tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

15 novembre 2009

comme dans un livre

livre1livre2livre3livre4livre5livre6                                                                                                                                                               Je ne sais pas ce qui resterait de ces dimanche si je ne tenais pas à les écrire. Je ne sais pas ce qu’il en restera, amis si je veux les raconter. C’est pourtant ces journées là que je voudrais voir se suivre  et recommencer sans que le fil ne soit jamais coupé. Ce matin, je me suis demandée ce que nous aurions fait si nous avions été citadins. Peut être que nous serions allés au musée, ou bien au cinéma. Nous serions sortis, c’est certain. Je crois que j’aurais beaucoup aimé cette journée. Je me suis laissée doucement réveillée par les bruits d’en bas. Les enfants retrouvaient leur papa revenus trop tard hier soir pour qu’ils le voient. Je les ai suivis pour voir cette voiture qu’il avait ramenée. Les enfants s’en faisaient une joie et cherchaient où elle pourrait nous emmener, je me sentais rassurée à l’idée qu’elle pourrait me protéger les jours de neige et de verglas, toujours pas remise d’avoir du changer nos deux véhicules en moins d’un an. J’avais au moins ce sentiment rassurée d’être équipée et la certitude idiote que les ennuis matériels ne nous ayant pas épargnés ces derniers mois, nous étions à l’abri pour de longues semaines à venir. Je décidais d’oublier la chaudière et le conduit de cheminée et de renvoyer à plus tard ces éléments de notre vie dénués de poésie. Blanche avait choisi un livre et  s’était installée en travers du gros fauteuil devant le poële allumé. Elle signalait à son père qu’elle faisait exactement comme lui et je la regardais dévorer l’histoire qu’elle tenait entre ses mains. Aimé la regardait aussi, comme pour percer le mystère de ces choses écrites qui vait l'air un peu magiques, assez en tout cas pour envouter qui s'y piquait. Elle essayait déjà de lui lire des histoires. Joséphine s’est invitée de l’ autre côté de l’écran juste avant le déjeuner et puis nous nous sommes tous préparés pour ce loto de l’école que nous avions promis de ne pas manquer. Revenus bredouilles, sans jambon ni panier garni, nous avons retrouvé notre vie d’ici et je n’ai pas caché mon plaisir quand je me suis aperçu en regardant la grosse horloge qu’il restait encore un petit bout d’après-midi. Une heure pour allumer des bougies, boire un thé, écouter Billie Holiday. Regarder Blanche et son papa penchés sur les devoirs. Il a la patience que je n’ai pas. Elle est retournée lire et je me sui promis de me replonger dans notre bibliothèque. Moi aussi je vais m’y remettre. En octobre déjà, j’avais tellement aimé parlé des livres que nous avions lu avec Joséphine qui se souvient tellement mieux des romans que moi. Bientôt, je pourrais aussi conseiller Blanche et lui parler d’hiqtoires que j’ai beaucoup aimé. « Il sort quand ton livre maman ? ». Je n’imaginais pas qu’elle se souvenait de cette histoire là. Je l’ai sentie fière d’avoir une maman qui écrit pour les enfants. Ce soir, en me posant cette question entre les carottes au miel et le dessert, elle a rallumé une petite flamme qu’il faut que j’entretienne. Mes enfants ne voient pas seulement une maman un peu triste  de partir travailler le lundi matin. Nous attendrons ensemble le printemps prochain et peut être que c’est elle qui lira l’histoire à ses petits frères. Je crois que ce jour là, la petite flamme se fera feu de joie.

merci mademoiselle Blanche pour cette dernière photo!

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12 novembre 2009

une robe volée

robe1robe2robe3robe4robe5robe6                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Je ne me lasse pas de les voir enfiler, le sourire satisfait, ce que j’ai cousu pour eux. Je les soupçonne d’avoir envie de me faire plaisir mais je crois aussi qu’ils sont fiers de porter ces vêtements et d’annoncer que c’est leur maman qui les a cousus à qui les trouve beaux.

Je joue à la poupée. J’ai un peu de mal à l’assumer mais je crois que je ne peux pas m’en cacher. Je découpe et je couds, et je crois que le moment que je préfère, c’est celui qui s’offre à moi quand je viens de leur enfiler leur petit vêtement, forcément plus beau que ce que j’avais imaginé. Je ne suis pas perfectionniste et j’aime les regarder bouger, être beau comme les enfants que je voyais dans mes rêves quand jeune fille, je feuilletais sans m’en lasser le garnd livre de Carl Larsson. C'est peut être grave docteur, mais je ne peux m’en passer, et j’aimerais que les journées m’accordent quelques heures en plus chacune pour pouvoir tricoter. Je ne sais pas si je fais des économies en leur cousant de plus en plus de vêtements. Je crois finalement que oui. Mais je me fais plaisir, infiniment, et pour l’instant, je les voir contents de savoir que lorsque je suis à ma machine, c’est forcément en pensant à l’un d’eux. Ils attendent leur tour et moi je me souviens. Je vois ma mère et mes tantes parler des petits cols fleuris qu’elles rajoutaient aux chemises en coton de leurs bébés. Il m’en reste une ou deux. Je les entends discuter de petits cols en corolle et je me laisse bercer par le bruit des aiguilles qui callait son rythme sur celui des gros bracelets de ma maman. Quand je couds une robe qui tourne pour ma fille ou des pantalons pour mes garçons, je trouve ma place au milieu de ce gynécée que j’ai longtemps observé. Je les ai regardées de loin, écoutées pendant des heures, et je crois que ce n’est pas l’envie d’en faire partie qui m’a poussée à m’emmêler d’aiguilles et de fils. J’avais tellement envie de percer leur secret. Je voulais connaître la teneur du lien qui les unissait. Ma mère, mes tantes, du rire et des  larmes, elles qui ne pouvaient jamais se passer l’une de l’autre, qui pouvaient se détestaient pour toujours plus s'aimer. Il faut que je ramène cette petite robe de poupées aux cousines la prochaine fois que je les verrais. Elle est pourtant si jolie, mais il faut que je leur rende. Je leur avais volée. Je trouvais qu’elles avaient plus de chance que moi. Leurs parents n’étaient pas divorcés, ils n’avaient pas été obligés de quitter leur grande maison pour un petit appartement et leur maman cousait plus que la mienne. C’est ce que je croyais. J’étais jalouse de cette famille normale qui fêtait toujours un deuxième Noël, le lendemain matin en tout petite comité, une fois celui des cousins passés. Il faut que je leur rende cette petite robe de poupée et le manteau assorti.  Si je cherche bien, je pourrais retrouver tout le contenu de la petite valise que Noël m’avait amené, rien que pour moi, avec le poupon en rose et blanc. Je retrouverais tous les petits vêtements qu’elle m’avait tricotés, pour quelques uns assortis aux miens.

Je crois que les cousins nous ont aussi enviés quelquefois. Et c’est comme ça que les souvenirs d’enfance me plaisent, une fois retravaillés par les mémoires de chacun, quand chaque vérité vraie se fracasse aux souvenirs de l’autre, quand le mythe se défait. Je crois que je n’aime pas la nostalgie. Quand la vie qu’on regrette est bien trop jolie pour faire envie. Trop polissée, le pli trop parfait. Je me souviens aussi des pleurs et des jalousies. Le soir de Noël, le cadeau du voisin est toujours un peu plus beau que le sien. Ces jalousies, je les aime aussi, je les cheris. comme j’aime retrouver le bruit des aiguilles et celui de la machine, petits bouts d’enfance dans laquelle pour rie au monde je ne voudrais me replonger, petits bouts d'enfance qui pourtant me nourrissent. De la douceur, du sel et de l’amertume. A chaque fois que je regarde cette petite robe avec son manteau assorti, je me sens un peu honteuse. Un petit peu seulement, comme quand je glissais la petite robe dans les affaires de poupées de ma petite soeur pour oublier ce que j'avais fait. Mais il y a eu d'autres méfaits, de tous ls côtés. Un jour, alors que des cousins étaient là, mon argent de poche a disparu de sous mon oreiller. Il faut que je leur rende cette petite robe fleurie. La prochaine fois, je n'oublierai pas.

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11 novembre 2009

Monsieur,

brunoJe vous écris de chez vous alors que vous n’y êtes plus.  Partis pour quelque heures avec notre fille, vous serez de retour pour le goûter que nous allons vous préparer. Vous qui savez si bien voir ce qu’on voudrait cacher, Je sais que vous ne me reprocherez pas cette impudeur. Ce soir, qui le voudra pourra lire ce que j’ai à vous écrire.  Je n’ai pas envie de garder secrets les mots qui vous diront encore  l’amour que je vous porte, le soir de votre anniversaire. Ce soir je voudrais vous dire que cet âge semble fait pour vous. Vous qui me disiez pourtant lorsque je venais timidement vous rejoindre dans votre repère que vous ne seriez jamais rien d’autre qu’un adolescent. Vous voilà père, et de la plus belle manière. Vous qu’on avez decrété indécrottable célibataire, vous voilà marié. Je n’en suis pas peu fière. Et je dois vous dire ici que ce qui me rempli d’aise n’est pas d’avoir bravé tant de nuisibles prédictions, mais de vous voir épanoui et de vous entendre aujourd’hui parler de vos cinquante ans avec tant d’aisance et de légereté. Cette joie m’a même un peu surprise, je dois vous l’avouer, mais ne changez rien, surtout, vous ne pouvez pas imaginer comme me plaît l’idée que je n’ai pas encore tout découvert de vous. Je me plais aussi à penser que je ne suis pas étrangère à ces bribes de  légereté que je surprend chez vous de plus en plus souvent. De la même manière que vous pouvez revendiquer une part de responsabilité dans ce plaisir que j’éprouve désormais à vivre chaque journée. Vous savez que si je n’ai plus peur, c’est grâce à vous.
Je ne pouvais vous écrire sans vous dire que je me souviens de tout, qu’il me suffit de le vouloir pour me retrouver dans ce taxi en pleine nuit pour traverser Paris et venir vous rejoindre dans votre appartement, celui là même que vous m’aviez prêté sans me connaître et qui m’avait offert de vous découvrir avant même de discuter avec vous. Je me souviens de cette première nuit, celle qui ne restera qu’entre nous. Je me souviens de la première fois que vous m’avez emmenée ici et de ce dimanche soir où vous m’aviez demandé si nous serions fous de venir nous y installer pour la vie. Je me souviens aussi du TGV qui me menait vers vous dans cet hôpital au milieu de cette ville que je ne connaissais pas et de la stupeur avec laquelle j’ai pris conscience à ce moment là, que notre histoire finirait forcément un jour. Je me souviens aussi de vous écoutant cette petite fille qui n’était pas la votre et qui vous doit beaucoup. Nous vous devons toutes les deux beaucoup. Si aujourd’hui nous pouvons vivre loin l’une de l’autre, je crois pouvoir vous dire sans la trahir que c’est aussi grâce à vous. Je me souviens de ce soir d’avril où nous sommes descendus boire un verre d’un de vos meilleurs vins, vous veniez  de vous lancez avec moi sur ce chemin pour lequel vous vous sentiez prêt. Blanche, Aimé et Marcel vous ont rejoints. Je me souviens d’un premier mai aussi. celui que vous aimiez comme votre père venait de mourir et je ne l’aurais jamais rencontré. Je crois qu’il vous aura fallu du temps pour vivre sans son regard plein de bienveillance et d’encouragements. Je crois que vous y êtes arrivé. Je crois même peut-être qu’elle est là, cette légèreté que je ne vous connaissais pas et que je vous découvre depuis quelques semaines déjà. Avec vous, je peux vous le répétez encore et encore, je me souviens de tout, et je n'aime rien tant que de convoqer ces petits morceaux de vie qui nous ont unis. Ce samedi en mariés, ces heures à se perdre dans le vieux souk d’Alep, ces matin d'hiver très froid à nous réveiller ici, et toutes ces heures qu’il nous reste à passer. Je voudrais aller à New-York avec vous, à Rome aussi, même si vos autres vies vous y ont déjà mené. Je voudrais voir grandir nos enfants à vos côtés et certains jours,  il me tarde de les voir partir pour vous retrouver. Rien que moi, et vous. Depuis ces jours derniers, il me tarde tant de vous retrouver. Vous et moi, dans un taxi, sous la pluie, dans une ville endormie, dans une ville dont je ne percevrais plus les bruits, étouffés par ceux de mon cœur prêts à exploser sous le joli chemisier que j’aurais mis pour vous. Une robe, je sais que vous les préférez. Peut-être cet hiver, à Amsterdam. Pendant trois jours, là, il n’y aura que nous.

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10 novembre 2009

histoire de frères

repas1repas2repas3repas4repas7repas6J’avais pris cette journée parce qu’il le fallait, parce que leur papa avait un déjeuner important et que la nounou ne pouvait pas les garder. J’avais emmené Blanche à l’école et je m’étais dépêchée de rentrer sans trop savoir ce que j’allais faire de ma journée. C’est eux qui se sont installés devant le poële une fois leur biberon avalé. « On préfère rester à côté de toi » m’a dit Aimé suivi par son petit frère qui m’a répété les mêmes mots en écho. Leurs navettes spatiales se poursuivaient pendant que je buvais un autre café. Je leur ai demandé s’ils ne voyaient pas d’inconvénients à me voir coudre à côté d’eux. Après tout cette journée était un peu pour eux et je n’avais pas envie de les lasser. Ils ont continué à courir en évitant le fil de la machine. Il y a un mois encore, j’avais l’impression qu’ils ne sauraient se parler qu’à travers des cris et des coups et je me trouvais bien impuissante face à ces conflits qui se terminaient dans les larmes, avant de reprendre de plus belle une poignée de secondes après. Là, je les voyais jouer ensemble et discuter. je me régalais. IL y a bien eu quelques bosses et une grosse griffe sur le front, quelques cris échappés du premier étage mais ils m’ont garanti tous les deux que Marcel était tombé tout seul du canapé. Je n’avais d’autre solution que de les croire sur parole, ils ont remonté les escaliers en piaffant, trop contents de regagner leur liberté. Quand je suis montée, Aimé préparait le pique-nique de ce midi. Il tenait un panier dans ses mains et le garnissait avec ce qu’il trouvait. Il m’a confirmé que pour lui, ce projet n’avait rien d’un jeu et qu’il avait vraiment l’intention d’aller déjeuner au bord de la rivière. J’aurais pu les emmitoufler, sortir un vieux paquet de chips et du jambon et sortir avec eux. Mais je n’avais aucune envie d’affronter le froid et l’herbe mouillée. J’ai du lui dire non.
Aimé a repris d’autres jeux, un peu déçu, surtout qu’il avait vraiment eu « une bonne idée ». Je suis descendue leur préparer leur déjeuner et j’essayais de leur préparer un petit repas surprise qui leur ferait oublier le pique-nique dans le pré. Je savais qu’ils aimeraient la version « comme au restaurant » des pâtes en tortillons et j’étais prête à leur démontrer que mon pain au beurre valait bien tous les paquets de chips du monde entier.
Puisque c’était comme au restaurant, c’est ainsi qu’ils se sont installés autour de la petite table que je leur avait dressée, le dos droit et les jambes bien repliées. Aimé prenait garde à ne rien toucher avec ses doigts un peu gras et Marcel s’excusait pour la pâte qu’il venait de faire tomber. Puis les doigts ont repris leurs droits. Nous avons essayé de faire manger l’ours aussi mais Aimé regrettait qu’il ne puisse pas ouvrir la bouche « comme Mischka ». Nous avons alors écouté l’histoire du petit ours trois ou quatre fois et autant de fois, j’ai répondu à leurs questions sur les oies sauvages « elles sont méchantes ou pas ? ». Je leur ai demandé s’ils connaissaient Nils Holgersson et je me suis dit qu’il faudrait que je leur trouve une belle version de cette histoire là. Je me suis promis aussi de leur lire l’histoire de « la petite géante », cette petite fille qui rapetisse la nuit, pour partir découvrir le monde avec ses nounours et ses poupées. Je me suis assise à côté d’eux pour grignoter sous le regard du chat qui attendait que l’un de nos laisse échapper une pâte ou deux de son assiette. Quand j’ai emmené Marcel dans son lit à l’heure de la sieste, Aimé m’a accompagnée pour lui donner son doudou. Ils se sont fait un bisou. Je les ai regardés puis nous avons descendu l'escalier. Marcel doramit déjà. Je crois que la plus belle histoire aujourd’hui, c’est eux qui me l’ont racontée.

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08 novembre 2009

les feuilles mortes

aut1aut2aut3aut4aut5aut6                                                                                                                                                                     Il faisait déjà presque nuit quand nous sommes sortis. Mais nous avions occupé toute notre journée et l’heure avait passé. Je suis allée chercher le grand râteau et c’est Aimé qui a commencé. Marcel avait froid et tout d’un coup l’envie d’être de nouveau très petit. Je l’ai emmitouflé et nous avons continué à ramasser les feuilles mortes qui traînaient. Blanche et Aimé rassemblaient leurs forces pour soulever les plus gros tas qu’ils pouvaient et nous nous dépêchions pour en avoir un peu fait la nuit tombée. La grande brouette s’est remplie plusieurs fois et les enfants riaient, ils avaient froid aux mains et le bout du nez gelé. Ces derniers jours, j’avais voulu fuir l’idée même des semaines qui s’annoncent et ce mois qui m’effraie. J’avais fermé les volets et espéré que personne ne viendrait me déranger dans ce début d’hibernation que la grippe avait bien aidé. Ce soir, la nuit tombait et c’est en sortant affronter le froid et le feuillage humide que j’ai retrouvé l’énergie. Nous nous sommes amusés à faire des tas grand comme des châteaux, dans le jour qui baissait et qui n’arrivait plus à nous éclairer. J’avais un peu froid et j’aimais ça, même pas envie d’un thé, je m’amusais à regarder Blanche devenue grande et vraiment efficace dans le maniement des outils et Aimé qui faisait ce qu’il pouvait, petit jardinier très affairé.
C’était peut être simplement la fatigue ou le froid et le gris que nous avions attendus, puis plu, et qui nous avaient fini par nous surprendre ces jours derniers, mais je n’avais plus envie de cet automne là, un peu hésitante quant à mes envies, tout d’un coup frileuse et plus très sûre de moi. Après tout, j’étais heureuse comme cela ; Et toute agitée que j’étais, ce n’est que le calme auquel j’aspirais, le silence et la paix. C’étais loin de la tristesse, même pas de la mélancolie, juste une envie de retrait. Trop peur de prendre froid, d’aller trop loin et de tout gâcher. Et puis cet après-midi, les doigts gelés dans les feuillles mortes, j’ai senti cette envie de vie  et de joie. Je crois que j’ai retrouvé ce battement régulier et et décidé qui fait la musique de notre vie, ce petit souffle que rien ne peut arrêter et qui dissout nos ennuis. J’ai regardé le poirier qui avait perdu toutes ses feuilles. Il lui restait encore quelques fruits. L’autre jour, la dame en blouse blanche qui m’avait examiné ne m’avait parlé que de risques de cancers et d’âge avancé et puis elle s’état replongée dans mon dossier «mais vous n’avez pas encore quarante ans c’est vrai, il faut vous dépêcher ! ». J’étais ressortie de là le corps lourd, un peu plus grippée, un peu plus flétrie, et j’avais senti un vent très froid souffler sur toutes mes envies. Cet après-midi, j’ai plongé les mains dans le tas de feuilles mortes et j’ai senti l’odeur de l’automne que j’avais oubliée. Je n’ai pas envie de me dépêcher. Il y avait aussi de toutes petites pommes rouges accrochées aux deux pommiers, et des fleurs dans les rosiers. Il a fait beau et chaud très longtemps cette année.

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06 novembre 2009

une évasion

evasionJ’avais aimé me retrouver au milieu des enfants, puis seule avec lui, toute une journée. Aujourd’hui, je me retrouvais seule, sans même un coup de téléphone à donner. Juste moi et mes envies, jusqu’à l’heure du goûter parce que j’avais promis à Blanche d’aller la chercher. Je ne me souvenais plus très bien de la dernière journée comme celle ci. C’était peut-être au printemps dernier quand j’avais cousu une petite robe pour Blanche à partir d’un patron japonais. Cette fois-ci, je me décidais pour le manteau d’Aimé. La grippe reculait enfin et j’ai commencé par me refaire un café. Pour moi, la solitude n’a jamais été lourde. Il m’est déjà arrivé, il y a quelques années, de passer plusieurs jours sans parler à personne. Il y a toujours de la musique, des conversations que je mène avec les amis que je peux convoquer quand j’en ai envie, et les voix de la radio qui n’est jamais très loin. Ce matin, je pensais à cet homme qui avait disparu avec tout cet argent, des millions d’euros volatilisés, avec lui. J’ai toujours aimé les bandits quand ils ne sont pas meurtriers. J’ai toujours espéré qu’on ne les retrouve jamais. Il me faut peut d’éléments pour m’imaginer le rocambolesque d’une cabale et le souffle inquiet de celui qui se sait traqué, le geste sûr et précis de celui qui a tout préparé. Je me suis toujours demandé où je cacherais l’ami qui débarquerait en pleine nuit, parce qu'il est traqué. Je sais que ne pourrais pas faire autrement que de lui demander ce qu’il a fait. Il pourrait avoir tué, j’espère que je pourrais lui pardonner avant de lui dire que le lit de la chambre d’amis est fait. Mais une chambre d’amis, ce n’est peut-être pas le meilleur endroit pour cacher un ami en cabale. J’avais coupé tous les morceaux du petit manteau et je me suis aperçue qu’il était l’heure de manger. J’ai grignoté, en picorant dans tous les pots que je trouvais. Je mélangeais le sucré et le salé, le bon et le mauvais, peu m’importait, j’avais plus important à imaginer. Je ne lui ai jamais dit, mais quand il me l’a montrée la première fois, j’ai trouvé que sa maison pouvait ressembler à un repère de bandits.  Pas chauffée, juste un peu meublée et placée là sur son promontoire, elle était l’endroit idéal où venir se cacher. Il y avait ce vieux poële qui vrombissait mais ne réchauffait personne, ce petit réfrigérateur qui pouvait abriter un pot de cornichon un quelques tranches de jambon et ses greniers touts noirs et déjà pleins. Quand j’ai vu cette maison la première fois, j’ai espéré qu’il accepterait d’y faire quelques travaux, mais je savais aussi que le souvenir de cette première vision me suivrait partout. Elle m’avait tellement plu, surtout qund il m’avait expliqué que depuis quarante ans, elle n’avait jamais été habitée, juste un peu entretenue par des descendants venus installer quelques jours leur caravane dans le jardin. Je me sortais plutôt bien de l’ourlet avec cette laine épaisse difficile à plier. Le manteau commençait à se dessiner. En revanche, il me serait impossible d’abriter une valise de billet chez moi sans en prendre un ou deux, ou trois. Mais qu’est ce que je ferais avec tout ça ? J’ai tant d’idées que tous les billets de la valise n’y suffiraient pas. Quatre heure et demi, l’heure du goûter, et du droit chemin à retrouver. La côte, même pas difficile à monter, L’église, et puis l’école, et ma petite fille qui m’attendait avec un carnet de ticket de loto à essayer de vendre chez tous les voisins du quartier. « Deux euros chacun, et si on en achetait plein ? ».

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05 novembre 2009

un jour avec lui

a1a2a3a4                                                                                                          Il a emmené les enfants à l'école et chez la nounou puis il est revenu prendre un café avec moi. Je sais que notre luxe était là. Cette journée l’un à côté de l’autre à s’occuper chacun à ce qui nous plaisait. Il s’était assis dans le canapé pour lire le journal d’hier.  Quand je l’ai connu, il lui était difficile pour lui de passer une journée sans lire les nouvelles de son journal habituel, de la dernière à la première page, sans en manquer. Et puis les enfants sont arrivés. Et puis la vie est allée plus vite que le papier. Ce matin, les enfants ne nous avaient laissé qu’un bas de pyjama oublié devant le canapé et un petit pain à moitié mangé sur la table du petit-déjeuner. J’avais envie de coudre pour eux. Couper,assembler et bâtir sans avoir à me dépêcher. J’avais toute la journée. J’attendais qu’il me lise des bribes de ce qu’ils parcourait. Il m’aurait demandé mon avis et je lui aurais donné. Je l’ai regardé puis j’ai souri en pensant à ce qu’aurais pensé les militantes de la cause féministe en surprenant la scène que moi-même j’étais en train de regarder. Je lui ai demandé ce qu’il pensait de l’heure du déjeuner que je lui proposais. Nous étions tous les deux à nous glisser dans cette journée sans obligation ni principe. Il m’a aidé à installer mes premiers morceaux de musique sur mon petit lecteur à écouteurs et nous avons ri. Il m’a montré sa dernière série de photos et j’ai repris le petit pantalon que j’avais commencé pour Marcel. Je ne sais pas si un jour je lui ai dit que c’est cette liberté que j’aime le plus chez lui. Cette journée était là pour nous fassions ce qui nous plaisait. Et aujourd’hui, j’avais très envie de coudre des petits vêtements pour les enfants.
Je me souviens de mes vingt ans, vingt ans et quelques années  et des remarques cinglantes que j’avais entendues alors que je brodais. Moi qui avais lu Rose bonbonne et vu ma mère accompagner une de ces très jeunes élèves se faire avorter en secret, je trahissais la cause des femmes en m’appliquant à ce marquoir que je brodais pour le bébé que j’attendais. Ouvrage de dame d'un temps soumis et dépassé. Ce n’était pas de ma mère que venaient ces mots là, mais d’autres femmes qui avaient forcément lutté, plus que moi. J’avais déjà passé l’âge de m’opposer mais pas celui de vouloir être reconnue, et aimée. Je me suis mise à broder en cachette, ou presque,  puis j’ai abandonné la broderie et mes envies d’apprendre à coudre et tricoter. J’ai beaucoup lu,dévoré des romans, j’en oubliais ma vie et mes mains qui ne demandaient qu’à s’agiter. Des romans à la pelle, des bons et des mauvais, des histoires sans fins que je terminais la gorge serrée. Un jour, j’étais une toute jeune maman, on a essayé de me violer. Depuis, je n’arrive plus à m’abandonner à la lecture. Impossible de lire une histoire jusqu’au bout. Inutile de me demander pourquoi, je n’en ai aucune idée. Et puis quelques années plus tard, c’est un avortement qui m’a fait vaciller, penser que je ne valais plus rien. Et puis alors, je l’ai rencontré. Lui qui n’aime rien tant qu’aller titiller l’image qu’on donne à voir pour surprendre le geste que personne n’avait vu en arrière-plan et qui dit toute la vérité. Avec lui, on est forcément au delà de l'image donnée. Avec lui, j’ai posé les armes et les bagages qui commençaient à peser. Il est le père de trois de mes enfants. C'est avec lui que j'a retrouvé le goût des plaisirs, des grands et des petits, celui d'écrire mais aussi l'envie d'apprendre à coudre et à tricoter. L’autre soir à une heure très avancée de la nuit, nous avons lu le texte de cette féministe américaine, très militante et très américaine. Je crois que c’est ce que j’aime le plus chez cette homme là. Cette liberté qui se nourrit de tout mais qui se méfie des diktats et des codes brandis comme des boucliers. Aujourd’hui, il était assis sur le canapé et me lisait certains passages du journal qu’il avait envie de partager. Je cousais pour les enfants, pas très loin de lui, humant le parfum de nos libertés liées.

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04 novembre 2009

les autres

blanche« Heureusement que ce n’est pas vrai » m’a dit Blanche qui essayait de se rassurer. Je crois qu’elle savait déjà ce que j’allais lui dire. Nous écoutions toutes les deux à la radio l’histoire de cet homme qui avait traversé la méditerranée. Un homme qui avait tout laissé pour tenter sa chance ici, quitte à y laisser sa vie. J’ai du lui dire que si, que d’autres hommes comme celui ci essayaient de venir dans un pays comme le nôtre pour y trouver une meilleure vie. Nous avons toutes les deux parlé des maisons qu’ils laissaient, de leur pays, de leur famille et de leurs enfants.
Je ne suis pas venue m’installer ici pour me mettre à l'abri, même si quelquefois, j’aimerais protéger mes enfants. Je voudrais les regarder vivre leur enfance, qu'ils sachent leur chance  mais qu’ils ne se sentent coupables de rien, jamais.  Je voudrais  qu’ils trouvent ici des forces pour affronter toutes les vies. Mais de cette vie ici, loin du tumulte et des bruits, j’aimerais tant qu’ils tirent aussi la force d’écouter d’autres mondes et de ne pas fuir les détresses qu’ils vont croiser. Je crois que je n’ai pas d’autres rêves que de les voir assez forts pour ne pas craindre l’autre. Je suis leur mère et je voudrais toujours les protéger, mais j’aimerais qu’ils soient capables de passer de mauvaises nuits parce que l’histoire d’un homme les a remuée, ou parce qu’ils ont croisé un destin ordinaire et désespéré. Je voudrais que tous ces petits plaisirs dont nous essayons chaque jour de dresser une liste jamais terminée leur donne la force de pouvoir être bouleversé.  Je n’ai aucune religion à transmettre à mes enfants, la chose  politique m’a dégoûtée, mais j’aimerais tant qu’ils aient le goût de l’autre et l'envie d'aller vers lui.  Pas pour être aimé, encore plus aimé, mais pour partager et retrouver chaque fois un peu plus de soi dans les rencontres qu'on fait.
Blanche m’a expliqué que si cet homme était trop mal traité ici, il pourrait toujours rentrer dans sa maison, dans son pays. Je n'ai pas voulu la contredire, je ne lui ai rien dit quand elle a décrit la suite de l'histoire, avec des enfants qui reveinnent jusqu' à lui et une belle vie ici. Elle a six ans et elle avait envie d’y croire. Elle a six ans et la certitude que les histoires peuvent toujours bien se terminer. Trop petite pour entendre  que les frontières se ferment quand on n'est pas bien né. Il était encore trop tôt pour que je lui dise que pour ces hommes et ces femmes prêts à tout pour arriver jusqu’à nous, l’histoire se termine mal, quelquefois. Il était bien trop tôt pour lui dire que cet homme  se noierait peut-être au milieu de la méditérannée, que d'autre hommes en armes le tirerait comme un lapin contre un fil barbelé ou qu’il serait envoyé dans un camp, et que ses enfants n’auraient plus jamais de nouvelles de lui. Nous avons continué notre conversation. Nous avons parlé de l’école et de ses amis. Je lui ai montré le rouge de l’arbre au milieu du pré. Elle m’a dit qu’elle aimait l’automne, "parce que ça vient juste avant l'hiver et que c'est vraiment joli". Je sais qu’elle grandit. Je sais que tout s'inscrit, le rouge de l'automne et le plaisir de voir la lune au dessus de la forêt, comme l'hitoire de cet homme qui voulait traverser la méditérannée.

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03 novembre 2009

sur les canapés

123456               Nous étions tous les quatre serrés sur le canapé de la salle de jeux. Marcel dormait, les enfants allaient beaucoup mieux. Je leur avait promis que je regarderai ce film jusqu’au bout avec eux. Aimé se serrait contre son papa, Blanche s’était fait une place juste à côté de moi. Nous nous partagions la couverture qui nous réchauffait. Nous avons ri, pas tous aux mêmes moments. Je sentais les petits pieds froids d’Aimé contre les miens. En les regardant, je me suis souvenue de cet après-midi de décembre alors qu’ils n’étaient pas nés. Joséphine était partie en vacances chez son papa et nous venions d’apprendre que nous attendions un bébé. Je me souviens de cette fatigue qui ne voulait pas me quitter et de ce canapé de la salle de jeux, déjà là, sur lequel je me réfugiais. Il était venu me rejoindre et nous nous étions régalés d’un de ces films que seul décembre et la fin de l’année peut apporter. Je n’ai aucun souvenir de ce que nous avons regardé ce jour là. Peut-être Brigadoon ou la mélodie du bonheur. Peut-être toute autre chose aussi. Cet après-midi est resté comme l’un des plus jolis souvenirs de l’attente de ce bébé. Un sentiment d’abandon, plein et doux. C’est cette impression que je retrouvais cet après-midi, tout contre les enfants. Comme eux, je n’avais pas envie de voir le générique arriver. Nous l’avons regardé jusqu’à la fin et puis je les ai suivis jusqu’en bas, résignée à laisser le virus ralentir mes mouvements et engourdir mes idées. Marcel s’est réveillé et je leur ai proposé de faire un gâteau. Marcel serait goûteur, Aimé pourrait mélanger et Blanche m’a demandé si elle pouvait lire la recette. Je lui ai appris à chercher dans une table des matières. Elle a déchiffré sans se tromper la liste des ingrédients puis elle nous a lu chaque étape de la préparation. Le gâteau enfourné, ils m’ont accompagnée dans mon bureau. Un autre canapé, une autre plage de repos. J’espérais que demain, l’énergie m’aurait un peu rattrapée mais les enfants semblaient apprécier cette maman un peu diminuée. Je n’étais jamais très loin d’eux. C’est eux qui se sont éclipsés, quand je me suis endormie sur le canapé du salon alors que je venais de leur dire que je devais préparer le dîner. Alors que leur papa travaillait et qu’il n’avait pas vu l’heure tourner, je me suis réveillée à l’heure à laquelle, d'habitude,  nous montons les coucher. J’ai pris le temps de glacer notre gâteau aux marrons, il serait la pièce maîtresse de notre dîner. Je crois que les enfants garderons un bon souvenir de cette journée de petite maladie. Je crois que moi aussi.

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02 novembre 2009

novembre

a1a2a3a4a5a6                                                                                                                                                              En quittant ce matin une maison encore animée,pleine d’amitié,  j’étais sûre que ma journée serait marquée par le sceau des vacances. Je me réjouissais à l’idée de me laisser aller encore un peu au souvenir des journées que nous venions de passer. Mais j’avais oublié novembre et ses coups de vent violent, novembre qui pèse toujours de tout son poids sur  les envies de légèreté. Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’apercevoir que la fièvre des enfants m’avait rattrapé. J’ai cherché pendant tout le trajet  l’idée qui nous sauverait de ces trois semaines sans nounou. Ce trajet, je le connais par cœur, comme je connais le dégoût que j’éprouve pour ces petits ennuis sans importance qui peuvent empoisonner la vie. C’est une des spécialités de novembre qui cette année n’a même pas eu la délicatesse de placer son onzième jour dans une autres case que celle du mercredi. J’étais encore sur le trajet et j’avais beau essayer de me rattraper au branches des arbres qui bordaient le chemin, elles avaient perdu leurs belles feuilles rouges cette nuit, victimes d’une tempête qui avait balayé les couleurs d’un automne qui n’est pourtant loin d’être terminé. Le mal de tête et les frissons auraient dû me faire rebrousser chemin mais je me disais, bêtement, que j’aurais mieux fait de tomber malade la semaine prochaine. Au moins j’aurais pu garder les enfants. La pluie s’est mise à tomber, je l’attendais. Ce matin, les vacances étaient terminées et je retournais travailler.
J’essayais d’aller chercher les plaisirs que je trouverai dans ce mois à peine entamé. Des anniversaires, un christmas pudding à préparer, une journée en ville avec Blanche pour enfin aller acheter ses chaussons de danse et ce thé à la nougatine qui vient d’arriver à la maison. C’est exactement là que je me voyais, dans mon canapé, une tasse de thé entre les mains pour me réchauffer et laisser novembre passer. Mais ce mois ci, il faudrait aller faire les courses de la cantine et trier les CD. Je déteste me sentir diminuée. Quand je suis arrivée en ville, j’ai enfin sourit en pensant que dans cette rue là, ils avaient oublié de décrocher les décorations de Noël dernier. Elles n’auraient plus longtemps à attendre pour de nouveau s’allumer.  Et puis j’ai vu les hommes en jaune perchés entre deux lampadaires. Ils étaient en train d’accrocher d’autres étoiles au filin. La dernière citrouille n’était même pas rangée que novembre réussirait même à nous voler les lumières de Noël et à faire mourir le plaisir de l’avent. A partir de maintenant, il n’était plus question de franchir les portes d’un supermarché avec les enfants. Je ne l’ai pas encore vérifié, mais j’imagine les rayons croulants sous les jouets. Je ne veux pas de cette folie là. J’ai retrouvé ma place et l’ordinateur fermé. J’ai quitté mon ennui pour aller déjeuner avec une amie qui m’avait invitée. Quand je suis partie, elle m’a dit de prendre soin de moi. J’ai tellement aimé cette petite phrase là, celle qui veut dire que je suis une vraie personne. Quand je suis sortie ce soir, j’ai mis un temps fou à retrouver la voiture que j’avais garée en revenant ce midi. Le médecin m’a parlé de grippe et interdit d’aller retravailler avant lundi. En rentrant, je pensais à la mauvaise humeurs de mes deux petits garçons ces derniers jours. J’avais trop chaud, trop froid, je la comprenais. Je les ai retrouvés. Nous nous sommes assis devant le poêle. Aimé et Marcel n’avaient pas fini de grogner, je les ai laissés grogner. Blanche nous a dit qu’elle adorait les soirées comme celle-ci. Pour affronter novembre,je n'avais pas encore d'idées.

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