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 Je n’avais pas pensé qu’au milieu de ce week-end chargé, il faudrait glisser un de ces épisodes que connaissent les familles recomposées. Ce midi, le téléphone a sonné et je suis redevenue mère divorcée. J’ai crié et les petits me regardaient interloqués. En raccrochant j’ai pensé aux mères et aux pères qui vivent ces relations au quotidien, j’ai pensé à ma grande fille qu’il fallait aller chercher chez son amie. J’en ai oublié le vide-grenier à l’aller,  toujours baignée dans ce mélange de fureur, d’inquiétude et de culpabilité, un bain dont on met du temps à se sécher. Le vide-grenier nous aiderait à reprendre nos esprits et au retour nous nous y sommes arrêtés et j’ai trouvé un très grand drap brodé couleur rose fanée que le monsieur me proposait d’emporter pour dix euros. Il m’offrait en plus quelques planches anciennes qui expliquaient aux jardiniers amateurs comment planter leurs légumes. Je ne sais pas comment il a deviné. Tous n’avaient pas eu la même chance que moi. Aimé trouvait la voiture de ses rêves avec les trois euros qu’il avait économisés. Marcel, désespéré, savait qu’il ne trouverait jamais le même. Pour le consoler, Blanche allait en secret lui acheter avec son argent de poche une petite voiture qui ressemblait à la grosse, puis Aimé lui proposait de lui faire cadeau de son trésor.  Il a été question de notre vie à tous l’année prochaine pendant le déjeuner. C’était un déjeuner de dimanche qui veut prendre quand même un peu de temps pour se poser, un déjeuner terminé autour d’une petite fille qui s’écrasait le bout du doigt dans la porte d’entrée quelques heures avant le spectacle de danse. Joséphine a pris sa petite sœur dans ses bras, j’ai fait le chignon et nous sommes tous partis pour assister au gala. Aimé n’ a pas quitté le spectacle des yeux et Blanche, dans trois costumes différents,  a dansé comme un vrai petit rat. A l’entracte, nous croisions d’autres parents, une maman qui passe par ici de temps en temps et qui a vu mes joues rosir, d’autres petites sœurs et petits frères, des oncles et des tantes, des grands-parents, d’autres papas fiers. Juste après sa sortie de scène, Blanche m’a avoué qu’en plein ballet, elle avait réalisé qu’elle dansait exactement au même endroit que la danseuse étoile que nous étions venues voir il y a quelques mois dans Gisèle. Elle rêvait déjà au spectacle suivant, dans deux ans. 

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