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Il y a de la pluie partout, le sol de la maison glacé et mes pieds qui n’arrivent pas à se réchauffer. Et puis déjà les premiers mots qui évoquent la rentrée, comme si l’été m’avait été volé. Pourvu que le soleil revienne, je ne veux pas faire de feu dans le poêle, pas encore parler de cartable ni d’horaires de bus, il n’est pas encore temps de rallumer la lumière. Et pourtant je l’aime tant cette pluie quand elle vient s’écraser sur la verrière au-dessus de notre lit. Mais elle a fini par s’infiltrer partout, dans chaque petit interstice de nos âmes assoiffées d’été. La jardin ne sais plus où il en est et la glycine refleuri. Je me fous de l’ordre des choses mais je voudrais avoir chaud, trop chaud, ne plus avoir froid aux pieds. L’humidité s’infiltre partout et commence à faire son œuvre en plein milieu de l’été. Je ne suis pas la seule à être fatiguée, à avoir envie de pleurer à la moindre contrariété. Il fait trop froid, il y a trop d’eau, D’abord, je me promets que je ne me ferais pas avoir, que je ne parlerai ni du temps ni de la pluie et puis je dois rendre les armes, qu’il n’est plus question que de lui. Le ciel gris et trempé. Les orages d’été finiront en pétards mouillés et le cuir de nos nus-pieds finira par céder. Je voudrais que l’été s’installe avant que les jours ne commencent  céder du terrain face à l'assaut des nuits, je voudrais puvoir goûter à la douceur de quelques longues soirées d’été avant de  réapprendre à me calfeutrer. J’entends cette petite voix qui me disait chaque année pour me faire rire « Cette fois-ci, les vacances sont annulées ». et si cette année c’était vrai. Et pourtant j’aime la pluie et le vent, les caprices du temps, la nuit comme le jour et la rosée qui me glace les pieds. Mais ça y est, il est temps, il faut que le soleil revienne et pas en coup de vent, qu’il s’installe pour un moment et nous grille, qu’on ait le temps de se lasser de lui pour penser à ce qui viendra après. déjà, les mûres ont envahi toutes le haies. Il n’est pas encore temps de les cueillir, elles sont encore vertes comme les prés. Il leur faut du soleil et de la chaleur pour honorer leur promesse de plaisirs sucrés. Il est temps. Après, l’été sera terminé.