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J’ai d’abord vu leur petit camion blanc quand je suis arrivée. Celui-là même qui m’avait fait rêver pendant leur voyage allemand il y a quelques années. Et puis je les ai rattrapés dans l’escalier, et puis j’ai rattrapé la soirée qui avait à peine commencé. Alors on a parlé de nous, des interstices de vie sans enfants, on a parlé des enfants, de ce petit André que je ne peux pas m’empêcher d’imaginer chevauchant une oie à chaque fois que je le vois, on a parlé de cette maison-ci, de leur maison là-bas, de celle qu’elle abrite en ce moment, de secrets, d’envies, d’idées, on a a parlé de nos angoisses mais pas seulement. Et si on n’était pas seulement des parents suffisamment bons mais des humains suffisamment bons. On a parlé de la pluie et de l’été, de cette grande bouteille de Givry et du saucisson, des bêtises de l’adolescence et de la famille qui ne part pas tant que ça dans tous les sens. Ça, c’est la première impression. En fait, tout est très cadré, il suffit de tracer son cadre et c’est tout. C’est tout et c’est beaucoup, on s’est beaucoup amusé avec sa géniale idée. J’aurais voulu encore plein de petits ronds colorés pour continuer, remonter plus haut et m’éparpiller de tous les côtés.  On a dessiné notre famille comme on la voulait, comme on la voulait en y intégrant la réalité. Il a bien fallu regarder la réalité. La réalité avec des petits points de couleurs partout. On s’est promenés pour aller vister la nouvelle cabane au bas de la vallée, on a cueilli des fleurs et j’ai écouté en souriant des enfants qui se disputaient, comme nos enfants. Nos enfants sont donc des enfants parfaitement normaux, suffisamment bons. A certains moments, ils m’ont manqué. A d’autres non. C’est joyeux et léger de voir les enfants des autres dans sa propre maison.  On  a partagé les épices d’Alep et les pêches blanches, puis jaunes, on a parlé de la rentrée comme si elle était encore loin ; Elle est encore très loin. Et on a fait sécher le linge au soleil puisque le soleil a fini par remontrer le bout de son nez. Juste au moment où ils devaient s’en aller. Le soleil est arrivé juste quand il devait arriver parce qu’il leur fallait du beau temps pour continuer.

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