tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

20 février 2008

l'escalier

aime1aime4aime5aime6                                                                                                      « Bel escalier puis-je monter ?…mais oui madame, il faut payer… » Il y a toujours cette chanson d’Anne Sylvestre qui tourne en boucle dans la tête de madame L. Et puis la grande maison et toutes ses marches. Des escaliers partout, pour descendre et pour monter, dans lesquels on s’assoie même pour discuter, des escaliers  souvent encombrés par ce que les petits d’ici oublient toujours de remonter, malgré ce que leur mère leur dit tout le temps. Des piles de linge plié jusqu’à ce qu’on butte dedans, des jouets qu’on oublie, des dessins et des bouts de papiers.
Dans cette maison, on monte et on descend tout le temps. Dès qu’on est grand. Et monsieur  Aimé sait très bien monter, depuis déjà longtemps. En moins de cinq minutes, il a gravi les quarante cinq marches qui le séparent de la cabane de sa grande sœur. Des escaliers sans rampes, sans filet ni barrière.
Mais pour descendre, jusqu’à maintenant, il avait toujours besoin de son papa ou de sa maman. Besoin d’un grand pour retourner en bas. On avait essayé de lui apprendre, descendre assis ou en arrière, Mademoiselle Joséphine lui avait montré plusieurs fois, mais monsieur Aimé avait décidé qu’il ferait comme il le voulait. Tout de suite comme un grand.
Alors, en douce, quelquefois, il essayait de descendre, loin du regard inquiet des parents. Un pied en avant…. » et il y avait toujours quelqu’un pour le surprendre ». Alors il s’arrêtait, tout net, comme s’il ne savait plus rien, implorant le grand qui était là de l’aider à descendre. Ca n’a l’air de rien un escalier pour un grand, mais quand on n’a même pas deux ans, c’est comme une montagne à gravir, un pic à conquérir, un défi qui vous nargue à longueur de journées.
Puis il y retournait, essayait de nouveau, pas vraiment satisfait.  Alors il appelait, et attendait quelquefois un long moment avant qu’on vienne le chercher.
Ce matin, Monsieur Aimé a descendu tout seul l’escalier, le plus difficile, le plus pentu, celui qui descend de sa chambre, un escalier de meunier. Il savait déjà faire tellement de choses, prendre une chaise et la transporter jusqu’à la cuisinière pour regarder son papa en train de cuisiner, aller mettre des choses à la poubelle, dire quelques mots, manger avec sa cuiller, faire des vrais baisers. Mais  tout d’un coup, ce matin, monsieur Aimé est devenu vraiment plus grand. Il peut aller et venir dans toute la maison, sans même demander l’aide d’un grand.  Tout seul, plus besoin des parents, du moment que le doudou est là, pas très loin.

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31 janvier 2008

les mots d'Aimé

DSCN3830DSCN3833DSCN3839DSCN3826                                                                                                      « Encore », c’est le premier mot que Monsieur Aimé a prononcé. Et c’est encore celui qu’il dit tout le temps. Biensûr, il y a « papa », il y a « maman », mais monsieur Aimé est tellement gourmand. « Encore » avec une petite voix qui chante pour un petit carré de chocolat, un morceau de fromage ou pour grimper dans les bras. Monsieur Aimé sait aussi faire sa grosse voix de petit ours ma léché. Quand il n’est pas content, ou quand il se raconte des histoires que personne ne comprend. Des histoires qui lui prennent beaucoup de temps et qu’il commence à raconter à ses parents. Furieux quand les grands n’arrivent pas à comprendre. Monsieur et madame L savent maintenant reconnaître « Joséphine » et « Blanche » en langage de petit garçon. S’extasier avec lui devant un bijou qu’il trouve tellement joli. Comme la broche de sa maman, un bijou de quat’sous plein de brillants qui venait forcément d’Amérique comme l’a dit mademoiselle Blanche.
ET puis il y a les animaux, petits cris de joie dès qu’il aperçoit les chevaux,  plus longs et graves à la vue d’une vache ou ce qui pourrait lui ressembler, Lion, Buffle ou girafe. Il faut vraiment que monsieur et madame L emmène leur petit garçon au zoo. Ils verront au printemps. 
Et puis grand silence, respect, quand monsieur Aimé surprend un éléphant dans un des livres que ses grandes sœurs ont accepté de lui prêter. Pas « Babar », celui qu’il connaît et qu’il a appris à nommer ; mais un éléphant  sans guêtres ni costume vert. Un éléphant très grand, Beaucoup plus grand qu’un petit garçon de pas encore deux ans. Un petit garçon de 16 mois qui s’assied dans un coin de la salle de jeux, un livre dans les bras et tourne les pages pour connaître l’histoire. Celle de ce gros éléphant capturé aux Indes pour finir sa vie au jardin des plantes. Long moment de silence et d’attention. Le petit garçon apprend. Même le chat qui passait par là n’arrive pas à lui faire lever le nez.
Plus tard il reprendra le livre et racontera l’histoire avec ses mots. Moment précieux que rien ne peut troubler. Un doux fumet pourtant. En bas, le repas  se prépare. Le livre est balancé, l’histoire et l’éléphant abandonnés, le petit garçon les a  lâchés. Parfum de patates sautées, impossible de lutter. « encore… »

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17 janvier 2008

Tarass Boulba

DSCN3000Ce que Gogol n’a pas raconté, c’est que Tarass Boulba, vieux cosaque,guerrier redouté,  avait passé son enfance en Bourgogne avant d’aller combattre la Pologne.
Ses parents l’avaient habitué aux fourrures, peaux de bêtes au fond de son berceau, peau de bête comme doudou, gilet en mouton ramené des souks.  Et le petit garçon était devenu fou des peaux. Mordu des fourrures,  jusqu’à chiper le gilet de sa mère caché sous d’autres vêtements accrochés au porte-manteau. Un gilet trouvé pour moins de dix euros et qui ressemblait à une création de « Miller et bertaux », enfin c’est ce que disaient tout le temps les copines parisiennes de sa mère habituées du shopping dans le quatrième. Lui, il s'en fichait, la branchitude, il n'en avait cure.  ce qu’il voulait, c’est se glisser dedans, pour faire le tour de la table en s’imaginant chevalier combattant, une cuillère en bois brandie comme épée, poing levé. Ce qu’il voulait, c’est la revêtir pour aller regarder les chevaux de l’autre côté du muret. Azul, celui de sa maman qu’il chevaucherait un jour. Le regarder des heures, rêver aux grandes prairies, aux galops sans limites et aux chevaliers mongols à qui rien ne fait peur. Pour l’heure, il voulait passer ses journées dehors, avec eux, à les regarder, même sous la pluie et le vent. Leur donner à manger. Mais ses parents, trop prudents, n’arrêtaient pas de lui dire, « tu vas avoir froid petit Aimé ». On ne parle pas comme ça à Tarass boulba.
Pauvre de lui, sa mère avait décidé de sauver son habit. Alors elle lui a confisqué le gilet tacheté pour le ranger. Elle n’avait rien compris, pas imaginé que c’est ce gilet là qui le transformait en héros en devenir. Alors le petit garçon s’est mis à hurler, à se rouler par terre avant même d’être déshabillé. Elle a même eu l’outrecuidance de l’emmener se coucher. Il était tard et il faisait déjà nuit. Elle l’a posé dans le petit lit qu’elle avait préparé pour lui, tout blanc avec ses petits rubans.  Ce qu’elle ne savait pas, c’est que Tarass Boulba qu’elle s’obtinait à appeler « mon Aimé », avait aussi chipé la couverture qu’elle avait passé des soirs et des soirs à confectionner avec des chutes de fourrures trouvées dans une solderie au temps où elle avait le temps de farfouiller. Une grande couverture si douce, d’un mètre cinquante de côté, que toute la famille adorait et que le petit garçon s’était approprié pour en faire son nouveau doudou. Madame L, sa mère, s’apprêtait à râler quand elle a imaginé le petit garçon habillé de son gilet et traînant son imposant doudou à leur prochaine sortie. Elle l’avait bien cherché. C'est elle qui l'avait mis dedans. Alors elle aussi se mit à rêver. Elle, ce qui l’emportait, c’était les grandes chevauchées dans les plaines  de Mongolie, de nuits dans la yourte rechaufée par le thé. Peut être qu’un jour, son fils l’emmènerait.
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26 novembre 2007

monsieur Aimé est affairé

DSCN0564DSCN0575                                                        Un placard à ouvrir avec plein de petites choses dedans, des petites choses qui ne cassent pas, mais que des petites choses de grands. Tous les parents savent ça, c’est le plus chouette cadeau qu’il peuvent faire à leur petit de moins de deux ans. Une porte qui se ferme, qui s’ouvre, qui se ferme, qui s’ouvre et des casseroles qui font aussi tambour, c’est le travail de monsieur Aimé en ce moment. Car il ne faut pas croire, le petit monsieur est très affairé depuis quelques jours, il a décidé de devenir un peu plus grand, et même d’aider ses parents. Ils devraient lui en être reconnaissants, quand ils veulent trouver les ustensiles de cuisine, pas besoin de les chercher très loin, ils sont déjà sortis, étalés sur le tapis. Le livre de cuisine, la bible de Ginette version pocket n’a pas eu l’air de beaucoup plaire à l’apprenti pâtissier. La première page est déchirée. On s’en passera, elle n’avait aucun intérêt. Pour mettre du bois dans le poêle c’est un peu pareil,monsieur Aimé est toujours là pour prendre la bûche qu’il fallait, la plus grosse, celle qui tenait tout le tas.
Même technique, même résultat, pour les piles de linge qui attendent chacune leur propriétaire en bas de l’escalier. Tirer la petite chemise, et tout le reste du tas  chèrera. Ca, monsieur Aimé le sait et puis sa mère n’a qu’à pas le tenter en posant toutes ces petites affaires juste à sa portée. 
Parce que sa mère, elle exagère. Une fois, elle est émérveillée par ces exploits de grand qui sait tout faire, de petit garçon capable de se raconter toutes ces histoires,  et juste après, elle crie très fort et lui interdit de toucher. Et son père, c’est pareil, presque pire, puisqu’il ne veut même pas que son petit garçon aille farfouiller dans le placard à balais.
Depuis quelques jours, heureusement, ils autorisent monsieur Aimé faire quelque chose tout seul, à manger tout seul, avec une fourchette et deux cuillers, même la purée et les coquillettes qu’il peut jeter par dessus bord sans être repéré. Ils râlent un peu après mais c’est tellement bon d’être barbouillé, de se resservir de mélange chocolat sauce tomate, improbable mariage de saveurs qui n’ont pas l’habitude de se croiser.
De toute façon, même s’ils sont un peu fâchés,  monsieur Aimé sait bien  comment les faire craquer, les retourner,  les mettre dans sa poche avec un seul baiser, un gros câlin comme ceux dont il a le secret. Et s’ils résistent encore,le grand frère s’approchent de Monsieur Marcel et le caresse tout doucement. Là, ils sont bluffés. Il peut retourner à son placard et dès qu’ils sont occupés, foncer vers l’escalier jusqu’à la chambre de sa très grande sœur, pousser la porte qu’elle a oublié de fermer  et là, se faire oublier, juste le temps de s’exercer au lancer de petits objets puis d’étaler par terre tout le contenu des étagères.
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10 novembre 2007

grand frère

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"Aimé, il est bien trop petit, il ne doit se rendre compte de rien!" C'est la remarque la plus fréquente et la plus surprenante que Madame L entend en ce moment. Parce que Monsieur Aimé, il a bien compris qu' il y a plus de place sur les genoux de maman, que le gros ventre a disparu mais que sur ces genoux, un autre petit garçon lui prend la place de temps en temps, autant dire "tout le temps" dans la tête d'un petit garçon d'à peine un an. alors ce matin, Monsieur Aimé a d'abord essayé de cacher le bébé sous sa couverture, puis de s'allonger dessus. Deux sur les genoux de maman, l'un par dessus l'autre, une nouvelle façon de partager. Mais Monsieur Marcel n'a pas beaucoup apprécié. Alors Monsieur Aimé est descendu, pour saisir la bouteille en plastique qui était à ses pieds et taper trois coups sur la tête de son petit frère.
Voilà Monsieur Aimé déjà grand frère et madame L craignait ses petits moments où son petit Aimé se sentirait évincé. Elle les redoutait. Mais peut être qu'elle s'était fait encore trop de mauvaises idées. On lui avait tant prédit le pire "si rapprochés, vous allez en baver!" que depuis l'arrivée du petit Marcel, elle se sent plutôt soulagée.
Il y a bien quelques petites tentatives, un petit bisou qui dérape, une main qui passe un peu trop vite près de la tête du bébé, quelques larmes quand Monsieur Marcel a décidé de profiter de la tétée. Mais depuis ces derniers jours, Monsieur Aimé a surtout décidé d'être grand. S'assoir sur une chaise, une vraie, répéter les mots de papa et maman, imiter les pleurs du bébé et faire rire ses soeurs en faisant le clown qui mange sa purée, Monsieur Aimé n'est presque plus un bébé et son sourire rayonne quand monsieur et Madame L s'exatsie dès qu'il fait un progrès.
Et puis il y a le petit calin du matin, celui que madame L veut garder, quoi qu'il arrive, même si monsieur Marcel se met à pleurer. Celui là il est sacré. Et tous les autres aussi, pendant la journée, quand le bébé dort, où quand on décidé qu'il peut attendre un peu. Monsieur Aimé monte sur les genoux de sa maman, la serre très fort, comme avant, puis il regarde tout autour jusqu'à ce que ses yeux fixent le couffin posé jamais très loin. Un regard enjoué, qui toise un peu son occupant et qui lui dit "cette fois ci, c'est moi qui l'ai". Cher petit Monsieur Marcel, Madame L est sûre que vous comprendrez, et puis il y aura d'autres moments où ce sera votre tour de vous blottir contre elle, d'oublier les frères et soeurs qui tourbillonnent. Avant de n'avoir qu'une envie, quitter ces bras pour courir les rejoindre et tourbilloner vous aussi.

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10 octobre 2007

la journée était ratée

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Quatre nuits qu'elle se réveille au petit matin en ayant dormi que trois heures. Madame L est fatiguée, trop fatiguée. Mais la nuit, quand la maison est endormie, elle se dit qu'il y a encore tant de choses à préparer, elle se demande si elle va y arriver. Et ce petit m., elle voudrait être sûre que tout ira bien pour lui.  Ce matin, en luttant contre le sommeil, pédiatre et supermarché, couches pour bébés "qu'est ce qu'on va encore manger..., lumières blafardes et "oh là là, vous avez raté la troisième injection du vaccin". La poésie du quotidien, celle qu'on a très vite envie d'oublier. Une dame assise dans la salle d'attente à l'air d'hésiter entre compassion et pitié. Madame L ne veut pas de cette bonté là. Pour la faire bisquer,elle se mettrait bien à jouer aux indiens, à vider tous les legos par terre, à  rire juste un peu trop fort. Heureusement que Monsieur L est là pour le faire avec les enfants. "comme il est charmant ce nouveau papa !". Les paupières de Madame L se ferment, mais, un pied, une main,  le bébé à décider de ne pas se faire oublier

Après le déjeuner, Madame L sait ce qu'elle a envie de faire, ce qui lui ferait vraiment du bien. S'isoler un peu, aller voir son ordinateur et lire les messages en buvant son petit café. Là, elle pourra souffler. Mais la machine ne veut pas s'allumer. Elle éteint, essaie encore, éteint, rallume, nouveau refus. Le Monsieur qui lui parle à l'autre bout du fil lui dit que c'est sûrement grave et qu'il faut tout ramener pour faire réparer. Madame L a trop envie de pleurer. est-ce qu'il sait qu'elle a un rendez-vous ce soir, que ce petit moment, maintenant, c'est trop important. Tous ces petits messages qu'elle lit et qu'elle écrit. Sa petite soeur au loin, ses amies qu'elle connaît au bout du fil,  ces nouvelles amitiés anonymes qui lui font du bien. Heureusement qu'il y a des gentils voisins.

Un gros bruit dans la chambre de Monsieur Aimé. Madame L n'est pas inquiète. Il a encore du envoyer le panier valser par terre. "Maman, Aimé est sorti tout seul de son lit!" Elle le retrouve en haut du grand escalier, une bosse de chaque côté du front. Grosse frayeur...Et avec un de plus, comment on fera?Vivement demain... Madame L pose son petit garçon par terre. Elle sent que le bébé n'attendra peut être pas longtemps. "Quand il veut mais pas ce soir!".

Monsieur Aimé ne s'assied pas. Un pied devant l'autre, il marche en ne se tenant à rien. Il tourbillonne. Applaudissements. Du jour au lendemain, le tout petit garçon est devenu beaucoup plus grand. Il fait mentir sa maman, sûre qu"il ne marcherait pas avant la naissance du bébé. Est ce qu'il sait comme il lui a fait du bien. Ce tout petit garçon qui lui dit qu'il est d'accord pour être un peu plus grand, que lui, il est prêt pour devenir grand frère. Et cette maudite journée, à oublier, devient un jour anniversaire.

Merci aux gentils voisins et à demain, si la machine le veut bien.

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20 septembre 2007

grand, mais pas trop

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Monsieur Aimé a compris. les escaliers, c'est quand les parents ont le dos tourné, très vite et sans bruit, pour aller jusqu'au sommet. Monsieur Aimé grandit. Il peut escalader le banc pour regarder les chevaux manger, conduire sa voiture rouge, caresser Plume le chat sans lui faire peur et réussir à faire rire ses grandes soeurs. Monsieur Aimé aime aussi marcher, mais jamais sans sa main bien serrée dans celle d'un grand. Si cette main se détache, il s'assied. et surtout, dans ces moments là, Monsieur Aimé deteste qu'on lui dise qu'il est grand. C'est là qu'il se met à pleurer. Monsieur Aimé n'est pas si grand et ses parents sont très contents. Monsieur et Madame L ont serré beaucoup de bébés dans leurs bras, ils aiment très fort d'autres enfants. Mais des calins comme ceux-là, ils n'avaient jamais connu avant. Le corps abandonné, la tête contre le coeur serrée, pour mieux profiter. Alors, l'autre, le grand, celui qui a ouvert ses bras pour le consoler, se sent tout à coup léger, apaisé. Monsieur Aimé peut longtemps rester là, juste collé, avant de s'en aller, doucement, voir ce qu'il y a de l'autre côté du muret. Monsieur Aimé est comme ça depuis qu'il est né et même si bientôt, il deviendra grand frère, si un autre petit va arriver, il pourra longtemps redevenir le tout petit garçon qui sait arrêter le temps, l'espace d'un câlin dans les bras de son papa ou de sa maman. Madame L lui murmure souvent à l'oreille et Monsieur Aimé le sait. D'ailleurs, Monsieur Aimé n'a jamais peur. Ni des grands chevaux, ni des inconnus, et surtout pas de l'aventure dans la forêt toute noire ou dans le grand pré d'â côté. Et le soir, il lui suffit d'un bonsoir et d'un petit baiser, pour serrer son doudou et se laisser tout doucement s'endormir. Le lendemain matin, il sera un petit peu plus grand. Mais pas trop vite, il a le temps.SANY0003

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06 septembre 2007

l'âme grise

SANY0251Ce matin, dans la tête de Madame L, c'était un tout petit peu gris. mardi, Mademoiselle Blanche; mercredi Mademoiselle Joséphine et ce jeudi, c'était au tour de Monsieur Aimé de vivre sa rentrée. Un retour chez la nounou et pour la première fois sans grande soeur.
Et là, en plus, Madame L n'était même pas obligée puisqu'elle est en congé de maternité (alors qu'est ce qu'elle nous prend la tête celle là!).
C'est Monsieur L, merci beaucoup monsieur L,  qui a accompagné son fiston en partant travailler pour deux jours.
Madame L n'arrête pas de se le répéter. "Il est très bien chez la nounou, et ce n'est que deux jours par semaine et un peu de socialisation, ça lui fait du bien à ce petit loup. En plus, quand le petit m. sera arrivé, ça risque d'être encore plus compliqué..."
D'accord, d'accord...
Et puis il y a la surprise pour Mademoiselle qui a bientôt 4 ans à préparer, le couffin du bébé à faire, le berceau à retrouver, les petites chemises à broder, la petite valise à envisager....et pourquoi pas un petit bain, pour commencer, avec de l'huile parfumée, Mozart et un petit thé au lait ?

En passant: une petite pensée pour Madame Philomène, la petite soeur de Madame L, qui vient elle aussi de faire la rentrée de ses deux petits loups, une rentrée nippone sous une chaleur étouffante et une alerte au typhon. Là, maintenant, plein de petits bisous s'envolent pour Tokyo.

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02 septembre 2007

Un beau dimanche

Le premier anniversaire de Monsieur Aimé s'annonçait comme une grande journée. Le pricipal interessé fatigué, sa maman l'a couché et les filles ont pu commencer à s'activer. SANY0330les demoiselles de la maison ont d'abord préparé le gateau au chocolat pendant que leur maman allait chercher la blouse qu'elle voulait mettre à son petit garçon. Cette maman ne cachait pas sa fierté. En effet, elle avait appris à coudre depuis moins de trois semaines et, après quelques jolis habits pour Blanche, elle avait pris un petit morceau de vichy et une chute de liberty pour coudre ceci.
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Pendant ce temps, Monsieur L, le papa, s'était enfermé dans le bureau pour fabriquer l'objet. On parlait de quelque chose de rouge, de roues...très vite on saurait.
Quand Monsieur Aimé s'est reveillé, toute la famille s'est mise sur son 31 pour le portrait officiel.Photo_52
Puis on s'est décidé à manger.
Plus de gaz...alors, le lapin mitonné à la moutarde, au pain d'épices et au vinaigre de cidre attendrait demain. Tant pis, quelques tranches de jambon ferait l'affaire pour accompagner les meilleures patates sautées de toute la Bourgogne.
Heureusement, il y avait le gateau et posée dessus, la bougie allumée. Perplexe, Monsieur Aimé a laissé ses grandes soeurs la souffler.SANY0355
Il a ouvert ses cadeaux en s'arrêtant longuement sur chacun, ce qui ne semblait que moyennement satisfaire sa grande soeur "Et moi, c'est quand qu'on les fête mes quatre ans?". Un livre, puis deux puis trois, un petit nounours à embrasser, des cartes et des mots doux.SANY0367
Le dernier paquet, le plus gros, restait à ouvrir. Le déchirer, quel plaisir, pour envoyer voler le papier et découvrir le bolide.
Une grosse voiture, rouge, avec un 1 marqué dessus... vite, vite, il ne restait plus qu'à l'essayer.
"et moi, et moi, c'est quand déjà qu'on fête mes quatre ans?"SANY0383

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31 août 2007

Un an!

SANY0178Joyeux anniversaire Monsieur Aimé, le bien nommé.
Avec deux jours de retard mais il n'était pas question d'ouvrir ce blog sans te fêter ton premier anniversaire, presque déjà grand frère.
Demain...la surprise. Elle est toute rouge et va très vite.

Posté par marionl à 15:19 - Aimé - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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