voyager léger
Aujourd’hui, j’ai rangé une maison et préparé quatre valises pour la mer. Ma valise est encore vide juste à côté du tas de mes vêtements à repasser. J’ai tant attendu ces vacances. J’avais tellement envie de retrouver ces longues journée en famille. Aujourd’hui j’ai rêvé d’un voyage à la mer, seule, sas personne à mes côtés. J’ai imaginé ce petit hôtel où je me serais arrêté. Un hôtel sans étoile, je n’ai pas besoin de luxe, je m’y serais sentie décalée. Je veux juste du calme, me retrouver. Une chambre avec des rideaux un peu passés et des draps propres mais peut-être usés, un tableau très laid accroché au mur, juste à côté des consignes à suivre en cas d’incendie, une carafe d’eau et son verre, une fenêtre sur la mer. Aujourd’hui j’ai rêvé de m’endormir dans ce lit, épuisée par le long voyage que je venais de faire pour arriver jusqu’ici. J’ai rêvé de cette solitude et d’un sommeil lourd que rien ne viendrait perturber, que la lumière du matin et le soleil déjà haut, et dans le couloirs, les bruits de ceux dont le voyage seraient finis. Alors je me suis vue descendre pour le petit déjeuner et demander un chocolat moi qui n’en prend jamais. Un chocolat à peine meilleur que ceux des aires d’autoroute, une chaleur sucrée que j’aurais adorée. Aujourd’hui j’ai mis des maillots de bain dans des valises déjà pleines, je n’aurais pas eu besoin de beaucoup de vêtements. J’aurais trouvé une plage presque vide pour me baigner, pour nager contre le vent, nager longtemps et rentrer, retrouver ma chambre déjà familière et sentir l’eau douce me réchauffer. Il y aurait eu ce moment de doute, comme il y y en a toujours dans les journées de solitude. Cet instant qui précède le dîner, celui que je préfère d’habitude. Là, je me serais demandée à quoi bon ressortir, pourquoi me rhabiller pour ne croiser que des silhouettes inconnues avec lesquelles je n’avais surtout pas envie de discourir. Je serais quand même descendue sur la jetée, pas mécontente de croiser quelques regards. Des saluts de la tête, ma seule conversation de la journée. Le lendemain, j’aurais recommencé et puis encore le jour d’après. Alors peut-être que j’aurais commencé à m’ennuyer. J’aurais décidé de rentrer.














