18 avril 2008
escales

Vingt-deux heures de voyage de porte à
porte, et pendant tout le vol, des sensations qui se mélangent,
s'entrechoquent. Tristesse d'avoir quitté le Japon, la petite
soeur de madame L et impatience de retrouver les enfants. Le voyage
est bien fini. Escale à Copenhague, madame L achète Le Monde pour se remettre dedans. Pas vraiment envie et la même
impression, comme à chaque fois qu'elle est partie loin, que
le plus important n'est pas là. Envie de rêver à
la prochaine destination, au voyage qu'ils feront avec les enfants ou
tous les deux, moins longtemps.
Elle profite de ces quelques heures hors du temps pour penser à la vie qui va très vite les rattraper après. Retravailler, s'organiser, préparer le dîner quand on vient d'arriver. Penser à tous les dimanches qui vont arriver.
Bruxelles et les paupières qui se ferment. Partage du taxi avec une famille qui revient d'une semaine "en club", trois enfants tout bronzés. « Nous ils sont quatre, et ils nous attendent à la maison". La dame pose beaucoup de questions. Madame L n'a pas envie d'être impolie, mais pas très envie de raconter non plus. Elle attend d'être à la maison et déjà se souvenir, ça voudrait dire que c'est vraiment fini. Pendant quelques minutes, elle y est encore un peu.
La porte s'ouvre, monsieur Aimé en Pyjama et mademoiselle Blanche en chemise de nuit se sont fait tout beau, ils sentent bon le savon. Elle a tellement de choses à raconter et lui, une fois la surprise passée passe des bras de son papa à ceux de sa maman. Merci encore à maminou, papinou et Barthélémy. Ici aussi, tout le monde à l'air un peu fatigué. Monsieur Marcel est endormi. On va l'embrasser, il ouvre les yeux, et se rendort aussitôt en souriant. Mademoiselle Joséphine hésite entre faire la tête et quand même leur dire qu'elle est contente de les voir rentrés. Elle attend demain matin pour les rassurer. On se raconte les dix jours de l'un et de l'autre côté, on se fait des câlins et on essaie de décrire la vie des cousins japonais. ET puis madame L retrouve l'histoire du soir « pas trop longue, parce que pour nous, c''est comme s'il était cinq heures du matin ».
Après une petite nuit, elle se lève alors que tout le monde est encore endormi pour préparer les petits paquets. Un petit tas pour chacun. Petit Noël japonais. Après il va falloir tout ranger, refermer les valises et prendre le train. Demain matin, tout le monde se réveillera à la maison. La vie reprendra comme avant. Pas tout à fait. Ils ont tous tellement grandi pendant ce petit séjour japonais.
16 avril 2008
Arigato Philo!



Ça y est, c’est fini, presque fini. Il y a moins d’une heure, monsieur et madame L regardaient Tokyo la nuit du bar cet hôtel, celui de Lost in translation, au quarantième étage de la tour qui surplombe toute la ville. Madame L s’est dit que c’est une de ces images qu’elle garderait pour se retrouver ici quand elle aurait quitté ce pays. Ce matin aussi, en haut du temple de Kamakura, en buvant le thé vert sur une terrasse appuyée à la montagne. On voyait la mer au loin et tout près, le Mont Fuji.
Ce matin madame L était un peu triste, parce que le voyage est fini, parce qu’il faudrait dire au revoir à Philomène et ses komodos demain matin et parce que l’après approchait.
Mais ce soir, elle sent déjà tout ce que ce voyage lui a offert, tout ce qu’elle continuera de porter de ces quelques jours au Japon.
C’est encore flou, mais c’est déjà certain.
Tout ça c’est grâce à Philomène, Des petits bouquets de fleurs et cadeaux d’arrivée à la glace au thé vert, pas du tout ratée, du dernier dîner. Si monsieur et madame L avaient l’impression qu’ils se trouvaient comme chez eux dans le métro de Tokyo, c’est grâce à ses indications. C’était si drôle de voir sa petite sœur parler japonais avec les chauffeurs de taxi. Madame L est une grande sœur épatée. Parce que, mine de rien, et ce « mine de rien » fait partie de l’attention, tout avait été si bien préparé. La liste ce qu’ils pouvaient faire, peut-être aimer, ce qu’ils ne devaient pas rater et puis la vie de tous les jours à partager par petites bouchées. Mademoiselle Léonie à la crèche avec les petits japonais et monsieur Gaspard à l’école où il apprend aussi l’anglais. Maintenant, ce sera plus facile de les imaginer, de raconter leur vie à leurs cousins de très loin.
Alors Merci Philo, merci aussi à Stéphane d’avoir accueilli chez lui ce bout de famille forcément envahissant et merci à Monsieur Gaspard et mademoiselle Léonie d’avoir prêté leur salle de jeux. Rendez-vous à la campagne, à Paris ou beaucoup plus loin. Ou vous irez. Et encore merci. Arigato gozaïmas les komodos !
les carpes



C’est à quelques stations de métro des centres de Tokyo. D’ailleurs, si on le veut vraiment, il suffit de traverser le grand parc pour retrouver la foule, les écrans géants et les enseignes publicitaires. Mais à Yanaka, c’est encore un autre Tokyo que monsieur et madame L ont découvert hier. Une petite rue marchande où les vieilles dames dont on n’arrive pas à savoir l’âge viennent faire leurs courses de la journée, des temples bouddhistes et un très grand cimetière ou les chauffeurs de taxi et les livreurs viennent se garer pour dormir quelques heures.
Après avoir couru d’un bout à l’autre de Tokyo, en avoir redemandé encore, ce cimetière ou quelques cerisiers n’ont pas encore perdu leurs dernières fleurs est encore un petit cadeau.
Une mamie charge son vélo avant de repartir se perdre dans les ruelles, un vieux monsieur prend des photos d’un jeune homme en kimono qui balaie la terrasse d’un temple. Ici, les temples sont propriétés privées et peuvent être rasés du jour au lendemain, ou être transformés en crèche ou en maison d’habitation.
Madame L voulait aller au musée Shitamachi, le seul de leur séjour ici. Mais elle avait vu qu’une petite rue du vieux Tokyo y était reconstituée.
Avant d’y aller, comme il faisait très beau, ils ont déjeuner au bord du lac aux roseaux. Petites assiettes de nouilles commandées sur une machine automatique. Heureusement que Philomène était là pour comprendre les mots en japonais. Souvenirs de parc à l’américaine où tout le monde se retrouve, ou chacun fait ce qui lui plaît, ou il n’est pas interdit de s’allonger sur les pelouses pour se reposer avant de retrouver le tumulte qu’on perçoit quand même so on tend l’oreille.
Ici, dans les musées, on a le droit de toucher, c’est même fortement conseillé. Madame L et Philomène sont même encouragée par une dame du musée à enlever leurs chaussures dans la petite maison du vendeur de jouets, reconstituée comme elle était en 1923. Sur la table, le thé est prêt, le linge sèche à côté et les futons sont rangés sur les étagères. Dans la petite maison à côté, des écolières jouent à la poupée.
A l’étage du dessus, des jouets anciens, les mêmes que ceux qu’on commence à voir dans les bazars. Ici, ce sera bientôt la fête des garçons et des carpes sont déjà accrochées dans les jardins et aux balcons
14 avril 2008
petits paquets

Faire des courses avec sa petite soeur, c’est ici comme là-bas pour une fois. Après le déjeuner, se presser un peu pour profiter des deux heures qui restent avant la sortie de l’école. Aujourd’hui, madame L a suivi Philomène dans les grands magasins qu’elle voulait lui montrer. Des petits sacs à tout, à mouchoirs, à petite bouteille, à grande bouteille, à tout ce qui existe en fait et puis des petites cartes peintes et du papier plié.
Et toujours la recherche des cartables des petits écoliers japonais. Trouvés en fin de journée. Aussi beaux qu’on le pensait, mais il faudra encore un peu économiser.
Pour chaque petite chose son petit paquet, puis un petit sac, glissé dans un autre sac un peu plus grand et le choix du papier cadeau, et de la couleur du ruban. Une fois madame L s’est trompée, elle a pris la chemise qui était sur le portant, une dame est arrivée à petits pas pour l’échanger contre la même, déjà prête, dans son sachet.
Madame L un peu gêné à regardé autour d’elle. Des jeunes femmes élégantes, des dames apprêtées, elle s’est sentie pataude avec ses baskets mal nettoyées. Tout d’un coup, l’éléphant dans le magasin de porcelaine, c’était elle.
Et puis les petites courses ont repris de plus belle. Pas de folie, juste des prétextes en coton léger, des fleurs à accrocher, pour continuer à se balader.
Après les vêtements et le papier, madame L est descendue au rayon alimentation d’un grand magasin dont Philomène lui avait parlé. Tout ce quelle venait de voir n’était rien à côté de ce qu’elle découvrait. Tous les produits du monde devaient se trouvaient ici, emballés dans de jolis paquets. L’esthétique du quotidien, du geste comme de l’étiquette, c’est peut être ici ce qui l’aura le plus marquée.
Puisqu’elle essaie de ramener de partout des petites bouteilles de lait en verre, elle s’est dit que c’est dans ce magasin qu’elle allait en trouver, au rayon frais. Arrivée à la caisse pendant qu’une vendeuse les enregistrait, une autre les empaquetait dans du papier à bulles avant de glisser un petit sachet de glace dans le sac pour les conserver au frais. Même gestes appliqués ce grand magasin comme dans la gargote d’à côté.
Quand madame L sera rentrée, elle pensera aux gestes des japonaises à chaque fois qu’elle préparera un petit paquet. Elle essaiera de ne se concentrer que sur le papier qu’elle est en train de plier, de coller, même s’il doit être déchiré après. Comme si rien d’autre ne comptait. Elle essaiera de s’appliquer. 
13 avril 2008
vieux kimonos et folles dentelles



Pour monsieur et madame L c’était le premier vide-grenier de l’année. Une allée dans un parc de Tokyo et des stands de vieux objets et de kimonos usés. Un vide-grenier ici, madame L n’y avait même pas pensé mais Philomène la connaît . Butin du dimanche matin, un kimono d’été, un petit porte-bonheur et un métrage de tissu. Du coton fin, parfait pour essayer les petits livres de patrons pour enfants déjà rouvés et prêts à s'envoler. Avant, un petit tour dans le parc d’à côté. Le temple, toujours des vœux accrochés, et une réunion d’anciens combattants venus se retrouver à côté du musée des armées. Un dimanche matin presque comme les autres pour monsieur et madame L qui la veille au soir avaient appelé leurs enfants. Tout allait bien. Sensations mêlées de manque et d’envie d’en profiter. Bientôt, très loin, la course du quotidien reprendrait et le sejour à Tokyo se raconterait comme une histoire passée.
En prendre plein les mirettes, ne jamais s’arrêter, c’était l’idée de madame L Suivie de près par son amoureux qui, cet après-midi, attendait que la pluie cesse pour aller photographier les Shibouyettes, ces jeunes filles déguisées en poupée, en héroïne de mangas ou en infirmière débrayées. Alors quelques sauts de puces pour regarder les immeubles de marques, dernières folies souvent très réussies des architectes, puis ils se sont retrouvés sur le pont où les jeunes filles déjantées se retrouvent tous les dimanche pour enfiler leur costume et vivre leur rêve éveillé.
Pendant que monsieur L officiait, madame L s’est offert un petit tour seule dans le quartier. Seule dans une ville de huit millions d’habitants, au milieu d’une foule qui, pas une fois ne l’a bousculée. Et comme plusieurs fois depuis plusieurs jours, cette sensation d’ivresse et d’excitation, certitude qu’ici, on trouve toujours ce qu’on cherche et même ce qu’on ne cherche pas. Se perdre dans une ville qu’on ne connaît pas. Ne pas se perdre tant que ça. Commencer petit à petit à saisir des bribes de ce monde qui ressemble au sien et qu'elle devine quand même si différent. Le dedans et le dehors. Ne rien comprendre encore de cette ville par laquelle elle se laisse engloutir mais sentir qu’elle peut en saisir quelques clés. Impression de liberté toujours flanquée de cette rigidité qui n’en est peut être pas. Rigidité n'est pas le bon mot, mais dans sa langue, il n'en existe pas pour définir cela. Course ininterrompue et délicatesse infinie pour préparer un petit paquet qui sera défait cinq minutes après. Dans quatre jours il faudra repartir. Ils auront la certitude qu’ils ont encore tant à découvrir d’ici. Tant àregarder. Ils auront juste passer dix jours à rester les yeux les plus ouverts possible, pour ne rien rater de ce qui leur était offert. Madame L finissait sa promenade à l'oriental bazar. Comme sa petite soeur lui avait indiqué, elle est monté au premier choisir quelques poupée puis en oubliant les groupes de touristes qui la croisaient, elle a filé au rayon des kimonos déjà portés. Presque une heure à fouillé dans les soieries et les cotons d'été et quelques petites merveilles choisies pour se souvenir longtemps de ces quelques jours japonais 

12 avril 2008
passages piétons

C’était Samedi ici aussi. Premier jour du week-end, et monsieur et madame L ne connaissaient pas Shibuya. Quartier ou les jeunes viennent traîner et faire leurs courses. Monsieur L se cherchait un jean, c’était l’occasion d’y aller. Looks déglingués, cheveux verts et lunettes de soleil, même sous la pluie la nuit et dans chaque rue, plusieurs immenses écrans de télé qui diffusent des clips et de la publicité. Encore un carrefour géant, des passages pour piétons qui se croisent et, comme un métronome, le carrefour qui se vide de ses piétons pour laisser passer les voitures puis quelques minutes après, se remplit et devient noir de monde, puis le feu passe au rouge et, plus rien pendant quelques secondes jusqu’à ce que les voitures reviennent.
Les jeans trouvés, les tympans attaqués, monsieur et madame L décident de reprendre le métro pour Ginza, autre quartier de shopping et de grands magasins, plus chic que le premier. A la recherche d’un cartable d’écolier comme celui que tous les enfants portent ici, rouge, noir ou bleu marine. Et cette grande rue en plein milieu de la ville qui le samedi et le dimanche se vide de ses voitures, comme si tous les week-end, les champs élysées devenaient piétonniers.
Le cartable n’est pas trouvé, madame L continuera de chercher. Mais il est déjà cinq heures et ils ont rendez_vous dans la baie. Le métro aérien les transporte au mileu des immeubles, puis traverse la baie. C’est comme le grand huit à la fête foraine, les loopings en moins. Une autre image de tokyo qu’ils n’attendaient pas. Petite plage de sable et ponton, ambiance californienne avec bar pour chien et palmiers au loin à laquelle on aurait greffé la statue de la liberté et le pont de san francisco.
Ce soir, on remplace la soupe miso par d’énormes hamburgers hawaïen. La chapelle de l’immense hôtel s’est allumée.Derrière la grande baie vitrée qui donne sur la baie, On célèbre un mariage avec orchestre et pasteur. Deux hôtesses attendent devant les bras chargés de ballons bleus et blancs. Les portes s’ouvrent et tout le monde est invité à applaudir. Des gens qui passaient par là se sont arrêtés. Madame L était là, on lui a donné un ballon qu’elle doit laisser s’envoler. Le marié tire sur une corde de ce qui devrait être une cloche. A la place, c’est un crooner des années cinquante qui se met à chanter. En moins de cinq minutes, les flashs ont crépités, les mariés ont souri, ils retournent à l’hôtel et les invités sont partis.
Sur le chemin du retour, des immeubles à l’architecture insensée, des appartements allumés qui laissent entrevoir un peu de la vie à Tokyo, deux grandes roues qui n’arrêtent pas de tourner. Ici, on semble n’avoir jamais fini de jouer.
11 avril 2008
les poissons

Arrivés trop tard pour assister à la criée. Les plus gros thons de la matinée étaient déjà vendus Mais monsieur et madame L découvraient le plus gros marché de poisson du monde, c’est en tout cas comme ça qu ‘on leur en avait parlé. L’odeur de la mer leur rappelait subitement qu’ici, on était entouré par l’eau. Des camions et des porteurs roulaient dans tous les sens, des hommes en combinaisons noires commençaient à ranger mais des affaires se jouaient encore. Des messieurs en costume noir, semblant ignorer que leurs pieds baignaient dans l’eau et le sang , négociaient leur malette à la main. Des fruits de mers inconnus, des coquillages encore vivant et des poissons orange étaient encore prêts à être vendus.
Peu de femmes, quelques unes dans les petites cahutes pour tenir la caisse et compter. Des groupe de jeunes hommes se réchauffaient un bol de soupe à la main. Ils étaient sûrement là depuis des heures. Certains coupaient encore de gros morceaux de thon, frais ou congelés.
Dehors, une femme exigeait que ces clients restent dans la queue pour être servis. On avait envie de revenir dans ce monde à part pour regarder encore, observer, sûrs qu’on découvrirait encore, à chaque fois qu’on y reviendrait. Plaisir de touristes venus photographier un monde qui finissait sa nuit, poissonniers épuisés, as du couteau encore prêts à couper. Eux, ils reviendraient demain, qu’ils l’aient choisi ou non.
Monsieur et madame L les laissaient derrière eux pour une nouvelle exploration, un autre univers inconnu, celui des jeux et des mangas.
Des salles de jeux bondées en plein milieu de l’après-midi. On ne joue pas pour l’argent puisque c’est interdit. Les lots sont présentés à l’entrée. De la nourriture et des produits d’entretien. Ici, on joue pour jouer. Quelques étages plus haut, des figurines « pour adultes uniquement » et des dizaines de super-héros rangés par séries ou catégories.
Le quartier des bouquinistes est à deux stations plus loin. De beaux cahiers remplis de signes à l’encre noire, des tampons rouges et un dessin de poisson rouge comme elle en cherchait. Il ne vaut peut être rien mais après, elle se souviendra toujours de cette fin de journée, de ce vieux monsieur élégant en kimono gris, plongé dans les livres de photographie, ignorant la foule qui l’en
tourait. 

08 avril 2008
les parapluies de Tokyo

La pluie tapait très fort sur la vitre ce matin. Elle ne s’arrêterait pas de la journée. Sur le chemin qu’ils empruntaient pour emmener monsieur Gaspard dans la petite classe du lycée français, monsieur et madame L croisaient d’autres petits garçons. Uniformes quasi-mi militaires, la main dans celle d’une maman qui elle aussi doit respecter un code vestimentaire. Cette jeune femme devra-t-elle enfiler une nouvelle fois son costume de maman bien élevée quand elle ira le rechercher à la fin de la journée ?
Les derniers pétales tombent des cerisiers.
La librairie dont on leur avait parlé est un paradis. Des milliers de livres qu’on peut feuilleter en sirotant un café, le regard qui se promène discrètement sur les autres clients. Adolescents branchés, jeunes femmes bien élevées. Le monsieur qui s’assied sort des pages du « Lotus Bleu », c’est le méchant. Il a du passer des heures à travailler son allure de vieux dandy décalé.
Première expérience de transport en commun. Dans le métro bondé, ordre et discrétion. On n’ose pas parler, juste s’indiquer du regard la jeune fille à chaussettes rayées qui vient d’entrer. Des hommes en cravates et costumes foncés montent et descendent sans arrêt.
Il pleut toujours aussi fort. Station Yurakucho. Bic Caméra, l’enfer pourrait ressembler à ça pour madame L. Une chanson idiote qui tourne en boucle toute la journée, des milliers d’appareils électroniques sur plusieurs étages, des vendeurs qui courent partout, des néons et des écrans animés. Mais Ici, même en enfer, on trouve des petites choses à acheter. Un tour de cou en cuir pour son appareil, si pratique et si joli aussi, et puis un étui…et puis un appareil numérique avec une carrosserie de vieux roleflex. Non, celui là, elle ne prend pas.
Le grand Muji après, c’est le premier jour, les yens se bousculent dans leur tête. Mais c’est parce que c’est la pluie, on fera autre chose après. D’autres petits livres comme ceux qui à Paris sont hors de prix, des petites boîtes pour tout, des jolis cahiers, et un thé pour se reposer.
Il fait nuit, un petit tour à Ginza, juste pour voir « après on rentrera ». Le carrefour qu’on voit partout, « on y est, en vrai ». Des parapluies partout, des lumières aussi. Une vieille dame en kimono qui traverse un passage pour piéton son portable collé à l’oreille. La photo est ratée mais l’image est imprimée. D’autres vieilles dames croisées aujourd’hui, des vieux messieurs aussi. Avant d’être trop vieux, Ils peut être étaient acdres, costume sombre et pas pressé. Aujourd'hui, ils sont condamnés à balayer et nettoyer.
La maison n’est pas loin. Derniers parapluies croisés. Demain, à Kyoto, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils vont trouver. Ils regarderont un ou deux guide dans la train, mais pas trop. Ne pas se faire d’idée, ne rien attendre de précis. Ils se laisseront porter par la journée.





































