jour de cousins
C’était comme des vacances. A part pour aller marcher, je n’ai pas quitté mes sabots dorés de la journée. Le petit déjeuner a pris ses aises sur la grande table du rez-de-chaussée et l’accent américain s’y est invité. Les cousins se sont retrouvés et des clans se sont formés. Puis ils ont tourné. C’était comme en vacances, je me suis demandé plusieurs fois quelle journée nous étions et j’ai eu envie de couper les roses fanées en discutant de Chicago et Détroit. Une petite fille de trois ans et un petit garçon de deux ans ont pris les petits seaux rouges que je leur ai donnés pour aller ramasser les escargots et les relâcher à côté du ruisseau. C’était comme en vacances, à côté de la grande table dressée sous la glycine, il y avait la table des enfants que ses occupants quittaient quand ils le voulaient, même entre les plats servis. ‘Tu veux dire que si on part maintenant on aura quand même droit au sorbet ? ». C’était comme en vacances, comme il y a très longtemps. A l’heure de la sieste, nous sommes montés sur notre lit pour regarder ce qu’il faut bien appeler un navet, avec de très belles images d’Italie et de Bali, J’ai adoré ce moment. Et puis j’ai entendu la pluie et les enfants réveillés. Nous avons fermé la fenêtre de toit avant de nous apercevoir que les enfants ne nous avaient pas attendus pour se servir le goûter. Pommes et Chocolat. Les grands sont partis en ville pour trouver une librairie et je suis restée à la maison avec les plus petits. Ils ont dessiné et lu des bandes dessinées pendant que la pluie redoublait. Je les ai regardés et je me suis souvenu de nos vacances en Normandie quand il pleuvait tout l’été. J’ai eu envie de pommes et de beurre, forcément salé. Blanche a voulu aider Aimé à se préparer pour le cp et j’ai cherché dans la pile des vieux magazines pour y piocher un numéro sur Noël. Le cellier est plein de fromage et de fruits, j’ai rangé en buvant ce thé à l’amande si doux qu’à chaque gorgée, il arrive presque à me faire penser que j’avais besoin d’être réconfortée. Il y avait tellement d’enfants dans la maison que je n’avais pas remarqué l’absence de Marcel, endormi depuis que nous l’avions puni ce midi après qu’il ait poussé son petit frère dans le rosier. Excuses au réveil et sourire au chocolat pour se consoler. Les plus grands se sont installés sur le muret pour ressortir ce jeu de societé auquel, enfants, nous n’avions pas le droit de jouer. J’ai compris mes parents et je suis partie vers le potager pour cueillir la rhubarbe du crumble de ce soir. le parfum de la rhubarbe s'est mêlé à celui des herbes du jardin pour la pizza que les enfants attendaient.




















