06 août 2012

De Bretagne

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On nous a dit qu’il avait plu. Nous avons du éviter les gouttes, ou bien nous ne les avons pas vues. Le ciel était gris mais nous étions décidés. Le vent balayait les plages et les enfants ne se sont pas baignés longtemps mais ils se sont entraînés à la construction de châteaux pour le concours de demain pendant que nous trouvions un endroit abrité. J’ai pensé à ma grand-mère et à ma mère qui me disaient toutes les deux de m’ouvrir au vent. Je me suis contentée de le trouver revigorant. Marcel n’a pas bronché quand il a fallu quitter la plage pour déjeuner, il savait ce qui l’attendait après. Ni lui ni moi n’avons réussi à donner un nom au parfum de sa boule de glace bleue. Cette fois-ci, c’était lui qui était seul avec moi et nous sommes passés par la plage pour y laisser l’emprunte de nos pieds. Quand nous sommes rentrés à la maison, lui un peu bougon depuis que sa glace presque terminée était tombée sur le passage pour piétons, ses frères et sœurs nous attendaient.  Nous avons mis du temps à trouver un gilet pour chacun avant de partir à la citadelle. Nous étions pourtant loin, vingt minutes de voitures au moins, mais du haut des remparts on pouvait presque apercevoir la maison des grands-parents. Quelques mètres plus bas, dans le musée de la Compagnie des Indes, il y avait ce que Marcel nous annonçait comme la plus grande maquette de bateau du monde. Georges courait de bateau en bateau et j’essayais avec Blanche de comprendre les règles de vie à bord. Le caitaine était bien loti et Blanche était effrayée à l’idée de partir comme moussaillon sur une embarcation comme celles-ci. Nous courions de la salle de garde à celle des armes. En haut des rempart que nous avions rejoints, une mouette qui protégeait son nid nous faisait comprendre que nous n’avons pas intérêt à trop nous approcher. La citadelle fermait ses portes et nous repassions sur le petit pont de bois qui surplombe la mer.  Un jour, les enfants n’aimeront plus visiter avec nous les endroits où nous les emmenons. Ce soir, ils nous répétaient qu’ils avaient adoré cette journée.  Ce qu’ils ne savaient pas encore, c’est que cette journée n’était pas encore terminée. Il y aurait cette promenade en ville au milieu des messieurs en kilts, le pie  à la viande de Cornouailles, l’élégance d’un veux thonnier et les bagads qui répétaient avant le grand spectacle de ce soir. Notre spectacle à nous, sur les pelouses de ce  lycée dans lequel nous n’étions pas sûrs d’avoir le droit d’entrer,  et nos cœurs à l’unisson de cette grosse caisse qui suivait le bagad en nous lançant un regard amusé. Pour Noël prochain, "ou bien celui d'après" Blanche rêve d'un costume de bretonne. 

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Posté par marionl à 00:26 - Permalien [#]