P1018936

Il y aura peut-être des travaux chez nous cet hiver. Peut-être même avant l’hiver. Je m’aperçois que pour la première fois, l’incertitude ne me rend pas folle. Il y aura des travaux. Peut-être ou peut-être pas. De toute façon, il faudra que nous trouvions une solution pour que Aimé et Marcel aient bientôt chacun leur chambre. Je rêve d’une grande pièce en bas plus lumineuse et d’une cheminée en haut, dans « la chambre des parents » comme le dit le devis. J’aimerais beaucoup que ces travaux puissent être lancés, nous verrons bien. En attendant, je remercie septembre d’êre fidèle à sa réputation. Ici, l’été indien revient année après année et maintenant, nous l’attendons. Je sais que ces jours de soleil et de brume nous aident à entrevoir l’automne, à envisager le meilleur de ce qu’il peut nous donner. La terre qui prend un autre parfum, les fruits du verger même s’ils sont rares cette année et l'urgence à profiter du soleil dès qu’il apparaît. Cette année, nous avons commandé en une seule fois tout le bois pour l’hiver, j’entends déjà le poêle ronronner  mais je préfère attendre encore avant de l’allumer. Je veux d’abord sentir le froid s’installer et nous engourdir les pieds, je veux savoir qu’arrivent les heures fraîches et les  soupes de châtaignes. Le premier jour de chasse est passé et nous n’avons pas entendu un seul coup de feu. Pour l’instant, je reste accrochée à l’idée que cette année sera aussi douce et joyeuse que les jours et les semaines que nous venons de passer. Notre chance pourrait paraître indécente, nous la travaillons en culture raisonnée.  Un automne sans mélancolie, ou juste une pincée pour qu'il reste ce qu'il est. Même si tout se fissure autour, même si les nouvelles ne sont pas bonnes, il n’est pour nous de mauvaise nouvelle que cette décision de ne peut-être pas partir en vacances cette année. Il n’est pour nous d’inconfort que continuer de « faire attention » . Jusqu’ici tout va bien, l'essentiel garde sa légèreté. La lumière continue à nous enchanter quand elle se mêle à la brume chaque matin, la forêt va nous émerveiller et je vais suivre les conseils d’une amie. Mettre des orties dans mon omelette pour faire le plein de vitamines et de goût nouveau. Je l'aimais déjà en confiture, il me tarde d'essayer. Le potager n’a pas fini de nous donner et les doigts me brûlent à l’idée de coudre tout ce dont j’ai envie. Des petits habits pour Georges et de plus grands habits pour moi. Mon armoire à tissu est encore pleine.  Une cape pour les promenades d’automne, je dois me dépêcher pour que ses teintes soient raccord  avec celle de la forêt. Le soir quand je m’endors en ce moment, j’ai un peu froid quand même. Je remonte les couvertures, je n’ai pas encore envie de fermer la vitre du ciel ouvert. Je veux encore sentir le parfum du dehors, l’humidité mêlée de feu de bois, les moisissures de cette fin d’été. Je veux encore entendre le bruits qui viennent des prés alentours. Les vaches sont encore, l’église continue de sonner toutes les heures et l’angelus nous annonce le matin et le soir, chaque jour.

P1018957

P1018959

P1018967

P1018970

P1018972

P1018981