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J’ai bien aimé me dire que c’était aujourd’hui et laisser s’installer la mélancolie. Celle qui sied à l’automne, celle qui se met à coller si on n’y prend pas garde. J’ai regardé par la fenêtre du bureau et j’ai vu que les feuilles du grandes arbres commençaient à fletrir. C’est si tôt. J’ai eu envie de tartans écossais et de gâteaux recouverts de crème, j’ai eu envie de sentir rougir mes joues, j’aurais voulu entendre le feu crépiter, j'ai eu envie de marcher sur le parquet. C’est étrange, cette envie de refuge après l’ivresse de l’été.  je me suis vue mille fois perchée sur mon vélo, sur la route qui traverse la forêt  tout près de la petite maison de grands parents, un jour de fin d’été la bouche grande ouverte pour goûter tous les parfums que m'offrais le vent. Je me suis vue pédaler, dévaler, rêver à ce que je serais après, une fois devenue adulte, la même en plus grande. Aujourd’hui, j’ai eu besoin de farfouiller dans ces souvenirs heureux, de gratter la surface pour retrouver mes envie de huits ans, il fallait que je vérifie ; Non, je ne suis pas très loin de tous les rêves que je dessinais. Aujourd’hui, j’ai eu envie de retrouver ce goût, de me dire encore que je ne me suis pas trahie., j’ai eu envie de tendre les bras vers le ciel et de n’avoir peur de rien. Aujourd’hui, j’ai envoyé bouler quelques assauts de nostalgie, Il fallait juste que je retrouve le point de départ, ces moments qui m’ont donné le goût du voyage et des maison hantées. Aujourd’hui, j’ai retrouvé mon goût pour la glaise, je suis allée voir où j’avais planté les racines de mes premiers désirs. Je les ai retrouvés, tels que je les avais laissés, il m’a suffit de souffler dessus pour les voir de nouveau pousser. Aujourd’hui, il m’a suffit de presque rien pour replonger les mains dans la boue et sentit l’odeur du lait chaud, son parfum amer et terreux. Et là, là-bas, là où j’avais planté mes premiers désirs,   j’ai laissé la vie m’étourdir. Il ne faut pas avoir peur du vertige. Joséphine, Blanche, Aimé, Marcel et Georges, la maison, le grand pré, les livres,  et lui. Et puis la caresse de ces premiers soirs d’automne, quand il fait bon dedans, quand on se sent encore assez fort pour affronter la pluie. Ce soir, sur le chemin de la maison, j’ai envoyé mes peurs s’assoir à l’arrière et j’ai roulé sans me retourner vers les galettes de sarrazin qu'il me préparait, pour me glisser sous la fine étoffe de toutes les victoires que j'ai tissées.

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