17 juin 2008
quatorze ans

Aujourd’hui. Mademoiselle Joséphine a quatorze ans. Ce matin, elle s’est levée pimpante, contente d’aller fêter son anniversaire avec les copines. Elles parleront de la fête et de la nuit sous la tente qu’elles passeront dans quelques jours ici. Elle parleront de beaucoup d’autres choses ici.
Les choix de la jeune fille se dessinent dans le secret des confidences, ses envies s’affirment et le stylo trace le chemin qu’elle choisit. Un chemin plein de ratures et de retours. Heureusement, elle n’a que quatorze ans. De vrais choix aussi, en majuscules. Ceux d’une jeune fille qui a toujours su où piocher des repères pour avancer.
Elle trace aujourd’hui un chemin bien à elle, que personne d’autre ne pourrait deviner. Une rivière a deux sources, l’une en Bourgogne, l’autre en Asie. Une rivière qui creuse son lit exactement comme elle l’entend, qui ne sait pas très bien encore dans quel Océan elle ira se jeter. Elle a le temps de décider.
Une jeune fille qui s’éloigne doucement. Rien de bien étonnant à quatorze ans. Une jeune fille qui revient souvent et qui voudrait pour un petit moment revenir l’enfant unique, celui qu’elle a été pendant neuf ans. Revivre avec sa maman leur vie d’avant.
Et puis juste après, ne surtout rien changer à la vie d’aujourd’hui, sortir avec les petits pour aller se promener dans le champ, confier des secrets à son beau-père. Lui, il sait écouter sans faire autre chose en même temps. Lui fêter la fête des pères. Et puis au téléphone, dire qu’elle est pressée de découvrir ses nouvelles affaires, impatiente de se jeter dans la nouvelle vie qui l’attend. Singapour et le lycée français. Dans un peu plus d’un an. Parler de son père, un « homme d’affaires ». Elle en est fière.
Ne pas détester entendre sa mère dire qu’après son départ « ce sera un peu dur pour tout le monde ici ».
Voilà quatorze ans que de son côté, madame L apprend en tatonnant. L’année prochaine, elle devra apprendre à voir partir un de ses enfants. La jeune fille rejoindra son père. Un petit point très loin sur la planisphère.
Madame L n’a pas très peur finalement. La lucidité de la jeune fille l’aidera à résister aux chants de toutes les sirènes. « mais tu fais attention quand même ! ». Ses milliers d’envies lui donneront envie d’avancer.
Dans un an, tout le monde fêtera son départ, et ses quinze ans. Mais avant, il reste un an. Une année sans en faire trop, sans regarder le sablier. Une année de quotidien à ne pas laisser l’idée de ce départ vampiriser la légereté des jours ordinaires. Une année à ne surtout pas se dire que c’est la dernière. Une année à la regarder s’éloigner tout doucement, apprendre à voler de ses propres ailes et revenir au nid les jours de pluie. Lui assurer qu’on l’aime et l’aider à prendre des forces et des repères pour le grand voyage qui l’attend.
merci Silo pour l'idée des bougies sur la table aperçue chez toi
madame la prof, venue faire un remplacement au collège de la demoiselle, dommage d'être repartie à Paris sans être venue prendre un petit thé.
07 février 2008
l'année du rat



Nouvel an chinois. Mademoiselle Joséphine était petite et pour la première fois, elle allait prendre l’avion. Voir son papa, très loin, tout à côté de la Chine lui avait-on raconté. Pas assez grande pour partir seule alors sa maman l’avait accompagnée. Dix jours à Hong-Kong, à l’autre bout du monde, pour voir son papa et les grands dragons effrayants. C’était l’année du lapin.
Le papa de la petite fille au travail toute la journée, elles étaient toutes les deux livrée à la grande ville. « une chose pour moi, une chose pour toi » Après le musée, Le fast-food, bien plus rigolos avec des chinois « on ne double pas ! ».
Madame L, pas encore madame L mais déjà plus madame G, était « la maman de sa petite fille » là-bas. Une petite fille trop contente de passer tout ce temps avec sa maman, à se perdre dans la ville, à faire des petites courses dans des marchés où elle aimait penser q’aucune autre petite blonde n’avait jamais mis les pieds. Elles apprenaient à se servir des baguettes, traversaient plusieurs fois la baie dans la journée, rentraient sans se sentir gênées chez les grands couturiers et passaient de longues heures à traîner dans les petites rues perdues. Passer plusieurs heures à rire chez le photographe en ragardant sa petite fille pomponée et déguisée. Toutes les deux légères, main dan la main, elles aimaient tant se perdre dans cette verticalité, essayer de l’apprivoiser. Ne pas y arriver. Mais toujours se retrouver en hèlant un taxi rouge pour rentrer à l’appartement.
Le soir, la maman de la petite demoiselle essayait de se faire plus discrète pour la laisser profiter de son papa. Ils étaient souvent invités à dîner. Alors elle racontait ses journées et s’apercevait qu’en quelque jours, elle avait beaucoup appris de cette ville, beaucoup plus que les gens chez qui elle était « hah non, les supermarchés chinois je n’y mets pas les pieds ! » C’est pourtant là qu’elle avait trouvé des trésors. Elle n’arriverait pas à les convaincre et c’était peut être mieux comme ça. Elle était un OVNI dans ce monde là. Pour eux, elle resterait la maman de mademoiselle Joséphine. Elles sont revenues plusieurs fois voir le papa de mademoiselle Joséphine. Elles avaient trouvé des repères, le petit carnet de "bonnes adresses" n'arrêtaient pas de gonfler.
Et puis il y a eu ce soir de la nouvelle année. Feu d’artifice dans la baie, une coupe de champagne à la main. Et une maman qui murmure déjà à l’oreille de sa petite fille que « des millions de gens rêvent d’être ici, là où elles sont, juste maintenant ». La petite fille se blottit dans les bras de son papa. Petite mélancolie passagère d’ une jeune femme qui n’aime plus et qui n’aime pas encore. Solitude d’un moment magique qu’elle voudrait partagé. Et puis le bouquet final. Même seule, merveilleux vertige. Fevrier 2000, la baie de Hong Kong. Aujourd’hui, quand elle ferme les yeux, elle y est encore. Merci au papa de la petite fille de lui avoir permis de vivre ça. Maintenant, mademoiselle Joséphine n'a plus besoin d'être accompagnée.
à chaque nouvel an chinois, lapin, chien ou rat, madame L et mademoiselle Joséphine se retrouvent au milieu de la baie, leur lien un peu plus serré. Un lien qui ne liait qu'elles. Les lumières se reflétaient dans l’eau de la baie. Elles avaient vu ça une fois. Et toujours, toutes les deux, quand elles le voudraient, elles le retrouveraient.
19 décembre 2007
Noël sans elle
Dimanche matin, monsieur et madame L accompagneront mademoiselle Joséphine sur le quai de la gare. Elle ira rejoindre son papa en Bretagne pour y passer Noël en famille. Madame L est habitué mais son cœur se serrera. Elle en sera surprise. Elle croit à chaque fois que « ça y est maintenant, mademoiselle Joséphine est grande alors elle ne va quand même pas pleurer ». Et puis c’est tellement bien pour sa grande fille qui ne voit que très rarement son papa. Mais elle a beau savoir tout ça, elle n’y peut rien, c’est comme ça. Les larmes vont couler quand elle aura quitté le quai
Les rires reprendront vite parce que mademoiselle Joséphine est toujours très bien là-bas, et puis elle reviendra pour découvrir ce qu’il l’attend au pied du sapin.
Pour madame L c’est plus facile maintenant. Depuis plus de dix ans, elle s’est habituée à ces « petits noëls » comme elle les appelle. Et puis sa fille n’est plus une toute petite fille. Elle ne croit plus au père Noël. Et puis madame L n’est plus toute seule. Elle a un amoureux et d’autres enfants dont les yeux vont briller ce jour-là.
Mais à chaque Noël passé sans sa grande fille, il y a la maman seule qui se rappelle à elle, à un moment. La maman d’avant, qui voyait partir sa petite fille d’à peine deux ans pour passer le week-end avec son papa. Alors, l’air devenait tellement lourd, la terre sous ses pieds si fragile, et les larmes qui coulaient toutes seules lui brûlaient les joues comme celles d’une petite fille. Pourtant ce n’était pas elle la petite fille. Sa petite fille à elle, elle était partie pour deux jours. Premiers week-ends de divorcés. A Noël c’est bien pire.
Ce matin, une maman triste a laissé un commentaire sur la dernière histoire du soir. Cette maman sait-elle à quel point madame la comprend? comme elle comprend ces mères, et ces pères, qui laissent partir leurs petits vers un Noël sans eux, découvrir d’autres sapins, ouvrir des cadeaux qu’ils n’ont pas choisis. Et cette solitude qu’aucune autre fête n’arrive à faire oublier, qu’aucune autre famille n’arrive à apaiser. Et l’envie de crier au monde que la fête, la bûche et les bougies, on sait faire, que c’est juste cette année, parce que d’habitude on est avec ses enfants en train de rigoler, mais que là, on a envie d’être tranquille, de dormir, de se réveiller demain, ou dans quelques jours juste pour le retour des enfants.
Derrière le papier pelliculé, l’écran plat où s étalent le bonheur et la famille réunie de la grand-mère centenaire jusqu’au petit dernier, il y a des tellement de parents comme elle, qui attendront cette année que leurs enfants reviennent. Madame L a fait partie de ceux là. Elle a pleuré ce jour là. Et puis d’autres Noël sont arrivés, 25 décembre ou pas. Ces noël solitaire, on les surmonte, parce qu’on y est obligé. On veut vite les oublier dès que les petits sont rentrés. Et puis, un jour, on s’aperçoit que c’est aussi dans ces noël gris qu’on a trouvé la force de saisir le bonheur d’après, pour ne plus le laisser s’échapper.
03 décembre 2007
demoiselle
Pour la naissance de son petit frère, elle voulait une guitare. Sa mère n’aime pas la guitare, enfin pas trop, même si elle ne le dit pas fort parce que Monsieur L aime beaucoup en gratouiller. Et puis, il le sait et ça ne l’empêche pas d’en jouer.
Quand madame L a entendu mademoiselle Joséphine lui dire que c’est cet instrument là qu’elle voulait, sans lui demander son avis, elle s’est sentie ravie, un peu fière de son p’tit boulot de mère.
Sa grande fille de treize ans avait décidé que c’est ça qu’elle voulait, sans lui en avoir parlé avant, sans lui avoir demandé son avis.
Une guitare, ce n’est pas un choix de vie, une chose grave, Mais Madame L était émue de voir sa grande fille choisir, un truc pour elle et rien que pour elle, sans demander à sa mère, à son père, à son beau-père.
Jusque là, cette jeune fille était plutôt torturée à chaque fois qu’elle devait choisir. Il faut dire qu’une maman au fond de la vallée, entourée d’un mari et de plein de petits, un papa en Chine, des parents qui vivent tellement différemment, ça ouvre l’esprit mais à treize ans, ça n’aide pas à choisir. Surtout quand l’un voudrait qu’elle vienne, et l’autre pas, pas encore, on verra dans un an. Et puis cette jeune fille est comme ça, peur de ne faire plaisir, de blesser, de ne pas plaire.
Mais cette année, Madame L, attendrie, voit sa grande fille grandir encore. Quelquefois, elle surprend un geste, un mot et elle voit la jeune femme qui se dessine, qui décide. Elle pense à la toute petite fille d’il y a treize ans, à tout ce qu’à deux, elles ont vécu, traversé, à cette petite fille qui vivait toute seule avec sa maman, et qui subitement s’et retrouvée belle fille, grande sœur, encore et encore grande sœur. Pour ça, il a fallu se séparer, apprendre que la vie à deux, rien que toutes les deux, ce n’est ni une vie pour une maman, ni une vie pour une petite fille, enfin il y a bien mieux. Même si dans le cœur de toutes les deux, ça reste un très doux souvenir.
Tout ce chemin, Mademoiselle Joséphine est en train de le faire. Se séparer. Et quelquefois c’est dur, mais Madame L lui dit qu’il faut y aller, qu’il faut avancer, et qu’elle l’admire aussi, parce que ce chemin là, il y a même beaucoup d’adultes qui ne l’ont jamais fait.
Alors mademoiselle Joséphine pourra dire à sa mère qu’elle exagère, qu’on ne peut pas vouloir aider sa fille à grandir et dire non quand elle veut partir, continuer de grandir en Chine. Mademoiselle Joséphine aura sûrement raison. Dans ce cas, madame L lui répondra que c’est justement ça qu’elle attendait. Que sa grande fille décide de partir parce que ça lui plaît, juste pour ça. Pas pour plaire à son père, à sa mère, à son beau-père, ou juste pour déplaire, c’est pire. Alors elles en discuteront, jusqu’à épuiser les arguments et quand mademoiselle Joséphine sera sûre que c’est ce chemin qu’elle a choisi, Madame L l’accompagnera, quelques pas encore et puis elle la laissera partir. Ce doit être si doux et si dur de voir l’un de ses petits prendre sa liberté. Alors ce jour là, Madame L ne pourra peut être pas lui dire, le cœur trop serré pour parler. Mais elle sera fière de voir sa fille s’envoler. Et puis que mademoiselle Joséphine en soit sûre, elle pourra toujours changer de trajet, et même se tromper, redevenir une petite fille le temps de se ressourcer. La retrouver, Revenir au début du chemin, ça fait du bien. Retourner dans ses bras, parce qu’on n’oublie pas. Elle pourra même amener sa guitare, et son amoureux. Enfin ça, faudra voir...
28 septembre 2007
entre deux mondes

il n'était pas neuf heures et madame L se resservait un petit café. La petite messe solennelle de Rossini allait accompagner sa journée. Elle finirait le tour de lit du petit m. et peindrait, peut être, les cadres qui restaient à accrocher. Il n'était pas neuf heures, ce matin, et le téléphone se mit à sonner "Bonjour madame, c'est le collège de Joséphine il faut venir la chercher".
Colère de Madame L. Ce matin, la jeune fille avait bien essayé de l'apitoyer "mal à la tête,
fatiguée, mal aux dents" comme souvent, quand sa mère rentre guillerette d'une petite virée à Paris alors qu'elle, "elle a souffert toute la journée". Sa mère lui avait fait remarquer, elle avait même essayé de lui fredonner ce petit air dur à chanter mais "la ratte qui se dilate", ça ne l'avait pas bidonnée.
vingt kilomètres pour aller chercher une demoiselle, déjà beaucoup plus fraîche qu'au téléphone et qui essayait de se justifier "la moitié du collège est absent". Après un tout petit somme, Mademoiselle Joséphine réapparaissait avec la fraîcheur de ses treize ans. "j'ai envie que tu t'occupes de moi".
La chose était dite. Madame L arrêta sa couture et embrassa sa fille avec la ferme intention, quand même, de ne pas se laisser emberlificoter. Mademoiselle Joséphine demanda alors l'autorisation de téléphoner à son papa, lui au moins il était loin, mais iil comprendrait...
" Mais dans quel pays tu es ?
Depuis quelques mois, cette question entamait tous les coups de téléphone que Mademoiselle Joséphine passait à son papa. Hong Kong, Shangaï ou Singapour?
Ses amies du collège lui disaient qu'elle avait beaucoup de chance, comment leur faire comprendre qu'elle aurait rêvé qu'il vive
dans le village d'â côté.
Le téléphone raccroché, Mademoiselle Joséphine essayait elle même de se persuader. "Ca y est maman, c'est presque sûr...il va s'installer".
Madame L se contenta d'un sourire, elle n'avait rien à dire.
A la fin du mois d'Août dernier, la papa en question avait ramené sa fille en annonçant qu'ils avaient réflechi tous les deux et qu'ils
envisageaient la venue de Joséphine, dès l'année prochaine...et au moins pour un an.
Madame L avait d'abord failli s'évanouir, puis elle avait juste balbutié qu'il "était trop tôt pour décider" en pensant très fort qu'elle aurait quand même son mot à dire.
Ebêtée, tout le reste de la journée, elle n'avait même pas eu le courage d'en discuter avec sa fille.
Biensûr, elle savait qu'un jour Mademoiselle Joséphine partirait et que ce serait peut être plus tôt que les autres jeunes filles, et peut être pour aller beacoup plus loin. "Pour le lycée, c'est peut être une bonne idée" Madame L avait consenti.
Mais le lycée, c'est bientôt maintenant et Mademoiselle Joséphine n'est encore qu'une toute jeune fille qui besoin d'une présence féminine pour lui epliquer, d'une maman pour la réconforter. Et tous ces petits trucs de femmes qu'elle
aimerait lui transmettre avant de la voir s'envoler.
Et puis, si elle devait s'en aller, l'Asie c'est tellement grand, Madame L voudrait d'abord savoir dans quel pays exactement. "Elle sera confrontée à un autre monde et ça ne peut que l'enrichir..." lui disent les amis larges d'esprit. Madame L acquièsce. Mais cet autre monde, madame L a trop peur que ce soit celui de l'argent et des cadeaux facile, du réussir à tout prix, loin de la vie quotidienne des habitants du pays. Tout ce que Madame L n'a jamais vraiment aimé.
"Mais maman...j'ai quand même treize ans, tout ça, je sais..." Il faut lui faire confiance.
Mais Mademoiselle Blanche et Monsieur Aimé, ébahis d'admiration devant cette très grande soeur qu'on emmène quelquefois à l'aéropport et qui part toute seule rejoindre son papa à l'autre bout du monde, Madame L ne se sent pas la force de leur expliquer que cette fois, elle ne reviendrait pas avant très très longtemps. Comment ferait Mademoiselle Blanche qui compte les nuits après chaque départ. Madame L le sait bien, il n'et pas question qu'elle se serve des petits frères et soeurs comme arguments.
Mais quand même, et le petit m....
Tout doucement, Madame L essaie de l'envisager, même si elle n'en a pas du tout envie. Quand la situation là-bas sera stabilisée, que Mademoiselle Joséphine aura quand même un peu grandit, Elle n'aura aucune raison de s'y opposer. Sa grande fille partira pour quelques mois, ou plus, rejoindre son papa et découvrir d'autres mondes, d'autres façons de penser. Mais s'il vous plaît, pas maintenant, ni dans un an. C'est juste un peu trop tôt. elle a encore tant de choses à lui dire.



04 septembre 2007
C'est quand la toussaint ?
Mademoiselle Joséphine n'a pas envie, mais alors pas envie du tout de retourner au collège. Se lever tous les jours à six heures, attendre le car devant l'église, écouter, écouter, encore écouter puis rentrer pour travailler, travailler et encore travailler. Madame L est d'accord, ce n'est pas vraiment une vie de jeune fille. Mais elle pense aussi que le tableau est peut être un peitit peu moins sombre que celui que lui décrit sa fille. Au mileu des profs "nullllls !", il y en a toujours un ou deux ( même quelquefois trois...ou quatre) "carrément géniaux". Parmi les copines qui trahissent et qui piquent les amoureux, on s'en trouve quelquefois une, ou deux qu'on garde "amie pour la vie".
Et puis Madame L n'arrête pas de le répéter à Mademoiselle Joséphine. "Tu verras, la quatrième c'est un autre monde". Les garçons comment à devenir moins idiots et surtout beaucoup plus mignons. Enfin, ça, ça ne la regarde pas ( heu...si quand même un peu) et les copines plus fines.
En fait, Madame L sait que sa grande fille a treize ans et que , de toute façon, c'est dur d'avoir treize ans. Envoyer promener ses parents, ou se faire bichonner, les deux à la fois...personne n'a encore trouvé comment. Une dame qui connaissait très bien les enfants appelait ça "le complexe du homard". Mais il se trouve qu'ici, le homard en question ( vous savez, cet animal qui , alors qu'il n'a plus de carapace, doit rejoindre la mer et le monde des "grands"), ressemble plutôt à une très jolie sirène qui en plus, en a dans la caboche.
Alors il se trouve que demain, si Madame L accompagnera sa grande fille en pensée toute la matinée, elle lui fait confiance ne se fait pas trop de soucis. La vie, même en quatrième, est jalonnée de petits plaisirs qu'elle saura saisir. Et en plus, les vacances de la toussaint, c'est dans moins de deux mois !












