tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

30 juin 2008

Blanche et Georges

georges1georges2georges3georges4                                                                                                      Comme il fallait aller à Lyon où mademoiselle Joséphine allait prendre une avion, ils ont décidé de passer cette journée en ville avec mademoiselle Blanche. Une journée presque toute entière pour elle.
La petite fille qui a décidé d’essayer de parler en  rimes rêvait, toute seule avec son père et sa mère d’un steack- frites sur une terrasse au bord de la mer « et avec tous les amis de ma vie qui seraient sur la plage aussi ».
Mauvais point pour les parents avant même que la journée soit commencée. Il auraient peut être pu faire mine de la chercher et lui annoncer un peu après mais madame L a préféré lui révélé tout suite qu’à Lyon son plan plage devait être oublié.
La petite fille a quand même trouvé la ville très jolie et puis l’idée d’aller au restaurant toute seule avec ses parents l’a aidée à marcher jusqu’à c qu’ils l’aient trouvé. Une institution ici. La Brasserie Georges, depuis le temps qu’ils s’ étaient promis d’y aller, elle était ouverte tout l’après midi et ça tombait plutôt bien. Il était deux heures passée et ils n’avaient rien mangé. Des serveurs en costume et tablier blanc, toujours gentils avec les enfants, un plat du jour bon comme à la maison et un très bel endroit plein d’histoires à raconter. Mademoiselle Blanche prête à toutes les écouter. Quand il n’y avait pas d’automobiles pour venir manger « mais la guerre c’était quand ? »
georges5
                                                         « Et qu’est ce qui rime avec dessert ? ». Eux, ils étaient touts prêts à l’écouter, elle. Et rien qu’elle, sans pause ni interruptions des petits frères.
Ils sont ressortis rassasiés, un peu comme lorsqu’on est allé déjeuner chez sa grand -mère et qu’on a jamais osé dire non. C’était bien bon. Mademoiselle Blanche a tout mangé et c’est sûr, ils auraient le temps d’aller voir la plaine africaine, les girafes et les zèbres  l’autre bout de la ville. Les zébres s’étaient fait la malle mais les girafes étaient bien là dans les hautes herbes. Les singes, à côté,  l’ours brun un peu plus loin comme les trois eléphants d’Asie.  Et comme à chaque fois qu’il voit ces animaux là, monsieur L se dit qu’il aimerait bien emmener ses enfants les voir en vrai. Il leur a promis. Promis qu’un jour, ils essaieraient. Mais pour l’instant, un aller-retour à Lyon c’est un peu moins cher qu’un billet d’avion pour le Kenya  et c’était tellement bien qu’ils y retourneront peut être vendredi avec les garçons.
tetedor1 tetedor2

Posté par marionl à 22:59 - Blanche - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juin 2008

cuisine d'été

dinette1dinettedinette3dinette4                                                                                                         C’était une promesse de madame L, même si elle sait qu’à chaque fois, c’est elle qui finit par tout remonter. « Mais non maman, promis juré, je t’aiderai !». Les deux petites chaises, une table et une partie de la dînette dans des petits paniers, elles ont descendu presque toute la cuisine de mademoiselle Blanche pour qu’elle puisse jouer dehors avec sa poupée « bon tant pis pour la cuisinière, je ferai semblant mais tu aurais quand même pu accepter ! ». La petite fille avait eu cette idée en déjeunant hier sous la glycine. Elle aussi avait envie de sa cuisine d’été. Madame L est allée lui chercher un de ses grands torchons à mettre en nappe et elle a même prêté son bouquet.« mais pas tout de suite parce qu’on dirait que c’est moi qui l’aurait cueilli ».
Une fois qu’elle a eu tout installé, madame L s’est eclipsée pour laisser faire la magie du petit monde imaginaire. Dans un coin le magasin, un peu plus loin la cuisine qui servait aussi de chambre et de garderie. «  pour mon bébé, on dit que son papa est mort et que toi t’es sa grand-mère, comme ça tu peux la garder! ». Ces premiers jalons posés, la petite fille est repartie jouer, très occupée. Elle avait des courses à faire et des fleurs à cueillir, et puis mettre le couvert pour enfin donner à  manger à Rose, la poupée, tout ce qu’elle lui avait préparé. Rien ne semblait la perturber. Elle sortait, rentrait, montait et descendait les escaliers d’un pas décidé et en parlant tout le temps. Mademoiselle Blanche avait toujours eu cette capacité à ne jamais s’ennuyer, à s’évader dans son monde, à condition qu’on lui laisse de l’ espace à occuper. En quelques minutes, après le jardin, elle avait investi le canapé, la liseuse, la salle de bains et l’escalier. A Rose, venait toujours s’ajouter d’autres enfants, qu'elle seule voyait. Tour à tour douce et très autoritaire, mademoiselle Blanche était la maman qu’elle avait d’envie d’être, quelquefois surprenante pour sa maman à elle qui la regardait s’activer. 
Madame L s’était un peu inquiétée l’année dernière quand mademoiselle Blanche enfermait tous ses enfants  dans le placard à vaisselle. Quel modèle avait elle bien pu donner ? Elle s’ était même risquée à commenter, à espérer tout fort qu’elle ne lui avait jamais donné cette image là. Elle avait douté. « Mais je joue maman, et je fais ce que je veux ! ».  Mademoiselle Blanche avait abandonné le placard comme punition suprême et se retrouvait à la tête d’enfants tellement obéissants qu’elle n’avait même plus à se fâcher. Madame L lui aurait bien demandé comment elle y était arrivée.  Elle aurait pu essayer de copier. Mais ce n'était pas ses affaires. Alors elle a préféré se taire, profiter de ce moment de calme pour s’asseoir sur le canapé et reprendre le livre qu’elle n’avait pas ouvert depuis longtemps.

Posté par marionl à 19:01 - Blanche - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juin 2008

ses démons

mariage1mariage2mariage3mariage4                                                                                                         Il y a des jours où tout ne se passe pas exactement comme on le voudrait. Pourtant hier tout avait bien commencé. Un petit passage chez le coiffeur pour rattraper les dégâts et une petite fille qui se trouve très jolie avec son petit carré, des courses toutes les deux pour l’anniversaire de mademoiselle Joséphine et la fête des pères . C’était bien d’être encore un petit peu toutes les deux. Et puis aujourd’hui, mademoiselle Blanche avait décidé de convoquer ses petits démons, les inviter à la fête sans demander l’autorisation. Trop ronchon, trop fatiguée, la petite demoiselle toussait dès qu’elle était contrariée. Et elle était très souvent contrariée. Ni sa jolie robe, ni celle de sa poupée, ni même la petite barrette que madame L lui avait fabriquée n’ont eu raison des démons.
Pourtant, ce mariage, elle l’attendait. Mais là non, rien ne tournait rond, ce qui commençait à sérieusement exaspérer sa mère.
La montée de l’église, madame L l’avait imaginée joyeuse et légère, mademoiselle Blanche avait des semelles de plomb. ET puis l’église et les mariées à peine rentrées, la petite fille qui s’est mise à tousser, tousser puis chouiner et pour finir, cracher sur sa jolie robe brodée.
Heureusement que madame L s’était mise juste à côté de la porte d’entrée et qu’elle a pu s’éclipser sans trop se faire remarquer.
mariage5mariage6
                                                        De l’autre côté de la grosse porte en bois lourd, le cantique des cantiques résonnait et madame L n’a pas pu se retenir de lui dire que « ça y est, pour elle la fête était gâchée », et qu’elle ne « pourrait plus jamais le rattraper ». Elle y est allée un peu fort, mais il fallait bien ça pour exprimer toute la tension accumulée. Et puis elles sont descendues, la maison était tout près. La mère était très fachée et les pieds de la petite fille n’ont pas beaucoup touché terre. Mademoiselle Blanche a choisi de rester là plutôt que de redevenir « la petite fille joyeuse que tout le monde connaît « . Alors madame L est remontée à l’église pour voir sortir les mariées.
Elle s’en est voulu, un peu, mais pas tant que ça pour dire la vérité, persuadée que cette distance allait toutes les deux les calmer. Quand elle est rentrée, elle a vu un large sourire et le « pardon maman » qui s’imposait. Alors elles sont montées pour chercher le déguisement de princesse des prés. La tenue qu’il fallait pour aller continuer ce soir la fête en bas de la vallée.
mariage7

Posté par marionl à 18:43 - Blanche - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2008

petits matins

matin1matin2                                                                 Depuis quelques jours elle se trouve là, recroquevillée sur le petit canapé alors qu’il n’est pas encore six heures et que le réveil n’a pas encore sonné. Et puis madame L se lève et sa petite fille la suit dans l’escalier. Elle a compris qu’il fallait laisser sa mère tranquille jusqu’au premier bol de café avalé. Alors elle attend sans rien demander, juste pour le plaisir d’être là,. Madame L pourrait lui demander de remonter, elle pourrait insister et lui dire qu’i n’est pas du tout l’heure de se réveiller pour une petite fille déjà bien assez fatiguée. Mais elle se tait. Elle ne lui demande même pas la raison de sa présence sur le petit canapé, pas même l’heure à laquelle elle s’est levée. D’ailleurs, mademoiselle Blanche n’en a aucune idée. » Il faisait déjà jour », c’est tout ce qu’elle sait.
Elles sont là toutes les deux et goutent sans mots dire à ce plaisir d’être ensemble, rien que toutes les deux. Un petit moment de calme avant que le reste de la maison ne se réveille.
Quand mademoiselle Joséphine descend, sa petite sœur a déjà pris son biberon. Le bol, c’est encore pour les jours sans école. On l’emmène devant l’église et on attend le bus avec elle. Un jour, c’est mademoiselle Blanche que Madame L accompagnera comme ça. La petite fille ne se lasse pas de l’entendre. Un jour, c’est elle qui sera grande. Et l’entendre serrée dans les bras de sa maman, parce qu’on n’a pas de chaussures et que l’herbe est encore toute mouillée, c’est si bon.
Revenues toutes les deux à la maison, il s’agit de tout préparer. Elles peuvent quand même se poser pour profiter d’un câlin dans le canapé. Quelques minutes sans regarder la montre pour discuter, manger une tartine de confiture de mûres et choisir la robe de la journée avant de sonner le clairon. Un doux clairon pour les garçons et leur papa puisque c’est la voix de la petite fille qui leur annonce que le petit déjeuner est prêt. Monsieur Aimé, version pacha qui prend son biberon au chaud sur sa peau de mouton et son petit frère qui bat des bras et des pieds.
Ces petits matins ne dureront pas. Quand on n’a pas encore cinq ans et qu’on se couche déjà un peu plus tard pour mélanger le lait, l’eau de fleur d’oranger et le ferment parce qu’on est la reine des yaourts, on est  fatiguée. Les cernes pourraient même commencer à se marquer et puis forcément, les fins de journées un peu à la traine et beaucoup moins sereines. Mais c’est juste un moment comme ça, parce qu’on est en juin et que l’école est bientôt terminée, une petite suite de  matins sans avoir besoin de partager les câlins.

Posté par marionl à 19:19 - Blanche - Commentaires [33] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juin 2008

le gala

gala1gala2gala3gala4                                                                                                          C’est peut –être parce qu’elle était fatiguée, qu’elle s’était dépêchée pour l’emmener. Mais quand madame L est arrivée dans la salle de danse avec mademoiselle Blanche et sa robe de princesse, elle s’est sentie encore une fois un peu « à côté ».
« Roulez des fesses ! » criait la jeune dame qui leur donnait des cours depuis le début de l’année. Sur la scène, des petites filles de quatre ou cinq ans se dandinant avec un sac à mains. C’était la première répétition avant celle de demain qui durerait au moins trois heures et les spectacles de vendredi et de samedi, plusieurs heures aussi.
C’est vrai qu'au début de l'année,  madame L avait un peu traîné des pieds  mais elle n’avait pas résisté longtemps aux envies de sa petite fille qui avait envie de danser. Elle avait cherché un cours et trouvé celui-là, une école municipale.  Mademoiselle Blanche voulait danser en tutu rose et apprendre toutes les positions. Tous les soirs elle s’y entraînait.
Elle s’était retrouvée au milieu d’autres petites filles se dandinant sur des succès de la bande FM. Au début, mademoiselle Blanche avait beaucoup aimé et face à ce joyeux enthousiasme de petite fille, madame L avait remballé ses critiques et oublié ses hésitations.  Mademoiselle Blanche comptait les nuits avant le mardi soir.
Et puis la joie s’est mêlée de petits pas à reculons. « Je ne veux pas rester » disait elle au moment d’y aller. Une autre petite fille, en larmes à chaque fois, avait fini par ne plus venir.
Madame L avait un peu insisté « mais tu es si pressée de venir ! ».
Impression étrange, sans pour autant bien savoir l’expliquer. Et puis ce spectacle de fin d’année. Un « gala », deux représentations à guichet fermé avec des billets très cher et l’interdiction de venir avec des petits ‘même si ce sont ses petits frères, ils vont déranger… » Madame L a quand même acheté les billets. Pas le courage d’expliquer à sa petite fille qu’elle n’aime pas trop cette façon de faire. D’autres parents ne pourront même pas avoir leur billets. Arrivés trop tard, ils devront attendre dehors que leur fille ait terminé de danser. Sensation de malaise. Peut être qu’elle s’est emballée, que sa gêne est exagérée, et que maintenant dans toutes les écoles il faut payer pour voir ses enfants danser. Mais elle sait au fond que sa gêne repose sur queqlue chose de profond. Même embarras dans le regard d’autres parents croisés. Il faudrait peut être aller leur parler, leur demander. Mais à quoi bon. Es ce vraiment important si les petites filles ont l’air de s’amuser. Mais ont elles vraiment l’air de s’amuser ?
Ce n’est pas cela qu’elle voulait, pas un « gala » avec tout le tralala et un public qui n’a rien à faire là. Elle serait bien venue à un petit spectacle de fin d’année, juste pour voir sa petite fille danser, la regarder tournoyer avec son papa, sa grande sœur et ses petits frères. Un spectacle à hauteur d’enfant.
gala6gala5

Posté par marionl à 22:12 - Blanche - Commentaires [43] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2008

chef des yaourts

mercredi1mercredi2mercredi3mercredi4                                                                                                            En ce moment c’est l’après-midi et bientôt ce sera peut être toute la journée. Le mercredi. Une journée où tout n’est pas permis  mais une journée où l’on peut se laisser aller au gré de ses envies. Tous les parents devraient l’avoir ce mercredi. Obligatoire dès qu’on a des petits. Enfin..si on veut. Ici, comme d’habitude on en fait toujours moins que ce qu’on avait prévu mais on se détend, et finalement c’est  aussi ça l’important. Et puis on se retrouve aussi. Cette fois-ci, Mademoiselle Blanche s’était réveillée très tôt pour vérifier que ses yaourts avaient pris. Tout avait tourné. Alors on a recommencé. Encore raté. Alors on a recommencé. Cette fois, ils seraient bons. C’est grâce à elle,  qui s’est rappelé qu’ »on ne met pas les couvercles avant qu’ils soient terminés ». « prof des yaourts », c’est comme ça qu’elle s’est auto-proclamée aujourd’hui.
Cet après midi, toute prof qu’elle était, la petite fille était un peu trop excitée pour apprendre à broder son prénom.On le ferait plus tard, un autre jour, quand elle s’ennuierait.  Alors madame L est montée chercher ses petits livres du Japon pour que mademoiselle Blanche choisisse ce qui lui plaisait. Trois livres de patrons pour petites filles et elle a à peu près tout choisi. Un peu difficile d’admettre qu’une maman a aussi son avis à donner. Et c’est ce moment que la demoiselle choisit pour parler de ses commandes au Père Noël. Après tout elle a raison, c’est exactement la saison. « Mais pourquoi il n’aime pas les choses qu’on voit à la télé ? Ma copine, elle m’a dit qu’elle les aurait. » Profiter le plus longtemps possible de ce temps où une jupe qui tourne lui plaït, comme un tissu fleuri, « si maman l’a fait c’est forcément joli ». ça ne va pas durer.
Mademoiselle Joséphine est juste à côté. Elle a oublié qu’elle aussi avait eu quatre ans et demi et décrèterait bien l’interdiction absolue de parler de Dora et charlotte aux fraises une fois la porte de cette maison franchie. Madame L se réserve le droit de dire à Mademoiselle Blanche qu’elle n’aime pas trop. « Pas du tout même » ose-t-emme quelquefois. Mais elle ne sait jamais comment tourner sa phrase pour ne pas blesser la petite fille. Ne pas couper le fil entre les deux mondes qui constituent le sien, l’école et la maison. Faire diversion, lui présenter d’autres jeux, lui proposer de recoiffer sa poupée, et discuter des livres qu’on empruntera tout à l’heure à la bibliothèque, lui présenter d’autres héroïnes qui font rêver, et profiter de cet âge magique où être « la prof des yaourts » avec une jolie jupe en prévision peut combler toute une journée et fait oublier la télé.

mercredi5mercredi6

Posté par marionl à 22:39 - Blanche - Commentaires [37] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mai 2008

sur le pouce

jupe1jupe2jupe3jupe                                                                                                            C’est une petite surprise de la reprise. Pendant quelques semaines, madame L travaille tout près de chez elle. Alors le midi, elle rentre chez elle se faire un déjeuner. Un petit  repas vite fait, souvent des restes de la veille et puis elle s’accorde une petite heure pour faire ce qu’elle a envie de faire.
Quand elle est arrivée dans la région et qu’elle a commencé à travailler, elle pestait contre cette pose de midi. Quand on est loin des grandes villes et de Paris, on prend du temps pour déjeuner. Mais elle, elle n’en avait pas envie. Elle aurait voulu ne pas s’arrêter, avancer, où sortir pour faire ses petites emplettes, mais tout est fermé. Les marchandes aussi ont le droit de déjeuner.
Maintenant elle s’est très bien faite à cette pause obligée, à cette parenthèse de midi. Surtout quand elle peut rentrer.
Mardi dernier , elle a grignoté puis elle est allée rechercher ce bout de tissu qu’elle avait trouvé pour deux euros dans un vide-grenier, une housse de coussin pour canapé. Elle a sorti sa machine. L’ourlet était déjà fait.
A vue de nez, il y en avait assez, la largeur était le bonne et pour la hauteur, elle est allée farfouiller dans les affaires de mademoiselle Blanche pour trouver un modèle. Il fallait qu’en moins d’une heure, la jupe soit terminée. Une petite jupe toute simple, juste un carré cousu, mais une jupe qui tourne et qui va « presque jusqu’aux pieds ».
On dirait que le fil dans la machine avait exactement la couleur qu’il fallait, quelques centimétres d’élastique, un petit coup de fer à repasser et la jupe de princesse était faite.
Difficile d’attendre le soir pour la montrer à la demoiselle. Pas sûre que le tissu lui plairait.
Elle l’a tout de suite enfilée. Depuis mardi, elle ne l’a pas enlevée ou juste pour dormir « et demain, je me rhabille exactement pareil ! ». Cette robe commencée avant la reprise, il va falloir la terminer. Et puis faire des petites chemises pour les garçons, même si la couture pour les garçons, ça l’impressionne encore un peu, pas de fronces possibles pour cacher les petites erreurs, les « à peu près ». Ce matin, elle a reçu un petit paquet, avec dedans un grand morceau de tissu et justement, sur le petit mot il était écrit « Une chemise pour Aimé, une blouse pour Marcel …». Un très beau tissu, mais un tissu à carreaux, elle n’a pas intérêt à coudre de travers. Allez, il faut qu’elle s’y mette. Pic pic pic, la semaine prochaine, elle grignotera le midi, déjeuners sur le pouce. Un petit haut en un an ou dix-huit mois et un autre en trois ou quatre ans.  Ses doigts la démangent déjà. Mais quel modèle pour commencer ?

Posté par marionl à 21:30 - Blanche - Commentaires [39] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2008

l'heure du goûter

gouter1gouter2gouter3gouter4Aujourd’hui, mademoiselle Blanche a mis ses chaussettes japonaises pour aller à l’école et madame L lui a remplit sa lunch box achetée le dernier jour de leur séjour japonais. Comme les mamans japonaises, elle lui a épluché des quartiers de pomme, et puis glissé une barre de chocolat et une petite madeleine, comme celle que la petite fille avait faites avec sa grand-mère pendant que ses parents n’étaient pas là. Les mêmes madeleines, beaucoup moins bonnes évidemment.
Un chemisier à manches pagodes acheté il y a longtemps et mademoiselle Blanche s’est assurée que monsieur et madame L avaient bien envoyée la carte postale promise à la maîtresse qui pendant les vacances était restée là.
Ce matin, c’est un peu comme si mademoiselle Blanche était partie aussi. D’ailleurs il faudra trouver un petit moment pour lui montrer les photos que madame L a prise pour elle. Quand toutes les deux, elles auront le temps. Des images prises rien que pour elle, pour lui montrer un peu là vie là-bas, la vie de ses cousins et des petits enfants japonais.
Pendant toutes ces vacances, mademoiselle Blanche avait choisi d’être grande. De faire beaucoup de choses pendant que les petits dormaient. Depuis qu’elle est rentrée, elle voudrait bien continuer. D’accord pour laisser le doudou quand elle se lève le matin. D’accord avec l’idée, mais c’est autre chose quand il faut se confronter à la réalité. Alors on essaie de l’oublier un peu pendant la journée. Elle va le rechercher quand elle le sent trop loin. Ecouter les histoires et faire des câlins sans serrer son « copain de toujours » c’est encore une épreuve à surmonter.
Hier soir, madame L et sa petite fille ont discuté. Dans quelques jours, quand sa maman repartira travailler et que son papa ne sera pas là pour aller la chercher, mademoiselle Blanche devra attendre la nounou de ses petits frères à la sortie de l’école.
Heureusement qu’il y a cette petite boîte à gouter, madame L pourra y glisser des petites douceurs qui aideront sa grande fille à patienter.
Pas grand chose, mais chaque jour une petite chose sucrée, ou un bout de pain aux raisons fait main qu’elle glissera dans la boîte rose, une petite attention qui l’aidera elle aussi à se faire à cette idée qu’elle ne sera plus là quand mademoiselle Blanche rentrera de l’école, que bientôt, elle ne pourra plus partager avec ses enfants ce petit moment du goûter qu’elle aime tant. Parce qu’elle le sait déjà, quand le travail reprendra,c’est ce moment là qui lui manquera le plus dans sa vie de maman.

merci Stéphanie pour ce si gentil petit mot et ces ravissants petits cadeaux qui ont ravi tout le monde ici!

Posté par marionl à 18:35 - Blanche - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mars 2008

merci pour le chocolat

DSCN5485DSCN5486Depuis qu’un virus l’avait attaquée au mois de février dernier, mademoiselle Blanche trouvait si doux de se faire dorloter, d’attirer les regards inquiets sur ses petite joues qui se creusaient. Pendant ces quelques jours on avait fait très attention à elle. Elle aurait bien continuer à passer ses journées sur le canapé, à attendre que le téléphone sonne pour prendre de ses nouvelles. Alors elle avait décidé de ne plus manger, juste boire pour ne pas tomber. Et ses joues continuaient de se creuser. Ses parents, décidés à ne pas tout de suite s’inquiéter, étaient tout de même très las d’abriter sous leur toit une petite demoiselle aux camélias, répondant par une quinte de toux à la moindre contrariété.
Et puis Pâques est arrivé, des chocolats dans tous les coins, des poules et des cloches à se partager, perspective de goûters au chocolat au lait et , si maman était gentille, des casses-croute de onze heures au chocolat au lait, et si vraiment elle était très gentille pour le dessert, de gros œufs en chocolat au lait à retirer de leur papier doré. Il fallait bien écouler le butin de dimanche dernier.
Et le chocolat, tout le monde sait ça, est le meilleur remède contre le syndrôme « dame au camélia ». Et puis comme on ne peut pas manger que ça, et parce que maman n’est pas si gentille que ça, il faut se remettre à table pour les repas si on veut continuer le chocolat.
Alors mademoiselle Blanche a déjà commencé à se remplumer, elle a quitté son canapé, renversé toutes ses affaires de poupée pour trouver celles qui lui plaisaient, emprunté les crayons de son petit frère « mais c’est lui qui les ai cassés », et compté les jours qui la séparaient de son cours de danse.
Mademoiselle Blanche est redevenue la petite fille qu’on connaissait. Elle a même découvert d’autres plaisirs, plus grande sœur encore. Donner le biberon à son petit frère « trop contente » que ses parents la laisse faire, tout le biberon, entier. Et puis grande sœur aussi avec monsieur Aimé , lui soufflant à l’oreille une bêtise à faire « Mais c’est pas moi, c’est lui, tu l’as bien vu ». Et  puis parler aussi, tout le temps, reconnaître le B de Blanche partout.
C’est sûrement l’effet du chocolat au lait, mais aussi du « et demi » de quatre ans qui vient de sonner et que la petite fille attendait. Hier midi, elle tournoyait autour de la grande table, en collant de laine et petite robe d’été. Sa grande sœur est arrivée. « Hourra, hourra ! », comme tous les mercredi midi.  Pendant le déjeuner on a parlé de Singapour, du papa de mademoiselle Joséphine et du départ de la grande fille dans moins d’un an et demi. Madame L redoutait que sa petite fille soit  un peu triste. « mais j’aurai six ans à ce moment là, je serai la grande ici ! »
DSCN5505DSCN5510

Posté par marionl à 16:21 - Blanche - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2008

des maisons et des bonshommes

DSCN4017DSCN4019Madame L avait oublié qu’aux vacances de fevrier, il y avait deux semaines. Elle n’avait plus pensé qu’aux vacances d’hiver quand on est une maman bien, il faut trouver des choses à faire pour occuper ses enfants. Avant, quand elle vivait en ville avec mademoiselle Joséphine, elles avaient toujours une liste d’activités bien trop longue pour réussir à tout faire, un agenda rempli, un petit carnet tout gribouillé d’idées. Mais cette année, alors que mademoiselle Joséphine et partie au ski, madame L a complètement oublié qu’il faudrait s’occuper des petits.
Deuxième semaine de vacances à la maison, rien à faire, même pas une petite croix dans l’agenda pour une petite promenade prévue par ci ou par là, un musée à visiter, un film à ne pas rater. Pas même un thé chez madame machin ou un petit apéro chez des amis pas très loin. Rien.
Il n’y a pas si longtemps, l’angoisse du vide l’aurait envahie à l’approche de cette semaine sans activités. Madame L aurait forcément déprimé. Elle aurait cherché avec frénésie des activités pour ses enfants et elle aurait trouvé, forcément.
Mais cette fois-ci, c’est peut-être de ça dont elle avait envie. Parce que des vacances ici, sans rien faire, ça ne reviendra peut être pas de si tôt ici.
Mademoiselle Blanche a même l’air d’apprécier, elle qui aime aussi tellement se promener en ville, farfouiller dans les librairies et aux rayons « robes » des magasins pour petites filles, n’a pas l’air d’être mécontente de son sort. « Je m’ennuie » une seule fois depuis qu’on est rentré de ces quelques jours dans le  Nord. Un ennui vite oublié avec un nouveau livre à lire. Un livre que madame L avait acheté puis gardé « au cas où ». Vacances au ralenti.
DSCN4020DSCN4022
Des journées entières à s’occuper de sa poupée, à dessiner des bonshommes et des maisons. Des maisons de toutes les couleurs avec des toits à pompons. Des dessins pour les prochains invités qui viendront.
Madame L se sentait quand même un peu coupable de ce programme réduit à sa plus simple expression, alors elle a quand même inscrit mademoiselle Blanche au centre de loisirs, jeudi et vendredi. Deux matinées avec des activités « special petits » qui la sortirait un  peu de la maison. Jeudi cuisine,  et vendredi… dessin . « oh maman, c’est trop bien ! »
SANY0002

Posté par marionl à 15:25 - Blanche - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »