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Il y a des envies qui me collent et m’entraînent, des envies qui font peu de cas de la pluie qui vient se cogner aux carreaux. Je veux du blanc et des fleurs en brassées, Je veux des fleurs en bouquet. je veux du sucré, j’ai envie de cuisiner, des gâteaux de toutes les tailles et de toutes les couleurs, du citron et du miel, du chèvrefeuille. J’ai envie de lumière du jour et des toutes premières traces du printemps qui se réveille, prémisses espérés. Février est entamé.  J’ai envie de peindre les chambres de mes garçons, de descendre en courant jusqu’à la rivière, de sauter pour la traverser, je voudrais des raisins dans mes sablés. J’ai envie de lire le livre qui me fera tout arrêter, j’ai envie d’écrire, j’ai envie d’amis à la maison et de solitude avec lui, j’ai envie de revenir douze ans en arrière pour vivre encore tout ce que nous avons vécu depuis, je ne voudrais pas être différente de ce que je suis devenue aujourd’hui. je voudrais traverser Paris à moto, moi derrière et lui devant et qu’il ne m’entende pas rire aux éclats sur le chemin de son appartement, je voudrais qu’il me dise qu’il m’aime plus souvent. Et puis non, s’il me le disait tout le temps, le monde n’exploserait plus quand il prononce ces mots à mon oreille. Je voudrais découvrir Rome mais dès que je l’aurais vue, je n’en rêverai plus. Je voudrais faire du lemon curd pour en étaler sur mes tartines et n’avoir jamais écouté les intermezzo pour les découvrir, puis entendre mes enfants me dire que c’est très beau alors qu’ils écoutent Céline Dion, puis chanter  fort avec eux.  je ne veux plus me conformer, être conforme, je veux les aimer même si je les abîme, les serrer avant de les entendre dire qu’’ils s’en vont, je veux cultiver mon impatience à les voir s’envoler, me retrouver seule avec lui et faire comme si nous n’avions jamais eu d’enfants « mais tu ne peut pas dire ça maman! » Non je ne peux pas dire ça et je ne le dirai jamais. Je veux continuer à rêver en regardant passer ces couples qui n’ont qu’à s’occuper l’un de l’autre et me dire que moi aussi j’aurai pu vivre seulement de cet unique amour. Je veux sentir l’odeur du lait en préparant mes petits pots de crème et regarder nos enfants, éblouie d’en être à l’origine.

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