DSCF9509DSCF9520

DSCF9525DSCF9540

Je couds des chemises à fleurs, je m’amuse avec les couleurs, les enfants de la maison passeraient leur vie torse nu s’ils le pouvaient. Mais il leur arrive aussi de traîner du côté de la machine, pour vérifier où j’en suis, pour savoir si c’est le moment d’essayer.  Cette année encore, ils ont chacun choisi leur tissu et cette fois-ci, même Marcel semble impatient de porter sa nouvelle tenue.  « je vais être beau » m’a-t-il dit. C’est à moi que je fais plaisir en préparant ce jour de rentrée, en ajoutant aux chemises des petites pochettes de goûter. Mais plus les jours avancent et plus je les sens se rapprocher, tourner autour de moi et partager mes instants de fébrilité. Les cartables sont prêts mais les trois petits garçons de la maison de sont pas encore allés chez le coiffeur, les chambres sont presque rangées et on commence à parler du programme de l’année.  Danse, foot, équitation, piano, théâtre et surtout ce désir fou de ne pas nous laisser déborder.  Parce que cette année, tout va changer et malgré nos plans sur la comète et nos bonnes résolutions, personne ne sait à quoi ressembleront nos nouvelles journées.  Cette année, il y aura des réveils très matinaux avec une grande fille qui prendra le car à l’église avant que le jour ne soit levé, il restera ensuite trois petits garçons à réveiller. Garderie du matin ou pas, nous ne sommes pas encore décidés.  ET puis le soir, mes retours un peu tardifs, les réunions du lundi qui me dévoreront les soirées jusqu’au delà de minuit, il y aura les mercredi matin travaillés mais les vendredi plus légers. La petite boule au fond de mon estomac a commencé à faire son nid, elle se nourrit de toutes ces petites peurs et de toutes ces questions qui n’arrivent pas à trouver de réponse. Nous allons y arriver, nous allons y arriver, je sais que nous allons y arriver et je me le répète comme une litanie. Et puis je couds de jolies chemises et des foulards fleuris et tendis que mes mains se concentrent sur ces petits points,  je sens qu’un souffle beaucoup plus léger balaie  d’un coup tous ces points noirs sur mon calendrier.  Pourvu que la grosse horloge continue à être bienveillante avec nous, pourvu que je ne me laisse pas emporter par toutes ces réunions inutiles mangeuses d’énergie, pourvu que je n’oublie jamais comme j’aime la vie ici et comme elle m’est précieuse, plus préciesue que tout. 

DSCF9508

DSCF9518