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J’avais cru que la journée serait belle, ensoleillée, et quand la voisine est venue me chercher pour notre marche quotidienne, Blanche a voulu nous accompagner. Elle a enfilé ses bottes en caoutchouc, j’étais un peu moins prévoyante qu’elle. Nous sommes parties sur le chemin en nous racontant notre semaine. Je tenais une petite main dans la mienne et j’entendais une petite voix qui me disait, d’un ton sautillant, que le printemps serait bientôt arrivé. Et puis la pluie s’est mise à tomber, « moi j’aime la vie à la campagne même quand il pleut » me disait la petite voix qui accélérait le pas. Le ciel était de plus en plus sombre et je baissais la tête pour affronter l'eau qui ruisselait. « j’ai vu un écureuil » me criait la petite voix. J’avais aperçu ce petit écureuil plusieurs fois et à chaque fois j’avais pensé à Blanche en me rappelant de nos promenades dans les parcs londoniens.  A chaque fois que je l’avais vu, j’avais espéré qu’un jour elle le verrait traverser la route à son tour. Le petit animal avait disparu mais je lui savais gré d’être passé là  aujourd’hui juste au même moment que nous. Les écureuils goûtent peut-être aussi, il était quatre heures et le vent s’est mis à souffler. « moi j’adore la vie à la campagne, même quand il fait un temps pourri » me criait la petite voix que le vent couvrait à moitié. « Ici, j’adore le temps pourri » rajoutait elle. Les bourrasques étaient tellement fortes qu’elles nous faisaient sursauter et nous avons aperçu un agriculteur qui creusait un fossé dans un de ses champs.   Ce moment là, j’ai réalisé que les vaches avaient quitté les prés. Elles reviendront au printemps et nous guetterons leur retour comme un des premiers signes. Les chevaux et l’ânesse s’étaient mis à l’abri. Nous avancions toujours la tête baissée avec l’impression quelquefois que le vent pourrait nous emporter. Le petite arbre juste à côté de l’ église avait l’air aussi courbé que nous. « tu crois qu’on pourrait aller voir à quoi ressemble le potager ? » me demandait la petite voix  qui pressait le pas, « on pourrait voir si les choux sont encore là ». Je lui promettais ce tour au potager, même trempées. Nous pourrions y dresser un état des lieux de ce que l’hiver avait épargné.

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