28 juin 2012

la saison des ciels roses

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Malgré la fatigue et la moiteur, c’est un des moments de l’année que j'aime par dessus tout. Les vacances ne sont pas encore là mais tout les annoncent à la maison. Les examens et les évaluations sont terminés et les dîners peuvent s’étirer. Tant pis si on se couche un peu tard.  On goûte aux fruits de l’été avec la sensation de ne pas y être encore. Presque, mais pas tout à fait. Ce soir, alors que nous étions encore attablés dehors, la nounou de Georges est arrivée avec un panier rempli de grosses framboises de son jardin. Il y a encore assez d’eau dans le ruisseau et on l’entend couler, les mouches nous obligent à garder la porte de la maison fermée. Dedans, il fait sombre et frais et le regard met du temps à s’adapter quand il arrive de la lumière éclatante du dehors. Pour moi, les semaines sont encore rythmées par les week-ends et les mercredis qui ont perdu leurs activités. Mais la course s'est arrêtée. Dès que les vacances auront commencées, les enfants parleront de la rentrée. Pas toute la journée, mais elle s’invitera de temps en temps dans leurs conversations et leurs pensées. Pour l’instant, elle est trop loin encore. Nous n’avons pas encore quitté notre année même si la fin du mois de juin peut se la couler douce. Il y a des journées écrasées de chaleur et des cartables qui paraissent déjà un peu abandonnés. C’est le temps des pique-niques pour les sorties scolaires et des doigts de pieds qui ont oublié le contact de la chaussette, c’’est le temps des sandales vite enfilées.  C’est comme une grande veille de vacances, des jours entiers piqués d’avant goût. Même dans la cour de l’école les bruits ne sont plus les mêmes et tant pis si on oublie les goûters pour la garderie. Ces jours-ci,  il n’y a rien de plus important pour les enfants que de profiter de ces derniers moments d’école avec le maître et la maîtresse, avec les copains de classe qu’ils ne reverront peut-être pas avant deux mois. Ces jours-ci, chacun a sa vie, encore plus qu’avant. De toute façon, il y a aura toujours ce moment des retrouvailles, juste avant le dîner. Ces jours-ci, on peut dîner dehors et même traîner dehors après. Ces jours-ci, les enfants n’ont aucun mal à partir à l’école et je me demande comment nous nous y sommes pris pour frôler le retard toute l’année. Les matins sont plus joyeux et les baisers sur la paume de la main vite faits. Quand je rentre le soir, je double des vacanciers en camping car ou des cyclistes à qui je prête des rêves de courses de cols et de maillots jaunes . A la radio, les programmes de l’année seront bientôt terminés et par la fenêtre, je guette le parfum du foin coupé, je l’aime autant que celui des sous bois à cette époque de l’année. Ce soir, juste avant l'orage, le jardin était inodé d'une lumière que je n'avais jamais vue ici. 

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Posté par marionl à 22:29 - Permalien [#]