vert anglais
Il y avait d’abord eu le voyage, la très courte nuit qui avait précédé et le sommeil trop léger, le dernier coup d’œil aux enfants endormis juste avant de partir, l’envie de les embrasser et puis tout d’un coup, le plaisir d’être partie une fois l’église passée, le jour à peine levé. Il y avait eu le train tous les deux et dans la rame, des enfants qui pleurent et qui ne sont pas les nôtres, des petits anglais qui jouent. Il y avait eu les douaniers et la certitude d’être en voyage, l’arrivée à Saint-Pancras et la première sortie du métro, les odeurs de Londres, celles de la ville et de l’asphalte mouillée. Aujourd’hui, il a plu beaucoup. Aujourd’hui, j’avais réservé dans un restaurant à Richmond, un peu à l’écart de Londres. J’avais imaginé qu’avec le soleil de juin, nous pourrions y aller par le chemin qui longe la Tamise. Nous avons pris le bus et nous nous sommes dit que sans la pluie, une première journée à Londres n’aurait pas été une vraie journée à Londres. J’ai oublié ce que j’avais imaginé et nous avons cherché ce restaurant à côté d’un près, caché dans une serre , puis mangé et regardé. C’était aussi beau que bon, je ne savais pas où poser mon regard pour ne rien oublier et comme le restaurant était aussi une pépinière, nous en sommes repartis avec une chèvrefeuille odorifère. Comme la pluie redoublait quand nous sommes sortis et qu’en touristes confiants, nous n’avions même pas pris de parapluie, nous avons accéléré le pas jusqu’à cette grande demeure en brique rouge dont les jardins bordent la Tamise. Dans la Ham House, ce sont les cuisine que j’ai préféré, avec le potager, même trempé. J'attendait que Pierre Lapin et ses frères sortent d'un choux ou d'un fraisier. Les serres royales des Kews gardens nous attendraient, nous les verrions une autre fois. "Avec les enfants" a-t-il dit. Nous sommes rentrés joyeux et trempés pour nous reposer avant de repartir dîner. La fatigue nous a rattrapés et j’ai cru que je ne repartirai jamais. Mais il y avait Big ben tout près et j’avais promis à Blanche de l’écouter sonner. Et puis il y avait ce pub dans lequel j’avais aussi réservé. Là aussi, j’avais encore imaginé que nous pourrions dîner au bord de l’eau mais le vent s’était mêlé à la pluie et le bord de la fenêtre, à l’intérieur, nous a semblé très cosy. Au retour, assis tout en haut du bus 211 dont nous se savions rien du parcours, sauf que son terminus le menait pas très loin de l’hôtel, nous nous sommes offert un grand tour de Londres. C'était si bon de n'être que deux et de n'avoir aucun horaire à respecter. Je n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. J’étais presque déçue d’arriver à destination. Big Ben s’est encore mise à sonner. Nous étions déjà demain, une autre journée pleine de promesses, même si le vent continue à se mêler à la pluie.




























