mercredi 22 octobre 2014

sur les planches

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Petite part de vacances. Nous sommes montées, entre fille, retrouver nos ateliers du mercredi après-midi dans la salle de l’ancienne école. Le marché de Noël se rapproche et nous commençons à l’imaginer. Je me suis amusée, comme Joséphine et Blanche, à peindre sur des planches, et à oublier,, concentrée sur les détails de ce que j’avais dessinés,  toute la vie du dehors et les questions qu’elles nous fait nous poser. Se concentrer sur les contours et comme les enfants, faire surtout attention à ne pas dépasser, ne pas laisser sa main trembler. Ne penser qu’à l’oiseau, « et si je dessinais du houx ? », tenter les flocons de neige malgré la peur de tout gâcher.  Les heures ont passé et nous aurions voulu continuer. Les petits garçons venaient nous chercher et je leur promettais un autre atelier pendant ma semaine de vacances. Finalement, c’était bon aussi de rentrer chez nous alors que le poêle avait réchauffé la maison, de préparer l’apéro pour les amis qui devaient arriver, de préparer un semblant de dîner parce qu ‘en vacances, les apéros se transforment toujours en dîner, et de voir Aimé rentrer avec son père de sa visite chez le médecin, le sourire accroché aux joues, trop content d’avoir eu lui aussi le droit à son moment privilégié. Un moment offert comme bénéfice secondaire d’un asthme avec lequel il a appris à vivre. Du fromage de chèvre, du pain, du vin et de la musique en attendant. Premier apéro de la saison d’hiver, dans la maison. C’était bon d’avoir le temps. J’avais oublié d’allumer quelques lumières, j’avais oublié le parfum de la bougie que j’avais choisie, celui du poêle quand il chauffe la maison depuis le début de la journée. Chaleur certaine, rassurant dedans.  j’aime toujours autant ce moment qui précède l’arrivée des invités, quand tout est prêt, presque prêt, quand il me reste même un petit moment pour lire parce que dans ces moments là, il est hors de question de vider une machine à laver ou de lire un dossier. Rien d’autre qu’attendre et trouver déjà le moment délicieux.

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mardi 21 octobre 2014

le pull et la robe

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Je suis sortie de la réunion et je me suis aperçue qu’il faisait froid. Un froid sec qui me m’empêcherait pas de m’offrir les deux heures en ville que je m’étais promises, comme un cadeau un peu volé, deux heures délicieuses qui me rappelaient d’autres moments de ma vie. J’ai repris le tramway pour m’arrêter en centre ville et me promener là où mes envies me porteraient. Première envie, comme une priorité,  entrer dans cette petite boutique aux couleurs de  bonbonnières pour me racheter le parfum que je venais de terminer ce matin. Aucune petite voix à mon oreille pour me parler de raison, et cette jeune femme dont les jolies rondeurs réconciliraient tous les ronchons avec la vie qui m’offrait en plus deux petits échantillons de ce parfum « à glisser dans votre sac à mains. » Mon petit sac à noeud gris entre les mains, je marchais encore un peu et chaque pas finissait de me convaincre de a nécessité de m’offrir un  cadeau pour mon anniversaire. Ma grande fille m’avait parlé de ce petit magasin en me disant « il faut absolument que tu le vois, tu vas odorer ! ».  Je pensais à elle en poussant la porte d’entrée et m’amusait à la déranger en plein cours de phonologie pour lui demander son avis « petite robe ou pull gris ? », après ma fille j’appelais me mère et après avoir fait le numéro de me petite sœur je raccrochais. De toute façon, elle m’aurait dit « prends les deux pour ce prix ! ». J’essayais aussi d’imaginer les conseils des quelques bienveillantes qui font partie de ma vie, c’était si doux, cette solitude accompagnée, le pas léger sur les trottoirs d’une ville ensoleillée. E puis je l’appelais lui, « si tu veux je t’offre la petite robe pour ton anniversaire ». J’étais sûre qu’elle lui plairait. Il était l’heure, encore quelques vitrine, cette autre si jolie petite robe noire qui me narguait et que je décidais de ne même pas essayer puis il fallait rentrer. Je retrouvais Joséphine à la gare et dans le train, assise à côté d’elle, je lui racontais ce petit bout d’après-midi que la vie m’avait permis buissonnier.

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lundi 20 octobre 2014

la maison m'attendait

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Je suis rentrée tard à la maison, déjà la nuit commençait à s'installer.  J’avais à peine poussé la porte que quatre enfants courraient vers moi en criant « maman ! ». Le dîner en préparation avait parfumé tout le rez-de-chaussée et Blanche m’a dit « toute une journée, c’est long sans toi. » Je ne lui ai pas dit la petite caresse que m’avait fait cette petits phrase là, cette certitude de leur avoir manqué. J’avais beaucoup travaillé et l’idée des vacances ne m’avait pas effleurée une seule fois de la journée. Mais maintenant, dans cette maison éloignée de tout, tout près d’eux, il me tardait de les rejoindre dans cette vie  sans contrainte. « Ça va tu crois comme on s’est habillé ? » Je devinais que les pyjamas avaient du être enlevés il n’y a pas si longtemps et je m’amusais de les savoir si préoccupés par la manière dont je prendrais leurs initiatives vestimentaires. Je ne pouvais pas leur dire qu’elles ne m’importaient que peu, je leur assurais qu’ils étaient très beaux et je leur assurais qu’eux aussi m’avaient manqué, ce qui était vrai.  Pour la première fois, sur le chemin, j’avais senti le parfum des premiers jours froids, cette odeur si particulière de l’automne quand il est bien engagé, celle qui donne envie de rentrer, ou de profiter encore un peu, juste un moment avant de rejoindre l’intérieur. Ressentir le froid pour avoir envie de se réchauffer. Marcel et Blanche me racontaient les jeux qui les avaient occupé une partie de la journée, Aimé en profitait pour s’eclipser au premier et Je retrouvais Georges comme un tout petit qu’il est encore de temps en temps, quand l’envie lui prend d’être blotti dans mes bras. C’était un lundi soir sans réunion pour moi, sans école ni collège le lendemain, quelques heures préservées du fracas du monde, une soirée qui pouvait s’étirer, quelques heures encore à l’heure d’été, quand cette heure s’offre encore à nous pour ses derniers jours, quand elle nous semble à la fois encore si précieuse et déjà dépassée.  Il avait fait si doux pendant la journée. 

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dimanche 19 octobre 2014

un jour heureux

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Ils étaient venus me voir un semaine il n’y a pas si longtemps. Ils voulaient se marier vite et je ne leur ai pas dit tout de suite que j’avais rêvé qu’ils soient mes premiers mariés. Ce matin, je suis montée avec Blanche pour préparer le table, les papiers, les bouquets, les chaises et la Marianne qu’il fallait installer sous le préau elle aussi. Puis nous sommes redescendues nous préparer. Hier, j’avais révisé et ce matin encore, relu le texte une dernière fois. Ils sont arrivés à pieds avec leur famille et leurs amis. Sur les papiers officiels, il n’était marqué nulle part que cette jeune fille était allée jusqu’en Tasmanie pour rencontrer son amoureux français et qu’il était venu lui aussi s’installer ici pour devenir maraîcher avec elle. Aucun papier officiel ne racontait l’histoire de ces voisins dont on voit la grande maison  s’allumer quand il commence à faire nuit. Une grande maison qu’on aperçoit au bout de notre champ et qui semblait pour toujours endormie.  Marcel a beaucoup ri quand je me suis emberlificotée dans mon écharpe tricolore. Les enfants m’avaient promis d’être sage, leur papa faisait les photos de la cérémonie. Blanche m’avait emprunté mon appareil photo et comptait bien elle aussi garder de jolis souvenirs de mes doigts tremblants et des oui des mariés, des témoins, l’une anthropologue et l’autre muséologue, dont les métiers fascinaient les enfants et de la bienveillance qui flottait  sous le petit préau. Ce préau de l’ancienne école,  tout juste assez grand pour abriter tous les invités, et puis la cour de l’école dont le sol se couvrait de grains de riz. le soleil était déjà haut mais il nous faisait la grâce d’être doux, un soleil d’octobre qui  nous a suivi toute la journée, de la cour de notre mairie-école à la grande maison où nous étions invités à grignoter avec d’autres gens qui avaient d’autres belles histoires à nous raconter.  Aujourd’hui, je fut l’une des artisanes d’un jour heureux pour un couple de très jeunes amis que je veux voir vivre très longtemps heureux.

pssit: et merci à Blanche pour ces photos!

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un anniversaire de quatre ans

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Quatre invités pour les quatre ans. En fait, cinq invités, des frères, des sœurs « et un gâteau à deux étages s’il te plaît. » Georges attendait cette journée depuis des jours, des semaines, des mois. Ce qu’il ne savait pas, c’est que juste avant le lancement des festivités, son oncle d’Amérique allait lui aussi arriver avec un paquet de surprise et parmi elles, une tenue complète de squelette d’Halloween. Le gâteau attendait son heure et je suis partie chercher les premières petites filles pendant que Georges finissait de préparer. Les petits sacs lui plaisaient, le chocolat aussi et il s’était assuré que nous avions des jeux pour occuper l’après-midi. La salle de jeux, le jardin, le pré, finalement tout était si tentant, Georges n’était plus sûre des chaises musicales, plus certain de vouloir jouer aux statues. Le moment des cadeaux arriverait lui aussi, mais il fallait attendre un peu. Et puisque les béquilles de Joséphine l’empêchait de jouer les maîtresses de cérémonie c’est Blanche qui se lançait dans l’animation de l’après-midi. Elle consolait une toute petite fille tombée de la balançoire, retrouvait une chaussure perdue, rappelait la troupe pour le jeu de la pomme dans l’eau. Elle les laissaient partir jusqu’au ruisseau et nous les regardions d’en haut. « C’est mon jour » criait Georges qui attendait son gâteau. D’abord, il y avait les cadeaux et cinq petites têtes penchées au dessus du héros de la journée, le souffle suspendu à son éventuel sourire une fois le paquet déchiré. Il y avait un mot doux et des cadeaux comme il en rêvait, exactement ceux que les parents ne veulent jamais acheter. C’était un anniversaire de quatre ans parfait et le gâteau se mélangeait aux bonbons. Georges avait soufflé ses bougies deux fois et proposait à ses invités de remonter voir La prophétie des grenouilles après un dernier passage par le passage secret au milieu du pré.  Plus tard, il m’a confié qu’il avait compris « quand tu mets un film et que les parents arrivent alors qu’il n’est pas terminé, il ne peuvent pas forcer leurs enfants à s’en aller et on peut rester ensemble encore un peu. »  Alice est partie alors que la nuit tombait et Georges m’a dit alors que la nuit tombait « c’était vraiment une trop bonne journée. »

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vendredi 17 octobre 2014

fin de partie

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Enfin. Ici, comme à chaque fin d’octobre, les enfants comptaient les jours et les nuits. Les vacances sont arriivées et nous les attendions tellement que nous n’avons rien préparé. Pas de programme, pas vraiment d’envie, ou juste celle de se lever tard et de plus faire de devoirs. Pour moi, il faudra attendre une dizaine de jours. Pour eux, c’est ce soir . et ce soir, il fait beau et c’est presque l’été. L’été aux lumières d’octobre. Dernière semaines avant cette heure d’hiver qui va nous obliger à nous faire à une autre vie. Alors il faut sortir, partir marcher en forêt, courir dans les prés pour parler aux chevaux. Ou ne rien faire, se laisser porter par les journées, s’ennuyer un peu, jouer du piano et faire des gâteaux. Des gâteaux aux amandes et aux noix, la porte ouverte sur l’été qui s’attarde et qui nous caresse encore. Dormir en plein milieu de la journée et faire des bouquets avec ce qui reste dans les haies. Les framboises s’attardent aussi. Attendez-moi pour les marrons, j’aime trop ça. Non, on ne part pas. Non, on ne peut pas. Oui, on préfère rester ici cette fois-ci. La mer nous attendra  Gâteau breton et chocolat, « maman, est-ce que je pourrais faire un cake sucré ? » Il faudra racheter du thé, un thé qui parfume toute la maison quand on le laisse infuser. Ce soir, je me suis emplie de cette envie de vacances, de ce parfum de la campagne quand elle est gorgée de rosée du soir, juste avant que le jour lache prise. Joséphine est arrivée et sa petite sœur lui a dit « ça fait une semaine que je t’attends tu sais. » Joséphine a une chville en bouille et des baquilles pendant un mois et demi. Cette semaine, on m’a confirmé la fin de mon contrat dans un an et un mois. mauvaise passe ici. Mais ce soir, c’est l’idée des vacances qui nous emportait. Il paraît que demain et après-demain, il fera beau comme en été. Il paraît qu’il fera doux aussi ; Il faut en profiter jusqu’à la dernière seconde, jusqu’à ce que la lumière cède sous le poids de la nuit. Ce soir, c’est les vacances et c’est la fête ici.

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jeudi 16 octobre 2014

le cadeau d'une journée

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A peine arrivée au travail, le collège m’a appelée. Une petite fille malade, enfin assez malade pour que je doive aller la chercher. Plus d’une heure de route, autant de temps de silnec et de paix. Il pleuvait un peu mais je ne connaissais pas la plupart des petites routes que j’empruntais. Pour ça déjà, je ne sais pas si ça se fait, mais j’avais envie de la remercier. Et puis nous sommes rentrées toutes les deux à la maison, j’ai mis de la musique, fait chauffer de l’eau pour une tisane qui lui ferait du bien  et puis je me suis mise à l’écriture. Une histoire commandée  et pour laquelle je n’arrivais à trouver de temps. trois heure douces avec ma grande fille à côté de moi à laisser cette histoire sous mes doigts. Qu’elle soit bien écrite ou pas, que l’histoire vaille le coup d’être éditée. Cet après-midi peu m’importait. J’ai remercié ma petite fille pour ce moment là. Et puis son père est arrivé et nous sommes allés chercher ses frères, la pluie s’était arrpetée et ils sautaient de joie à l’idée d’aller passer la soirée chez leur nounou. Nous, nous emmenions Blanche avec nous. Première réunion parents-professeurs. J’ai retrouvé le collége que nous avions laissé quelques années plu tôt, on nous a demandé des nouvelles de Joséphine, et puis je les écouter parler de Blanche, et j’ai vu les joues de notre petite fille s’empourprer. Comme c’est bon d’être fiers, délicieux de partager ce sentiment à trois. Quelques semaines après les angoisses d’une nouvelle vie qu’elle ne connaissait pas encore, elle était maintennat comme un poisson dans l’eau. En sport, en mathématiques et en art-plastique, son père l’a appelé « ma princesse «  et je lui ai pris la main plusieurs fois. Je me suis rappelée de sa première rentrée à la maternelle puis tout d’un coup, je me suis vue avec elle attendre avec elle les résultats du baccalauréat.  Et puis non, ce qui me faisais envie, c’est de profiter de cet instant tous les trois, cette fierté que nous avios pour elle et qui peut-être lui donnerait des ailes. Pour ça, je l’ai remercié et remercié encore. Pour cette journée entière et toutes les douceurs qu’elle m’avait apportée.

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mercredi 15 octobre 2014

le champ des garçons

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Pendant que leu grande sœur part danser, les trois petits garçons ont maintenant pris l’habitude des après-midi passées avec leur copain du mercredi. Quand je les ramène du théâtre, ils courent dans le champ sans rien me demander, même pas l’heure du goûter. Quelquefois, ils s’en vont vélos et trottinettes sous le bras, quelquefois, l’idée d’escalader le grand arbre tout au bout du champ leur fait oublier les courses en deux roues. Ils disparaissent en tout cas, ne revenant que bien plus tard, les chaussures et les pantalons trempés. Mais ils ne réapparaissent que rarement tous ensemble, échappant ainsi à mes tentatives de les ramener vers le goûter. Si deux d’entre eux reste en bas, ils sont sauvés. Il faudra de toute façon quelqu’un pour redescendre chercher ceux qui ont préféré rester au ruisseau ou avec les chevaux. Ils ont faim, ou soif, ou ils sont fatigués. Il se peut aussi que l’un d’entre eux vienne me crier l’injustice don il est la victime. Forcément, le jeu qu’il avait choisi était beaucoup mieux, mais les autres n’ont pas voulu, les autres n’ont rien compris. « mais pourquoi c’est à l’invité de dire ce dont il a envie ? » Cet après-midi, je les ai suivi pour découvrir les « milliers de champignons » qu’ils voulaient me montrer, quelques rosées des prés que les chevaux e l’ânesse n’avaient pas foulés. Et puis j’ai tenté d’apaiser une guerre d’influence entre deux frères devenus ennemis et je me suis bien amusée, les pieds plantés dans la boue. Pour le goûter, nous avons trouvé quelques gâteaux dans le placard à goûter. Tant pis, ce ne serait pas une après-midi pâtisserie. On ne peut pas tout faire après tout. Quand Blanche est rentrée, il faisait presque nuit et le copain du mercredi était parti. Elle a repris sa place dans la fratrie, plutôt chef de bande que moussaillon.  Je ne sais pas ou sont passés les jeans plein de boue, je n’ai pas vu les chaussures non plus mais les enfants se sont en pyjamas tous seuls et nous avons préparé deux gigantesques crumble.

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mardi 14 octobre 2014

du piano à quatre mains

 

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Hier soir, je suis rentrée très tard, dans un brouillard épais, j’ai cherché le bord de la route, j’ai roulé sans beaucoup de repères. Hier soir, je suis rentrée d’une réunion au-delà de minuit. Les enfants étaient endormis, je ne sais pas s’ils ont senti mes baisers. J’ai encore veillé, impossible de  laisser le sommeil m’emporter. Ce soir, j’ai fini de travailler tard, un peu trop tard, mais c’était encore  bien avant la fin du jour. J’ai repensé à  ce matin, à notre chemin vers l’école, mes trois petits garçons à l’arrière « plus fort la musique maman ! » et leur au revoir un peu plus émus que les autres jours dans la cour,  à nos « amuses-toi »  croisés, comme un joyeux chant de guerre. j’ai repensé  la table du petit-déjeuner pas débarrassée, aux cernes qui commencent à se creuser. J’ai traversé les mêmes villages que les autres jours, j’ai savouré la lumière d’octobre, celle qui mélange le rose au doré, j’ai ouvert la fenêtre pour sentir l’herbe trempée, j’ai aimé avoir froid. Un peu froid. J’ai retrouvé mes repères, cette grosse ferme bourguignonne suis m’a toujours fait rêver et ce grand carrefour qui me dit que je suis presque arrivée, le petit village juste avant le mien, la ligne droite, le chêne au milieu du champ qui ressemble à un dessin d’enfant.  Et puis je suis arrivée chez moi. J’ai entendu « maman ! » et j’ai laissé des petites mains pleines de chocolat m’entourer. Mon pantalon avait fini sa journée. J’ai eu envie d’un thé.   Ce soir, j’ai lu quelques histoires après avoir écouté les récits de la journée, j’ai fait quelques baisers et chanté cette histoire du petit oiseau qui tombe de l’oranger « maman, t’as oublié veux tu te soigner ! ».   Ce soir j’ai fait du piano à quatre mains et pour Noël, on s’est promis toutes les deux d’y arriver. Ce soir, je vais vite éteindre la lumière pour retrouver toutes les histoires que le ciel veut bien me raconter à travers la vitre au dessus de ma tête et je me laisserai guider par elles jusqu’aux portes du sommeil.

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lundi 13 octobre 2014

d'abord, il y a l'idée

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Pour la première fois de ma vie, je n’arrive pas me faire à l’idée. Dans quelques jours, j’aurai quarante-quatre ans. Quarante-quatre, on dirait un âge sans aspérité, et pourtant, c’est le vertige que je vois. Pour la première fois, je ne sais pas si j’ai  envie de passer de l’autre côté. Est-ce que je serai de ceux qui passe leur journée d’anniversaire le regard vers leur chaussure, en longeant les murs ?  Je ne sais pas ce qui me fait peur, peut-être cette sensation d’avoir si peu de temps à marcher sur le fil, peut-être cette impression que tout devient fébrile.  A vrai dire, je n’avais pas prévu ma vie après cet âge là, je ne m’y voyais pas. Pour la première fois, j’ai peur de l’âge qui s’inscrit sur le calendrier, j’ai peur et je crois que j’aime ça. J’entends mon cœur battre du bout de mes doigts au bout des mes chaussures mais je ne sais pas quoi faire de ce rythme qui s’accélère ? et si je laissais le temps faire ? et si je laissais le temps décider ? Je veux continuer à rire quand un de mes enfants me dit « maman, je ne sais pas quoi faire ? » moi je sais, et je n’aurais pas assez de temps pour le faire. Je veux continuer à rêver à tous mes possibles, je veux aller à la mer et sentir le sel qui me brûler, je veux encore me trouver jolie, je veux me l’entendre dire, je veux que la curiosité l’emporte, toujours, je voudrais que ça ne s’arrête jamais, je voudrais ne jamais me sentir fatiguée, ou juste de temps en temps épuisée, à bout, pour cette sensation de l’abandon. Quarante-quatre ans, si j’avais su ça, si j’avais deviné l’effet que ça fait. Je n’y avais jamais pensé, je ne l’avais jamais envisagé. C’est peut-être bien après tout. Allez, dites moi celles qui sont déjà passées par la ! Et puis non, ne me dites rien, je veux découvrir, je veux que le mystère soit gardé. Quarante-quatre, ce n’est pas très joli à écrire, mais c’est rond et piquant à la fois. Il me reste quelques jours pour m’y faire, me le répéter. J’hésite entre vertige et peur, il me reste quelques temps pour me décider à mettre de jolies chaussures et porter le regard fier le jour de mon anniversaire.  

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