15 juin 2012

le bruit du ruisseau

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 Pourvu que nous puissions cueillir les cerises que les oiseaux nous ont laissées, pourvu que quelques fraises restent au potager, pourvu que la maison puisse ouvrir toutes ses fenêtres en grand, pourvu que nous puissions dresser une table dans le jardin dimanche matin. La vie nous a chéris ces dernières semaines et nous nous sommes laissés allés au tourbillon. Dans une semaine il y aura d’autres fêtes, d’autres spectacles et la course encore, même si elle est enjouée. Alors pour les deux jours qui viennent, je rêve de parfums de thym et de romarin, de moment alanguis sous la glycine et de bouquets de roses. Je me vois désherber le potager et compter encore les dix-huit bougies. Trouver du temps, cette fois vraiment, pour prendre un thé dans nos tasses de reines comme Blanche me l’a demandé, préparer des tartes avec les fruits qu’on aura trouvé et enfiler des habits d’été. Aimé rêve d’une chemise rose et Marcel pourra peut-être reprendre sa quête du ballon perdu il y a plusieurs semaines dans le grand pré. Les chevaux et l’ânesse ne seront pas loin et peut-être prendrons nous le temps d’aller les saluer. Ce soir, j’ai commencé  par me poser un moment dans le gros fauteuil avant de partir au théâtre pour regarder les enfants jouer. Aimé en jardinier et Blanche en petite dame décidée. C’était une troisième représentation pour un spectacle qui se jouait se soir juste à côté de l’ancienne école des enfants. Dans le public, le maître d’Aimé et Marcel et la maîtresse de Blanche était venus parce que les enfants les avaient invités. La vie s’accélère toujours au début de l’été quand les vacances s’approchent et que l’école n’est pas encore terminée, mais elle nous offre aussi des instants satisfaits, et pousse tout d'un coup ce que nous avons semé tout au long de l’année. Alors même si rien ne semble aller, il y a dans ces jours les plus longs, dans le renouveau et la perspective d’une prochaine rentrée,  la promesse qu’on pourra tout recommencer. Mais pour commencer, avant de penser à recommencer, avant de rejoindre le tourbillon qui aura dévoré juin et le printemps presque tout entier,  j’ai envie de me plonger dans ces quelques jours infiniment longs. Peut-être qu’en tendant l’oreille, on pourra même entendre le ruisseau couler. 

Posté par marionl à 23:01 - Permalien [#]