vendredi 15 août 2014

des deux côtés de la forêt

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Nous avons nos rendez-vous du 15 août. D’abord, cette fête du village d’à côté avec le stand des dames anglaises et les cup-cakes que nous choisissons chaque année. Cette fois-ci, il pleuvait à torrent quand nous nous sommes dirigés vers les drapeaux anglais mais rien de pouvait nous faire renoncer. Vert doux et rose brillant, violettes en sucre et étoiles dorées, la pluie se mariait parfaitement avec ce dessert aux goûts de bonbonnière. Et puis il y a cet autre repère, sans date fixée ni horaire précis, ce coup de téléphone qui vient de l’autre côté de la forêt. Cette fois-ci, le temps d’automne nous avaient donné  tous envie de partager un goûter. Pain perdu et tarte aux mirabelles. Et même si le soleil avait finalement gagné la partie, nous avions tous besoin de réconfort après ces heures trempées. Les grandes filles de la maison nous montraient leur trésors ramenés de vide-greniers et nous leur parlions de nos petit gâteau anglais.  Les cages de foot abritait un tournoi aux pieds nus puis les petits garçon trouvaient basket à leurs pieds, cinq ou six pointure au dessus des leurs mais qui s’avéraient aussi magique pour tirer que pour arrêter les buts. Et puis le goûter glisser vers l’heure de l’apéro et nous nous laissions guider par celle dont c’est métier. J’ai même aimé le rosé.  Georges me tirait par la manche pour que je visite la grande maison avec lui « maman, on dirait un château. » Et puis on rajoutait une planche posée sur une paire de tréteaux et l’apéro glissait vers le dîner. Nos petits garçons, fascinés par le grand garçons de la maison, le transformaient en une sorte de gourou auquel il voulaient montrer tout ce qu’ils ont appris en une année pendant que Blanche, désormais passée maîtresse dans l’art du pain perdu, s’emparait des têtes des grandes filles de la maison pour parfaire son sacoir faire en matière de coiffures tressées. Il était tard mais nous avions le temps. Les enfants s’étaient couchés tôt presque tout l’été et ce soir, ils obtenaient la permission de minuit, presque minuit,  sans même insister. Pour rentrer, il n’y avait qu’une forêt à traverser.

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jeudi 14 août 2014

jour de récolte

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Il m’aura fallu attendre tant d’années pour réaliser à quel point j’aime conduire. Engranger des kilomètres, regarder les villages traversés, rêver aux prochains voyages, ceux qu’on ne fera peut-être jamais. Et si on traçait un cercle de cinq cent kilomètres autour de la maison, après il suffirait de choisir ? Ce matin en me réveillant, j’avais presque le nostalgie de cette succession de routes départementales et d’endroits où nous aurions pu nous arrêter, de noms de villages qui me diront « quelque chose » si je les entends désormais prononcés. Mais nous retrouvions la maison et ce retour n’était pas dénué de plaisir, d’autant que les enfants pas réveillés avant la fin de matinée nous laissait alors quelques heures tous les deux pour reprendre possession des lieux. Le linge sorti des sacs pour être mis au sale, les valises remontées, je partais faire un tour de jardin et me cueillir un bouquet.  Les enfants réveillés retrouvaient à leur tour leur univers familier. Il a du beaucoup pleuvoir ici, la vigne et la glycine se sont mises à tout dévorer. La journée a passé et nous nous sommes de nouveau glissés dans la vie qui est la notre ici. Petit à petit, l’idée de la rentrée prochaine s’installe dans nos esprits et dans nos projets, pour l’instant sans trop nous bousculer. C’est le soir que nous nous sommes donnés rendez-vous au potager. Chacun des enfants pouvaient cueillir des tomates dans son carré et nous en avons rempli un panier. Il y en a de toutes les couleurs, assorties au piment doux et aux courgettes que les limaces nous ont laissés. L’ânesse est venue nous saluer alors que le chat ne veut plus nous quitter depuis que nous sommes rentrés. Les vacances sont loin d’être terminées, elles sont même encore assez longues pour nous permettre de rêver à la façon dont nous allons occuper nos journées.  Blanche m’a promis un thé dans le potager, Georges voudrait récolter de la lavande pour en mettre sous son oreiller ? Aimé et Marcel ont déjà repéré les endroits de la haie couverts de mûres. Il y a en a tant que cette année, on pourra faire des crumble et des confitures, et même en congeler quand nos journées d’hiver auront besoin d'une pincée d’été.  

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mercredi 13 août 2014

Voyage à Nantes

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Nous devrions peut-être changer nos habitudes, explorer d’autres grandes villes inconnues. Mais Nantes était sur la route et le souvenir du grand éléphant nous forçait à nous y arrêter.  C’est d’ailleurs vers lui que nous sommes allés en premier, pour encore nous sentir émus à chacun de ses battements de cils, pour voir Georges s’arrimer à un arbre du parcours, ensorcelé par le gros animal. Effrayé aussi, répétant plusieurs fois « mais c’est pas un vrai hein ? » avant de demander à le suivre. A chaque fois l’éléphant nous fascine, à chaque fois nos cœurs se mettent à l’unisson de celui de la machine.  Il est parti rejoindre son hangar et nous avons rejoint la cantine de l’île. Elle était tout au bout du chemin, nous longions la Loire et je ne savais pas que les enfants avaient entendu parler de cette maison sur l’eau. Il la cherchait partout et leur père leur glissait « on ne peut pas tout voir vous savez ». Non, on ne verrait pas tout, ni passage Pommeraye ni centre ville. Ici aussi il faudra revenir bien plus qu’une demi-journée coincée sur un trajet de retour. Je suis incapable d’expliquer de quelle manière les enfants s’y sont pris pour me faire promettre un tour dans le carroussel, et la condition que nous avons posée « sauf s’il y a trop de monde » n’a pas tenu plus du temps qu’il faut pour avaler un verre d’eau.  C’est vrai qu’il est magique ce grand manège des fonds marin et que j’ai beaucoup ri à faire un tour moi aussi. C’est vrai que la queue avançait vite et que, de toute façon, l’heure que nous avions fixée pour le départ était de toute façon dépassée. Alors une fois remontés des abysses, nous avons quitté l’île pour rejoindre le jardin des plantes et chercher dans tout ce vert les personnages de Claude Ponti. Nous avons partagé de grands éclats de rire avant de repartir. Aimé aurait voulu rester et profiter jusqu’aux dernières lueurs de ce jardin de ville qui nous faisaient tous envie. Nous aurions pu céder à notre goût commun pour ces grands jardins urbains, sorte de transition entre la ville et notre vie. Du vert, des fleurs, des bancs ou s’asseoir et partout des gens à regarder passer. Il restait pourtant plus de six heures de route et nous avons repris notre chemin.  Arrivée prévue au milieu de la nuit.

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mardi 12 août 2014

la compagnie des Indes

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C’était un musée dans lequel Blanche et Aimé rêvaient de retourner. Nous y sommes partis en bateaux, le nez au vent, les pieds devant, un bateau-bus comme un grand voilier pour un euro par personne et une demi-heure d’aventure trempée.  Pour traverser le pont et entrer dans la citadelle, il fallait tenir son chapeau. C’est encore la grande marée et la mer était plus que haute quand nous sommes arrivés « et pourquoi papa elle monte pas la méditerranée ? » Quand nous avons découvert la première maquette de bateau, Marcel a retrouvé ses souvenirs des lieux.  Il y avait là toute la vie à bord de ces grands navires marchands, de la calle au pont, du capitaine au mousse qu’Aimé avait identifié « premier debout, dernier couché tu vois, je sais. » Depuis Groix, il s’est plusieurs fois imaginé la vie des petits garçons à peine plus vieux que lui et aujourd’hui, il m’a répété, « tu sais que certains d’entre eux étaient jetés par dessus bord et qu'on ne les retrouvait plus jamais? » Dans la salle d’après, la dame parlait de Paul et Virginie et de ce bateau  parti de Lorient pour ne jamais y revenir. C’est là qu’il fallait aussi parler du commerce triangulaire de l’Afrique pillée. Aimé et Marcel regardaient les entraves exposées derrière une vitrine, puis ce masque taillé dans une mâchoire de crocodile. Il fallait passer dans une autre pièce encore pour reprendre notre respiration et tomber en extase devant une série de robe en soie « maman, j’en voudrais une comme celle-là » et de grandes teintures indiennes. Georges était sûr que nous lui montrions des tapis volants et Marcel repérait sa maquette de navire préféré « tu croix qu’elle entrerait dans ma chambre même si elle est grande ? » Après, il y a eu  du café et des épices, la tenue de samouraï et son épée, deux petits sachets de thé que nous avons choisis pour les ramener chez nous et avant de reprendre le bateau, une autre salle d’exposition où les enfants retrouvaient la vie des sauveteurs en mer. Dans les rêves de nos petits garçons, les pompiers ont du souci à se faire. D’autant qu’aujourd’hui, les sauveteurs voyagent même en hélicoptère.

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lundi 11 août 2014

lendemain d'île

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Les lendemains de Groix sont toujours difficiles. On se réveille en pensant aux petits déjeuners de la grande maison. Et puis non, la vie du continent nous reprend. Mais ce soir, Joséphine s’en allait et il n’était pas question de nous laisser émouvoir par ce lendemain de retour. Les vacances ne sont pas terminées.  Les enfants cherchaient comment s’habiller, ce midi leur grand-père  invitait tout le monde au restaurant. Etait-ce encore la magie de l’île qui opérait sur nous. Cinq minutes avant l’heure dite, tout le monde était prêt. C’était un de ces restaurants dont nous partageons le goût. Pour les plus petits, il a d’abord la particularité d’être accessible en bateau navette, une traversée qui ne dure que quelques minutes, entre mer et Laïta mais nous ravit toujours, comme si nous traversions une passe exotique et lointaine. La mer était basse et des centaines de promeneurs fouillaient dans le sable autour de l’embarcadère. Je réalisais que j’avais passé de longues heures, petite fille, les pieds dans le sable mouillé à chercher des crabes et des bulots mais que je n’y avais jamais entraîné mes enfants. Passés de l’autre côté, ils obtenaient la promesse qu’après le restaurant, ils pourraient chercher des coquillages dans les rochers dégagés. Une fois cette promesse obtenue, ils s’asseyaient pour découvrir d’autres cadeaux de la mer. Des crevettes, des langoustines et des gambas « tu crois qu’on peut manger les yeux aussi ? », leur goût confirmé pour le poisson quand il est bien cuit et qu’il n’a pas d’arrêtes et quand la dame qui avait déjeuner à côté de nous murmurait, « vous aviez peur d’avoir peur, vos enfants sont vraiment charmants. » leur sourire leur barrait le visage et ils me lançaient tous ensemble un regard de défi. J’étais fière aussi. Charmants et impatients qu’arrive le dessert pour pouvoir repartir à la plage et compter les berniques. Assis sur le port, ils assistaient au grand départ d’un camp d’adolescent en canoë et je croisais dans leur regard une pointe d’envie. Nous nous contentions de rejoindre l’autre rive en navette, de retraverser notre détroit imaginaire.

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dimanche 10 août 2014

reprendre la mer

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Blanche m’avait dit plusieurs fois qu’elle n’aimait pas les jours de départ, je les déteste aussi. Aimé, Marcel et Georges s’obstinaient à ne pas comprendre que nous prendrions le bateau ce soir. Georges nous disait son impatience d’arriver au petit déjeuner de demain matin et Marcel me parlait de toutes les plages à découvrir. Nous avions été réveillés par le vent et la pluie mais au milieu de la matinée, le soleil s’était levé pour ne plus laisser aucun doute sur le reste de la journée. Les billets, dans le fond de mon sac à main, nous décidions de ne plus y penser jusqu’à l’heure fixée. Je voulais revoir Port Lay et la grande maison blanche. Une dernière fois, nous avons quitté la grande maison en  procession de deux roues. Six vélos et une carriole, des courses folles et des descentes en hurlant pour se donner du courage pour les montées. Georges, tel un petit empereur, restait assis dans sa carriole et saluait de temps en temps de la main ceux qui le croisait. Finalement, il ne regrettait pas de ne pas avoir insister pour avoir un vélo à lui et s’endormait de temps en temps quand le rythme le berçait. Arrivés sur le petit port, il partageait avec ses frères et sœurs une admiration sans borne pour les jeunes garçons qui plongeaient du haut de la jetée, puis du haut de la grue fixée à la jetée. Ces jeunes héros de la mer devaient être d’ici, forcément. Nous repartions manger une crêpe et reprendre notre courses sur les routes de l’île. On ne parlait plus du bateau. Pas tout de suite, pas encore. De toute façon, on a toujours le temps sur cette île. Cette fois-ci, nous nous dirigions vers un endroit que nous n’avions jamais vu. La pointe des chats contre laquelle la mer venait se fracasser. C’était si beau, c’était jour de grade marée et les enfants hurlaient de joie en encourageant les vagues à se gonfler. Cette fois-ci, il fallait trouver une montre, demander l’heure, et nous décider à revenir au bourg, faire un dernier tour de manège, deux derniers tours de manèges, Quatre pour Georges aidé par le sort et ce petit manège dont nous connaissons désormais l'histoire, prendre un dernier thé puis redescendre vers la grande maison, dire au revoir, descendre vers la port, dire au revoir encore et nous dire que l’an prochain, à peu près au même moment, nous reviendrions au même endroit. « et cette fois-ci, on restera plus longtemps maman. »

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samedi 9 août 2014

en vélo pour le paradis

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« ça ressemble au Paradis, mais en vrai. » C’est avec ces mots que Marcel a commencé la journée.  Il voulait rester un peu dans cette maison qui nous accueillait, ses frères et sœurs étaient de son avis. Mais dehors, il y avait ce soleil revenu et les vélos qui n’attendaient que nous. D’abord, il fallait retrouver les ânes et ici, les trajets ne son jamais très longs. Mais on peut aussi se perdre pour le plaisir, emprunter les petits chemins qui mènent on ne sait où et toujours finir par se retrouver exactement là où on voulait aller. Nous avons trouvé les ânes qui sont venus vers nous. Lequel d’entre eux ressemblait le plus à notre Pivoine ? Chacun avait son avis.  Dans ce pré au milieu de l'île, Blanche a surpris un lapin noir ses frères un faisan qui s’envolait. Nous avons repris les petits chemins vers ce petit port auquel je pense souvent quand je suis très loin de l’île. «maman, est-ce que l’année prochaine on pourra rester plus longtemps ici. » Une nuit en plus pour l’an prochain, ce matin c’était certain, ce soir ça l’est encore. « et peut-être que dans dix ans on restera dix nuits ? » Nous rêvions d’étés entiers  passés sur l’île et reprenions les vélos pour retrouver Joséphine qui nous attendait au bourg. Pendant ces vacances, nous aurons aussi pris goût au pique-nique et  à l’heure de la sieste, au rythme plus lent, aux longs kilomètres à vélos et aux couchers tôt. Ici, personne ne semble pressé et nous avons vite appris. C’est le rythme des vacances, mais pas seulement, c’est aussi la vie sur une île, la certitude que la pluie ne durera jamais très longtemps. Ce soir, pendant le dîner, Georges nous annonçait qu’il voulait rester ici, vite suivi par ses frères et sœurs, ils  avaient écouté nos hôtes nous raconter la vie des groisilllons à la grande époque  des thoniers, quand les mousses embarquaient à neuf ans, quand la vie était dure. Ils avaient bu ces longues histoires comme des contes de la vraie vie, Aimé en avait demandé encore « j’adore quand les adultes parlent de la vie. » Mais aucun n’en démordait « et si on décidait de rester ? »

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vendredi 8 août 2014

la pluie et le vent

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J’aurais peut-être pu écrire malgré la pluie, mais c’est avec  la pluie que nous avons passé la journée. Hier soir, elle nous avait déjà cueillis sur le place du village et nous l’avions entendu tomber sur le toit toute la nuit. Le matin, les enfants voulaient retrouver le trou de l’enfer et Georges me demandait « mais maman, c’est pas trop l’enfer quand même ?’ » avant de nous annoncer que c’était « un endroit parfait pour se suicider mais qu’on n’était pas obligé ». Juste avant de partir, ils avaient retrouvés le petit déjeuner auquel ils rêvaient depuis des semaines, depuis que je leur avais annoncé que nous revenions ici. Nous avons regardé les jeunes goélands apprendre à voler et longé la falaise en regardant le gris de la mer. Sur nos vélos la pluie nous trempait alors nous pédalions plus vite, tête baissée, puis elle se calmait dès que nous nous arrêtions quelque part. Elle s’est même faite oublier le temps du déjeuner, au autre pique-nique en dînette pris dans le jardin de la grande maison. Nous sommes repartis équipés pour l’après-midi après avoir décidé de rejoindre le point le plus éloigné de l’île. Le phare de Pen men au milieu de la lande en fleurs. Nous avons roué le nez plein de ces parfums de landes, de bruyère et de fenouil sauvage, il faisait doux et la pluie ne nous faisait plus peur. Le vent s’était mis à souffler pour le retour et nous imaginions les automne ici et la violence de certains vents, le dureté de la vie quand les marins étaient partis. Puis nous avons pédalé plus vite encore pour ne pas rater le concert de dix-huit heures dans l’église du bourg. Nous y sommes arrivés fatigués, trempés, les joues rougis par l’effort. C’était bon de s’asseoir et de se laisser porter par les airs que jouaient les élèves d’une master class qui venait de se terminer. Le soleil était revenu quand nous sommes sortis, juste de le temps de repasser à la maison pour mieux nous chausser et repartir dîner. Cette fois-ci, nous descendions vers le port. Les enfants prennent goût au poisson et criaient leur joie à l’idée de manger du far breton.

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jeudi 7 août 2014

Qui voit Groix.

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 Ce n’est pas un problème de se lever tôt, surtout quand c’est pour partir prendre le bateau. Nous avons embarqué, nos valises à la main pour apercevoir le petit port une  heure plus tard. Blanche me murmurait « autour de nous il n’y a que des gens qui ne connaissent pas l’île et ne viennent passer qu’une journée ici. » Dans le ton de sa phrase, il y avait la certitude du privilège qu’elle semblait savourer avec délectation. Dès la descente du bateau, chacun de nous retrouvait ses repères, « maman, quand est ce qu’on loue les vélos ? »  et je répétais plusieurs fois « qui voit Groix voit sa joie », des bulles dans les yeux et un petit tambour dans le cœur. Après avoir ouvert le grand portail, Joséphine et Blanche poussaient la porte de la maison et tombaient nez à nez avec notre hôte en costume breton. Un instant plus tôt, Blanche m’avait fait part de son envie de revoir la très belle robe bretonne qui d’habitude est exposée sur le palier. La robe partait danser et accueillir le groupe de musiciens irlandais qui devaient descendre du bateau en milieu de journée. Nous retrouvions les chambres et chacun choisissait son lit et j’avais pour une fois l’impression que les enfants étaient impatients de voir arriver la nuit. On reviendrait là ce soir, déjà, nous redescendions au port pour accueillir les musiciens et les accompagner jusqu’au bourg,  Nous retrouvions aussi le monsieur de la maison avec son kilt et ses idées de tartan. Un tartan pour Groix, nous étions partants. Pique-niquer sous l’arbre et se promener dans le village, retrouver la vie sur une île, assez loin du continent pour se préserver de ses tourments, je gouttais à cette impression particulière et me sentais à l’abri des fracas du monde, quelques jours à la fois libres et épargnés, « maman, quand est ce qu’on va chercher les vélos ? » Premier bain de mer pour les enfants, nous assis sur de gros rochers et puis ces fameux vélos et une carriole pour Georges, sûrement pour la dernière année. « l’année prochaine, je saurai pédaler. »

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mercredi 6 août 2014

le bateau-bus et le vieux thonier.

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Voilà, nous étions arrivés, nous nous étions retrouvés pour entamer ces vacances à sept. Toute notre famille. Sept comme ça, quand on l’écrit, ça fait beaucoup mais dans la vraie vie, c’est plutôt heureux. Quelques jours tous ensemble sur une île dont on fait le tour en une journée. Quelques nuits dans une grande maison qu’on aime beaucoup « maman, est ce que tu crois qu’ils seront toujours aussi bien les petits déjeuners ? » Mais avant le bateau, avant la traversée, il y avait cette journée ici avec le chemin de la plage et la mer dans laquelle on finit toujours par plonger,  son parfum partout et le vent qui nous caresse la peau. Aujourd’hui il faisait beau., on a essayé d’imaginer les dunes à la place des maisons  les unes contre les autres. Il y avait le sable qui colle et qui brille, puis ce fabuleux bus anglais dans lequel on a pris un café, il y avait ces questions sur la famille, « qu’est ce qu’on fera quand on sera grand ? » et « comment on sera quand on sera vieux ? » On ne viendra peut-être plus ici.  « et si chacun de nous rêvait à l’endroit qu’il choisirait pour passer ses vacances au bord de la mer ? » . On dit que c’est un rêve et que tout est permis. Il y a eu aussi cette escapade en ville, le bateau-bus pour y aller,  les irlandais, les écossais, et puis l’idée de la rentrée qui partout se glisse dans les interstices. On a tourné le dos à la rentrée. Il y a eu ce vieux thonier restauré dans lequel on a pu monter, les vieux gréements, les histoires de marins, la glace à la fraise et ce caprice pour un ballon « mais c’était une blague maman ! ». il y avait du monde et je me suis sentie un peu à côté mais il y avait aussi les cornemuses et ça c’était vraiment bien. ET puis on est rentrés, par le bus cette fois-ci, en pensant à demain. Il devrait faire beau, on doit prendre le bateau très tôt, comme pour un vrai et grand voyage, comme si on allait très loin. Quand on va sur une île on va toujours très loin. Un peu coupés du monde, un peu coupés de tout.

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