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« Pov’maman m’a répété Blanche toute la journée et j’avais beau lui dire que mon travail ne me déplaît pas et que les vacances n’attendront plus très longtemps pour moi, aujourd’hui je suscitais toute sa pitié. « Tu te rends compte que demain, elle va travailler » insistait elle auprès de ses frères. Etait-ce un plan pour amadouer ma colère quand je me suis aperçue que la matinée qu’ils devaient tous avoir passée à ranger au premier  n’avait presque rien donné. Alors que de mon côté, je m’occupais du rez-de-chaussée, ils étaient pourtant venus m’annoncer avoir trouvé la solution pour un rangement rapide et « efficace comme jamais ».  Il était question de ranger chacun son tour, l’intervention étant minutée « comme ça, on ne se gêne pas et on ne se lasse pas non plus ». Sur le papier, tout était parfait.  En réalité, quand je suis montée pour voir si ces enfants dont l’initiative et l’énergie m’avaient épatée deux heures plus tôt, j’ai trouvé quatre petits humains avachis entre fauteuil et canapé, assez fiers d’avoir rangé une boîte de crayons, un pout de bouton et me jurant q’ils avaient besoin d’une « petite pause » avant de reprendre le chantier. Il m’arrive de renoncer devant l’ampleur de la tâche, moi même effrayée par la colère qu’il faudrait leur opposer pour espérer une réaction. Je me suis gardée de tout commentaire. Je savais alors que mon silence les laisserait dans un abîme de perplexité et je suis redescendue pour profiter de la lumière qui inondait le salon. Moi, j’avais rempli ma mission et il me fut facile d’oublier le capharnaüm du haut de l’escalier. « On peut descendre maman ? ».  Aimé et Blanche venaient de s’habiller tous seuls et me proposaient da faire un gâteau breton pour le goûter. La farine, le sucre, le beurre et le verre doseur, ils se débrouillaient et me faisaient promettre de ne m’occuper de rien. Toujours aucune trace du premier étage dans nos conversations. La fatigue du soir s'en chargerait. « Pov’ maman » répétait Blanche à son frère alors que je profitais de ce dimanche après midi pour retrouver un vieux Massiv Attack oublié. Nous dansions pendant que le gâteau cuisait et je devais quand même reconnaître qu’en plus des crayons et des boutons, les légos avaient retrouvé leur contenant.

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