vendredi 10 octobre 2014

le rouge de la chaudière

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Le jeudi avait été long, joyeux et parisien, le vendredi fut ancré les deux pieds dans la terre d’ici. Mairie le matin et communauté de communes l’après-midi. Il a plu toute la journée et j’ai couru un peu, soufflé sur les braises qui entraînent le moteur du tourbillon. J’étais presque à l’heure pour la sortie de l’école et Georges n’a même pas remarqué que j’avais couru pour venir le chercher.  Nous sommes rentrés à la maison pour prendre le goûter mais le téléphone a sonné parce que la chaudière de la salle des fêtes ne marchait plus. Soirée dévorée par une chaudière rouge et ventrue qui avait décidé de ne plus fonctionner le jour ou la salle est louée. Il était dix heures du soir quand j’ai retrouvé la maison après mon dernier aller-retour à la mairie, et je me suis préparé une tisane sans même vérifier le parfum inscrit sur le sachet que je choisissais. La pluie m’avait trempée et n’importe quelle eau chaude m’aurait convenue. Les caprices de chaudière mis de côté, une partie de moi avait adoré cette journée pleine à craquer, avec cette sensation d’efficacité. A cette heure-ci, les enfants s’étaient endormis et comme tous les vendredi soir, j’étais seule avec eux ici. J’ai laissé les derniers souvenirs de la journée se mélanger, laissé s’exprimer le brouhaha des souvenirs immédiats avant de laisser le silence étouffer tout ce fracas. Il m’a fallu encore un peu de temps pour savourer l’idée du vendredi soir et laisser mes bras retomber de chaque côté de mon corps. Souffler et me sentir aussi lourde que je l’étais. Demain serait un autre jour et demain ne souffrirait d’aucune obligation, à part cette leçon de piano qui me réjouit autant qu’elle réjouit Blanche, une leçon à quatre mains avec une petite promenade au marché après. A cette heure-ci les enfants dormaient et je me suis levée pour leur faire un dernier baiser. Un baiser sur ces joues ensommeillées qui semblaient toutes si apaisées. Demain, j’aurais du temps pour eux, ce temps pour rien, si précieux, surtout quand je peux le partager avec eux.

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jeudi 9 octobre 2014

maison Bastille

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Ici, quand on part à Paris, il faut se lever bien avant le jour, faire la route très tôt vers une gare au milieu de nulle part  et monter dans le train pour arriver gare de Lyon une heure et vingt minutes plus tard. Aujourd’hui c’était une formation d’élue Au sous-sol d’un bâtiment sur les quais de la Seine et je partais avec une amie qui travaille avec moi. Nous nous sommes offert le trajet en bus, comme un délice et quelques pas sur les quais, le nez au vent et la tête au soleil. Et puis j’ai pris des notes, et puis j’ai appris, j’ai tenté d’écouter, d’étouffer mes souvenirs d’élèves dissipées, nous sommes reparties toutes les deux plaines d’entrain et d’idées, décidée à profiter des quelques heures qui nous restaient avant de prendre le train qui nous ramènerait chez nous. J’avais une idée précise de l’endroit où nous irions prendre un thé, parce que j’avais suivi le projet de Marie, parce que j’avais rêvé avec elle et tellement cru à ce rêve. On ne dit plus salon de thé, on ne dit pas bar, on ne dit pas restaurant non plus, alors je dirai bien endroit charmant tant j’aimé aimé me retrouver assise à une des tables de Maison bastille au milieu de la ville et à l’abri du bruit. Il ne m’arrive pas souvent ici de parler d’un endroit comme celui-ci, d’en dire du bien à ce point, et il m’est difficile ici, de vous décrire le gâteau au chocolat, mais j’ai suivi cette aventure avec une admiration folle pour cette femme-là, qui lâchait son activité professionnelle pour plonger dans son rêve et faire de ce rêve une réalité, les pieds sur terre et les mains aux fourneaux, le cerveau dans les comptes et le mot décidé, la détermination de Marie m’a toujours fait rêver et le thé que j’ai partagé dans ce délicieux endroit de la rue Amelot avec une sœur et des amies avait le goût fort et sucré du rêve abouti.  A l’intérieur tout est blanc et doux et je me suis sentie assez à l’abri, de l’autre côté de la grande vitrine, pour regarder les passants en livrant quelques unes de ces confidences qu’on ne laisse filer que lorsqu’on se sent dorlotée.

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mercredi 8 octobre 2014

histoires du jour, histoire du soir

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Ce matin, je l’avais quitté sans me retourner mais j’avais longtemps entendu ses sanglots. Cette semaine, je suis plusieurs fois rentrée beaucoup trop tard pour l’embrasser à l’heure du coucher. ce midi, il avait hurlé « maman ! » en se serrant contre moi au moment de mon arrivée. Alors cet après-midi, une fois Blanche partie à la danse avec son père, une fois Marcel embarqué chez un copain de classe et Aimé déposé à son premier cours d’expression corporelle, nous nous sommes retrouvés tous les deux, rien que tous les deux, pour prendre un petit peu du temps qui nous avait manqué ces derniers jours. D’abord, il m’a tenu la main pour traverser notre jardin, puis il a choisi un livre, puis il a choisi un autre livre. Il m’a dit « oh chouette, on va écouter de la musique » . Nous avons décidé tous les deux de faire un gâteau pour le dessert et il m’a dit « comme ça on s’entraîne pour le goûter d’anniversaire avec les amis. » Il est parti chercher le livre de recettes mais je lui ai dit que j’avais déjà cette recette dans ma tête. Il  voulait du chocolat et nous avons rajouté des pommes et des raisins secs, il a tout mélangé et même fait fondre le beurre, il n’a presque pas eu besoin de moi , à part peut-être pour lui apprendre à battre les blancs en neige sans les casser. Pendant qu’il mélangeait, nous discutions de la vie à l’école et de ce fameux anniversaire  « tu crois qu’on peut aussi inviter les maîtres ? » Georges me parlait des chansons qu’il avait apprises et je découpais le papier sulfurisé.  J'ai laissé de la pâte au fond du saladier et il m'a dit, d'ai air inquiet "maman, c'est pas grave si j'en ai plein mon gilet?" Il faudrait bientôt aller rechercher Aimé, Marcel et nous replonger dans la soirée. Avant de repartir, nous avons vérifié la cuisson du gâteau et mon petit garçon a de nouveau glissé sa main dans la mienne avant de mettre ses pas dans les miens. Nous avons encore discuté sur le petit bout de route qui sépare la maison du cours de danse et quand j’ai pris un monsieur en stop pour le rapprocher du village où il se rendait, Georges lui a dit « ma maman s’appelle Marion vous savez. » Puis il a retrouvé ses frères, sa sœur, et sa place à table pour le dîner. Puis il est monté se coucher et il m’a demandé « maman, une toute petite histoire s’il te plaît. » et alors j’ai craqué.

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mardi 7 octobre 2014

on y sera demain matin

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Allez, on s’en va, on va voir la mer. On n’est pas d’ici, on peut s’en aller, on verra là-bas, on prend juste de quoi tenir quelques jours, un pull chacun, les doudous préférés, des livres et des oreillers. Si on part tout de suite, on y sera demain matin. Je téléphonerai de la route, j’expliquerai à l’école, peut-être même qu’on pourra encore se baigner, nager jusqu’aux bateaux et retour, se lécher la peau pour y retrouver le goût du sel et sentir nos petites blessures se réveiller. Puis dormir, dormir comme on dort seulement au bord de la mer.  On le trouvera cet endroit ou on pourra regarder les vagues venir se fracasser sur les rochers. . Et si c’est la pluie qu’on trouve au bout du quai, se sera beau, se sera encore plus fou, on se tiendra dos au vent pour avancer plus loin. Quand est-ce qu’on rentre ? je n’en ai aucune idée, quand on en aura envie, quand on sera lassé, quand on nous aura rattrapés. On va écouter de la musique pendant tout le trajet, on se racontera des histoires aussi, des histoires qui font peur, des histoires qui font pleurer. je vous dirai un secret. Nous on ira bien, on aura envie de rigoler. On traversera des kilomètres de forêts, on roulera la nuit comme vous aimer, on regardera les petites lumières dans les petites maisons allumées. L’océan demain matin, je connais la route, je peux conduire jusqu’au bout, je ne suis pas fatiguée, je dormirai quand on sera arrivé. La voiture est toute petite ? oui mais là-bas, on pourra crier comme on voudra , la-bas, ce sera bien assez grand pour nous. J’annulerai les réunions, je crois que j’y sois ou pas, ça ne changera rien vous savez. Et peut-être même que personne ne s’apercevra que je n’y suis pas.  Au travail je ne dirai rien, ou je les appellerai une fois là-bas. Personne ne pourra plus rien une fois qu’on y sera. Amis pas nous, on n’aura pas intérêt  regretter.  Est-ce que c’est interdit ? je ne crois pas. On fait comme on en a envie, ça vous dit ? Allez, enfilez vos pyjamas, prenez un ou deux litres de lait et on y va. Je ferme la porte derrière nous.

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lundi 6 octobre 2014

du petit lait

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C’est le premier jour de la semaine et j’ai déjà besoin des souvenirs de la veille. Une petite fille et son âne, un dîner, le poêle allumé, les gâteaux et la blanquette de veau. J’ai besoin de la caresse de ce souvenir très récent pour me tenir chaud. Pourtant je ne m’ennuie pas, pourtant j’ai des tonnes de choses à faire. Mais j’aimais bien cette parenthèse d’automne, J’étais même ravie  que la pluie ne veuille pas s’arrêter, qu’elle nous garde chez nous. Repos forcé avec le bruit de ses gouttes qui venaien t s’écraser sur les carreaux.  « J’ai tellement aimé ce dimanche », lui ai-je dis au moment ce dîner. Pourtant, il ne s’était rien passé de particulier et j’ai même dû crié plusieurs fois, lassée de devoir demander aux enfants de ranger. Joséphine est restée avec nous pour dîner et je ne l’ai ramenée à son train que ce matin en partant travailler. Il y a longtemps, très longtemps, je me serais moi-même étonnée  d’être si convenue, attendue. J’ai aimé le dimanche et le samedi qui l’a précédé parce qu’il ne s’y est rien passé de particulier, parce que j’ai pris goût à la vie ordinaire, à la répétition des jours, au ronron rassurant des semaines, parce qu’il me suffit de savoir tous nos enfants réunis un soir chez nous pour trouver la vie réjouissante et pleine. Je ne me défais plus de mes accès de mélancolie, ils sont tellement fertiles. Il ne faudra rien oublier même si tout n’est pas écrit. La vie que nous avons composée autour de nos envies, les mauvais coups et les mauvaises plaisanteries. Samedi j’ai retrouvé les cours de piano et j’ai feuilleté la première édition de The Family of Man daté de 1952, le noir et blanc des photos et leur aspect presque métallique, les noirs très noirs et les blancs cassés. je vais m'y replonger un peu chaque soir. On me l’a prêtée pour quelques jours. J’ai envie de lire. Je Pourrais ne faire que cela de ma petite  vie. Lire, écrire, écouter. Regarder. Regarder tomber la pluie, regarder tomber la nuit. Regarder le jour se lever.  Mais il y a la vie en vrai, celle qui m’oblige à repartir le lundi. Alors je repars, tant pis pour les rêves éveillés, tant pis pour la pluie et la boue, tant pis pour les bouquets de pensées et les petites billes d’argent sur le glaçage au chocolat des quatre ans. Un jour, on  m’a dit agacé « chez toi c’est tous les jours dimanche » mais chez nous il y a des lundi. Chez moi aussi, mais ils ont ce goût si particulier de lendemain de jours heureux, de ces jours qui suivent la fête. Repus, un peu fatigués, encore gorgés de ce lait qui fait la vie belle.

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dimanche 5 octobre 2014

un jour d'anniversaire

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Le petit garçon avait attendu et attendu encore, attendu longtemps avant qu’on veuille bien lui fêter son anniversaire. Du lundi, le vrai jour, au dimanche d’après. La pluie qui n’avait pas cessé de tomber de la matinée avait ruiné nos espoirs de déjeuner dehors et puis, finalement, tout le monde avait semblé se réjouir d’une matinée passée dans une maison toute entière envahie de parfum de blanquette et de cake d’automne. Après que j’ai eu mis la viande à mijoter, Georges m’a demandé s’il pouvait choisir son gâteau « c’est mon jour après tout » et m’aider à le faire. Il s'était habillé tout seul pour l'occasion, " tu vois comme je suis beau maman!". Il voulait « un cake sucré »  et acceptait l’idée d’y glisser quelques écorces d’oranges confites en plus des raisons secs auxquels il tenait. C’était aussi d’accord pour la vergeoise brune et une pincée de cannelle. » Il mélangeait tous les ingrédients tout seul et me demander juste d’enfourner. Joséphine dressait la table en suivant les indications du petit garçon, une nappe rose, un bouquet et des assiettes de fête, et la blanquette était presque prête. Dehors, il pleuvait encore et c’était le moment de faire fondre le chocolat pour glacer le dessert. Quelques boules argentées, des fleurs parsemées et les quatre bougies magiques qui se rallumeraient pour faire durer le plaisir. Les invités de Georges frappaient à la porte, un panier chargé de cadeaux dans les bras. Georges accueillait sa nounou en lui sautant dans les bras et s’installait au milieu du canapé pour ouvrir ses cadeaux. Un paquet, puis un autre, un autre encore, une couverture à paillettes, comme il l’avait demandée, un sabre laser, des petits pirates et des dessins pour lui, des animaux de la forêt et des jeux d’ombres pour raconter des histoires et un petit chien en peluche tout de suite désigné comme « doudou préféré ». «  C’est vraiment un beau jour » nous disait il en allant s’asseoir à table pour souffler ses bougies. Personne n’était autorisé à l’aider à souffler. Une fois, deux fois, trois fois, les petits feux des quatre ans se rallumaient et puis la petite voix annonçait « ça y est, je crois que cette fois c’est fait. »

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samedi 4 octobre 2014

une nuit au château

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Nous avions visité ce château pour les journées du patrimoine et décidé d’y revenir puisqu’il nous promettait une visite de nuit, toutes bougies allumées. Et puis Joséphine ne nous avait pas accompagnés la première fois et ce soir, elle faisait partie du convoi. Une route à la nuit tombante, la promesse d’un château illuminée, d’une soirée qui ressemble à une fête et d’un dîner forcément tardif. Il avait fallu se couvrir, s’habiller pour affronter la nuit. « on ne sait jamais ». Sur le chemin, nous avions passé en revue tous les châteaux visités et puis nous étions arrivés au moment où le jour s’enfuit, la grande allée bordée de torches nous invitait à nous diriger vers le portail d’entrée. Il y avait des bougies dehors et des bougies dedans, des messieurs habillés en laquets, un tout petit théâtre à l’italienne qui accueillait un tout petit et délicieux concert, une chapelle et les grandes serres elles-aussi éclairées aux bougies, des enfants aux yeux écarquillés et des adultes aux yeux d’enfants »oh là là, comme c’est beau regardez là aussi c’est allumé ! », du vin chaud servi sur la terrasse du château et un cerf empaillé éclairé à la torche électrique. Il y avait notre envie de monter le grand escalier pour visiter le reste du château, là où vivent vraiment ses occupants, la musique qui accompagnait notre visite et nos rêves de dîners dans l’une des grandes salles à manger. Gibier ou navarin d’agneau, en laissant mes oreilles traîner, j’apprenaient qu’un cuisinier était là à demeure et qu’il avait carte blanche pour tous les repas qu’il préparait au château. Nos rêves de grandes fêtes nous reprenaient, le privilège pour tous et du navarin d’agneau dans toutes les écuelles. Les petites bougies continuaient à se consumer dans la nuit noire et le grand parc devenait inquiétant et mystérieux. Encore un regard vers le château puis nous rentrions tous entassés dans la petite voiture. Il restait des kilomètres de forêt à traverser et pour attendre le dîner, il nous restait à nous raconter des histoires d’ours et de loups « mais t’en fais pas, on n’en a jamais vu ici. »

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vendredi 3 octobre 2014

la vie facile

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C’est une veille de vrai week-end, une amie qui arrive dîner par surprise et, pour les enfants, une grande sœur qui revient enfin à la maison. C’est encore quelques heures d’été, du jardin et du potager et la vie qui paraît de nouveau si douce ici. Crumble géant aux poires cueillies dans le pré et poulet mariné aux épices, encore meilleur que la dernière fois. Ce sont des devoirs faits le vendredi soir pour être tranquilles après et des enfants qui disparaissent à la rivière. C’est une ânesse qui arrive pour nous demander une caresse et un peu plus tard une bougie allumée. C’est cette sensation d’avoir tout le temps et les enfants qui profitent du dîner des adultes pour se faire oublier au premier. Souvenir de petite fille quand mes parents recevaient. Ce soir, c’est nous qui avons fait semblant de ne pas entendre qu’ils n’étaient pas encore couchés. Il fait nuit de plus en plus tôt mais je crois que nous sommes prêts pour l’automne, j’ai refermé la porte quand il s’est mis à faire plus frais. C’est la légèreté du vendredi soir, derniers soupirs de fin de semaine, le lundi est encore loin. Demain, nous retrouverons nos leçons de piano et nous ferons un tour au marché. Demain, nous aurons de quoi occuper notre samedi, il paraît que ce sera le dernier jour de beau temps. Alors ce soir, pour être sûrs, on est allés faire un bouquet, on est allés voir les dernières tomates au potager. Ce soir, j’ai pris un thé sur le muret en regardant le jour baisser puis j’ai allumé toutes les lumières de la maison. Ce soir, j’ai cherché une tenue confortable et jolie, j’ai rangé mes talons, j’ai mis de la musique et chanté un peu. Je ms suis dit que mes semaines se termineraient toujours par des vendredi, quoi qu’il advienne de notre vie. Notre invitée est arrivée,  Joséphine aussi, comme j’ai aimé retrouver ma grande fille, le vin était bon et le dessert copieux. La vie me paraît si facile le vendredi, comme si toute la vie devant nous n’était qu’une suite de dimanches et de samedis. C’est aussi simple et c’est si bon. Froid dehors et chaud dedans. Avant de monter me coucher, j’ai fait du pain pour demain matin.

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jeudi 2 octobre 2014

laisser décanter l'automne

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Ça y est, c’est octobre, ce mois qui me met dans tous mes états, ça y et, c’est l’automne qui me fait frissonner. C’est octobre qui me fait vaciller. Et pourtant, ça ressemble encore tellement à l’été, le chèvrefeuille et le romarin du jardin. les enfants me parlent déjà de nOël même si tous les anniversaires ne sont pas encore passés ; Octobre est là et je voudrais encore retenir un peu de l’été, un peu de mes quarante-trois ans. Je ne suis pas si vieille après tout. Je voudrais une très jolie robe et des chaussures neuve à mes pieds. ca y est, ce soir, nous avons mangé notre première soupe de chataîgne et c’était délicieux, nos bols seront bientôt remplis de potirons et nous rallumerons le poële comme samedi dernier. Je me répète que les jours plus courts, ce sera bien, aussi, un autre vie, et qu’avec un peu de chance  l’énergie que j’ai puisée cet été m’aidera à traverser les mois qui viennent. Il y a des histoires à écrire, les commandes sont passées et mon clavier me taquine. Oui, je vais y arriver. IL y a des projets flous, fous, et la peur du vide. Et puis cette envie de tout oublier un moment, laisser la vie décanter quelques jours,rejoindre Paris  et tournoyer, voler de rencontres en rencontres pour avoir envie de rentrer. Retrouver ce que j’aime ici, ce que n’ai pas envie de quitter, ce qui m’attache à la vie, ce qui me fait rire aux éclats, ce qui m’empêche d’avoir trop peur, même en ce moment, ce qui me fais crier « mais tu sais, il y a la vie et pour moi, la vie sera toujours plus forte que tout. » J’ai peur de l’automne, j’ai peur de ce mois que j’aime, j’ai peur de devenir vieille, j’ai peur de me laisser décvorer par la nostalgie. J’ai pris rendez-vous chez la diététicienne. J’ai peur de moins aimer Noêl, j’ai peur qu’il ne comprenne pas que je l’aime. J’ai peur de ne pas réussir à écrire cette histoire. Je voudrais pouvoir dire « je ne vais pas y arriver » comme je l’ai crié à chaque fois que mes enfants sont nés et sentir tout près une force qui me souffle que si, une main qui se pose sur mon épaule pour me dire que je ne me trompe pas, que le chemin est là.

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mercredi 1 octobre 2014

du dimanche dans les mercredis

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Je ne rêve plus de mercredi paisibles et j’apprends juste à cueillir les moments qui peuvent être savourés. A partir de la semaine prochaine, il faudra, une semaine sur deux,  faire rentrer un cours de danse contemporaine dans le programme déjà plein à craquer de nos après-midi. Mais Aimé a envie d’essayer alors nous glisserons un voyage supplémentaire dans un des villages voisins entre le théâtre et la danse classique de Blanche mais je n’abandonne pas l’idée de prendre vol quelques uns des moments que je chéris, une promenade sur un chemin de campagne ou un gâteau pour le dîner. Nous devrions y arriver. Aujourd’hui, Blanche m’a accompagnée dans notre chambre pour une petite sieste de début d’après-midi, une de ces siestes très courtes qui permettent de retrouver l’énergie sans se sentir ramollie après. C’était si doux de la sentir s’assoupir aussi, d’entendre le battement de nos cœurs se rassembler. « maman, il est deux heures et demie passer » Georges a veillé à ce que nous ne dormions pas trop longtemps. Au rez-de-chaussée, toute la maison sent le coing et les lumières d’automne commencent à s’installer. Les enfants ont de la chance d’avoir un papa du mercredi, un papa le mercredi qui fait les allers retours, comme les autres jours et qui me laisse profiter de cette maison que je ne vois pas assez. Quand il est revenu du cours de théâtre avec les garçons, j’arrachais avec Blanche les ronces qui menacent d’étouffer le pied de vigne. Quand il est parti avec Blanche à la danse, j’ai proposé à Aimé de mettre quelques gouttes de bergamote dans notre gâteau d’aujourd’hui, très vite rejoints par Georges puis Marcel. Et puis nous avons écouté Bach et alors Marcel s’est mis à danser. Nous avons entendu les chasseurs dans le pré et je me suis rappelé que nous avions entamé le premier jour de l’automne. IL fait si beau que c’est presque étrange de le savoir déjà là, et pourtant les premières feuilles commencent à tomber. Le mercredi, c’est aussi le jour des fleurs, celui des baies, celui qui m’offre le temps de faire un bouquet, des roses et des herbes parfumées qui tiendront jusqu’au week-end, et peut-être au delà.

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