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Les vacances de la toussaint sont encore loin  mais l’automne est beau  et les vendredi soir nous permettent de baisser les armes. C’est vendredi soir et puisque c’est vendredi soir, normalement tout va bien. Mais ce soir, c’est le chagrin et la fatigue d’une grande fille que j’ai entendu au téléphone  en rentrant, puis ce sont les larmes à peine séchées d’une petite collégienne épuisée que j’ai vus quand je suis allée la chercher.  Réunion, conseil municipal, ma soirée ne ressemblerait pas non plus à un début de week-end. Je me demande souvent si ces moments qui laissent l’épuisement tout balayer, même les doutes, sont indispensables à vos vies d’humains suffisamment heureux. Peut-être que oui, peut-être que sans ces tempêtes intérieures, nos vies se laisseraient endormir dans un bonheur mielleux, une sorte de satisfaction rectiligne qui nous feraient pourrir d’ennui. En vérité je crois que ces grandes vagues tristes ne servent à rien. Elles arrivent et c’est tout, accrochées à la fatigue  comme une bernique à son rocher. Ce soir Aimé m’a dit « moi aussi quelquefois, quand je suis vraiment trop fatigué je me mets à pleurer. » Et il sembler l’accepter comme une composante de sa vie. Voilà, quand on est fatigué, il arrive qu’on soit triste  sans autre vrai raison que celle-là. J’ai longtemps refusé de croire à cette affirmation là, qui me semblait recouvrir d’une étoffe trop grossière les racines d’un mal  qui avait besoin de larmes pour sortir. Mais les larmes ont peut-être elles aussi besoin de paix. L’automne et comme le printemps, gonflé de promesses et rendez-vous réconfortant, mais il est incertain et fatiguant. Casse sans cesse le rythme  il est caressant et traitre et peut sans en avoir l’air, retourner un vendredi soir qui s’annonçait joyeux . Les filles ont fini par sécher leurs larmes et  je me suis couchée beaucoup trop tard mais satisfaite de la manière dont les réunions s’étaient déroulées. La tête renversée pour apercevoir un bout de la voie lactée que cette nuit d’automne laissait apparaître, je me suis alors souvenue que ces tristesses pouvaient passer comme elles étaient venues, laissant même derrière leur passage une sensation douce et acre qu’il serait dommage de ne jamais avoir connue.

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