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Je savais hier que j’allais rentrer très tard alors j’avais aimé, entre deux rendez-vous, écrire ce petit billet sur les rosiers, pour me replonger dans leur parfums et mes rêves de matin d’été. La conférence que nous avions organisée n’aurait pas pu mieux se passer et j’avais raccompagné le conférencier à son hôtel. J’avais souri en entendant ce glaciologue prix Nobel me conseiller de dormir en ville pour éviter d’avoir à rentrer chez moi sous cette neige qui n’arrêtait pas de tomber. J’ai pensé aux récits d’antarctique quand je me suis retrouvée dans la tempête sans même reconnaître la route sur laquelle je roulais. Il était déjà presque minuit,  j’ai pensé au récit de ces savants russes qui avaient vécu sous moins soixante-neuf degrés et je me suis dit que j’arriverai à bout de ces vingt-cinq petits kilomètres. Deux heures plus tard j’arrivais chez moi avec la sensation d’avoir vécu une expédition aussi renversante que la somme de toutes les aventurers polaires. Alors aujourd’hui, il était plutôt question de ne rien faire, écouter le bruit des travaux et partir marcher sous le soleil d’hiver, regarder les enfants jouer et construire des navettes spatiales qui sauveraient la terre et la lune, parler de la conférence d’hier,  ne pas m’éloigner trop du poêle allumé puis convaincre les enfants de venir avec moi dans le pré pour essayer de retrouver le ballon que Marcel a lancé il y a quelques mois sans que personne n’ait retrouvé où il était tombé. Un ballon tout neuf offert par sa nounou l’après-midi même.  Je n’avais pas mesuré l’ampleur de la boue et c’est au milieu du champ que j’ai réalisé mon oubli. J’avais exigé des enfants qu’ils retrouvent leurs bottes en caoutchouc et j’avais laissé les miennes devant la porte de la maison. Les enfans préféraient en rire et nous nous remettions à la recherche du ballon. Une fée à nos côtés, nous reprenions espoir. Mais c’était sans compter cette gadoue qui nous empêchaient d’atteindre la haie, menaçait d’aspirer Marcel tout entier et tentait d’engloutir la botte de Georges qui semblait être le seul à ne pas détester ce bain forcé. Nous remontions cette fois-ci encore sans ballon et la fée, comme ses frères, ne pensait plus qu’à se réchauffer.  Il est temps ici, que l’hiver nous donne quelques raisons d’espérer , et nous laisse caresser l’idée qu’un jour il se termine.

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