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Georges avait attendu ce vendredi et plusieurs fois dans la semaine, il m’avait demandé si nous y étions bientôt arrivés. Il était parti sans se retourner et nous savions déjà qu'il ferait la tête quand nous irions le chercher. Une journée entière chez sa nounou, un jour entier rien pour que lui. Joséphine avait préparé son sac pour repartir chez elle et à l’heure du déjeuner, nous nous étions retrouvés ici en petit comité. Blanche, Aimé, Marcel et moi pour une grande partie de la journée. Je disais « mes grands » et on me répondait «  n’oublie pas que tu as une plus grande que nous. » Je n’oubliais pas et je me réjouissais même de la semaine que nous venions de passer tous ensemble ici. Hier soir, Joséphine m’avait accompagnée au conseil municipal et nous étions revenus  tout près de minuit. Je savais que Georges passait une de roi, j’étais sûre que Joséphine était contente de retrouver la part citadine de sa vie et je regardais mes trois « grands du milieu » signer de nouvelles alliances et se lancer dans de nouveaux jeux, débarrassés un moment d’un petit frère quelquefois très encombrant, libres pour jouer sans devoir toujours expliquer. Pendant qu’ils vivaient d’abord leur vie, je me lançais dans une ces séances de rangement que seules les vacances peuvent rendre possible. Du rangement sans râler, avec cette satisfaction de pouvoir avancer sans être pressée. Hier, avant nos plantations de fleurs, les enfants m’avaient tous aidée à rangée de le rez-de-chaussée et je les laissais tranquille pour aujourd’hui. Dehors, le ciel était lourd et gris, une bonne nouvelle pour nos fleurs et pour nous, c’était un peu comme une journée de répit. Quelques heures de repos, comme un moment suspendu entre une première semaine de vacances ici et un départ à envisager. Aujourd’hui, la mer nous semblait encore loin, le départ aussi.  Blanche avait proposé une partie de jeu de sept familles à ses frères et je les entendais rire dans la pièce à côté. Le ciel gris avait fini par se changer en pluie et les enfants m’avaient finalement rejointe dans mon bureau pour avancer leurs devoirs et repenser à l’école, juste un peu. Ils me présentaient des cahiers à signer et je me faisais à l ‘idée, comme eux, qu’un jour la rentrée allait arriver.

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