Bertille
C’était encore la fête et aujourd’hui c’était au déjeuner. Ce matin, Blanche est partie dans le champ pour cueillir des fleurs et tresser une couronne. Elle avait pris ses mesures sur la tête de Georges puis je l’avais regardée s’appliquer. Marcel me demandait à intervalles réguliers « est ce que tu sais quand ils arrivent les invités ? » et je n’en avais qu’une vague idée. Aimé avait voulu me faire plaisir en enfilant sa chemise blanche et Blanche me demandait de la coiffer. Nous attendions pauline, Victor et Bertille et je promettais à Blanche de l’attendre pour poser les fleurs sur le cheese-cake. Aimé et Marcel allaient tendre la nappe sur le muret quand le portail a grincé. Blanche a offert sa couronne à une toute petite fille que Georges s’obstinait à appeler « le bébé » alors qu’il est un tout petit garçon à peine plus grand qu’elle. Il fut question des années qui suivent le lycée, de travail et de vacances, de salade de melon et de veau aux figues, d’enfants qui décident de faire leur numéro et de dessert qu’on décide de prendre dehors, malgré le vent et les températures d’un début de printemps. Blanche s’était trouvé une petite sœur d’un jour, allongée sur la pelouse il faisait bien meilleur. Il y avait un petit vélo pour Bertille et le gros tracteur vert qui fait rêver tous les enfants à la vie aux champs. Il y avait aussi l’ânesse et les chevaux qui sont venus vers nous, et pendant que Bertille, Marcel, Aimé et Blanche chevauchaient le plus doux d’entre eux, Georges courrait pieds nus pour aller les caresser. Le petit garçon, épuisé, s’est endormi aussitôt posé dans son lit et nous sommes descendus vers le moulin. Aimé, Marcel et Blanche ont emmené Bertille regarder l’eau qui passe sous le petit pont et emmène avec elle toutes les feuilles qu’on lui confie. « Bertille, c’est vraiment joli » me confiait Blanche en remontant vers la maison . Aimé et Marcel s’essayaient encore aux vélos sans freiner. C’était bien, la citronnade bue, de se donner rendez-vous bientôt, tout près. Ils sont partis et nous avons retrouvé notre dimanche soir, ses douches, bains et vêtements à chiosir pour demain. Mais jusqu’à l’heure de se coucher, c’est le parfum des vacances qui flottait dans la maison.




















