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Premier jour de soleil depuis une éternité. Samedi matin, premières impressions de printemps, premiers frémissements. Premier jour de vacances pour les enfants et pour moi, l’odeur du café qui m’attend. L’hiver perd du terrain, aujourd’hui il faisait si doux que la porte de la maison est restée ouverte un moment. Blanche a eu envie de manger dehors mais il est encore trop tôt. Pour l’instant, la grande table du jardin est pour les oiseaux. J’ai eu envie d’aller au marché mais nous n’avons pas eu le temps. Premier jour de vacances pour les enfants et pour moi, cette fatigue que j’ai laissée s’exprimer. Pas cette fatigue chargée de lassitude  quand l’hiver impose une suite de jours trop courts, mais celle qui traverse le corps quand la saison va changer, celle qu’on laisse venir pour mieux repartir après. Ce midi, je me suis endormie sur le canapé au milieu du bruit et des enfants qui couraient. Quand je me suis réveillée, Blanche avait déjà enfilé ses bottes et son manteau, elle m’attendait pour partir faire ces satanées courses que j’avais très longtemps repoussées. Faire les menus et acheter à manger pour la semaine, puisqu’il fallait nous y plier, je décidais de ne pas revenir sans être passée chez le fleuriste pour m’y choisir un bouquet. Un pot de narcisse,  quelques pensées et la campagne traversée par le chemin du retour, d’immenses prés vert tendre et trempés, quelques voitures de vacanciers et la forêt baignée par un soleil d’hiver qui, à la fin de l’après-midi semblait encore installée. Ce soir, il y aurait des amis et encore un nouvel an chinois, une nappe blanche et des baguettes ramenées de Singapour, une pensée pour une grande fille suspendue quelque part entre la Russie et l’Asie. Premier soir de vacances pour les enfants, coucher tard autorisé.  Pas de montre, pas d’horloge, pas de calendrier, rien qui nous raccroche à la réalité du papier. Aujourd’hui, nous avons senti le printemps et ses premiers tremblements, qu’importe le nom donné à ces vacances qui viennent de commencer. Vacances d’hiver alors que nous n’y croyons plus vraiment.

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