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Avant la pluie, nous sommes allés voir le potager. C’était un mercredi de début d’automne avec des pois de senteurs et des figues mûres, les premières figues de notre arbre rescapé, des patissons en préparation et du chèvrefeuille qui parfume encore une partie du jardin, quelques tomates et un poivron. Il a bien fallu nous résoudre à l’idée de nettoyer les carrés, enlever les pieds de tomates qui ne donnent plus de fruits, tailler les rosiers, accepter la fin de la saison des fruits. La pluie a commencé à tomber pendant le déjeuner, cette pluie fine qui n’interdit pas tout mais donne envie de rentrer se mettre à l’abri.  Notre invitée est arrivée et le café s’est étiré jusqu’à l’heure du thé.  Un thé très chaud, la porte ouverte sur le pré, et des mots échangés. Il était question d’ enthousiasme et de lassitude, de la nécessité de suivre le mouvement, de l’absence d’envies et d'envies bouillonnantes,  de l'attente et de la chance. J’ai failli oublié d’aller chercher les enfants au théâtre. Mercredi étourdi. La fin de la journée est site vite arrivée, je ne sais pas comment, j’avais pourtant la sensation d’avoir pris le temps. Aimé a choisi le gâteau qu’il avait envie de préparer. Trois cuillers à soupe de miel et une grosse pincée de quatre épices dans un cake qui donne envie d’entrer dans l’automne, l’odeur du beurre fondu qui se répand dans la maison, « maman, on peut goûter ? », les petits garçons qui cherchent leurs chaussons et enfilent un pull au dessus de leur tee-shirt d’été. La brume s’est réinstallée avant la nuit, l’humidité s’est accrochée à la journée et nous, petit à petit, réapprenons les jours d'automne,  leur goût pour la confidence, leurs pas hésitants entre le dehors et le dedans.  La petite musique n’est pas encore rodée, la maison est rangée mais je n’arrive pas à mettre de l’ordre dans tout ce qui se bouscule dans mon cerveau. Et puis il y a le monde qui gronde autour de nous,  la radio qui nous crache des bribes du chaos. Quelquefois, je voudrais pouvoir céder à mon envie de repli,  baisser les armes et me mettre en repos, comme la terre du potager à qui nous n'irons bientôt plus rien demander.

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