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Ce matin dans notre maison, il y avait une petite fille qui avait glissé une lettre dans son cartable. Une lettre pleine de couleurs et d’espoirs, une lettre dans une enveloppe fabriquée et fermée avec application. Le chemin de cette lettre a été savamment pensé, elle n’arrivera à son destinataire que dans le plus grand secret.  Ce matin, il y avait un petit garçon qui est allé dire je t’aime à son papa, pour la Saint-Valentin. Il y avait des sablés couverts de rose et de poussière d’or, Il y avait des enfants qui se promettaient de garder des biscuits pour ce soir, « pour fêter le jour de l’amour ». Cette nuit il avait fait très froid et le jour qui vient plus tôt n’empêchait pas les vitres glacées. Ce matin dans notre maison, il y avait ce souffle, ce parfum de l’air qui s’est installé pour l’hiver, une sensation que la vie va bien et que les petits tracas n’auront pas raison de nous. Ce matin, il y avait la légèreté que les vacances apportent quand elles vont arriver, une pensée partagée puis envoyée vers une grande fille qui va bientôt s’envoler vers des températures d’été, vers une vie qui intrigue et fascine ses frères et sœurs restés ici.  Aujourd’hui, il y avait ce sentiment d’être unis et cette envie de parler d’amour sans en être gêné, de l’amour au-delà des murs. Ce matin dans notre maison, il y avait du chocolat au lait un peu trop chaud et un biberon un peu trop plein, un départ un peu trop en retard et finalement, une arrivée à point. Ce matin, il y avait chez nous ce que la famille peut avoir de doux, même quand elle est biscornue et pleine de recoins. Ce matin j’ai pensé à ce soir, je ne rentrerai pas trop tard, au moins avant le coucher du jour. Aujourd’hui, forte de cette énergie que donne la sensation d’être aimée, j’ai laissé germer mille projets et espéré que ceux qui partagent ma vie, ceux que j’allais retrouver ce soir sentent cette force aussi.  J’ai pensé à ces oiseaux qui picorent le pain et les graines que nous leur laissons chaque matin. Ils vont et vivent toute la journée puis se retrouvent sur la même branche avant de s’envoler encore pour se laisser bercer par les courants d’air. Ils volent  seuls, puis à deux, à plusieurs puis seuls encore, sans jamais arêter un instant de chanter

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