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Dans quelques jours, janvier sera passé et je n’aurais pas eu le temps d’envoyer mes vœux, Je n’aurais pris le temps ni de les prononcer,  ni de les adresser. Je n’ai pas trouvé d’image qui colle à notre peau, à nos souhaits de cette année et j’aurais aimé savoir dire en quelques mots ce que je souhaite aux gens que j’aime et que je croise sur mon chemin, à ceux qui ne savent pas à quel point ils ont marqué ma vie, à ceux que je n’ai pas vu depuis longtemps et que j’emporte avec moi au fil de mes journées. J’aurais voulu trouver les mots exacts pour leur souhaiter de pouvoir prendre chaque petite poussière de minute heureuse, chaque souffle de vie, leur crier de ne pas vouloir à tout prix prolonger les moments précieux, j’aurais voulu leur murmurer, en quelques points de suspension que je pense à eux et qu’ils m’aident souvent. Mais je ne suis pas sûre d’aimer tant que ça les points de suspension. J’aurais voulu leur dire qu’une année, après tout ce n’est rien, c’est comme une lettre avec un point à la fin,  et qu’un point à la fin d’une lettre, ça ne veut pas dire qu’on ne se reverra plus jamais et que même si on ne se revoit plus jamais, il y a dans chacun de nous un cœur trop plein de moments heureux et de liens précieux. J’aurais voulu leur dire que ça va être bien, j’aurais voulu les entendre me répondre que ça va être joyeux, j’aurais voulu leur parler de cette grande fête dont je rêve en chaque début d’année et que je ne ferai sûrement jamais, une fête où ils seraient tous invités, ceux que j’ai croisés et que j’ai aimé une minute ou deux, et toute la vie après,celles qui m’ont fait pleurer de joie, les vivants et les morts aussi parce qu’ils n’y  pas de raison qu’on n’invite les souvenirs qu’aux enterrements et aux anniversaire. Il y a des morts que je chéris autant que les vivants.  Pour leur souhaiter une bonne année, j’aurais voulu leur envoyer, dans une enveloppe légère et cachetée, un souffle qui porterait un peu de l’esprit de cette fête dont j’ai mille fois rêvée. Une fête qui célèbrerait les instants heureux, ceux qu’on voit briller comme les lucioles au milieu des nuits d’été, puis qui disparaissent comme les étoiles filantes pour nous laissent les bras balants et le cœur débordant, des instants de riens qui nous rendent si content d’être humains. Ces étoiles qui sont si belles et qui ont souvent disparu des années lumières avant qu’on ne voit filer leur souvenir dans l’univers. Avec ce souffle j’aurais joins une poignée de terre de mon jardin, celle qui colle aux pieds et qui rend la vie fertile, même quand on l’avait prédit pauvre et fragile. J’aurais voulu leur dire mon envie de partage même si je ne sais pas toujours la dire, mon goût pour les poings qui se lèvent et les mains qui se serrent, même en silence, même à des milliers de kilomètres de distance. J’aurais voulu leur dire mon goût pour la vie qui s’en va en même temps qu’elle se crée, leur crier de ne pas oublier de l’aimer, même si son goût est amer et ses tours vicieux. Dans ces quelques mots serrés, j’aurais voulu leur dire de ne pas oublier de s’allonger dans l’herbe verte du printemps prochain et de ne pas fermer les yeux s’ils plongent dans l’eau salée l’été prochain. J’aurai voulu leur dire que, vivants ou morts, je les emporte partout où je vais, et que s’il m’arrive de les oublier un peu, ils finissent toujours par revenir en bouquets de souvenirs qui surgissent à chaque pas dans la neige ou sur les chemins bordés de ronces et de mûres à la fin de l’été.