mardi 14 octobre 2014

du piano à quatre mains

 

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Hier soir, je suis rentrée très tard, dans un brouillard épais, j’ai cherché le bord de la route, j’ai roulé sans beaucoup de repères. Hier soir, je suis rentrée d’une réunion au-delà de minuit. Les enfants étaient endormis, je ne sais pas s’ils ont senti mes baisers. J’ai encore veillé, impossible de  laisser le sommeil m’emporter. Ce soir, j’ai fini de travailler tard, un peu trop tard, mais c’était encore  bien avant la fin du jour. J’ai repensé à  ce matin, à notre chemin vers l’école, mes trois petits garçons à l’arrière « plus fort la musique maman ! » et leur au revoir un peu plus émus que les autres jours dans la cour,  à nos « amuses-toi »  croisés, comme un joyeux chant de guerre. j’ai repensé  la table du petit-déjeuner pas débarrassée, aux cernes qui commencent à se creuser. J’ai traversé les mêmes villages que les autres jours, j’ai savouré la lumière d’octobre, celle qui mélange le rose au doré, j’ai ouvert la fenêtre pour sentir l’herbe trempée, j’ai aimé avoir froid. Un peu froid. J’ai retrouvé mes repères, cette grosse ferme bourguignonne suis m’a toujours fait rêver et ce grand carrefour qui me dit que je suis presque arrivée, le petit village juste avant le mien, la ligne droite, le chêne au milieu du champ qui ressemble à un dessin d’enfant.  Et puis je suis arrivée chez moi. J’ai entendu « maman ! » et j’ai laissé des petites mains pleines de chocolat m’entourer. Mon pantalon avait fini sa journée. J’ai eu envie d’un thé.   Ce soir, j’ai lu quelques histoires après avoir écouté les récits de la journée, j’ai fait quelques baisers et chanté cette histoire du petit oiseau qui tombe de l’oranger « maman, t’as oublié veux tu te soigner ! ».   Ce soir j’ai fait du piano à quatre mains et pour Noël, on s’est promis toutes les deux d’y arriver. Ce soir, je vais vite éteindre la lumière pour retrouver toutes les histoires que le ciel veut bien me raconter à travers la vitre au dessus de ma tête et je me laisserai guider par elles jusqu’aux portes du sommeil.

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lundi 13 octobre 2014

d'abord, il y a l'idée

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Pour la première fois de ma vie, je n’arrive pas me faire à l’idée. Dans quelques jours, j’aurai quarante-quatre ans. Quarante-quatre, on dirait un âge sans aspérité, et pourtant, c’est le vertige que je vois. Pour la première fois, je ne sais pas si j’ai  envie de passer de l’autre côté. Est-ce que je serai de ceux qui passe leur journée d’anniversaire le regard vers leur chaussure, en longeant les murs ?  Je ne sais pas ce qui me fait peur, peut-être cette sensation d’avoir si peu de temps à marcher sur le fil, peut-être cette impression que tout devient fébrile.  A vrai dire, je n’avais pas prévu ma vie après cet âge là, je ne m’y voyais pas. Pour la première fois, j’ai peur de l’âge qui s’inscrit sur le calendrier, j’ai peur et je crois que j’aime ça. J’entends mon cœur battre du bout de mes doigts au bout des mes chaussures mais je ne sais pas quoi faire de ce rythme qui s’accélère ? et si je laissais le temps faire ? et si je laissais le temps décider ? Je veux continuer à rire quand un de mes enfants me dit « maman, je ne sais pas quoi faire ? » moi je sais, et je n’aurais pas assez de temps pour le faire. Je veux continuer à rêver à tous mes possibles, je veux aller à la mer et sentir le sel qui me brûler, je veux encore me trouver jolie, je veux me l’entendre dire, je veux que la curiosité l’emporte, toujours, je voudrais que ça ne s’arrête jamais, je voudrais ne jamais me sentir fatiguée, ou juste de temps en temps épuisée, à bout, pour cette sensation de l’abandon. Quarante-quatre ans, si j’avais su ça, si j’avais deviné l’effet que ça fait. Je n’y avais jamais pensé, je ne l’avais jamais envisagé. C’est peut-être bien après tout. Allez, dites moi celles qui sont déjà passées par la ! Et puis non, ne me dites rien, je veux découvrir, je veux que le mystère soit gardé. Quarante-quatre, ce n’est pas très joli à écrire, mais c’est rond et piquant à la fois. Il me reste quelques jours pour m’y faire, me le répéter. J’hésite entre vertige et peur, il me reste quelques temps pour me décider à mettre de jolies chaussures et porter le regard fier le jour de mon anniversaire.  

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dimanche 12 octobre 2014

à l'assaut du ciel ciel, un gâteau et un bain

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C’est comme un vrai dimanche, un jour qui commence au milieu de la matinée avec un petit déjeuner préparé par des petites mains appliqués et un réveil chuchoté « mais non, ne va pas réveiller maman, je te dis. ». C’étiat comme un dimanche, un jour où tout le monde fait ce dont il a envie, « maman, tu viens regarder le prophétie des grenouilles avec nous ? », Un jour où je dis oui parce que j’e ai envie, un jour où, après le déluge qu’annonçait les grenouilles, je décide de prendre un bain en plein milieu de l’après-midi, un bain à l’huile parfumée sans me dire que je suis pressée. Un bain en plein milieu du jour sans même me sentir obligée de fermer la porte à clé. Parce que tout le monde est occupé. Dehors, il y a des cerf-volants qui essaient de s’envoler et dedans, un gâteau breton qui se prépare en secret.  C’était comme un vrai dimanche qui mélange le parfum des huiles de beauté avec celui de la cuisine, une grande fille qui me regarde me coiffer puis essayer mon nouveau rouge à lèvres en essayant mes conseils de fille, délice de fin de dimanche dans une salle de bains embuée. C’était un vrai  dimanche qui me laisse le temps de préparer l’invitation que j’avais oubliée. Un petit carton pour l’anniversaire de Georges, le premier avec ses amis, quatre filles et un garçon, « et un gâteau à deux étages, tu pourras tu crois ? » C’est comme un dimanche d’automne encore à l’heure d’été qui se permet encore un peu de rab’ parce qu’il fait beau et doux et qu’il faut en profiter. Du soleil et du vent qui souffle sur nos envies pour la semaine qui s’annonce. Les bains et  le dîner, du coup un peu pressés, mais les vacances vont bientôt arriver. Du potiron pour le dîner, et puis le gâteau qui n’est plus un secret. C’était comme un dimanche dont le lundi ne sera pas gris, un jour de repos et de gourmandises, un jour tissé tricoté de petits plaisirs mêlés, nous laissant croire que les jours qui viennent pourraient aussi lui ressembler, si nous en avons vraiment envie, si le cœur nous en dit.

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samedi 11 octobre 2014

après le marché

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C’était un samedi matin piano et marché, une petite matinée entre filles qui petit à petit, prend des allures sacrées. C’est notre samedi, Notre heure de cours chez Marcia sur le grand piano noir, et pour moi a essayer de déchiffrer le New-yorker quand je en lis pas. Et puis notre balade en ville avec ses arrêts obligés. Nos quelques minutes de flâneries à la librairie, le pain et le jambon cru à l’épicerie, les fleurs au marché et plus si affinités. Les premiers samedis du mois, le panier est plus plein et s’offre quelques fantaisies. Mais panier plain ou pas, notre pas est toujours léger et nos mains nouées. Blanche me raconte sa semaine, ses amies, sa vie de collégienne, par bribes, elle s’aperçoit de mon travail ici, celui d’élue, celui qui me prend nos lundis soir. Je rencontre des gens qu’elle ne connaît pas, je ne parle jamais longtemps. Notre balade est pour elle, pour elle est pour moi. Le retour en voiture fait partie intégrante de cette matinée. Nous continuons nos discussions et c’est elle qui choisit la musique que nous écoutons. Que ce soit elle ou moi, nous tournons le bouton au moment d’arriver dan la forêt. Quand je le peux, j’ouvre la fenêtre en grand, jusqu’au dernier arbre, jusqu’à l’autre côté de ce bois touffu, jusqu’au panneau qui nous indique l’entrée du village. A notre arrivée, une nuée de petits garçons sautent sur le panier pour y chercher ce que nous avons ramené. En plus d’un ou deux trésors de librairie, il y a toujours de quoi préparer notre pique-nique du samedi midi. Aujourd’hui, il s’est mis à pleuvoir après le déjeuner et l’après-midi s’est étiré sur les canapés. Pendant que les deux grands garçons étaient invité à un anniversaire, Blanche  se promenait partout son livre entre les mains, Georges avait envie de lire lui aussi et je cherchais la musique qui accompagnait le mieux cette flânerie. Je ne me suis pas aperçue que la pluie s’était arrêtée, qu’il était temps d’aller chercher les garçons, que le samedi était en train de filer, la nuit est très vite arrivée. Je n’avais pas réalisé que les jours ont tant rétréci ces temps-ci.

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vendredi 10 octobre 2014

le rouge de la chaudière

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Le jeudi avait été long, joyeux et parisien, le vendredi fut ancré les deux pieds dans la terre d’ici. Mairie le matin et communauté de communes l’après-midi. Il a plu toute la journée et j’ai couru un peu, soufflé sur les braises qui entraînent le moteur du tourbillon. J’étais presque à l’heure pour la sortie de l’école et Georges n’a même pas remarqué que j’avais couru pour venir le chercher.  Nous sommes rentrés à la maison pour prendre le goûter mais le téléphone a sonné parce que la chaudière de la salle des fêtes ne marchait plus. Soirée dévorée par une chaudière rouge et ventrue qui avait décidé de ne plus fonctionner le jour ou la salle est louée. Il était dix heures du soir quand j’ai retrouvé la maison après mon dernier aller-retour à la mairie, et je me suis préparé une tisane sans même vérifier le parfum inscrit sur le sachet que je choisissais. La pluie m’avait trempée et n’importe quelle eau chaude m’aurait convenue. Les caprices de chaudière mis de côté, une partie de moi avait adoré cette journée pleine à craquer, avec cette sensation d’efficacité. A cette heure-ci, les enfants s’étaient endormis et comme tous les vendredi soir, j’étais seule avec eux ici. J’ai laissé les derniers souvenirs de la journée se mélanger, laissé s’exprimer le brouhaha des souvenirs immédiats avant de laisser le silence étouffer tout ce fracas. Il m’a fallu encore un peu de temps pour savourer l’idée du vendredi soir et laisser mes bras retomber de chaque côté de mon corps. Souffler et me sentir aussi lourde que je l’étais. Demain serait un autre jour et demain ne souffrirait d’aucune obligation, à part cette leçon de piano qui me réjouit autant qu’elle réjouit Blanche, une leçon à quatre mains avec une petite promenade au marché après. A cette heure-ci les enfants dormaient et je me suis levée pour leur faire un dernier baiser. Un baiser sur ces joues ensommeillées qui semblaient toutes si apaisées. Demain, j’aurais du temps pour eux, ce temps pour rien, si précieux, surtout quand je peux le partager avec eux.

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jeudi 9 octobre 2014

maison Bastille

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Ici, quand on part à Paris, il faut se lever bien avant le jour, faire la route très tôt vers une gare au milieu de nulle part  et monter dans le train pour arriver gare de Lyon une heure et vingt minutes plus tard. Aujourd’hui c’était une formation d’élue Au sous-sol d’un bâtiment sur les quais de la Seine et je partais avec une amie qui travaille avec moi. Nous nous sommes offert le trajet en bus, comme un délice et quelques pas sur les quais, le nez au vent et la tête au soleil. Et puis j’ai pris des notes, et puis j’ai appris, j’ai tenté d’écouter, d’étouffer mes souvenirs d’élèves dissipées, nous sommes reparties toutes les deux plaines d’entrain et d’idées, décidée à profiter des quelques heures qui nous restaient avant de prendre le train qui nous ramènerait chez nous. J’avais une idée précise de l’endroit où nous irions prendre un thé, parce que j’avais suivi le projet de Marie, parce que j’avais rêvé avec elle et tellement cru à ce rêve. On ne dit plus salon de thé, on ne dit pas bar, on ne dit pas restaurant non plus, alors je dirai bien endroit charmant tant j’aimé aimé me retrouver assise à une des tables de Maison bastille au milieu de la ville et à l’abri du bruit. Il ne m’arrive pas souvent ici de parler d’un endroit comme celui-ci, d’en dire du bien à ce point, et il m’est difficile ici, de vous décrire le gâteau au chocolat, mais j’ai suivi cette aventure avec une admiration folle pour cette femme-là, qui lâchait son activité professionnelle pour plonger dans son rêve et faire de ce rêve une réalité, les pieds sur terre et les mains aux fourneaux, le cerveau dans les comptes et le mot décidé, la détermination de Marie m’a toujours fait rêver et le thé que j’ai partagé dans ce délicieux endroit de la rue Amelot avec une sœur et des amies avait le goût fort et sucré du rêve abouti.  A l’intérieur tout est blanc et doux et je me suis sentie assez à l’abri, de l’autre côté de la grande vitrine, pour regarder les passants en livrant quelques unes de ces confidences qu’on ne laisse filer que lorsqu’on se sent dorlotée.

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mercredi 8 octobre 2014

histoires du jour, histoire du soir

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Ce matin, je l’avais quitté sans me retourner mais j’avais longtemps entendu ses sanglots. Cette semaine, je suis plusieurs fois rentrée beaucoup trop tard pour l’embrasser à l’heure du coucher. ce midi, il avait hurlé « maman ! » en se serrant contre moi au moment de mon arrivée. Alors cet après-midi, une fois Blanche partie à la danse avec son père, une fois Marcel embarqué chez un copain de classe et Aimé déposé à son premier cours d’expression corporelle, nous nous sommes retrouvés tous les deux, rien que tous les deux, pour prendre un petit peu du temps qui nous avait manqué ces derniers jours. D’abord, il m’a tenu la main pour traverser notre jardin, puis il a choisi un livre, puis il a choisi un autre livre. Il m’a dit « oh chouette, on va écouter de la musique » . Nous avons décidé tous les deux de faire un gâteau pour le dessert et il m’a dit « comme ça on s’entraîne pour le goûter d’anniversaire avec les amis. » Il est parti chercher le livre de recettes mais je lui ai dit que j’avais déjà cette recette dans ma tête. Il  voulait du chocolat et nous avons rajouté des pommes et des raisins secs, il a tout mélangé et même fait fondre le beurre, il n’a presque pas eu besoin de moi , à part peut-être pour lui apprendre à battre les blancs en neige sans les casser. Pendant qu’il mélangeait, nous discutions de la vie à l’école et de ce fameux anniversaire  « tu crois qu’on peut aussi inviter les maîtres ? » Georges me parlait des chansons qu’il avait apprises et je découpais le papier sulfurisé.  J'ai laissé de la pâte au fond du saladier et il m'a dit, d'ai air inquiet "maman, c'est pas grave si j'en ai plein mon gilet?" Il faudrait bientôt aller rechercher Aimé, Marcel et nous replonger dans la soirée. Avant de repartir, nous avons vérifié la cuisson du gâteau et mon petit garçon a de nouveau glissé sa main dans la mienne avant de mettre ses pas dans les miens. Nous avons encore discuté sur le petit bout de route qui sépare la maison du cours de danse et quand j’ai pris un monsieur en stop pour le rapprocher du village où il se rendait, Georges lui a dit « ma maman s’appelle Marion vous savez. » Puis il a retrouvé ses frères, sa sœur, et sa place à table pour le dîner. Puis il est monté se coucher et il m’a demandé « maman, une toute petite histoire s’il te plaît. » et alors j’ai craqué.

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mardi 7 octobre 2014

on y sera demain matin

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Allez, on s’en va, on va voir la mer. On n’est pas d’ici, on peut s’en aller, on verra là-bas, on prend juste de quoi tenir quelques jours, un pull chacun, les doudous préférés, des livres et des oreillers. Si on part tout de suite, on y sera demain matin. Je téléphonerai de la route, j’expliquerai à l’école, peut-être même qu’on pourra encore se baigner, nager jusqu’aux bateaux et retour, se lécher la peau pour y retrouver le goût du sel et sentir nos petites blessures se réveiller. Puis dormir, dormir comme on dort seulement au bord de la mer.  On le trouvera cet endroit ou on pourra regarder les vagues venir se fracasser sur les rochers. . Et si c’est la pluie qu’on trouve au bout du quai, se sera beau, se sera encore plus fou, on se tiendra dos au vent pour avancer plus loin. Quand est-ce qu’on rentre ? je n’en ai aucune idée, quand on en aura envie, quand on sera lassé, quand on nous aura rattrapés. On va écouter de la musique pendant tout le trajet, on se racontera des histoires aussi, des histoires qui font peur, des histoires qui font pleurer. je vous dirai un secret. Nous on ira bien, on aura envie de rigoler. On traversera des kilomètres de forêts, on roulera la nuit comme vous aimer, on regardera les petites lumières dans les petites maisons allumées. L’océan demain matin, je connais la route, je peux conduire jusqu’au bout, je ne suis pas fatiguée, je dormirai quand on sera arrivé. La voiture est toute petite ? oui mais là-bas, on pourra crier comme on voudra , la-bas, ce sera bien assez grand pour nous. J’annulerai les réunions, je crois que j’y sois ou pas, ça ne changera rien vous savez. Et peut-être même que personne ne s’apercevra que je n’y suis pas.  Au travail je ne dirai rien, ou je les appellerai une fois là-bas. Personne ne pourra plus rien une fois qu’on y sera. Amis pas nous, on n’aura pas intérêt  regretter.  Est-ce que c’est interdit ? je ne crois pas. On fait comme on en a envie, ça vous dit ? Allez, enfilez vos pyjamas, prenez un ou deux litres de lait et on y va. Je ferme la porte derrière nous.

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lundi 6 octobre 2014

du petit lait

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C’est le premier jour de la semaine et j’ai déjà besoin des souvenirs de la veille. Une petite fille et son âne, un dîner, le poêle allumé, les gâteaux et la blanquette de veau. J’ai besoin de la caresse de ce souvenir très récent pour me tenir chaud. Pourtant je ne m’ennuie pas, pourtant j’ai des tonnes de choses à faire. Mais j’aimais bien cette parenthèse d’automne, J’étais même ravie  que la pluie ne veuille pas s’arrêter, qu’elle nous garde chez nous. Repos forcé avec le bruit de ses gouttes qui venaien t s’écraser sur les carreaux.  « J’ai tellement aimé ce dimanche », lui ai-je dis au moment ce dîner. Pourtant, il ne s’était rien passé de particulier et j’ai même dû crié plusieurs fois, lassée de devoir demander aux enfants de ranger. Joséphine est restée avec nous pour dîner et je ne l’ai ramenée à son train que ce matin en partant travailler. Il y a longtemps, très longtemps, je me serais moi-même étonnée  d’être si convenue, attendue. J’ai aimé le dimanche et le samedi qui l’a précédé parce qu’il ne s’y est rien passé de particulier, parce que j’ai pris goût à la vie ordinaire, à la répétition des jours, au ronron rassurant des semaines, parce qu’il me suffit de savoir tous nos enfants réunis un soir chez nous pour trouver la vie réjouissante et pleine. Je ne me défais plus de mes accès de mélancolie, ils sont tellement fertiles. Il ne faudra rien oublier même si tout n’est pas écrit. La vie que nous avons composée autour de nos envies, les mauvais coups et les mauvaises plaisanteries. Samedi j’ai retrouvé les cours de piano et j’ai feuilleté la première édition de The Family of Man daté de 1952, le noir et blanc des photos et leur aspect presque métallique, les noirs très noirs et les blancs cassés. je vais m'y replonger un peu chaque soir. On me l’a prêtée pour quelques jours. J’ai envie de lire. Je Pourrais ne faire que cela de ma petite  vie. Lire, écrire, écouter. Regarder. Regarder tomber la pluie, regarder tomber la nuit. Regarder le jour se lever.  Mais il y a la vie en vrai, celle qui m’oblige à repartir le lundi. Alors je repars, tant pis pour les rêves éveillés, tant pis pour la pluie et la boue, tant pis pour les bouquets de pensées et les petites billes d’argent sur le glaçage au chocolat des quatre ans. Un jour, on  m’a dit agacé « chez toi c’est tous les jours dimanche » mais chez nous il y a des lundi. Chez moi aussi, mais ils ont ce goût si particulier de lendemain de jours heureux, de ces jours qui suivent la fête. Repus, un peu fatigués, encore gorgés de ce lait qui fait la vie belle.

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dimanche 5 octobre 2014

un jour d'anniversaire

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Le petit garçon avait attendu et attendu encore, attendu longtemps avant qu’on veuille bien lui fêter son anniversaire. Du lundi, le vrai jour, au dimanche d’après. La pluie qui n’avait pas cessé de tomber de la matinée avait ruiné nos espoirs de déjeuner dehors et puis, finalement, tout le monde avait semblé se réjouir d’une matinée passée dans une maison toute entière envahie de parfum de blanquette et de cake d’automne. Après que j’ai eu mis la viande à mijoter, Georges m’a demandé s’il pouvait choisir son gâteau « c’est mon jour après tout » et m’aider à le faire. Il s'était habillé tout seul pour l'occasion, " tu vois comme je suis beau maman!". Il voulait « un cake sucré »  et acceptait l’idée d’y glisser quelques écorces d’oranges confites en plus des raisons secs auxquels il tenait. C’était aussi d’accord pour la vergeoise brune et une pincée de cannelle. » Il mélangeait tous les ingrédients tout seul et me demander juste d’enfourner. Joséphine dressait la table en suivant les indications du petit garçon, une nappe rose, un bouquet et des assiettes de fête, et la blanquette était presque prête. Dehors, il pleuvait encore et c’était le moment de faire fondre le chocolat pour glacer le dessert. Quelques boules argentées, des fleurs parsemées et les quatre bougies magiques qui se rallumeraient pour faire durer le plaisir. Les invités de Georges frappaient à la porte, un panier chargé de cadeaux dans les bras. Georges accueillait sa nounou en lui sautant dans les bras et s’installait au milieu du canapé pour ouvrir ses cadeaux. Un paquet, puis un autre, un autre encore, une couverture à paillettes, comme il l’avait demandée, un sabre laser, des petits pirates et des dessins pour lui, des animaux de la forêt et des jeux d’ombres pour raconter des histoires et un petit chien en peluche tout de suite désigné comme « doudou préféré ». «  C’est vraiment un beau jour » nous disait il en allant s’asseoir à table pour souffler ses bougies. Personne n’était autorisé à l’aider à souffler. Une fois, deux fois, trois fois, les petits feux des quatre ans se rallumaient et puis la petite voix annonçait « ça y est, je crois que cette fois c’est fait. »

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