30 janvier 2008
petit bébé

Monsieur Marcel a trois mois, un quart d’année. C’est encore un bébé. Un bébé qui grandit, qui sourit, babille et joue avec ses mains. Un bébé qui reconnaît ceux qui l’entourent, qui les cherchent, les apellent. Un bébé qui se blottit pour profiter des câlins.
Monsieur Marcel qui s’est installé il y a un an, on ne sait pas très bien quand mais ce n’est pas important. Installé doucement, discrètement, « petit bébé » leur avait-on dit après. Tout le monde est venu voir le monsieur quand il est né. 5 kg, le seul de l’année à la maternité. Et pourtant, pour sa maman, c’était un tout petit bébé.
Un bébé tout rond, vite devenu menu, tout fin. Cannes de serin et à chaque visite chez la pédiatre, Madame L un peu inquiète. « Est-ce qu’il a grossi votre bébé ? ». La dernière fois, il n’avait presque pas pris de poids. « Et pour les autres vous aviez assez de lait ? ».
Madame L a envie de continuer à allaiter son bébé, peut être encore deux mois. Elle aimerait. Et puis quelque chose lui dit que si son bébé était affamé, il ne dormirait pas toute la nuit depuis son retour de la maternité, il n’aurait pas l’air d’aller si bien. Mais une petite inquiétude s’est immiscée. Elle a envie de croire qu’une maman a toujours assez de lait pour son bébé, que si monsieur Marcel est menu, c’est parce qu’il doit être comme ça. Inquiétude ridicule, c’est ce qu’elle se dit souvent, sauf quand elle est trop fatiguée. Faut-il qu’un bébé ressemble à un lutteur japonais, Combien faut il de plis aux cuisses pour faire un « beau bébé » ?
Madame L n’en veut pas à la pédiatre, mais elle n’a pas encore pris rendez-vous pour le troisième mois.
Quelque chose au fond d’elle lui dit que son bébé va bien, et quelqu’un à côté d’elle lui répète que Monsieur Marcel est en très bonne santé. « Il n’y a qu’à le regarder ». Et ce quelqu’un ce n’est pas n’importe qui. C’est monsieur L, le papa de monsieur Marcel. « Et rappelle-toi, pour Blanche et pour Aimé…c’était pareil ». « Ah oui… ». Elle avait oublié.
Peut-être que le doute fait partie du parcours. Peut-être qu’à chaque fois, elle a besoin de l’entendre, que son bébé va bien et qu’elle n’y est pas pour rien. Peut-être qu’une mère a toujours besoin d’être rassurée, à un moment, par le père de son bébé. Petite inquiétude pour son bébé, un autre lien, un autre cordon à couper. S’entendre dire que tout va bien, l’entendre, l’accepter, et puis envisager de s’éloigner, un peu, de passer quelques heures loin de lui, parce qu’il va bien.
Un an qu’il s’est installé, trois mois qu’il est né. Monsieur Marcel va bien. Il a pris sa place ici. Fils et petit frère. Et madame L commence à regarder plus loin. Appeler la baby-sitter, pour une petite soirée. Elle commence à y penser.

10 janvier 2008
comme un bébé
Depuis qu’il est né, elle le fait. Depuis que le premier jour, la première fois qu‘il s’est endormi S’allonger à ses côtés, s’assoire ou juste passez la tête au dessus de son berceau pour « vérifier ». Puis être happée par ce sourire léger, ce visage apaisé. Madame L, pourrait passer des heures à regarder dormir son bébé. Regarder le petit front bombé, les oreilles bien dessinées, ce petit nez de bébé qui ne s’est pas encore affirmé. Et l’empreinte de l’ange, ce petit pli qui sépare le nez de la bouche. Chut… petite empreinte de l’ange qui a posé son doigt pour que le petit, juste né, oublie qu’il savait tout du monde, de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Depuis que madame L a lu cette histoire, elle veut y croire. Elle sait, en tout cas, que les bébés en savent tellement plus qu’ils veulent le dire. Le regarder dormir, et sursauter quand les petits yeux s’entrouvrent et que la bouche se met à trembler. Petit gémissement, tout le visage se crispe. Et puis tout se détend. Est ce qu’il vit de nouveau les émotions que la journée lui a fait traverser ? Est ce qu’il les apprend pour les revivre à bon escient? Il garde son mystère, un petit sourire au coin des lèvres. Il ne dira rien, même pas à sa mère. Personne n’en saura plus. Même lui oubliera. Il ne se souviendra plus de ces sommeils si lourds, de « quand il était un si petit bébé ». Enfin c’est ce qu’il croira.
Quand elle regarde ses plus grands dormir, madame L surprend quelquefois aussi ce calme là. Sommeil si profond que la terre pourrait trembler. Enfin c’est ce qu’on croit. Parce qu’il peut aussi suffire d’un battement d’aile pour le réveiller. Un battement d’aile ou une idée. Sortir. Descendre ou passer dans la pièce d’à côté et le bébé, comme le plus grand, appelle celui ou celle qui l’a quitté. Il ne sait plus rien, même plus où il est. Il pourrait dormir encore, il est fatigué, mais ne veut pas être trahi. Alors il faut le bercer, lui murmurer, lui dire que « pas là » ne veut pas dire être loin d'ici. Et que même parti on peut être tout à côté. Qu’il suffit d’y penser fort. Qu’on peut au moins essayer. Alors les yeux peuvent se refermer et madame L partir, même pas sur la pointe des pieds, parce que son petit sait qu’il n’est pas abandonné. C’est avec monsieur L qu’elle a appris à dire « à tout à l’heure », sans se sentir coupable de ne pas se retourner. Maintenant, elle peut dire au revoir à son bébé. Lui dire « à tout à l’heure, quand tu dormiras je reviendrai t'embrasser ». Elle reviendra pour le regarder dormir. Depuis qu’ils sont nés, elle a oublié de revenir une ou deux fois, trop fatiguée. Et à chacune de ces fois là ces petits lui ont fait remarquer dès qu’ils se sont réveillés. Pourtant, ils dormaient.
28 décembre 2007
petit bain

C’est le moment le plus agité de la journée, quand la fatigue se fait sentir et que rien n’est prêt. Ici, c’est monsieur L qui s’occupe de préparer le dîner et pendant ce temps, madame L essaie de gérer les pyjamas, les chemises de nuit, les douches et les bains. Depuis qu’elle est sortie de la maternité avec monsieur Marcel, elle s’obstine à lui donner son bain aussi à cette heure là. Mais c’est si bon de profiter d’un petit moment avec son bébé au milieu de l’agitation. Monsieur Marcel adore que sa maman s’occupe de lui, le déshabille et l’emmène jusqu’au bain. Ils se regardent tous les deux dans la grande glace, petite habitude qui s’est installée comme ça, à laquelle ils ne dérogent pas. Et puis madame L sort son bébé de la grande serviette pour le glisser doucement dans l’eau. Elle le prévient toujours avant,pour qu’il ne soit pas surpris par le changement d’élément. C’est dans cette toute petite baignoire posée dans la très grande baignoire, que le bébé profite de ce petit moment de calme avec sa maman. C’est là qu’il lui a adressé son premier sourire, là qu’elle a entendu pour la première fois le son de sa voix. L’eau est chaude, juste comme il faut et monsieur Marcel à l’air tellement bien que ce petit moment peut s’éterniser, juste un peu trop longtemps pour les grands qui frappent derrière la porte fermée.
Quelquefois, madame L les laisse entrer. Monsieur Aimé aime tellement ça lui aussi qu’il est pressé, il commence à se déshabiller. Il sait qu’après ce sera son tour. Il sait même qu’avec un peu de chance, sa maman prendra le temps de le masser. « et moi aussi maman, tu pourras me masser avant que j’aille me coucher ». Depuis quelques temps, mademoiselle Blanche prend une douche toute seule, avec la porte fermée et interdiction d’entrer ans frapper. Elle en ressort en reine de hammam, les cheveux pris dans une grande serviette « t’as vu comme je suis belle ».
Mais au moment du bain de monsieur Marcel, madame L n’a d’yeux que pour son bébé. Les autres ont eu ce moment là eux aussi. Petit plaisir du soir pour lui et pour elle qui sent les tensions se dénouer, qui reprend son bébé contre elle, emmitouflé, avant d’aller le rhabiller. Avant de lui enfiler le body ou la petite chemise réchauffé sur un radiateur ou sur le bord du poêle allumé, elle le laisse profiter de sa liberté. Bébé d’hiver qui n’a pas tant d’occasions de pouvoir gigoter sans deux ou trois couches de vêtements superposées. Un petit coup de brosse pour le coiffer. Là c’est elle qui adore ça. C’est la première fois qu’elle peut se servir de cet instrument là pour un de ses bébés. Et puis Monsieur Marcel est prêt, il retrouve ses frères et sœurs, curieux et apaisé. Il regarde la maison s’agiter. C’est le tour de monsieur Aimé. Il attend. Et son moment préféré, c’est quand sa maman le sort du bain et le serre tout contre elle, comme quand il était un tout petit bébé. 

18 décembre 2007
reconnaissance
Il y a eu la naissance et monsieur L qui a nommé son bébé, qui l'a pris dans ses bras pour l’emmener vers le monde, la blouse de la sage-femme et la table d’examens. Juste après, monsieur Marcel, encore un peu petit m, a rejoint les bras de sa maman, pour ne plus les quitter jusqu’à maintenant. Et pendant que le bébé était blotti dans ces bras là, Monsieur L s’est beaucoup occupé des autres enfants. Ecouter mademoiselle Joséphine et mademoiselle Blanche, câliner monsieur Aimé et surveiller ses folles échappées.
Chaque soir depuis que son bébé est né, monsieur L prépare le couffin de monsieur marcel et va l’y coucher quand il s’est endormi. Mais pendant la journée, c’est madame L qui s’occupe du bébé. C’est comme ça depuis que leur premier enfant est né. Pour monsieur L, son rôle à lui, pendant les premières semaines de vie, c’est de veiller sur la rencontre de madame L et de son bébé, que ce lien là se tisse avant qu’il ne revienne dans la partie.
Et puis, petit à petit, madame L voit leurs regards se croiser. Monsieur Marcel qui sourit à son père, qui l’appelle, et monsieur L qui s’assoie à côté de son bébé pour lui parler.
Et monsieur L qui propose à sa femme de partir se promener quelques heures pendant qu’il garde le bébé. Madame L est déjà partie deux fois deux heures, avec ses filles, trop contente de se promener avec une maman sans bébé accroché. Un de ses jours, Madame L ermmènera aussi monsieur Aimé. Faire un petit tour rien qu’avec elle. Une maman rien que pour lui, pour quelques heures.
C’est monsieur L qui aidera monsieur Marcel à passer de son couffin au petit lit si grand, dans la chambre avec son frère. Il aidera aussi madame L à voir son bébé passer de son couffin au petit lit. C’est sûrement lui qui lui donnera son premier biberon dans quelques semaines et c’est toujours lui qui, plusieurs fois par jour, lui remet ses petits chaussons quand ils sont tombés,
Monsieur L aime beaucoup trouver des ressemblances entre ses enfants. C’est vrai que dès que Monsieur Marcel est endormi, il ressemble beaucoup à son grand frère. Mais ce bébé a vraiment sa petite tête à lui, et un sourire ravageur.
Quelquefois, dès que les grands leur en laisse l’occasion, madame L quitte la pièce en les laissant tous les deux. Elle est très occupée, dans la pièce d’à côté. Elle entend monsieur L discuter, elle imagine le sourire de monsieur Marcel. La rencontre se fait.
10 décembre 2007
petits boutons

Depuis quelques jours, monsieur Marcel est couvert de petits boutons, griffures et petites croûtes disgracieuses. Quand Madame L se promène avec son bébé on lui demande, ce qu’il a, ce que c’est, si ça dure longtemps, si « ça va partir vite ? ».
Avec ses autres bébés, elle n’a jamais connu ce genre de petits désagréments. Peau de bébés teint de bébé, des « bébés parfaits », et des passants qui s’extasiaient à chaque fois qu’ils les voyaient « Mais madame, il faut en faire plein des comme ça ». Et pour dire vrai, ça fait du bien. Madame L se disait aussi que ce devait être si doux pour ces petits de n’entendre que des compliments toute la journée. Des jolis bébés comme dans les publicités.
Pour monsieur Marcel, ce n’est pas pareil. Une grosse dose d’antibiotiques deux jours après la naissance, la flore intestinale se détraque et c’est la peau qui exprime tout ça. Ce n’est pas grave, ça passera.
Mais Madame L n’aime pas quand on se penche sur son bébé sans remarquer le sourire qu’il fait, juste pour dire « oh, mais qu’est ce qu’il a ? ». A ce moment là, madame L mordrait. Et pourtant, un bébé avec un sourire comme celui là, elle n’ en a jamais croisé . Un bébé qui sent le miel, depuis qu’il est né. Si bon à embrasser. Un bébé toujours prêt à gazouiller, qui ne fait que peu de cas de ces petits boutons là.
C’est elle qui se sent attaquée quand on lui dit ça, c’est sa fierté de maman qui en prend un coup quand on ne s’extasie pas. Lui, ça ne l’atteint pas. Lui, il profite, grandit, il dort huit heures par nuit et sourit.
Dès qu’ils sont nés, madame L fait toujours très attention à la façon dont elle habille ses bébés. Les pyjamas réservés à la nuit et les jolies petites tenues pour la journée. Hier , elle s’est aperçue qu’avec monsieur Marcel, elle ne faisait pas pareil . « Je le laisse en pyjama, c’est plus confortable comme ça et il ne m’en voudra pas ». Mensonge et Bilvesée. Tout ça , c’est parce qu’elle sait ce qu’on dira de son bébé. Ce n’est pas elle. Ca ne lui ressemble pas. Même ce bébé là a droit aux petites chemises, aux pulls tricotés et aux petits chaussons douilllets.
Alors petits boutons ou pas, ce matin, elle a cherché de très jolis habits pour son bébé. Elle l’a habillé. Il était très beau son petit Marcel. Même son papa lui a dit, en toute objectivité, c’est pour dire si c’était vrai !

Merci Typhaine pour ce "Marcel" qui suivra petit m. sur un petit oreiller dans son lit de "grand" et merci Bérangère pour ces très beaux chaussons.
01 décembre 2007
en cartons
C’est trop petit. Les toutes petites brassières que Madame L avait emmenées à la maternité, les petits chaussons, le joli petit ensemble violet que maminou avait tricoté, celui que Madame L était trop pressée de mettre à son tout petit. Les petits bonnets, Toutes ces petites affaires, Monsieur Marcel ne pouvait déjà plus les enfiler. « Ce sera pour le suivant », c’est ce que Madame L se disait pour les bébés d’avant quand elle les remettait dans le carton, le plus petit lui aussi, le « Naissance, un mois », celui dans lequel on va farfouiller presque en cachette dès que la prise de sang à confirmé ce qu’on savait . Cette fois ci, elle venait de les replier en se disant « on ne sait jamais… ». Et puis il y aurait d’autres bébés, même si ce ne serait pas les siens. Elle n’en était pas encore là, parce qu’en serrant cette petite chemise en coton elle s’est dit que ce serait quand même bien. Alors Madame L a fermé le carton, elle ne l’a pas rangé tout de suite. Elle y reviendrait les jours prochains, pour regarder, sentir toucher, ranger mieux que ça.
Celui là est fermé, presque fermé, il y avait l’autre à ouvrir, un tout petit peu plus grand, avec des petites affaires d’hiver. Une boîte remplie de petits trésors à redécouvrir. L’ensemble vert que sa grand-mère a tricoté pour le petit frère da Madame L il y a quinze ans, il fait encore baver toutes les amies mamans, les pulls et les gilets que maminou a tricoté pour tous ces petits enfants. Le petit doigt de Madame L lui a dit qu’elle en tricotait encore..hummm, vivement…parce qu'en plus, maminou avait cette délicatesse que toutes les grand-mères n’ont pas, demander à sa fille ce qui lui plaisait avant de se lancer. Alors forcément, Madame L savait qu’elle trouverait ça tellement joli avant même d’ouvrir le paquet. Et ça marchait à chaque fois.
Tous ces petits habits, c’était quand même encore très petit. Il y a tout juste un an, monsieur Aimé rentrait dedans. Maintenant avec son « grand 3 ans », c’était un géant.
Entre deux pantalons pliés, il y avait le pull marron, le seul que Madame L ait jamais fait. Elle n’avait pas de modèle, elle n’avait jamais tricoté. C’était cet été, elle voulait, elle aussi, faire quelque chose de chaud et doux pour son bébé., dire « c’et moi qui l’ai fait ! », la tête haute et le sourire jusqu’aux oreilles… « si vous voulez, je peux vous expliquer » Quatre morceaux, pas de col, pas de diminution, juste deux manches, un dos et un devant, trop contente d’y être arrivée. Pas certaine qu’elle épaterait la galerie avec ce petit pull marron, mais elle en était tellement fière.
Elle l’avait posé sur le berceau pas encore prêt, avait rêvé du jour où elle l’enfilerait à son bébé. Elle avait tellement envie de le voir dedans.
Cet après midi, quand monsieur Marcel s’est réveillé, Madame L lui a mis son petit pull marron,puis elle et cherché son appareil, pour immortaliser. La première fois qu’elle mettait à son petit garçon le premier pull qu’elle avait tricoté. Au moins c’est sûr, il n’y en avait pas deux pareils.
30 novembre 2007
un mois
Le jour de sa naissance. Quand ils en parlent, ils y sont encore, et puis ça fait partie de leurs souvenirs aussi, déjà un des plus beaux souvenirs de leur vie. Il y a un mois que monsieur Marcel est arrivé dans la vie de monsieur et madame l, de ses grandes sœurs, de son grand frère. Biensûr, il était déjà avec eux avant. Plusieurs mois que des mains se posaient sur lui pour le sentir bouger. On attendait petit m qui se sentait si bien, certains ont même pensé qu’il faudrait aller le chercher. Mais ses parents étaient sûrs qu’il viendrait quand il voudrait. Ils ont bien fait de tenir, de resister. Monsieur Marcel est arrivé, le 30 octobre dernier, comme il l’avait décidé.
Après des premiers jours agités, loin de ce que sa maman avait rêvé pour eux, il est rentré chez lui, chez eux, dans le nid qu’on lui avait préparé.
Monieur Marcel était un gros bébé. Plus de cinq kilos, certains n’avaient jamais vu, et puis il a un peu fondu. Madame L ne s’est pas inquiétée, son grand frère avait fait pareil, presque un mois pour retrouver le poids qu’il faisait quand il est né. Et puis ça y est, monsieur Marcel a repris la courbe qui plaît au docteur et qui ne pourra pas dire à sa maman, comme pour Monsieur Aimé « vous êtes sûre que vous voulez continuer à allaiter ? »
Oui, Madame L en est sûre, certaine. Elle veut continuer, ce corps à corps, le petit bruit de la tétée, une petite main qui se pose sur sa peau, des yeux qui cherchent les siens, elle veut vivre ça encore au moins une fois, encore pour quelques mois.
Et déjà, monsieur Marcel n’est plus ce tout petit bébé recroquevillé qui se serre contre elle, la tête posé dans le creux de son cou. Il la regarde, lui sourit, aime encore se serrer contre elle et s’endormir dans ses bras. Mais ils ne sont plus seuls. Monsieur Marcel veut lever la tête et se tourner vers l’extérieur. Sa maman le sait, elle ne le tient plus pareil. Il se tourne vers ses frères et sœurs, les regarde jouer et rire, il ne veut plus être tout seul à l’heure du dîner, alors il vient à table lui aussi, sur les genoux de sa maman. Ce n’est même pas parce qu’il a faim, juste pour être là lui aussi, partager.
Quand ses yeux se ferment,fatigués d’avoir encore appris tant du monde, Madame L retourne son bébé contre elle, sa petite tête callée dans le creu de son cou,. Elle l’embrasse, de tous petits baisers doux et des petites caresses, tout en rond, dans le dos, pour lui faire aimer le sommeil. Un dernier baiser,un peu plus gros, mais pas trop, avant de le confier à son papa. C’est monsieur L qui couche Monsieur Marcel. Pour chacun des bébés, c’est lui le maître du rituel, préparer le lit, enrouler le petit dans les couvertures et le poser, confiant « tu peux dormir, on est là, juste à côté ». Il l’aide à grandir.
Madame L aime baeucoup ce moment, quand elle assiste de loin, à ce petit moment du coucher. Un mois déjà que son bébé est né. Elle profite, pourvu que ça n’aille pas trop vite.
et merci KTL pour ce délicieux matelasson aux couleurs de la maison
16 novembre 2007
mots dits, mots doux
Il suffisait peut être de sortir les mots, de les écrire, de les dire et de les sentir entendus pour se délivrer un peu de ce fil tendu sur lequel, depuis la naissance du petit Marcel, Madame L avance en équilibre. Et même si elle est devenue très forte en équilibre, aujourd’hui, elle avait trop envie de se laisser porter par la journée. Alors ce matin, quand ses « petits grands » sont partis, elle est allée se recoucher à côté de son bébé. Mademoiselle Blanche était partie ravie qu’on soit vendredi « après, deux jours tous ensemble ! » et Monsieur Aimé était parti souriant, dans les bras de son papa en saluant madame L d’un grand coucou de la main.
Plus tôt, la journée avait mal commencé. Mademoiselle Joséphine mal réveillée, fatiguée, on avait raté le bus de sept heures, heureusement rattrapé quelques kilomètres plus loin. D’abord furieuse, Madame L s’était ensuite raisonnée. Puisque la journée s’annonçait comme ça, il fallait la prendre en douceur. Aujourd’hui, le fil se ferait cashmere ou angora, aussi doux que ça.
Là, dans les draps de lin, sous les couvertures qu’elle avait rajoutées, elle ne dormirait pas. Elle s’était juste allongée pour regarder monsieur Marcel. Ses petites mains qu’elle prenait dans la sienne. Chaque doigt, si délicat. La douceur de ses cheveux. Elle y plongeait son nez. Aucun de ses autres enfants n’avait eu cette tignasse là. Et puis son souffle, bousculé de temps en temps par de tout petits soupirs qu’elle imaginait de plaisir. Un jour ce tout petit la dépasserait peut être, il aurait des amours et des chagrins. Peut être qu’il ne lui en parlerait pas. Peut être aussi qu’il viendrait se confier. Elle aimerait bien. Elle ne dirait rien. Il fera ce qu’il voudra ; Est ce qu’elle, elle lui parlera de ces petits moments qu’ils auraient passé tous les deux, tout au chaud blottis ?
Peut-être que lui aussi aurait des enfants et qu’un jour il les prendrait contre lui, qu’il prendrait leurs mains dans la sienne comme elle le fait aujourd’hui. Qu’il serait lui aussi, chamboulé à l’idée de ce pouvoir qu’il a, de la force de cette grande main qui se referme sur ces petits doigts si délicats.
A côté, la radio continuait à parler, les infos, les ennuis des citadins. C’était bon d’être là, de juste profiter du moment, de son parfum, de l’idée que dehors, il fait très froid. Monsieur Marcel était là depuis dix-huit jours, depuis toujours. Et là, maintenant, elle n’avait plus envie de penser à quand il serait grand. Juste se rapprocher encore un peu de lui, tout près, pour sentir son souffle sur sa joue, comme le premier jour, au moment où elle lui a murmuré les petits mots qu’elle avait promis de lui dire.
03 novembre 2007
MERCI
Ce soir, petit monsieur Marcel dort chez lui, avec sa maman, son papa et ses frères et soeurs. Quelques heures après leur arrivée, sa maman est allée s'assoir devant son ordinateur. Elle a lu tous les petits mots, les doux messages. le coeur débordant d'émotion, elle vous dit tout simplement MERCI...avec un petit m.
le début de l'histoire
Mardi
Quatre heure du matin, première contraction, puis la seconde, dix minutes après, puis la troisième. La veille au soir,madame L avait senti qu ce serait bientôt, peut être même cette nuit. Mais elle n’avait rien dit, même à monsieur L. Il ne restait plus qu’une journée avant le déclenchement. Monsieur Aimé lui aussi avait senti quelque chose Jusqu’à minuit, il n’avait pas voulu quitter sa maman.
Là, il dormait à poings fermés, comme ses grandes sœurs et monsieur L qu’il a fallu secouer pour le réveiller. Une toute les cinq minutes « tu veux que je partes toute seule à la maternité !!! ».
Un petit mot griffoné pour les enfants sur la table de la cuisine, c’était d’accord avec Mademoiselle Joséphine. 25 minutes de voiture, les cinq minutes de viennent trois. Madame L remercie son bébé d’avoir fait comme il voulait…et de ne pas avoir attendu encore trop longtemps, exactement au bon moment. Elle serre le bras de monsieur L « je ne me souvenais plus que ça faisait si mal ». Il accélère.
Quand la douleur se calme, elle repense aux fois où ils ont déjà fait ce chemin, juste avant mademoiselle blanche et monsieur Aimé. La naissance de Mademoiselle Joséphine aussi, ses yeux décidés, c’était juste hier. Mais cette nuit, c’est celle-ci, c’est le petit m qui va arriver. Dans quelques heures, la campagne qu’elle regarde par la vitre sera toujours la même, sa vie a elle aura changé, pour toujours. Ils sont encore dans l’avant, plus que quelque heures et ce sera l’après ».
Arrivée à la porte de la maternité. Une sage-femme « mais je vous attendais hier pour le déclenchement .mais non, je plaisante » Tout ceci n’est plus important.
Madame et Monsieur L ont quand même eu le droit de choisir la petite salle bleue, là où sont déjà nés deux de leurs enfants. « 6 cm, vous avez encore le temps… » Pas tant….la poche des eaux se rompt, on sent la tête du bébé, on la voit. La douleur est là, plus forte que les autres fois, « Allez-y, il faut y aller » Elles sont trois autour de madame et monsieur L » impressionnées « il a l’air bien portant ce bébé ». Les gestes de la sage-femme sont sûrs. Cette fois, madame l a besoin d’être aidée « Allez, une dernière fois ! ». Plus de force, elle va encore les chercher, une dernière fois, ces forces animales ne soupçonnait pas, comme le cri qui les accompagne.
Et puis ça y est, la petite boule chaude sur son ventre, c’est lui, son bébé. Des larmes, comme il est beau. Monsieur L les entoure de ses bras et nome ce petit Marcel. Puis il l’emporte pour le peser. Il est 5h20. Il y a une heure, ils étaient encore dans la voiture. Plu de 5kg et 55,5 cm et aucun signe de naissance après terme.
Quand le petit marcel revient dans les bras de son papa il est juste essuyé. Madame L retrouve sa chaleur, son odeur, si elle pouvait ne jamais l’oublier. D’ailleurs, elle va essayer. La mettre dans un petit coin et les moments seront plus durs, elle fermera les yeux et, même dans très longtemps, elle pourra aller la rechercher.
Le calme, juste tous les trois, alors qu’à travers les murs,on entend d’autre cris, d’autres encouragements.
Il est sept heures, madame L épuisée, découvre la chambre où elle va pouvoir profiter pendant quelques jours de son bébé . La salle d’accouchement est derrière elle. Elle s’allonge à coté de son bébé. Leur histoire vient juste de commencer, le 30 octobre, à 5H14 du matin. 
Mercredi
Déjà une journée et déjà, la naissance fait partie de l’histoire qu’on lui raconterait. Les enfants sont venus la veille pour découvrir la petite merveille. Monsieur L les avaient reveillés le matin pour leur annoncer, enfin, l’arrivée de Monsieur Marcel. Maintenant, Mademoiselle Blanche, ce prénom n’était plus un secret.
Monsieur Aimé, trop content de retrouver sa maman était intrigué par ce petit concurrent difficile à toucher tant les grands y faisaient attention. Mademoiselle Blanche, trop pressée de le prendre dans les bras et Mademoiselle Joséphine qui « avait trop de chance parce qu’elle pouvait l’avoir plus longtemps ». Même Maminou, la mère de Madame L était arrivée pour s’occuper des enfants. Tout le monde s’était retrouvé dans la petite chambre de la maternité et malgré les petites tensions, les agitations et les petites impatiences, madame l pensait que cette fois-ci, aucune petite déprime ne la guettait. Trop heureuse que son petit marcel soit arrivé de lui même et assez fière d’avoir tenu tête. Elle dit le soir à Monsieur L , alors qu’il allait partir, que cette fois ci, aucun baby blues ne parviendrait à l’ébranler. Monsieur L avait sourit.
Monsieur L venait de partir quand le pédiatre est entré. « je viens vous donner des nouvelles de votre bébé. Les analyses ont montré des signes d’infection alors il faut le perfuser, dans un petit moment, on va le monter en service pédiatrie ». S’asseoir, et déjà les voir arriver pour prendre son bébé. « Vous pouvez le suivre mais je vous préviens, il vont le piquer, lui mettre la perfusion, ça ne va pas être facile ». Quand Madame L est arrivée, son bébé hurlait dans une salle où on lui a interdit d’entrer.
Un autre univers, celui de la patologie, de la maladie. Madame L a vu son bébé sortir,le bras pris dans une grose atèle et piqué d’une perfusion, « Je eux l’allaiter, ». « Si vous voulez, on va se débrouiler et d’ailleurs, je vais en profiter pour le piquer ». Les jambes de madame L ont du mal à la porter. Elle prend son bébé, pour le rassurer. Il s’apaise. Elle ne peut détacher son regard des fils, des tuyaux et des capteurs qui entourent son si petit bébé. C’st parti pour deux heures de perfusion, le téléphone sonne « oui, justement, je suis à côté de la maman… » Changement de programme. « Vous allez redescendre parce qu’on doit garder votre bébé pour la nuit, c’est le pédiatre qui vous expliquera… »




Madame L se perd dans le noir, dans les couloirs de l’hôpital, toutes les portes sont fermées. Appel au secours à monsieur L qui revient vite pour être à côté d’elle. Ils remontent en pédiatrie, lui aussi est impressionné. Le pédiatre arive aussi. Ce n’est pas sûr que ce soit une infection mais il faut quand même continuer le traitement mais en plus il souffre de déshydratation, c’est fréquent chez les gros bébés, alors il faut le perfuser toute la nuit. Alors allez vous reposer et si voulez l’allaiter, vous pouvez revenir toute les trois heures, mais ça va être fatiguant. »
De la maternité à la pédiatrie, il faut prendre le monte charge, dix fois en quelques heures. Ils n’auront les résultats que dans quarante huit heures. Madame L n’en peut plus, elle est épuisée. Mais elle voudrait récupérer son bébé.
Vers midi, le pédiatre autorise madame L à récupérer son bébé. « si vos revenez deux fois par jour pour qu’on le perfuse pendants deux heures. Ila encore le bras prisonnier des bandelettes mais c’est comme une victoire. A peine rentrée à la maternité, la sage-femme annonce à madame L que l’allaitement ne suffira pas, qu’il faudra compléter, sauf si la montée de lait arrive à temps. Mais madame L est juste une maman normale, trop fatiguée, qui attend ce lait qui ne vient pas, qui ne peut envisager de ne pas allaiter son bébé, surtout après une journée comme celle-ci. Et puis, il va devoir passer deu heures sous lampes bleues, parce qu’il a un petit hyctère ». « Arrêtez !!! » madame L a envie de s’enfuir, son bébé dans les vbras, elle ne veut plus avoir peur, plus le voir souffrir. Elle voudrait juste se reposer, contre son bébé ». Heureusemet qu’il y a monsieur L, peut être pas plus rassuré mais qui arrive à lui faire penser. C’est lui qui lui donnera le petit complément après la tétée, et puis il a raison, ce ne sont pas 25 ml de lait artificiel qu vont empêcher l’allaitement. Le soir, c’es mademoiselle Joséphine, trop fière, qui lui donnera un autre petit biberon. Le soir, Madame L s’endort son bébé contre elle, après les deux heures de perfusion.
Vendredi
On aura les résultats que demain, mais on sait déjà que les marqueurs infectieux ont diminué. Et puis le lait commence à venir. Les pédiatres sont confiants et l’un d’entre eux glisse même à madame L que demain, peut être, si les analyses sont bonnes, ils pourront rentrer chez eux. 

Les enfants viennent voir leur petit frère et madame L commence à refaire surface. Plus que deux injections et après tout ça sera fini. Le soir, elle monte avec son bébé au service pédiatrie. Rencontre avec une infirmière qui lui dit qu’elle souffre de ne devoir anoncer que des mauvaises nouvelles, qu’elle est fatiguée de voir pleurer des mamans qu’elle est loin de toujours pouvoir soulager.
Madame L sent que le calme revient, elle est tellement apaisée, qu’elle en oublie la perfusion de samedi matin. Rappel à l’ordre du service pédiatrie ; elle y monte avec le petit Marcel en s’excusant, et leur dit au revoir, sûre qu’elle ne reviendrait pas « attendez les résultas tempère une infirmière ».
Samedi
A 9h15, les résultats sont là. « Votre bébé va bien, oubliez tout ce qui s’est passé, il n’aura aucune séquelle ». Les valises sont prêtes. On enlève la perfusion et les bandelettes. Petit Marcel redécouvre son autre main et madame L serre son bébé.
Monsieur L est venu les chercher, ils arriveront chez eux juste pour manger. Une grande bouffée d’air frais. La vraie vie peut commencer. 



































