jeudi 17 juillet 2014

une grande fille et des petits bateaux

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Aujourd’hui Joséphine est rentrée. Elle était à la maison quand les enfants sont arrivés. Elle était là avec ses valises de souvenirs, des petits bateaux et des carnets, et des tonnes d’histoires à raconter. Il y avait une amie tout à côté, arrivée elle aussi dans l’après-midi, mais Blanche, Aimé, Marcel et Georges n’en avaient que pour leur très grande sœur qui s’apprête à passer plusieurs semaines avec nous ici. Elle a vite repris sa place et ouvert ses grands sacs de voyage, écouté tout ce qu’ils avaient eux aussi à lui raconter. Les premiers jours du centre de loisirs, le Brésil,  le 14 juillet et la mer vers laquelle nous allons tous bientôt aller « c’est quand déjà les vraies vacances maman ? » Les vacances, ce soir, c’était ici, sous la tonnelle, au moins ça y ressemblait drôlement. Parce qu’on ne pensait à rien d’autres qu’aux choses qui font du bien, au moins on essayait, et les enfants se sont couchés trop tard et les adultes aussi, beaucoup plus tard encore parce qu’il fallait voir le ciel étoilé. Joséphine était encore un peu décalée, encore un peu dans son vol de retour, passé quelques heures avant juste au dessus de l’Ukraine. A quelques petites heures près. Nous nous sommes sentis chanceux avec elle, vernis. Qu’est ce qu’on allait faire ce week-end ? On en savait encore trop rien, peut-être nous laisser porter. Ça dépendrait du temps qu’il ferait. Peut-être que cette fois-ci, l’été a bel et bien décidé de s’accrocher. La nuit était trop douce pour ne pas nous promettre d’autres très belles journées. ET puis Joséphine vient de rentrer, à la maison ça sent l’été, les petits bateaux dans les grandes bassines et les petits garçons torses nus, les lasagnes à la ratatouille et le crumble de pêche. Les petites filles en fleurs  trop contentes de retrouver leur grande sœur. Et si on fêtait ça avec un petit verre de blanc bien frais ? Pas pour les enfants.  Demain, c’est encore un jour au centre de loisirs, le dernier de la semaine « oh c’est bête que ce soit déjà fini ! » Mais non, c’est juste pour le week-end.  Un week-end avec les parents, les amis des parents, et cette grande sœur qui peut toujours mieux comprendre et mieux écouter.

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mercredi 16 juillet 2014

des citrons et des tomates

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Je ne me ferais jamais à cette bouffée d’immédiate nostalgie à chaque fois que les invités s’en vont. Peut-être qu’il me faudrait un petit carnet ou je pourrais marquer les dates ou ils reviendront, même si les plans doivent changer après. Je ne me ferais jamais à ce manque qui met beaucoup de temps à e dissiper mais j’ai aussi appris à me remplir que les gens ont souvent laissé derrière eux, comme les petits objets qu’ils oublient. C’est comme si, même eux partis, ont trinqué encore une fois à la vie et à ce qu’elle nous a permis. Cet après-midi, nous nous sommes retrouvés tous les deux à l’ombre de  la tonnelle puis dans le potager et j’ai senti qu’était restée intacte l’énergie de ces deux dernières journées. Je me suis remise à désherber et c’est comme si j’entendais  les suites de notre conversation de la veille autour du carré d’aromates. L’heure est venue de monter chercher les enfants qui revenaient d’une journée au centre de loisirs. Ils ont remarqué la barrette oubliée et m’ont demandé des nouvelles des invités, puis à quelle heure elles étaient partis.  Oui, oui, elles reviendront et peut-être même aussi qu’on pourra les voir à Paris. Une fois fait le compte rendu de la journée de notre côté, les enfants nous ont raconté, épuisés par cette journée de liberté, leur chasse aux térsors et les cocktails aux fruits qu’ils avaient appris. Le soleil était encore haut et plus de la moitié du potager restait à désherber. Vu l’état de fatigue de la troupe qui se dressait devant moi avec difficultés, je voulais bien m’y attaquer. En échange de quoi , Blanche nous préparait une des ces citronnades dont elle a désormais le secret. Aimé, galvanisé par ses expériences culinaires de l’après-midi, cherchait ce qu’il pourrait nous préparer pour le goûter. Il coupait des tomates avant de les disposer dans un plat, recouvertes de poivre et de sel, exactement ce dont nous avions besoin pour nous désaltérer. La vie reprenait et nous nous retrouvions autour de leur carrés. Les premières tomates sont déjà là et nous avons trouvé quelques fraises des bois. Dommage que les invitées soient partis, on leur aurait montré le fenouil et les betteraves prêtes à être cueillies.

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mardi 15 juillet 2014

tout de suite ou jamais

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Deux jeunes femmes s’étaient installées dans notre maison. Elles parlaient de leur vie en construction, de ce qu’elles avaient déjà bâti, des enfants déjà nés et de ceux qui naîtraient, de ce qu’elles demandraient  aux années qui s’annoncent. Je parlais avec elle et réalisais à quel point , depuis quelques mois, je m’étais laissée dévorer par la certitude du ‘tout de suite ou jamais» comme si ma propre vie n’avait plus grand chose à m’offrir, ou plutôt comme si je n’allais plus vivre qu’une série de dernières fois, autant de drames mal dissimulés par l’injonction de les vivre dans la joie. J’étais dans une course folle et j’aurais peut-être encore couru un moment avant qu’un médecin ne décide se stopper le mouvement et qu’au milieu de ces jours de repos imposé, le soleil n’arrive en même temps que ces  deux jeunes femmes que la vie couvrait de promesses. Alors je me suis posés avec elle et j’ai commençait à de nouveau distinguer ce qui comptait pour moi, nous sommes tous ensemble nous promener en forêt et j’ai retrouvé ce pour quoi nous sommes venus nous installer ici. Le s raies de soleil à travers les feuilles des arbres l’été, les odeurs de sous-bois, les enfants libres et les moments d’euphorie que peut provoquer un ciel étoilé. Et même les moments de rien assis sur le muret, quand ne compte que le parfum de l’air qu’on respire à grandes bouffées. Bientôt je retournerai travailler et le cycle des réunions reprendra. Je m’y ferai et j’essaierai de la faire bien. Mais sur ma ligne d’horizon, il y a des points de repères que j’avais peut-être perdus et que je vois de nouveau se dessiner, indélébiles,  des éléments de bonheur nécessaire. Quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, aussi fort que ce qui pousse ces jeunes femmes à embrasser la vie, il me faudra ma dose que dimanche quotidienne, des promenades en forêt et des moments dans le potager, de longs moments à regarder grandir les enfants et pourquoi pas de nouvelles promenades à cheval, l’ivresse des galops en forêt. La vie comme je l’entends et comme je la vois, comme je l’avais rêvée et comme j’ai le droit de la rêver encore.

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lundi 14 juillet 2014

les filles du 14 juillet

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Il y  aune éternité que je n’ai pas assisté à un feu d’artifice du 14 juillet, que je n’ai pas senti mon cœur battre à l’unisson des pétards lancés. je crois que cette année, les flonflons m’auront manqué. C’est comme ça, il y avait du foot à la télé, il pleuvait et nous étions fatigués. Mais il y a quand même eu les drapeaux tricolores accrochés en fin de matinée et ce verre de l’amitié pris juste à côté de l’église. Une histoire de village et le rêve d’un bal et d’un défilé de lampions pour l’an qui vient. Et puis il y  au les amies, deux très grandes filles, une petite et une toute petite, il y a eu le soleil revenu pour leur arrivée et l’été qui s’est installé,  les repas bricolés et le canapé teint en noir , une balade jusqu’au moulin et la vie qui retrouvait son goût léger, le goût du dimanche toujours renouvelé. Il avait tant plus jusqu’ici, notre muret nous avait manqué. Georges  et Rose sont partaient voir l’ânesse alors que Blanche s’occupait de la toute petite fille en me disant qu’elle n’avait jamais vu de si joli bébé. On cherchait le couffin pour enfin le remplacer par la carriole qu’on montait au premier pour la transformer en berceau de fortune. Les enfants repartaient dans le champ pour entraîner Rose jusqu’au pieds de la balançoire en oubliant de lui dire de faire attention au fil électrique. Nous avons bu du vin blanc et de la bière venue d’un pays que nous aimons, dîné tard d’une soupe d’hiver et d’un crumble d’été, regardé encore ce tout petit bébé  et constaté que nos enfants ont bien grandi, et puis discuté tard en espérant qu’il ferait encore beau demain. Espéré que l’été s’était vraiment installé parce que l’été, on parle de la vie autrement, tout est plus joyeux et plus doux, même les emmerdements, même les accrocs, parce qu’on peut rêver aux vacances qu’on a prises  et à celles qu’on prendra, on peut parler de l’année qui s’annonce et de l’été qui viiendra sans nous laisser prendre dans l’étau de l’angoisse.  On peut passer de la tonnelle au muret et rire de cet malédiction de l’électroménager qui décide de liguer tous ces appareils qui nous lâchent tous ensemble ce début d’été. Faire comme ci nous faisions de ce peuple élu que la chance ne quittera plus jamais.

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dimanche 13 juillet 2014

des tours de crèmes

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On a cru au soleil, tellement cru qu’on l’a vu. Quelques temps, une heure ou deux au milieu de la journée. Demain, il sera là, on nous l’a promis. En attendant, j’ai décidé de changer la couleur du canapé même s’il me faudra attendre demain ou après-demain pour mettre mes projets en application. Faire du presque neuf avec du vieux, c’est une des choses que j’aime le mieux. Pendant que je rêvais au noir profond, la vie reprenait autour des fourneaux. Notre four nous a lâchés , ce qui ne veut pas dire que nous allons nous arrêter de cuisiner. Je n’étais pas là au moment des négociations qui furent très serrées, d’après ce qu’on m’a raconté, mais je sais que les enfants ont établi des tours pour seconder leur père dans la préparation des petites crèmes. Aujourd’hui, c’état le tour d’Aimé. Georges réclamait des crêpes depuis plusieurs jours espérant à chaque repas que son vœu serait exaucé et regrettant à grand bruit à chaque fois qu’il ne le soit pas. Ce soir, Georges a triomphé, d’autant qu’il était le premier de la tournée. Beurre, sucre, miel et citron pour tout le monde et pour Blanche, une crêpe supplémentaire qu’elle avait elle même retournée. « t’as entendu ? papa m’a dit que j’étais digne de porter un nom breton. » Pendant le repas il avait été question des bonnes manières « mais pourquoi quand on est à table on n’a pas le droit de chanter ? » et des obligations. « au moins avec les crêpes, on n’est pas obligé d’attendre que le dernier soit servi pour commencer à manger. » Et puis crêpes ou pas il n’était pas question de traîner et les enfants réussissait à négocier avce leur père de regarder la première mi-temps d’un match qui, en fait, ne passionnait personne. « et toi maman , t’es pour les argentins ou pour les allemands ? » En cas de victoire de l’Argentine, nous irions l’annoncer aux chevaux  dans le pré demain matin. « ils seront contents parce que c’est leur pays quand même. » L’un d’entre eux ne s’appelle pas Azul pour rien. « bon les allemands on les aime bien quand même. » Fallait il vraiment que je choisisse un favori ?  « moi je suis pour les français et je suis Lionel Messi » décidait Georges en finissant sa crêpe au miel. C’est peut être lui qui ira murmurer à l’oreille des chevaux demain que le pays d’où ils sont arrivés n’a pas démérité.

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samedi 12 juillet 2014

le murmure des jeux au premier

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Puisqu’il a encore plu toute une partie de la journée, puisqu’il a fait presque froid et qu’il était si difficile de s’imaginer en juillet, il ne restait plus qu’à réapprendre à vivre dedans. Lire, écouter de la musique, retrouver nos vieux canapés et laisser passer le temps. J’ai retrouvé la marche autour de la maison, la forêt sentait presque l’automne et c’est à la rentrée que je n’ai pas pu m’empêcher de penser, comme si l’été allait nous oublier. Mais on nous a promis qu’il allait arriver. Bientôt nous aurons de nouveau trop chaud, bientôt nous retrouverons notre jardin et notre potager. Les tomates sont prêtes à rougir et les petits pois continuent de monter. Mais en attendant de retrouver le goût de l’été, j’enfile des chaussettes et j’apprends le rythme lent. Le dernier jour d’école nous paraît loin et il y a très longtemps que nous n’avions pas passé ensemble tant de jours à la maison. Cet après-midi, j’assistais au ballet du petit Georges décidé à empêcher la lecture de son père « papa, est ce que tu veux un bisou ? » puis je montais voir les plus grands qui retrouvent leurs jeux et leurs jouets préférés. Marcel protestait à l’idée de s’habiller puis négociait son tee-shirt préféré. Nous les entendons pendant des heures jouer au premier puis tout d’un coup, les alliances objectives explosent, les cris s’emparent de tout l’espace sonore de la maison et les coups se mettent à pleuvoir. Ce n’est jamais de la faute de celui qui crie, pas celle des autres non plus, c’est toujours l’autre qui a commencé le premier et nous finissons toujours, presque toujours, par punir celui qui justement n’a rien fait. La maison tremble aux cris d’une injustice caractérisée et puis le silence se fait, juste avant que nous ne percevions de nouveau les murmures des jeux et les rires croisés. Je n’ai aucune idée des souvenirs qu’ils garderont des ces heures passés ensemble à la fois tout près et si loin de nous. Mais je sais que ce qui se joue entre eux fonde une partie de leur vie.  Pourvu qu’aucun d’eux ne soit marqué par un quelconque sceau, celui de la défaite répétée ou celui de la victoire obligée.

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vendredi 11 juillet 2014

dans l'armoire de la salle de jeux

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C’est comme un jeu de chaises musicales et c’est presque chaque année. Cette fois, c’est le bureau de la salle de jeux parti dans la chambre de Blanche qui nous obligeait à changer les plans. Et puis il y avait eu cette « journée cabane » pendant laquelle les enfants avaient vidé intégralement  vidé le contenu des armoires et des étagères du premier pour les répartir dans leur maison de fortune.  Impossible de reculer, il fallait ranger. J’ai emmené quatre enfants très mécontents pour ouvrir avec eux cette armoire qui laissait tomber tous les jouets qu’elle contenait à ses pieds. « Chose après chose » serait la devise de notre journée, d’abord les jeux de société achetés pour la plupart dans les vide-greniers. Finalement, il ne manquait pas tant de pièces que ça et mes compagnons de rangement redécouvraient des trésors oubliés. Ils commençaient à trouver que cette journée n’avait pas que des mauvais côtés. Georges retrouvait un puzzle en bois, nous décidions de réserver un coin pour les travaux manuels. Les petites voitures, les châteaux de princesse, les playmobils retrouvaient leurs cheveux et je continuais à ramasser chacune des petites pièces de légos que je trouvais en pestant contre ceux qui les avaient éparpillés. J’ai crié, pas trop, râlé, un peu mais moi aussi, je me suis amusée quand j’ai retrouvé la boîte de vieux cubes en bois que j’avais rangés là avant de les oublier. Chaque chose avait trouvé sa place et la grosse armoire fermait de nouveau. Le rangements avait avancé beaucoup plus vite que je ne le pensais et nous nous sommes alors attaqués à un des autres micro-chantier qui devaient être menés cet été. Les feutres et les stylos, les pastels et les ciseaux, la peinture à l’eau et les pinceaux. Le gros bureau nous avait laissé tout son contenu à trier et tout devait trouver une place dans des petits pots. La légion de crayons de couleurs écrasait par son nombre la poignée de feutres qui avait survécu aux heures passées sans bouchons, il y avait finalement plus de paire de petits ciseaux à bouts ronds que de paires de petites mains dans cette maison et  j’interdisais d’emblée le rachat de gommes pour la rentrée. Convaincus, les enfants me promettaient qu’ils respecteraient les lieux en rangeant la bazar un peu chaque soir. Je voulais bien y croire, comme chaque année au milieu de l’été je suis persuadée que cette fois nous allons y arriver.

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jeudi 10 juillet 2014

j'avais retrouvé mes sabots dorés

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Il n’était pas question d’annuler nos vacances, impossible même d’y penser, de se laisser effleurer par l’idée. De toute façon, on irait et puis on avait compté et recompté, au bout du compte on s’était dit que ça passerait. Le gros fauteuil du bas attendrait d’être changé, on l’avait rafistolé et il tiendrait bien encore une ou deux petites années. Les volets eux aussi sauraient bien attendre qu’on puisse les  repeindre, on n’est jamais à une année près quand on est un volet. En attendant, je pourrais assouvir mon goût pour les travaux en peignant le bureau de Blanche, un bureau de grande fille qui va en sixième l’année prochaine. Je me disais que finalement, l’été serait un peu étriqué mais il serait doux, j’en étais convaincue, malgré la pluie, malgré ce satané sèche-linge qui ne voulait plus démarrer. Le monsieur est venu dans l’après-midi, il a réparé la panne et le sèche-linge n’a pas redémarré. Juste avant de partir, il avait aussi regardé la four avant de nous annoncer qu’il ne pourrait pas être réparé. « il vous reste la résistance du haut » avait il alors rajouté. IL avait raison. On pourrait toujours se débrouiller avec un four qui ne marche qu’à moitié, on s’habituera pendant quelques mois aux gâteaux un peu mous en dessous. Je crois que c’est à ce moment là, en toute fin d’après-midi, que j’ai choisi de rire de tout ce qui se passerait encore aujourd’hui. Le fil électrique mangé par une souris, la connexion internet qui ne voulait plus marcher, cet arrêt de travail posté vendredi dernier et jamais arrivé à destination,  t ce linge qui s’accumulait. Et cette pluie. Il y a bien longtemps qu’un thé chaud ne m’avait pas fait tant de bien et notre petite fille était très contente de sa chambre de grande. Le dîner, quel dîner ? La moitié des enfants avaient oublié de s’habiller et ils osaient nous parler de dîner. Bon, en rangeant j’avais retrouvé mes sabots dorés, égarés depuis tellement de jours que je les croyais perdus. La journée n’était donc pas totalement pourrie . Alors qu’elle se terminait, je pouvais même lui trouver un certain charme.  La pluie qui venait à la fenêtre et l’averse de contretemps nous avaient bousculés, malmenés, mais ce soir, nous dinions tous les six et je me rappelais de me vie de maman célibataire, quand la vie me malmenait aussi, et je savourais le goût de la vie à deux, deux pour tout affronter et pour rire de tout.

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mercredi 9 juillet 2014

des pensées au rayon froid

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Il y a des jours où tout d’un coup, le réfrigérateur doit être nettoyé, des moments où la chose la plus importante au monde est cette pièce du rez-de-chaussée qui doit être toute entière briquée. Et malgré la radio qui te raconte ses nouvelles du monde, malgré les voix qui en sortent pour te dire qu’il y a d’autres vies, d’autre voies, d’autres choses plus dignes que ces étagères encrassées, pour toi, il n’y a que cela et rien ne te détournera de cette nécessité. Parce qu’à ce moment là, tu sais que l’intérieur de ton cerveau doit, à peu de choses près, ressembler à ces étagères encombrées de pots à moitiés vide qui doivent être jetés, de dates périmées et de pensées passées depuis longtemps derrière la ligne des dates limites de consommation. Parce que tu sais qu’à ce moment, là, tu as besoin de ces gestes précis et efficaces de celle qui nettoie, de celle qui veut que « ça se voit », que « ça avance. « , parce qu‘à ce moment là, tu ne sais pas très bien quoi mais tu es décidée à jeter. A faire du vide, du tri. Tu sais aussi que i ce n’est pas toi, personne ne le fera alors au lieu de crier à l’injustice, alors que tu devrais revendiquer ton droit à l’égalité des charges concernant l’entretien du frigo, au lieu de lever le poing, tu cherche l’éponge, tu la tords, jusqu’à l’étrangler, et tu t’y mets. Tu jettes les confitures moisies et les mauvaises pensées. Les pots sucrés au dessus et le salé dessous, tu ne penses qu’à ça, surtout pas d’histoire parallèle. Tu demandes à ton cerveau de laisser tomber un peu ses idées saugrenues. Un pot de moutarde est un pot de moutarde et quand tu en trouves deux parfaitement identiques, tu t’arranges pour n’en faire plus qu’un. Tu avances et tu te surprends même à te dire que tu ne déteste pas, que tu devrais le faire plus souvent. Ça fait de la place sur les rayons de ton frigo et dans ton cerveau. A la fin, tu t’aperçois q’a part ces quelques pots de confiture et de chutney, ce frigo ne comporte presque plus rien. Ton cerveau aussi s’est allégé. Se concentrer sur ces rayons lui a fait du bien. Il n’y a plus rien à manger mais ça ne fait rien. Et tout d’un coup l’idée te vient de sauter un repas, ou de leur proposer de grignoter. Des restes de confiture et du pain, pour le reste, on pourrait se contenter de mots et de belles pensées, pour une fois.

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mardi 8 juillet 2014

ce jour-là

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On s’est promis un restaurant, rien que tous les deux, quand on pourra, même si on doit attendre un moment. On a partagé un petit verre de vin blanc, pour se souvenir de cette journée qu’on a tant aimée. C’était il y a très longtemps, il y a huit ans. Depuis, j’ai appris à dire « mon mari » plus souvent, je ne sais pas ce qu’il dit quand il parle de moi. Je crois qu’il prononce juste mon prénom, même à ceux qui ne me connaissent pas . Depuis ce jour-là, notre vie a beaucoup changé, cette année je crois que pour la première fois j’ai pensé « c’était il y a longtemps. » Ce jour là, Blanche n’avait pas trois ans, toute petite fille noyée dans la joie, Joséphine était encore une petite fille de douze ans. Notre petit garçon n’était pas encore né et nous ne nous doutions pas que deux autres viendraient après. C’était bon, comme la vie ici souvent. Il y avait quelques absents, nous les avons retrouvés depuis. D’autres ont coupé les ponts. Je continue à trouver la vie ingrate et trop violente parfois. Ce jour là, je la trouvais monstrueusement généreuse et belle. C’était si doux. six ans avant ce jour-là, je ne savais même pas qu’il existait, je n’avais aucune idée de ce que serait notre vie partagée aujourd’hui. Je continue à penser qu’elle est quelquefois trop dure avec ceux qui comme nous, l’aimons vraiment beaucoup.Mais il y a des jours où la joie me rappelle celle qui m’envahissait ce jour-là, ce sentiment de force et de gratitude, et  ce bonheur que je voulais être capable de partager à l’infini.  Il y a huit ans, nous nous sommes mariés ; je me souviens de nos oui, de cette certitude que la vie serait à la hauteur de cette journée, pour tout le temps qui restait. Je ne pensais pas au temps qui restait. Ce jour là, il s’agissait d’éternité.  Pour toujours, c’était assez flou mais ça m’emplissait. Pour toujours, je crois qu’aujourd’hui, huit ans après, je commence à mieux savoir ce que cette expression veut dire. Et elle m’emplit toujours de cette joie tranquille même si elle laisse quand même échapper quelques rires, quand j’essaie de lui faire croire que nous sommes chaque jour en danger.

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