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Le soleil et l’’approche des vacances me plongent dans un bain délicieux d’énergie et d’envies qui  réveille en moi bien plus qu’une liste de désirs de de petites fleurs et de vichy. Ce midi, je suis sortie pour marcher et j’ai senti le soleil sur ma peau, le silence juste enrayé par les premiers chants des oiseaux. Hier après-midi, Blanche m’avait dit qu’elle aimait tant les premiers sons du printemps. Je suis heureuse de partager ces premières sensations avec les enfants. Le bruit de la rivière, le froid du matin qui brule encore et le soleil qui réapparaît. Ce midi, j’ai marché plus vite, mes pas me semblaient légers et l’effort joyeux. Chaque année ce premier soleil m’émeut et je n’arrive pas à croire qu’un jour, de ça aussi je serai lassée. Renaître chaque année, un tremblement pour une petite fille à qui on avait prédit la mort dans le ventre de sa mère. Que c’est bon et léger, rien ne me rend plus forte que cette légèreté. Le bruit de la rivière. Cet après-midi, je me suis promis d’aller chercher un pot de thym et du romarin pour les installer dans la maison, j’ai eu envie de fleurs encore, et d’herbe mouillée. Aujourd’hui, j’ai eu envie d’aller voir la mer et de prendre mon vélo pour aller loin, dévaler la pente et me sentir en vie, comme lorsque je ris la bouche grande ouverte pour aspirer le vent. Cette nuit, j’ai rêvé que j’avais perdu dix kilos et que j’étais belle, ce matin je me suis réveillée avec le jour et je suis sentie fatiguée. Et puis le ciel s’est chargé de lumière et de cette couleur bleue qui étouffe tous les doutes. Il paraît que les amours ternissent. Je ne veux pas m’y  attendre, je ne veux pas l’envisager. A chaque printemps, le mien sera plus grand que ce dont je me sens capable.   Aujourd’hui, je me suis dit que la pluie pouvait revenir, je m’en fous, quelque chose s’est passé. Quelque chose est passé. Elle peut revenir et j’aimerai l’écouter s’écraser. J’ai toujours aimé la boue, pour enfiler mes bottes en caoutchouc et parce que d’elle quelque chose renaît toujours. Bien sûr qu’il y a aussi les douleurs du printemps, les muscles douloureux, les os qui craquent et la peur d’avancer. Les suicidés choisissent souvent ce moment, ce passage qu’ils ne veulent plus franchir. Il y a longtemps que j’ai choisi la vie, avec ses crasses et ses mauvais coups. Aujourd’hui, j’ai eu envie d’un week-end en Italie avec lui. Mais pas tout de suite, pas maintenant. Pour l’instant, le battement que j’entends au fond de nos poitrines suffit à me donner l'envie et le goût.

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