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C’était bien pourtant d’être tous les deux en ville, j’avais aimé le trajet, toute à l’idée que nous avions du temps devant nous et rien de précis à faire. Rien de précis à part ce rendez-vous pour moi, ce divan dont j’ai du mal à lâcher l’écoute bienveillante et précieuse, même si je ne vais plus pouvoir longtemps ignorer que la fin de ce bout de chemin n'est pas loin. Je viens toujours seule pour ce rendez-vous en ville mais cette fois ci le mardi devait remplacer le mercredi et c’était une occasion de venir nous promener tous les deux. Je suis sortie et je n’avais rien à en dire. D’ailleurs, il ne m’a rien demandé. Je ne savais pas où j’avais envie d’aller, j’ai senti sa main qui cherchait la mienne et j’ai prétexté un mal de dos. IL était gentil, je le trouvais trop gentil, je devais être agaçante, comment  cela se faisait il qu’il n’en soit même pas irrité. Moi même , je ne me serais pas supportée. Oui, ça devait arriver à d’autres gens de se sentir détestable et à ce moment précis d’en vouloir à l’autre d’exister. Je rêvais de cette robe que je n’aurais jamais les moyens de m’acheter et il me parlait de la nécessité d’acheter des filtres à café. De toute façon, cette forme de robe ne m’irait plus jamais. De toute façon, où trouverais-je les sous pour m’acheter une jolie robe pour la fin du mois de juin. Je suis partie acheter les filtres à café. Quelle idée j’avais eu de venir en ville avec lui. Oui, j’étais détestable et il semblait continuer de m’aimer. Je crois même qu’il s’en amusait. J’ai accepté sa main et commencé à marcher à côté de lui. Oui, j’avais envie de lui parler mais non, je n’étais pas très sûre qu’il comprenne, j’avais envie de partager des doutes avec lui, des envies « on se prend un café ? »  Ce garçon est exactement celui qu’il fallait à ma vie. Peut importe la ville qui semblait  maintenant vivre sans nous. De toute façon, nous pourrions nous passer d’elle et de ses tentations. De toute façon, j’avais envie de rentrer à la maison.  Mais juste après ce petit magasin dans lequel il m’a suivie. C’est lui qui a trouvé le très bel ensemble gris. Enfin je crois, ou au moins il l’a beaucoup aimé quand je lui ai montré. Je n’ai rien acheté mais mais ça n’est pas très important finalement. Et pour la fête de la fin du mois de juin, je sais qu’il glissera sa folie dans la mienne si nous retournons dans ce magasin de jolis vêtements.