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C’était un mercredi rassurant, parce que rien ne le distinguait des autres mercredis. Un jour de milieu de semaine ordinaire avec son rendez-vous en ville, un petit carnet acheté cinq euros pour la mairie,  et un retour la fenêtre ouverte sur les champs dorés. J’aime les regarder mais je suis si contente que notre petit bout de terre soir épargné par les champs de colza et leur immensité. Chez nous, il n’y a que des prés séparés par des haies, des vaches et des troupeaux de moutons, des prés qui ont laissé pousser d’énormes chênes et quelques arbres fruitiers, comme sur le tableau d’un peintre japonais. Aujourd’hui, j’avais envie de coudre, d’occuper mes mains à quelque chose d’utile, de tangible, j’avais besoin de voir quelque chose se dessiner sous mes doigts. J’ai trouvé un grand jupon que ma grand-mère m’avait donné et que j’avais teint en bleu il y  a quelques années, j’ai taillé dedans pour en faire une petite robe d’été, sans angoisse ni patron. Une seconde vie pour un jupon que j’aimais beaucoup sans avoir jamais trouvé comment le porter,  une petite robe légère pour ma grande fille de dix ans.  Et puis j’avais besoin de retrouver les odeurs de la forêt pour ne pas manquer ce moment où tout renaît, le vert tendre des feuilles et la vie qui grouille sous la mousse. Blanche, Georges et Marcel sont venus avec moi pour cueillir des brassées de fleurs, des bouquets de printemps qui ne dureront pas plus d’un ou deux jours mais qui nous aurons rendu heureux un instant.  Et puis, il y a eu le goûter des enfants, comme un  rendez-vous sacré, les crêpes de leur père, le thé trop chaud, puis trop froid parce qu’on l’avait oublié,  et la fin de journée qui m’a emmenée au potager. J’ai cueilli quelques feuilles de menthe pour les écraser entre mes doigts, j’ai dit aux rosiers mon impatience de les voir en fleurs, j’ai cherché les nouvelles pousses avant de rentrer pour préparer le dîner. Cette semaine, nous aurons réussi à vivre avec les restes.Je m’en suis amusée et j’ai fait un pain pour demain. Un pain et du riz au lait, rien que pour le mélange des parfums.

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