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Ce petit garçon a sept ans aujourd’hui et depuis un moment, il a décidé que oui, ses sept ans serait son âge de raison. Il attendait cette journée depuis des semaines, il comptait les heures depuis des jours et elle est arrivée, sa journée de sept ans, sa journée rien que pour lui, l’anniversaire avec les cadeaux à l’apéro, une fête dont il faut le héros, son inoubliable journée. Marcel qui semble armé pour la vie entière, et au delà s’il en a envie, Marcel qui aime tant son baiser du soir et les petits mots doux qui l’accompagnent souvent. Marcel qui se permet encore d’être petit de temps en temps « maman, s’il te plaît, tu me lis une histoire ? » et qui sait rendre fou son petit frère, Marcel au rire éclatant, qui dit à son grand frère « toi, tu vois un fille dans la rue et ça y est, tu as le cœur qui sort de la bouche » avec le dégoût qui sied à ce petit garçon qui a décidé, il y  a trois ans, qu’on ne lui parlerait plus jamais d’amour. Marcel qui ne veut ni femme ni enfant et qui a les joues qui rosissent dès qu’il entend un compliment. Mon petit garçon timide au milieu de frères et sœurs à qui rien de fait peur, mon petit garçon qui analyse toujours la technique avant de se lancer, pour toujours aboutir à un geste parfait. Petit garçon insupportable de temps en temps, mon petit garçon que j’enverrais  passer certains soirs sur Mars s’il ne m’adressait pas ce sourire ravageur. Marcel qui partirait bien tout seul sur Mars de temps en temps, pour oublier « cette famille de nuls » et ces parents qui ne sont pas à la hauteur. Mon petit garçon qui me seconde quand nous sommes tous les deux tous seuls et qui tout d’un coup devient grand, petit garçon pour qui l’âge de raison semble n’être alors qu’une formalité. Marcel le grand, Marcel le réfléchi, Marcel le footballeur au geste et au regard précis, aux baisers fondants. Aujourd’hui, Marcel a sept ans. Il y est enfin arrivé et le sourire qui lui barre le visage vaut bien toute la raison de la terre et de la lune réunis.