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Je ne sais pas ce que doit nous apporter la nouvelle année du serpent mais nous avions prévu ce nouvel an chinois depuis longtemps. Aimé me parlait depuis des jours du pyjama qu’il avait choisi et Marcel avait finalement trouvé un habit qui le faisait ressembler à un petit empereur. Nous avions trouvé une tenue pour Georges, Blanche avait enfilé la robe chinoise offerte par sa grande sœur et nous avait demandé de chercher des tenues pour nous aussi. Un tee-shirt ramené de Singapour pour Joséphine et un kimono pour chacun de nous, je rajoutais des pendants d’oreilles qui pouvaient se faire passer pour des chinoiseries et le tour était joué. Quand je suis rentrée ce matin d’un petit-déjeuner auquel j’étais invitée, Joséphine et Blanche avait trouvé de quoi habiller la table. Notre grosse tête de dragon, un autre petit dragon, une petite poupée chinoise et quelques menus détails qui leur avaient pris du temps. Je cherchais les petites enveloppes rouges et dorées dans lesquelles je glissais un euro et commençais la cuisine. Nous fêterons une seconde fois ce nouvel an la semaine prochaine avec des invités mais à ce moment là, Joséphine serait dans l’avion et il nous était impossible de passer un nouvel an chinois sans elle. C’est elle qui apprend à ses petits frères et soeur, nouvel an après nouvel an, à se servir de baguettes pour manger le riz, c’est elle qui leur parle de l’Asie et qui répond à toute leurs questions « tu crois qu’il leur arrive de vomir aussi ? ». Il y avait des chips aux crevettes qui font du bruit, des nems, du poulet aux épices et du riz, des boules de coco géantes et des fruits au sirop, une idée de l’Asie un peu vague, à la sauce aigre-douce et au thé vert qui manquait de jasmin cette fois-ci. C’était une sorte de petite fête entre nous qui nous emmenait loin alors qu’il neigeait dehors à gros flocons, une cérémonie qui nous permettait de « revenir à la vie normale après » comme disait Aimé. A la fin du déjeuner, Marcel  croyait reconnaître un roi de Singapour dessiné au dos de son euro, les enfants nous demandaient de rester habillés comme ils l’étaient et je cédais finalement aux petites douceurs aux graines de sésame.  J’ai épuisé mon stock de petites pochettes rouges et dorées, toute ramenées il y a plus dix ans de mon dernier voyage hong-kongais. Il me reste une année pour en retrouver.

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