sortie autorisée
Depuis qu’elle s’était réveillée ce matin, Blanche n’avait cessé de me demander si j’avais des nouvelles d’Aimé. Hier soir, l’angoisse de savoir son petit frère hospitalisé avait rendu Joséphine malade et Marcel venait de dormir seul dans sa chambre pour la première fois de sa vie. La matinée nous a parue si longue. Et puis le téléphone a sonné. Aimé allait bien et il pouvait sortir aujourd’hui. Il n’avait pas détesté l’hôpital, cet endroit où on s’était occupé de lui, où on lui avait allumé la télévision à volonté et servi le petit déjeuner au lit. Il passerait voir le très grand chameau en ville avant de rentrer à la maison « préviens le qu’il peut faire un peu peur » avait dit Blanche a son papa au téléphone. J’étais dans le potager quand ils sont arrivés. « papa, Aimé ! » J’ai entendu chaque enfant crier. Joséphine a tout de suite voulu connaître le traitement d’Aimé, Marcel voulait savoir si Aimé avait vu le chameau marcher et Blanche demandait à son papa si il avait bien dormi. Georges continuait à crier « papa !, Aimé ! ». Et puis j’ai vu deux petits garçons se retrouver, deux petits lionceaux se mêler dans un corps à corps qui ressemblait à un combat dansé, Blanche se mêlait au jeu puis Georges qui essayait de suivre le mouvement. Le crumble aux abricots était prêt. Avec tout ces évènements, les confitures attendraient. En attendant son frère, Marcel s’était construit un garage en carton avec pompe à essence, monte-charge et dépanneuse. Très fier, il le montrait à son frère. La matinée à la maison m’avait parue étrangement calme, la vie venait de reprendre comme je la connaissais ici. La première dispute m’a fait sourire. J’ai entendu leur père les punir et j’ai aimé le câlin d’Aimé. Le bain, le dîner, les pêches au dessert et les dents qu’il fallait laver, demain la semaine « tout et n’importe quoi » commence au centre de loisirs. Marcel me racontait qu’ils allaient manger le dessert en entrée et faire un autre repas les pieds attachés. Demain, les enfants pourront raconter leur week-end sans queue ni tête. Ce soir, je leur ai dit qu’il ne me restait plus qu’une semaine et demie à travailler. Nous avons parlé des vacances, de la mer et de toutes les tomates que nous pourrons manger.

















