19 juillet 2012

souvenirs minuscules

P1013209

Aujourd’hui j’ai rencontré des femmes qui m’ont confié leur recette préférée. Des recettes qui viennent de loin, qui accompagne leur vie depuis des années. Dans quelques semaines, quelques mois, un petit livre sortira de tout ça. Côté face la recette et côté pile, ce qu’elle représente dans la vie de celle qui me l’a confiée. Aujourd’hui, j’ai vu deux dames me sourire quand je leur ai dit que j’étais moi aussi la mère de cinq enfants, je vais me dépêcher de trouver les ingrédients pour la soupe du ramadan et le gâteau polonais. Aujourd’hui, j’ai pensé aux fleurs volettes que j’ai vues hier matin sur le bord du chemin, j’ai eu envie d’en faire un bouquet toute la journée. Je me suis demandée quel en était le parfum. Ce matin, en me réveillant, mes premières pensées se sont envolées vers le bord du lac ou dormaient Aimé et Marcel. J’ai essayé d’imaginer leur première nuit de campement loin des parents. Ce matin, une fois descendue j’ai ouvert la porte d’entrée puis j’ai accroché le rideau, j’ai pris la dernière cuillère de confiture d’abricots. Demain, j’irai en chercher une cagette de neuf kilos. Nous en ferons des confitures et des sorbets, des crumble et goûters d’été. Aujourd’hui, j’ai eu envie de trouver un banc pour notre potager, pour l’installer là où le soleil donne encore quand l’ombre s’est déjà emparée du reste du jardin. Aujourd’hui, j’ai essayé de dresser la liste de tous les petits vêtements qu’il faudra coudre pendant l’été. Un déguisement de fée, des tenues de rentrée, une robe d’anniversaire et un ou deux pyjamas, et puis des choses pour moi. Aujourd’hui je suis allée marcher dans le parc cet j’ai croisé des vacanciers. Aujourd’hui, je me suis emplie de toutes ces bribes de vie qu’on oublie, bien trop minuscules pour être consignées dans un cerveau déjà très encombré. Je me demande souvent où vont toutes ces petites pensées, je ne veux pas croire qu‘elles se laissent écraser dans une mémoire trop pleine pour les garder, pas avant d'avoir nourri quelque récit. Il m’arrive quelquefois, de voir ressurgir le souvenir d’un moment trop rapide pour être exactement situé, ou juste un mouvement, une émotion. Une rue de Paris un matin de juillet, le parfum d’un abricot écrasé , un paysage aperçu par la vitre arrière d’une voiture en mouvement. Ce soir, quand je suis rentrée, j'avais envie d’aller très vite sentir les parfums des feuilles violettes qui bordent la route juste à côté du champ de blé. J'ai pris un vélo et Blanche m'a accompagnée. Les fleurs violettes ne sentaient rien mais dans la haie, il y avait aussi du chèvrefeuille rosé. Juste avant de cueillir les bouquets, nous nous étions partagés la première tomate rouge de l'année. 

P1013176

P1013191

P1013194

P1013203

P1013220

P1013231

P1013245

Posté par marionl à 22:14 - Permalien [#]