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Aimé veut que nous nous occupions de cette couronne à accrocher sur la porte d’entrée. Marcel m’a demandé si je pouvais dessiner un écureuil sur la carte d’anniversaire qu’il va donner à ses amis demain matin « et puis est ce qu’on pourra allumer toutes les bougies de la maison ? ». J’imagine que Joséphine peaufine le dîner auquel nous sommes invités. Quand cette petite fille est née, je ne pensais pas en croisant son regard clair et décidé qu’un jour, elle m’inviterait chez elle à dîner. Je ne pensais pas qu’il serait alors si doux de la voir s’éloigner, être un peu plus loin de nous pour retrouver ce qui nous lie. Partager ce goût de Noël avec elle quand elle m’appelle pour me dire qu’elle a trouvé un sapin et l’entendre presque s’excuser parce que ce « n’est pas un vrai. ». Hier après-midi, Blanche a enfilé sa grosse veste en laine et glissé ses mains dans un manchon pour prendre la route et descendre toute seule chez sa maîtresse préférée. Elle avait pris son cahier du jour et des histoires à lui raconter. Je ne pensais pas en tenant ce petit corps tout chaud contre le mien que je me réjouirais à ce point de la voir s’éloigner sous un ciel chargé de neige. Quand elle est revenue à la maison, elle ne m’a rien raconté de son après-midi passé dans le bas de la vallée, elle avait vécue et dans la soirée, j’ai croisé plusieurs fois son regard fier. Elle me dit beaucoup en ce moment à quel point il est doux de grandir. Je ne sais pas si je saurais toujours la laisser s’éloigner mais quand elle me parle de ses envies, quand elle vient m’embrasser, quand elle me dit sa gratitude ;  j’ai du mal à contenir mon émotion. Je ne savais pas que les Noëls et qu’années après années, ils seraient aussi chargées de cœurs serrés et de mains qui se frôlent, de rêves et d’envies. Je pensais moi aussi que Noêl était surtout fait pour les petits. Mais il est ce qui nous lie, ce qui raconte ce qui nous unit au milieu de ses journées dévorées par la nuit. Il est ce que fait la famille, douce et cruelle. Mes souvenirs ne sont pas tous heureux mais il y en a de très beaux aussi et je vois ce construire ceux de nos enfants, année après année, Noël après Noël. « tu te souviens quand il avait neigé toute la nuit, c’était le plus beau de ma vie. » Il était beau pour moi aussi. Il est gravé, inscrit, tatoué au milieu des milliers d’autres souvenirs heureux, ceux qui font danser la lumière des bougies allumées.

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