Photo du 30-08-14 à 19

Il y a sept ans, j’écrivais mon premier billet, il y a sept ans que chaque soir, je viens ici pour poster quelques mots pour la journée. Il y a sept ans que ce blog m’accompagne, que notre vie comme je la ressens se raconte ici. Sept ans et je n’ai plus aucune raison à donner. Ces derniers temps, j’ai pris un peu de liberté et même si je continue à écrire un petit mot par jour, il m’arrive de ne pas prendre le temps de le publier. Il attend et je profite de ma liberté. Qu’il faut long le temps pour arriver à ne plus me sentir coupable de ne pas publier une fois par jour, aussi douloureux que de ne pas être capable de répondre à chaque message qui m’est envoyé, à chaque mot reçu. Dois-encore vous dire que l’émotion m’étreint à chaque mot gentil, à chaque parole bienveillante, à chaque sourire complice ou petit mot échangé dans la rue. Je garde chacune des lettres, je me promets de répondre à chacun des mails, mais le temps me rattrape et me happe, la vie m’absorbe et me secoue et la seule promesse que je peux faire ici, c’est de continuer à écrire. Pour le reste, je crois que je suis seulement capable de ne plus rien promettre, de ne plus rien promettre, juste raconter la vie, continuer à ouvrir l’écran de mon ordinateur comme on ouvre un papier de bonbon, la bouche déjà pleine de plaisir et les doigts fébriles. Ici, j’écris comme je mange une pâtisserie. Je me délecte,  je partage avec qui veut bien goûter, c’est si bon. Voilà, il m’arrive aussi d’écrire ces petits mots dans des lieux hostiles, ou moins bienveillantes qu’on ne l’imagine, en pleine journée et là, je retrouve mes dimanches comme on caresse un doudou, je sais que partout où je vais, je peux le retrouver. Et puis il y a le bonheur d’écrire qui au fil des années, s’est entièrement vidé de la peur d’être jugée, jaugée, décortiquée. Les mots les uns après les autres, les images choisies, c’est trop bon et c’est ça qui compte. Et puis, et puis il y a le bonheur fou de savoir ces âmes bienveillantes de l’autre côté du fil, des âmes sœurs, des sœurs et des frères, qui sont là quelquefois depuis sept ans, quelquefois de passage, quelquefois déçus, quelquefois irrités. Il y a toutes celles et tous ceux qui ne savent pas ce qu’ils me donnent en venant chaque soir ou une fois de temps en temps. Il y a cette chanson de mon enfance qui racontait « bel escalier puis-je monter ?- Mais oui madame, il faut payer »  Je pense souvent à cette histoire, je crois que je ne suis capable que de donner des histoires, une histoire par soir. En retour, j’ai la main et le cœur pleins de mots doux et d’attentions discrètes, et  puis cette certitude ne de pas être seule, celle d’être lue. En retour, j’ai la tête qui tourne et ce petit rire intérieur, si doux, qui me dit que la vie vaut la peine d’être partagée.