P1016759

Je suis sortie avec trois enfants emmitouflés pour affronter la neige. Elle recommençait à tomber à gros flocons et j’ai redouté la route qui m’attendait. Mais le chemin s’est fait sans encombre et j’ai profité de la lumière qui inondait les champs que je traversais. Ce matin, je me suis qu’il faudrait peut-être que j’arrête de voir l’hiver comme un adversaire.  Juste avant de réveiller les enfants, nous avions tous les deux remarquer que les jours rallongent de façon significative en ce moment. Juste avant d’arriver à l’école, Blanche m’avait parlé de son lundi joyeux et c’est Aimé qui s’est souvenu du film qu’ils allaient voir aujourd’hui avec les deux classes des grands.  Marcel m’a fait remarquer que j’étais plus détendue pour partir au travail depuis quelques temps « tu ne nous dis plus que tu vas être en retard tout le temps. » Juste avant d’arriver au travail, j’avais alors décidé de moi aussi mieux considérer ce lundi de janvier qui n’avait, à priori, rien de très séduisant. J’avais vu la neige tomber toute la matinée par la fenêtre de mon bureau et j’avais aimé travailler sous les toits de ce vieux châteaux, jetant un œil de temps en temps, vers ce grand chêne qui me raconte les saisons et le temps. Il sait tout mes dossiers en cours, leur état d’avancement, je sais le temps qu’il fait dehors rien qu’en le regardant, il me dit les saisons et le moment du jour. Ce midi, la neige se mêlait à la pluie mais je n’ai pas hésité longtemps. J’ai enfilé mon manteau, cherché une clémentine dans le grand sac ou chaque matin, j’enfouis mon bazar du jour, et j’ai vite descendu l’escalier pour me retrouver dehors, écouter mes pas qui crissaient dans la neige et faire attention au verglas que la neige fraîche ne permettait pas de distinguer. Je n’ai croisé qu’une jeune femme que je vois courir tous les jours et un monsieur qui promenait ses chiens. J’ai croisé quelques merles et j’ai pensé aux oiseaux de la maison, au guide du jardinier que j’ai feuilleté l’autre jour. Il paraît que les oiseaux que nous nourrissons l’hiver aiment s’installer au même endroit pour le printemps. J’ai ralenti le pas, la glace autour du lac était en train de fondre et la neige s’était remise à tomber plus épaisse et plus froide encore. J’ai quitté le chemin pour traverser le parc, marcher sur l’herbe sans regarder ou j’enfonçais mes bottes, rire en ouvrant ma bouche en grand. J’avais marché un long moment, j'ai couru un peu,  je retrouvais le goût de la neige et n’avais plus froid du tout.

P1016760

P1016761