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Ce soir, tout d’un coup, s’en était presque inquiétant, les bruits se sont tus dans la chambre des enfants. Je n’ai même pas eu le temps de leur demander ce qu’ils avaient préféré de leur journée. Les retrouvailles avec nos voisins amis dans leur maison d’ici, si loin de la campagne bourguignonne ; Le réveil sur cette petite ville et notre petite voyage à la boulangerie qui, distributeur de boissons mis à part,  semble figée dans les années soixante ;  la grande gare qu’on voit de la terrasse de la maison, les trains qu’on entend s’arrêter, la vie dehors, la promenade de plus de quatre heures dans la montagne et les vignes, le romarin et le thym sauvages, les figues de barbarie, le grand tunnel qu’on peut prendre à pied juste à côté de la maison, le bain de mer pour soigner leurs muscles endoloris ou notre escapade de l’autre côté de la frontière. « Maman, comment on pleure en espagnol ? » m’a demandé Marcel alors qu’Aimé me demandait si je pouvais allumer la radio pour écouter la langue d'ici. En une seule journée, nous avons déjà vécu mille vies avant de revenir au coucher du soleil nous asseoir là où nous étions ce matin, sur le banc adossé à la maison. Je m’étais arrêtée dans cette ville il y a vingt cinq ans où revenant d’un séjour baigné de soleil et de nature en Espagne, je m’étais sentie agressée par cet amas de trains. Cerbère et Porbou, sa sœur espagnole, sont ces villes où les trains se sont longtemps arrêtés, incapables de continuer leur voyage puisque l’écartement des rails n’est pas le même dans les deux pays. C’était le cas, la première fois que je suis passée ici. J’avais juste quitté un train pour en reprendre un autre et rien ne me promettait que j’allais revenir et que je tomberais sous le charme de cette toute petite ville épargnée par l’assaut des touristes. Dans certaines rues, on pourrait même croire que le temps s’est arrêtée au temps ou la ville accueillait tous les voyageurs et les marchands, les murs sont juste un peu décrépis et très grande maison bourgeoise qui  s’est construite là, entre rails et trains, attend qu’on veuille bien lui rendre sa splendeur. Il y a  aussi cet étonnant bâtiment paquebot construit un peu trop tard, juste avant que la ville ne soit délaissée, et aujourd’hui prêt à être classé. Il y a encore le bruit des trains et la roche partout, la montagne d’un côté, à perte de vue et la mer de l’autre côté, à perte de vue.  Et puis il y a cette liberté des enfants que la méditerranée semble rendre possible dans tous les villages qui la bordent, parce que c’est une autre vie, des villages et des ruelles où ils peuvent se sentir les rois du monde, au moins jusqu’à l’épicerie.

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