P1016695Je suis partie dans la nuit après un dernier café partagé avec lui, ce voyage enneigé jusqu’à la gare me rappelait ceux qui m’amenaient régulièrement vers Paris il y a quelques années. Portée par le roulis du Train Express Régional, j’ai regardé se lever un soleil d’hiver sur la campagne, les vignes et les villes que nous traversions , j'aurais voulu me souvenir toujours de ce blanc teinté de rose doré,  j’ai essayé de retrouver quelques repères dans ces paysages entièrement recouverts par la neige.  Extirpée de mon heureuse solitude par un visage connu qui venait me saluer, puis discuter, je n’ai pas vu le reste du voyage passer. Cette partie du voyage, car il fallait prendre un autre train. Un tgv cette fois-ci qui m’offrait de partager une partie du voyage avec des passagers qui s’arrêteraient à Bâle, ou à Zurich, ou comme moi, dans cette gare au milieu de la forêt, puis un dernier train qui ressemblait au premier. comme à chacune des étapes du voyages je jouais à imaginer la destination des gens que je croisais et es bribes de leur vie. Un coup de téléphone me ramenait à la maison pour me dire que la cagoule avait été retrouvée. J’étais loin maintenant et je mesurais l’absurdité de ma colère quand, hier soir, j’avais pensé que cette cagoule était peut-être perdue. Cette partie du voyage me montrais d’autres paysages plus enneigés encore, des villages et des clochers qui ressemblaient au Jura des guides touristiques qui arrivent, à chaque fois que je les vois, à me donner envie de chien de traîneau, de comté et de grandes fermes toujours ouvertes aux promeneurs frigorifiés. Besançon ne m’est plus tout à fait inconnue, je marchais jusqu’au centre ville et trouvais mon lieu de rendez-vous. Je parlais longtemps de Palestine, d’eau et de projets à mener, je retrouvais des possibles et ressortais convaincue. Il faut que j’y arrive et je vais y arriver. Au milieu de bâtiments cossus, je laissais mon esprit partir vers la vallée du  Jourdain et ses plantations de dattiers. Je m’engouffrais dans une librairie pour y chercher les « chroniques de Jérusalem » qui avait occupé une de mes nuits pendant notre voyage en Grèce et que j’avais envie qu’il luise lui aussi. Je ne résistais pas au rayon jeunesse et entre Susie Morgenstern et Marie-Aude Murail, mon téléphone a sonné. C’était Marie. Après, il y a eu notre déjeuner dans ce petit restaurant qui pourrait devenir notre lieu de rendez-vous ici, puis nos discussions de fille, nos discussions sur tout,  et l’heure qui passait,  Quel plaisir de retrouver Marie.  J’ai refait le chemin à l’envers, le train jusqu’à la gare dans la forêt, le Tgv puis la gare de Dijon où je devais croiser Joséphine devait partager un café avec moi. C’est avec sa valise qu’elle m’attendait, promesse surprise d’un week-end passé avec nous. Le reste du voyage, serrées toutes les deux au milieu d’étudiants qui rentraient chez leurs parents, nous offrait un moment pour nous raconter notre semaine passée et imaginer la tête des enfants de la maison quand ils verraient la surprise passer la porte d’entrée.

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