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Je n’avais pas envie. Pas envie comme un enfant le jour de rentrée. Et puis j’étais secouée par cette impression d’être à contre temps, à contre courant. Ce matin les enfants étaient ravis de partir au centre de loisirs, cet été c’était le plein été  et sur l’écran de mon ordinateur, j’avais déjà lu tant de récit de plages de sable et d’eau salée. Je suis allée travailler, me persuadant que j’étais come ces petites filles trop gâtées qui demandent trop à la vie alors qu’elle leur a déjà beaucoup donné. Je ne suis plus une petite fille et il y a des vérités que je ne peux contourner, une réalité qui ce matin m’étouffait. Je m’applique, j’essaie de justifier à droite, de justifier à gauche, j’essaie de ne pas trop rédiger, mais je ne suis pas faite pour le travail que je fais. Le souvenir d’une menace de blâme m’interdit d’en parler plus ici, et puis là-bas, il y  a aussi des gens très gentils. Mais ce matin tout en haut de l’escalier je me suis sentie tellement décalée, dévorée par l’envie de retourner de là d’où je venais, cette vie que l’émotion avait bousculée, habitée, cette vie qui sent l’orage et les matins d’été, la joie et les moisissures, la vie qui n’a pas besoin d’être justifiée. J’ai essayé de m’appliquer, de ne pas trop penser. Comment ne pas trop penser. Mais Paris ne voulait pas s’en aller, le père Lachaise,  le déjeuner en famille et ce verre partagé devant l’église Saint-germain, caressée par un soleil doré. Le livre, le projet grâce auquel il est né.  J’avais une note à terminer. Je l’ai terminée. J’aurais voulu encore parler des quelques jours que nous venions de passer, coucher d’autres mots sur du papier, j’aurais voulu sentir la pluie qui s’annonçait. Sortir, je ne suis pas faite pour rester assise toute la journée. La vie  a ses obligations auxquelles je dois me plier. J’ai fait des choix, j’en assume les conséquences. Je justifie à droite, je justifie à gauche, et j’essaie de moins rédiger. Je n’écris pas d’histoire mais des notes, des fiches actions. Je ne suis pas là pour parler de ma vie. Demain, c’est vendredi.

 

psssit: je ne sais pas si vous vous souvenez de Mon livret de famille, ce petit livre dont les Epiciers de l'orage m'ont demandée d'être l'auteur et aperçu avant hier dans la vitrine de la librairie LA Hune à PAris. Ce livre n'aurait pas existé sans l'idée géniale d'Anaïs MAssini, un arbre généalogique dont les racines seraient plantées dans un bain de liberté et dont les branches pourraient se diriger partout où on voudrait les mener. Ce projet, imprimé près de MArseille, a encore  besoin de souscripteurs. Si vous voulez le soutenir,  ou si vous êtes curieux et que vous voulez en savoir plus c'est ici.

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