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« J’ai mal au corps » se plaignait Georges les mains et la bouche encore plus pleines que la veille. IL y avait du chocolat partout, du rez-de-chaussée au premier, malgré l’interdiction posée. Les enfants, aujourd’hui, n’auraient pas besoin de se nourrir et je décidais de reporter le brunch à demain pour cause de ventres pleins. Blanche avait passé la nuit dans la grande maison de ‘autre côté de la forêt om elle avait été invitée, elle repartait dès ce midi chez une amie. Ce serait une journée pour s’installer dans notre semaine de vacances à la maison où chacun ferait comme il voudrait avec pour seule obligation de ne pas déranger les autres habitants de la maison. Nous partions avec nos trois petits garçons pour un petite vide-grenier ou je trouvais un grand tablier en lin mais le destination n’était qu’un prétexte pour se perdre sur ces petites routes de campagne que nous aimons. De retour à la maison, je négociais le rangement de l’arbre de Pâques au grand désespoir de Georges qui finissait par se faire une raison quand je lui permettais de lui prêtais quelques œufs colorés pour accrocher à son lit « pendant toutes les vacances au moins. » Et puis nous partions sur la route pour cueillir un gros bouquet de lilas blanc. Aimé, Marcel et Georges nous accompagnaient en vélo et obtenaient le droit de pédaler seuls jusqu’au moulin. J’ai entendu Marcel dire à Georges « si une voiture arrive, tu te mets dans le fossé » puis ce sont les battements de mon cœur que j’ai entendus jusqu’à les avoir de nouveau en vue. Mais j’ai goûté avec eux à l'immensité du sentiment de liberté, j’ai entendu leurs cris de joie et  j’ai vu leurs yeux briller quand ils nous ont rejoints alors que nous n’étions même pas encore arrivés à la maison. « on a foncé » criait Aimé. Ils étaient là, haletants, Georges suivait un peu plus loin mais sa fierté valait celle de ses grands frères. Nous avons repris la grande montée, une portion de route qui possède déjà sa légende avec son lot de chutes,  de blessures, d’histoires et de sang versé. Il était déjà l’heure de dîner, j’avais mon gros bouquet de lilas blanc et les petits garçons se précipitaient vers les paniers qui contenaient quelques restes de chocolat pour se remettre de l’aventure qu’ils  rêvaient déjà de mener beaucoup plus loin que le moulin.

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