier plein de petites choses à faire mais rien d’obligé.
Alors dès le petit déjeuner pris, elle leur a proposé de monter avec eux pour regarder un film au premier. Monsieur L était d’accord pour les accompagner. Le livre de la Jungle, c’est elle qui a choisi.
C’est peut-être le cinéma d’hier qui lui avait donné envie de cette séance improvisée. Ni fauteuils de velours rouge ni grand écran blanc, mais pour la première fois, une maman qui s’arrête pour ne rien faire à leurs côtés. Juste quelques photographies de la vie et une petite chose pour s’amuser. Elle aussi avait envie de jouer.
Alors avec l’autorisation de mademoiselle Blanche, elle est allée fouiller dans la dînette pour y rechercher quelques uns des petits légumes en tissu que Saint-Nicolas avaient déposés en décembre dernier. Assemblés, ils formaient une couronne pour le petit gardien des recetttes de cuisine, posé au milei des livres sur l‘étagère de l’escalier, jute à côté du bœuf charolais.  Elle avait trouvé cette statuettte un matin d’été dans un vide grenier. Petit musicien qui, d’après ce que racontaient le mouvement de ses doigts, devait jouer de la flûte à l’origine, Elle avait remplacé l’instrument par des ustensiles de cuisines.
Aucun des enfants n’était habillé, le compagnie des éléphants suivaient le rythme,  le gros chat noir ravissait monsieur Marcel, ett madame L cousait ses petits légumes en tissus colorés. Elle avait bien d’autres petits points à faire, d’autres petits travaux à avancer, mais elle avait envie d’essayer tout de suite, de voir quelle tête aurait le petit mirliton une fois couronné. Mademoiselle Blanche la regardait,  amusée. Peut être qu’on pourrait en refaire une pareille le jour où la reine des légumes devrait être intronisée.
En attachant les rubans, madame L discutait du film avec son bien-aimé. Il ne se souvenait plus du début, elle avait oublié la fin. Une fois encore,  monsieur L a du faire confiance à madame L qui lui a raconté ce qu’il avait raté.
Peut-être que la couronne ne resterait pas si longtemps que ça sur la tête du petit cuisinier. Mademoiselle Blanche n’avait pas l’air convaincue, et sa mère non plus. Mais c’était juste pour s’amuser et il fallait peut être s’habituer. Après tout,  ce jeune homme n’avait jamais eu l’air très inspiré.  Peut être qu’il faudrait lui rajouter un tablier, ou un panier. Et les araignées trouveraient encore un terrain à leur goût.
Tablier, cuillers et paniers, on réfléchirait. Ce qu’il fallait surtout c’est s’habiller et préparer à manger parce que ce midi, on attendait une invitée.

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dimanche 1 mars 2009

grand écran

ecran1ecran2ecran3ecran4                                                                                                       «  Cinéma, cinéma… », monsieur Aimé était à peine réveillé qu’il répétait déjà ce mot sans s’arrêter, et sans vraiment savoir ce qu’il signifiait. Il avait compris que ce serait gai et qu'il était assez grand pour y aller. Mademoiselle Blanche était impatente elle aussi de partir tous les trois jusque là-bas. « Juste Aimé, maman et moi ». Mais jusqu'à quinze heures il fallait bien patienter. Alors on a descendu la grande nappe rouge et la peinture et trois petits tabliers. Parce que cette fois, c’est monsieur Marcel qui était assez grand pour ça. Lui aussi aujourd’hui avait droit à sa première fois.
Une heure à peine à dessiner, machouiller des pinceaux, « comment on fait du marron déjà ? » et se sentir inspiré. Le cinéma était presque oublié, Charles Trenet chantait le vieux piano de la plage pendant que madame L triait les épices et le thés.
Après mangé, monsieur Marcel était fatigué. C’est monsieur L qui était chargé de le garder. Madame L, mademoiselle Blanche et monsieur Aimé étaient occupés. Ils devaient d’abord se faire beaux. Le manteau rouge pour monsieur Aimé et une petite écharpe douce pour mademoiselle Blanche qui avait choisi de porter sa couleur préférée, « rose-violet ». Monsieur Aimé ne savait toujours pas exactement où il allait mais il était heureux de participer, d’être parmi ceux à qui on dit au revoir cette fois-ci en leur disant de bien s’amuser.
de la musique à glisser dans la voiture pour y aller et ils sont partis tous les trois. Le petit garçon regardait par la fenêtre le paysage défiler, sérieux et très concentré. Mademoiselle Blanche arrivait à chanter et discuter à la fois.
Ils sont arrivés les premiers. La grande salle était vide, ils ont pris des petits coussins pour se rehausser et puis choisi la place qui leur convenait. Les petites lumières rouges sur les marches de l’escalier indiquaient le chemin et derrière, dans sa petite cabine, le monsieur qui passerait le film était déjà là. « C’est qui ça ? «  a demandé monsieur Aimé comme ces derniers jours quand il désigne quelque chose qu’il ne connaît pas. L’écran était très grand et encore tout blanc. D’autres enfants sont arrivés et la musique a commencé, puis la lumière a baissé jusqu’à s’éteindre vraiment.
Madame L s’était assise au milieu pour pouvoir les serrer tous les deux. « C’est qui ça ? », « C’est qui ça ?  », puis le petit garçon a posé son doigt sur sa bouche fermée. Il n’avait pas encore vu le loup qu’il avait déjà trouvé où se réfugier. De toute façon, les genoux de sa maman l’attendaient. Du moment qu’elle pouvait prendre la main de mademoiselle Blanche pour la rassurer. « Dis maman, tu ne l’as jamais vu ce film, alors tu ne peux pas nous dire si c’est le petit renne qui va gagner ».
Elle a eu peur avec eux, elle a espéré, puis elle a cru que la maman n'avait pas été très réglo. Dire comme ça, à son petit renne,  qu’il le fils d’un héros, ça ne se fait pas.  Elle s’était trompée, une vraie maman renne ne ment jamais même si les héros ne sont plus ce qu’ils étaient.
Quand le générique de fin a commencé à défiler, mademoiselle Blanche s’est approchée pour lui donner un baiser, « Merci maman » a-t-elle murmuré. C'était un vrai baiser au plaisir partagé. Le petit garçon a retrouvé sa voix« génial !! …un autre ? » Monsieur Aimé s’est quand même relevé pour retrouver les petites lumières de l’escalier. Juste avant de quitter la salle où ils étaient restés les derniers, madame L et mademoiselle Blanche ont une dernière fois regardé l’écran qui continuait de chanter « c’est trop joli maman ».  Il était juste l’heure du goûter. Elle leur a promis des nonettes et un vrai chocolat. Un vrai goûter, à table, pour avoir le temps de tout raconter à monsieur L qui les attendait et à monsieur Marcel qui s'était peut-être réveillé.
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samedi 28 février 2009

rien de grave

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vac5vac6                            Elle n'avait passé qu'une nuit ici. Maminou était déjà repartie.  Avec elle, papinou et Barthéllémy, le petit frère de madame L à peine plus vieux que mademoiselle Joséphine. Et mademoiselle Joséphine aussi, partie au ski. Ils s’en étaient allés  joyeux, On avait partagé ce plaisir avec eux, comptant déjà avec mademoiselle Blanche le nombre de nuits avant qu’ils reviennent ici.
Mais entre toutes ces nuits qu’on égrainaient, madame L a beaucoup insisté, il y avait tant de journées qu’elle était décidée à ne pas laisser filer. Parce que les vacances venaient de commencer.
Est ce l’effet de la cortisone, certaines l’ont pensé. C’est peut être vrai. Mais après quatre heures de sommeil et un vrai teint de cire, elle se sentait des ailes pousser. Après un petit tour de marché et un déjeuner à l’ombre rêvée d’une glycine qui n’a pas encore poussé, elle est retournée à sa machine à coudre pour appliquer les conseils que sa mère et son amie lui avaient prodigués. La petite chemise de monsieur Marcel s’était presque cousue toute seule, celle de monsieur Aimé n’arrivait plus à avancer. Ici, aujourd’hui, tout le monde a compris ce que parementure voulait dire. Un petit bout de tissu qu’on ne voit même pas à l’endroit et qui se met en tapon, qui fait tout rater et découdre une quatrième fois le tour du cou à peine terminé. Mais c’était le début des vacances, après ces quelques jours recroquevillées, elle n’en revenait pas d’être dans cette forme là. Elle a recommencé, sans rechigner, autant de fois qu’il le fallait. A la fin, ce n’était pas parfait, mais le petite chemise lui plaisait et c’était bien ça l’important. Quand il a fallu se metre aux boutonnières, elle n'a pas rencontré plus de succès. Elle a cousu de très jolis boutons et elle poserait des pressions.
Quand l’aiguille de la machine a cassé, elle s’est dit qu’il était temps. Arrêter, tout poser et rejoindre les enfants. Aucune pièce de la maison n’était épargnée. Des jouets, des bouts de tissus, des livres et des vêtements, il y avait de tout partout et elle y avait participé. Rien de grave en vérité. Pour se mettre à ranger, au moins le rez-de-chaussée, elle a fait taire Schubert pour laisser Aretha Franklin chanter sa liberté. Elle s’est mise à danser devant un petit garçon circonspect qui s’est vite détendu pour participer. Rien de grave en vérité.
Pour le dîne. Aucune idée. Un peu de salade et des betteraves bien rouges pour faire plus gai. »Et les enfants, un biberon ça vous dit ». De toute façon, ils s’étaient déjà gavé de petits pains au lait, de nuttela au doigt parce que c’est bien meilleur comme ça et de camembert juste après. Rien de grave en vérité, les vacances viennent juste de commencer.

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vendredi 27 février 2009

chevauchée fantastique

cheval1cheval2cheval4cheval6cheval5chevalA                                                                          " Dis maman, est ce que ce tu peux me promettre que tu te souviendras toujours de cette journée ? » Si elle n’avait pas promis juré, elle l’aurait peut-être un peu perdue au milieu de tous ces petits souvenirs agréables et heureux mais de toute façon, elle se devait de l’écrire.Quelques heures si douces partagées entre un papa, une maman et une petite fille dde cinq ans et demi.
Quand la petite fille est rentrée ce midi de se dernière séance de poterie, elle a demandé a sa maman si elle allait mieux, si sa maladie était finie. Soulagée, elle s’est assise pour regarder la couture avancer. Une petite tunique pour monsieur Marcel. Le début d’une jolie tenue pour le mariage auquel ils sont invités le mois prochain. Madame L avait profité de la matinée pour se lancer. Impossible de se rappeler depuis combien de temps elle n’avait pas déambuler dans cette maison désertée du reste de ses habitants. Presque tous finalement, monsieur L était resté. Son rendez-vous avait été annulé. Quelques heures à côté de lui, juste un peu fatiguée, juste assez pour ne pas en vouloir à ses gestes un peu trop lents et goûter à cette douceur de se laisser porter par le temps.
La porte était grande ouverte depuis que la petite fille était rentrée. Le grand châle posé sur ses épaules, madame L voulait continuer. Après, il faudrait coudre celle de monsieur Aimé. Le même tissu dans un autre modèle. Mademoiselle Blanche feuilletait le grand livre de patrons pour se choisir la jupe qui tourne quand son tour serait arrivé.
De l’autre côté du muret, monsieur L avait ramené les chevaux pour s’en occuper. IL faisait beau, il a sorti la selle et le filet. Madame L n’a rien dit, elle n’est pas allée lui dire à quel point elle aimait le regarder reprendre avec ce plaisir qui lui avait tant manqué. Elle l’a laissé se préparer.
La petite fille était tellement ravie de manger dehors qu’elle a dressé la table toute seule, « c’est de quel côté le couteau déjà ? » puis ils ont mangé, monsieur L était prêt. Mademoiselle Blanche a fait un tour du jardin sur le cheval de son papa, toute seule à manier les rênes, puis monsieur L est parti. Quand il a appelé, la petite blouse était presque terminée. Il était parti depuis plus de deux heures mais elles n’avaient pas vu le temps passer. Mademoiselle Blanche avait préparé son dessin pour la fête des mamies et madame L avait bâti. Elles ont couru toutes les deux pour le rejoindre au petit moulin. Mademoiselle Blanche est montée devant son papa, ils ont laissé madame L reprendre de l’avance puis ils l’ont rejointe à la maison, en terminant sur un petit trot léger. Mademoiselle Blanche rayonnait. Monsieur L est descendu puis une fois rentrée dans le jardin, il a encore laissé la petite fille diriger le gros animal. Madame L avait un peu peur. Lui pas. Il avait se sourire qu’elle ne lui avait pas vu depuis longtemps. « Tu verras, bientôt on recommencera tous les deux».

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jeudi 26 février 2009

maman est malade

malade1« maman et malade à la fois, c’est impossible » lui a dit madame K qui vient tous les jeudi faire le ménage ici.
Impossible en effet d’envisager faire les 5o kms de voiture qui la mènent au travail tous les matins. Impossible de faire autre chose que s’avachir sur le petit canapé du bureau et de se convaincre que ça va forcément aller mieux.
Impossible de sentir ce mal de tête s’installer de nouveau et la fatigue, encore plus grande que la veille.
Impossible de s’occuper de ces petits loupiots d’abord trop contents de voir que leur maman n’est pas partie travailler, puis surpris de constater, surtout pour le petit dernier, qu’elle n’arrive pas à s’occuper d’eux.
Impossible de penser que c’est une simple sinusite qui transforme la moitié du visage en terrain de douleur, comme si les dents aller tomber et l’œil qui n’arrive plus à voir tellement il est sensible.
Impossible de pas penser à ceux que la douleur ne quitte plus jamais, cette douleur qui rend si vite hermétique à la beauté des choses, qui rend agressif et méchant.
Impossible de ne pas avoir honte d’être si diminuée pour une petite maladie de trois fois rien.
Impossible de dormir  car la douleur est trop vive.
Impossible de retenir ses larmes comme une petite fille qui voudrait que le marteau s’arrête de frapper.
Impossible de répondre aux enfants qui cherchent leur maman. Impossible de ne pas espérer qu’ils ne vont pas la trouver. De toute façon, elle n’arrivera pas à s’occuper d’eux.
Impossible de ne pas s’imaginer que c’est peut-être plus grave.
Le médecin a souri quand elle lui a parlé de petites gellules et d’inhalations, il lui a répondu antibiotiques et cortisone. Elle a obtempéré sans lui poser d’autres questions.
Impossible de ne pas fondre quand un petit garçon lui dépose dès son retour un gros bisou sur le front.
Impossible de résister à cette petite fille de cinq ans et demi qui va lui chercher sa tasse de thé et lui propose de « s’occuper de tout ».
Impossible de ne pas se dire qu’elle a de la chance en regardant son amoureux  qui s’inquiète pour elle prendre tout en charge de la soupe au coucher. 
Et se sentir revivre,  au milieu du dîner auquel elle s’est péniblement traînée que les médicaments commencent à faire effet et que la fièvre a baissé. Redevenir une maman et retrouver tous les possibles. La prochaine fois, elle se soignera plus tôt.

Posté par marionl à 21:51 - - Permalien [#]



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