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C’était un samedi matin piano et marché, une petite matinée entre filles qui petit à petit, prend des allures sacrées. C’est notre samedi, Notre heure de cours chez Marcia sur le grand piano noir, et pour moi a essayer de déchiffrer le New-yorker quand je en lis pas. Et puis notre balade en ville avec ses arrêts obligés. Nos quelques minutes de flâneries à la librairie, le pain et le jambon cru à l’épicerie, les fleurs au marché et plus si affinités. Les premiers samedis du mois, le panier est plus plein et s’offre quelques fantaisies. Mais panier plain ou pas, notre pas est toujours léger et nos mains nouées. Blanche me raconte sa semaine, ses amies, sa vie de collégienne, par bribes, elle s’aperçoit de mon travail ici, celui d’élue, celui qui me prend nos lundis soir. Je rencontre des gens qu’elle ne connaît pas, je ne parle jamais longtemps. Notre balade est pour elle, pour elle est pour moi. Le retour en voiture fait partie intégrante de cette matinée. Nous continuons nos discussions et c’est elle qui choisit la musique que nous écoutons. Que ce soit elle ou moi, nous tournons le bouton au moment d’arriver dan la forêt. Quand je le peux, j’ouvre la fenêtre en grand, jusqu’au dernier arbre, jusqu’à l’autre côté de ce bois touffu, jusqu’au panneau qui nous indique l’entrée du village. A notre arrivée, une nuée de petits garçons sautent sur le panier pour y chercher ce que nous avons ramené. En plus d’un ou deux trésors de librairie, il y a toujours de quoi préparer notre pique-nique du samedi midi. Aujourd’hui, il s’est mis à pleuvoir après le déjeuner et l’après-midi s’est étiré sur les canapés. Pendant que les deux grands garçons étaient invité à un anniversaire, Blanche  se promenait partout son livre entre les mains, Georges avait envie de lire lui aussi et je cherchais la musique qui accompagnait le mieux cette flânerie. Je ne me suis pas aperçue que la pluie s’était arrêtée, qu’il était temps d’aller chercher les garçons, que le samedi était en train de filer, la nuit est très vite arrivée. Je n’avais pas réalisé que les jours ont tant rétréci ces temps-ci.

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