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Les chambres avancent, le premier étage continue à ressembler à un grenier et les enfants se construisent  des cabanes dans tous les coins, sous les lits et sous les tables, entre deux meubles posés, sous des chaises empilées. Je me concentre pour essayer d’imaginer ce à quoi cela ressemblera, après. A quelques millimètres près, la bibliothèque est passée par la trappe prévue pour les meubles trop gros,  et le dimanche a pu de nouveau respirer. Ce matin, Joséphine cherchait un endroit où travailler et j’avais envie d’un vrai déjeuner de dimanche, comme ceux qu’on met des heures à préparer. J’avais envie d’oublier le vent glacé du dehors et le capharnaüm du premier, j’avais envie d’une maison parfumée, j’ai mis de l’ail dans le gigot avant de l’enfourner puis j’ai cherché la recette d’un gâteau qui nous changerait, un gâteau pas trop compliqué pour pouvoir être faits à plusieurs mains, un gâteau qui pourrait se couvrir de rose puisque c’est la couleur que nous avions choisi pour aujourd’hui. Je me souvenais de la recette de Marie alors Blanche a mélangé les fraises tagada sous le regard fasciné de ses petits frères très inquiets à l’idée qu’il n’y ait plus assez de bonbons dans le paquet. La glaçage était rose comme nous n’aurions même pas osé en rêver. Il restait à le couvrir d’une pluie dorée pour le poser sur la table en attendant l’heure du goûter. La moindre petite trace de doigt sur la couche rose bonbon trahirait  l’impatient. Interdit d’y poser le doigt, même un peu, même un tout petit peu. Georges avait déjà plongé la tête dans le grand saladier pour finir la pâte du gâteau, il comptait maintenant obtenir une place autour de la casserole ou nous avions fait fondre le sucre glace et les bonbons. Je sortias la nappe préférée d’Aimé, les assiettes que Blanche adore et le thé anglais. Joséphine tentait d’effacer les traces de petits doigts qui avait franchi l’interdit et attaqué le gâteau par un de ces côtés.  Jamais dimanche n’avait vu de goûter si tôt chez nous, jamais enfants n’avaient dévoré le contenu de leur assiette en si peu de temps. Le gâteau était moelleux et le glaçage croquant, le thé «  si anglais » et le rose si joyeux qu’il entraînait avec les lui les moues et les pas hésitants qui marquent  d’habitude nos dimanche preque terminés.

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