DSCF5019DSCF5052 DSCF5160DSCF5040 DSCF5119DSCF5072

Et puis tout d’un coup Noël est revenu, ou plutôt l’idée que nous nous en faisons. C’est cette date, le premier dimanche qui suit la moitié de novembre, qui nous a d’abord rappelés à nos obligations ;  Alors il a fallu chercher les ingrédients, nous rappeler de l’ordre dans lequel il fallait les mélanger puis chercher les crooners qui se devaient de nous accompagner. Et puis on s’est mis à chanter et j’ai allumé la bougie en verre rouge qui est presque terminée. Noël m’a cueillie au  sot d’un dimanche matin qui ressemblait encore à l’automne. Au début, je n’étais même pas sûre d’en avoir encore très envie. Et si je saturais de Chrismas Carols, d’odeur de pain d’épices et de trop de pensées sucrées ?  J’ai quand même appelé les enfants pour trier les raisins  secs et les clémentines confites, couper la graisse et chercher le grand saladier. J’avais mis un temps fou à me décider et à ce moment-là, la lumière du jour avait déjà baissé. ‘Oui, mets la musique s’il te plaît ! ». Je crois que c’est le parfum de la cardamome qui m’a, la première, réconciliée avec l’idée que l’avent allait bientôt arriver. Ils étaient tous les quatre montés chercher leur toque de cuisinier et je lisais dans leurs yeux leur envie de solennité. D’accord, cette année encore, on glisserait les petits saladiers dans les grands et on ne mêlerait pas les ingrédients n’importe comment. La nuit tombait et nous mélangions avec application. Noël, c’est si bien quand même, surtout quand le parfum de la bière brune se mélange à celui de la cannelle. Quatre contenants, un pour chacun des enfants. Blanche a choisi le sien, puis Aimé, puis Marcel et Georges à qui on avait pris soin de ne pas laisser le plus petit. Chacun  a versé sa part de préparation avant de découper des petits cercles de papiers sulfurisés et d’empaqueter les cakes dans des torchons blancs. J’ai remercié la chance, et mon habitude de la cérémonie, quand nous avons pu constater que le contenu du grand saladier correspondait à quelques fruits confits prêts, aux quatre moules que nous avions sortis. Chaque geste avait été accompli en suivant un ordre établi, le rituel scrupuleusement suivi et les chansons entonnées comme un hymne à la fête « tu crois qu’on pourra faire nos listes bientôt ? ».   il ne restait plus qu’une bonne paire d’heures de cuisson au bain-marie. Plus ça cuisait et plus la maison se réchauffait, plus le soir avançait et plus je me laissais convaincre par l’idée de laisser l’idée de Noël entrer chez nous.

DSCF5039

DSCF5085

DSCF5109